31/08/2009

Le melon, un tueur de pape en salade d’herbettes fraîches


Bien le bonjour, les gerboises naines

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Vous pensiez le melon tout con, tout bon, tout rond? Inoffensif en somme? Ben non. C’est une crapule. Un serial killer à la chair sucrée. Un serial killer spécialisé dans le beau linge, même. Oui, Madame. On ne compte ainsi plus le nombre de gulus de la haute qui sont passés de vie à trépas après mastication de ladite cucurbitacée. Tiens, un beau soir de 1471, le pape Paul II s’en engloutit deux – et des gros, dit-on – pour le souper. Quelques heures plus tard, il te fait une apoplexie dans son lit. Et paf, le pape.

Soixante ans plus tard, son successeur Clément VII commet la même et fatale bêtise. Et pif, le pontife.

Chez les grands d’Allemagne aussi, on se melonna à mort (du verbe intransitif se melonner, oui). Les historiens affirment que les Empereurs Albert II, Frédéric III et Maximilien 1er cassèrent leurs souveraines pipes, les uns après les autres, après absorption immodérée de melon. Idem pour Guy de Brosse, médecin de Louis XIII. Et pour l’amiral Gaëtan de l’Estèbe, héros de la bataille des Dardanelles et lointain aïeul de l’auteur de ces lignes.
Une vraie hécatombe.

 

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Cela dit, le melon ne trucidant que les gens bien nés en string de soie, tous nos lecteurs d’extraction modeste - et ils sont légion Dieu merci -  pourront s’empiffrer de cette exquise salade de melon aux herbettes fraîches et poivre cubèbe. Le poivre cubèbe qui, s’il peut sembler a priori appartenir à ces ingrédients snobs et élitaires, destinés moins à ravir en bouche qu’à faire mousser le cuistot branché, s’avère ici aromatiquement pertinent et charmeur. Parfaitement. Voyez ça comme une petite musique exotique autant que fruitée, qui fait doucement gambiller cette entrée de l'été finissant.


DSC02405.JPGTaillez un melon en cubes. Ciselez finement trois brins de coriandre et trois brins de basilic. Extrayez quelques minces zestes de citron. Blanchissez-les une minute. Mélanger le tout. Poivrez de cubèbe avec générosité. Et disposez dans un plat sphérique évoquant les microsillons de notre jeunesse. Et attendez que clamse le pape.



Zoubi les Zombis

10/08/2009

Lettre d’amour fou à la verveine citronnée (magistralement déclinée en soupe de melon et gambas rôties en graines de sésame)

Bonjour, les énarques du goût

 

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On a déjà hululé ici notre tendresse pour la délicate et mirobolante verveine citronnée. Froisser puis sniffer une feuille de cette plante sublime, c’est comme expédier tes naseaux dans le Jardin d’Eden, en business-class et sur Ivresse Airlines.
C’est comme danser un long slow langoureux avec Dame Nature simplement vêtue d’un paréo mauve.
C’est comme flatter le croupion ferme et ondulant de la saison estivale, dans la pinède vierzonnaise au clair de lune.
Euh… On s’égare, non?


Bref, après avoir fait convoler cette merveille avec un lapinou qui passait par là (clic), la voilà déclinée en soupe de melon et gambas rôtie en croûte de sésame. Oui, c’est fort. Non, on ne sait pas où on va chercher tout ça. Oui, on veut bien la médaille du mérite végétal, plus la palme académique (avec le masque et le tuba, SVP).

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Mixez-moi un melon (ou deux ou trois, selon nombre de becs à table) avec un bouquet de verveine. Puis assaisonnez progressivement, avec un parcimonieux feeling, en ajoutant une mini giclée de vinaigre de Xérès, une pincée de poivre de Séchuan, une pincée de piment et une autre de sel. Rectifiez par touches. L’équilibre salé-sucré-acide, voyez-vous, est un Himalaya qui s’escalade sans hâte. Gardez au frais, into the big frigo.

Dans une jatte,
touillez une poignée de graines de sésame, le jus d’une lime, une pincée de piment, une giclée d’huile d’olive, quelques tours de moulin à poivre et plein de feuilles de verveine hachées menu.
Décapitez et décortiquez les gambas crues, sans oublier de les châtrer, soit d’extraire cette maudite membrane noire qui leur court sur le râble. Salez. Puis roulez les crustacés dans la marinade. Couvrez. Puis oubliez au frigo une heure.
A 19 h 53, fichez les gambas sur une brochette. Poêlez à feu nourri, dans une nano-barbotière d’huile d’olive. Deux minutes et quelques de cDSC02299.JPGhaque côté.

Installez enfin la brochette en équilibre sur le bol contenant la soupe de melon. Opération périlleuse, exigeant maîtrise et concentration, qui constitue le moment-clé, le point d’orgue, le climax émotionnel autant que technique, de cette couillonne de recette.

Avec ça, notre sommelier Esteban 1er, vous suggère un rosé naturel des Corbières: la cuvée Coule Douce de Catherine Marin-Pestel à la Treille Muscate, par exemple, un brin drôle de jus en vérité, pour gosiers très avisés, avec une larme de sucre qui en adoucit l’attaque et une chair au fruité radical qui fait pschiiiit sous la langue. Archi ouf mais méga slurp.

A sous peu (de melon à la verveine)

 

PS. Quand vous cuisinez, ça ne vous énerve pas, vous, quand un petit pokémon débile vient twister entre les casseroles?

03/08/2009

La promesse fanfaronne et la salade de pastèque façon thaï

 

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Il se réveilla en sursaut. Dehors lambinait une aube grisâtre. Dedans poissaient les draps, pendant que tournicotaient deux mouches hystériques. Il demeura inerte quelques minutes, incapable de bouger ni de penser, avec un laminoir dans le crâne et une queue de castor dans la bouche.
Gueule de bois massive.
Puis soudain, tout lui revint. Le stupide engagement en nota bene de son dernier post. Maudite salade thaïe. La réaction de la foule, les cris, les pleurs, les doléances. Les gens massés devant ses fenêtres, d’abord joyeux, puis menaçants. Maudite salade thaïe. Une nausée sismique le submergea. Il secoua la tête en gémissant. Puis se traîna jusqu’à la cuisine. Maudite salade thaïe.

 

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Salade de pastèque façon thaï (pour 4 personnes)
-    2 kilos de pastèque
-    Quatre brins de coriandre, quatre brins de menthe, quatre brins de basilic
-    Un brin d’inconscience
-    Six radis
-    Une tête d’oignon frais
-    Une poignée de cacahuètes
   
Pour la vinaigrette
-    Une CàS de sauce soja
-    Une CàS d’huile de tournesol
-    Le jus de deux limes (plus les zestes)
-    50 grammes de racine de gingembre frais
-    Un piment vert
-    Une tête d’oignon nouveau
-    Une gousse d’ail

DSC02318.JPGEpépinez et détaillez la pastèque en petits cubes. Ciselez les herbes. Taillez les radis en rondelles. Mélangez le tout.
Dans un mortier, pilonnez l’ail et le gingembre jusqu’à obtention d’une pâte. Ajoutez la sauce soja, l’oignon finement émincé, l’huile et le jus des limes. Puis le piment, épépiné, taillé en fines rondelles. Mélangez. Goûtez et rectifiez. Arrosez la salade.
Grillez enfin les cacahuètes à la poêle sans matière grasse, salez-les si elles ne le sont pas, puis écrasez grossièrement au pilon.
Coiffez la salade d'éclats de cacahuètes et de zestes de lime avant de servir.



Voilà.

Il rangea la cuisine en grommelant. Et retourna se coucher.
Il détestait la pastèque.

A sous peu



NB
: Il y a de longues années de cela, un petit garçon observateur, planté devant Alerte à Malibu, avait dit ceci: «La sauveteuse, c’est pas des titis qu’elle a, c’est des pastèques.» Voilà qui fait réfléchir, non?

NB2: On a également en stock une recette de pastèque crue, avec les pépins et la peau, mais rien d’autre. Si 157 lecteurs nous la demandent gentiment, on la file. Gratos.

30/07/2009

La courageuse réhabilitation de cette crétine de pastèque (en salade marocaine)

Salut, bande de cucurbitacées moqueuses

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Dans les cuisines où se fait l’opinion
, et ailleurs aussi, la pastèque a mauvaise presse. On la prend pour une grosse nouille, la pastèque. Pour une bonne à rien. Pour une pas grand-chose. Pour une bête boule, pleine de vide et lourde de rien. On la palpe en ricanant. On la croque méchamment. On l’oublie vite ensuite.
Il faut dire qu’elle manque de mystère, la pauvrette. Voyez ce physique mastoc et bonasse; cette pulpe insipide et pleine de flotte; cette chair cramoisie grêlée de vilains pépins en cascade. Même ses cousins melon et concombre gloussent dans son dos. Pas facile de naître pastèque. Non, Madame.
Or, c’est injuste. Car sous ses dehors idiots, la pastèque peut amener bien des satisfactions. Elle croque. Elle rafraîchit. Elle a un goût, aussi. Un tout petit goût. Mais un goût. Et puis, une sacrée couleur. Ce rouge hémoglobine, ce rouge passion humide, ce rouge luxure du Diable, ben, ce n’est pas de la gnognote chromatique. Hou, non.

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Elle mérite donc mieux que les quolibets et les salades de fruits, que les railleries et les cocktails. Ben, ça tombe bien. Because l’autre jour, l’ami Dave nous a ramené d’un palace de Marrakech, où il avait soupé en brillante compagnie, une recette marocaine drôlement affolante en bouche. Essayez donc cette salade de pastèque à la coriandre, oignon et ras-el-hanout et vous réévaluerez sans doute la plus couillonne des cucurbitacées.

Dans son panier,
il faut un bouquet de coriandre, une pastèque bio de taille raisonnable, deux bulbes d’oignon frais et du balsamique qui ne pue pas le caramel. Sans oublier le ras-el-hanout. Soit ce vertigineux mix d’épices de là-bas, qui peut réunir une trentaine d’ingrédients dans sa forme originelle, mais ne se présente bien souvent sous nos cieux que dans une version simplifiée autant qu’édulcorée. Voilà. (Ce qu’on peut être sentencieux parfois)

 

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Taillez la pastèque en cubes, en prenant soin de virer les pépins. Ce qui n’est pas une sinécure. Emincez l’oignon frais et le bouquet de coriandre. Touillez le tout. Arrosez d’une girandole d’huile d’olive et de balsamique. Salez, poivrez et ras-el-hanoutez avec vigueur. Gôutez. Recommencez. Plein de fois. Faut réveiller la grosse idiote qui pionce.
Oubliez une heure au frigo et dégustez avec des gens chers.

Au revoir

PS: Il y a de longues années de cela, un enfant observateur, planté devant la télé, avait dit ceci: «Mannix, c’est pas des couilles qu’il a, c’est des pastèques». Ça fait réfléchir.

PS2: On a aussi en stock une salade de pastèque façon thaï, qui arrache voluptueusement la goulette. Genre avec du piment, du gingembre, des radis et des cahouètes. Si trente lecteurs nous le demandent gentiment, on file la recette. Gratos.

20/07/2009

La terrine avec du canard, des cerises et un bout des vacances dedans

Bien le bonjour, les merles moqueurs

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Nous revoilà, donc. Finie la rigolade. Bonjour le réveil qui fait driliiiiiing.
Bien sûr, on pourrait vous narrer nos vacances par le menu. Le genre: «Tous les soirs devant notre bungalow équipé du WiFi, huit vahinés dansaient le tulututu sur la plage, simplement vêtues des derniers rayons languides d’un soleil rubicond

Ou encore: «Après un match acharné de deux heures et quart, devant un public haletant et cramoisi de Ricard, le pote Jean-Claude réussissait un carreau dingo et remportait le grand prix de pétanque du Camping des Méduses Folles. Jean-Claude, ah, le con!»

Ou encore: «La région est constellée d’exquises chapelles romanes octogonales et/ou oblongues, dont certaines conservent des fresques carolingiennes réalisées au Stabilo mauve; une pure merveille

Ben non.

Nous, on ne cause pas. On cuisine. Voilà donc un souvenir de vacances atchment plus substantiel: une terrine de canard aux cerises.
Les plus attentifs d’entre vous grinceront qu’il est bien court le temps des cerises. Et que fin juillet, les merles moqueurs ont déjà tout boulotté. Certes. Si les cerises ont disparu sur les étals du coin, rabattez-vous sur un bocal de griottes au kirsch. Ça le fait aussi.


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Pour une terrine d’un litre, armez-vous donc d’une fiasque de kirsch, d’une poignée de cerises, de 300 grammes de gorge de porc hachée, de 100 grammes d’échine de porc tout aussi hachée, d’une paire de magrets dodus, d’un œuf, de 28 pistaches et quelques, d’une crépine, de laurier en poudre ou pas, et de patience.

Dénoyautez, tranchez en deux et faites mariner les cerises dans un déci de kirsch.

Marinez également, dans deux décis de kirsch ce coup-ci, les deux magrets, préalablement débarrassés de leur graisse et émincés (oui, émincés, pas hachés, faut des morceaux dedans la terrine). Ils vont tout boire, les cochons.

Dans une jatte, touillez ensuite le canard avec la gorge et l’échine de porc. Ajoutez le kirsch des marinades et l’œuf. Sploutch, sploutch.
Assaisonnez: sel, poivre au moulin, noix de muscade râpée, laurier en poudre, piment d’Espelette. Prélevez donc une boulette (poil au nez) et poêlez-la presto pour vérifier la tonicité de l’assaisonnement. Assaisonnement qui doit l’être, tonique. Et à donf’. Rectifiez selon humeur et en conséquence.

Faites tremper la crépine dans de l’eau. Puis tapissez en votre terrine, en gardant suffisamment de longueur pour pouvoir la couvrir.
Au fond du récipient, déposez élégamment deux feuilles de laurier purement décoratives.

DSC02235.JPGFoncez d’une première petite couche de chair, parsemez de cerises et pistaches, recouvrez d’une deuxième couche, parsemez de cerises et de pistaches, etc. Verrouillez enfin à double tour le chef-d’œuvre avec la crépine. Couvrez d’une feuille de papier-alu. Puis faites cuire au four et au bain-marie, deux heures et demie à 150°.

Oubliez ensuite la terrine au frigo. Au moins un jour. Deux, c’est mieux. Trois, c’est l’extase.

On peut ingurgiter l’affaire sur des tranches de pain grillées, en compagnie d’une verdure riante et d’un chutney de cerises et melon bien épicé. Chutney dont la recette se cache peut-être quelque part sur ce blog. Ou peut-être pas, en fait. Imaginez donc une confiture pimentée et vinaigrée, qui chatouille gentiment la muqueuse buccale. Improvisez, que diable !

Côté glouglou enfin, un rouge naturel et dynamique de Gaillac, la Cuvée prestige du Domaine des Cailloutis par exemple, aux charmants effluves de cassis et de poivre, n’est pas une idée totalement saugrenue. Enfin, on dit ça…


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A tout soudain, les copains

22/06/2009

Les riches piquent tout aux pauvres, même le gaspacho vert

 

Mes amitiés, laboureurs andalous

 

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Vous avez remarqué? Les riches piquent toujours tout aux pauvres. Même en cuisine.
Les pauvres mettent des siècles à mitonner des plats simples, goûtus et roboratifs. Et pof, les riches les piquent.
On les imagine, les pauvres. Dehors rugit la bise, dedans gémit la faim; ils se serrent à quinze dans la cuisine, grelottant au coin d’une modeste flambée. Un beau jour, là au fond de la vieille marmite cabossée par le temps qui dodeline sur l’âtre, le miracle s’opère. La maigre pitance, améliorée par touches discrètes semaine après semaine, année après année, génération après génération, se transforme en une recette accomplie, harmonieuse, géniale quoi.
Et pof, les riches la piquent.
À tous les coups.
Sales riches.

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Tenez par exemple, le gaspacho. Le gaspacho est né en haillons. Sous un soleil de plomb. Dans les champs de l’Andalousie. Le voyageur romantique George Borrow, en balade espagnole dans les années 1830, le décrit comme un très humble mélange de pain, d’ail, d’huile, de vinaigre, de sel et d’eau froide. Même pas de tomate. Un breuvage de laboureur, n’exigeant qu’un pilon et un brin d’énergie pour pilonner; un moyen de lutter contre la chaleur qui fait oublier la faim et contre la pauvreté qui interdit de l’oublier. Un truc de pas-grand-chose. Un truc vital.
Et pof, les riches l’ont piqué.

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Car, voyez-vous, le gaspacho nous joue désormais le mets branché. Les éditeurs lui consacrent de pleins bouquins richement illustrés. Les mags culinaires lui déroulent le tapis rouge (rouge tomate, bien sûr). Les chefs qui comptent l’adaptent. De Ferran Adria d’El Bulli à Bernard Pacaud de l’Ambroisie, sans oublier Denis Martin et son gaspacho noir à l’encre de seiche. Bref, le gaspachisme est en marche.

Il n’y avait pas de raison que le Dr Slurp regarde passer le cortège sans grimper dedans. Voilà donc notre gaspacho vert, recette élémentaire autant que bon marché, qui propose un émouvant clin d’œil aux origines prolétariennes de la soussoupe ibérique.

Pour trois bols, il vous faut un gros bouquet de basilic, une gousse d’ail, un bulbe de fenouil, le vert d’une grande côte de bette et un demi-concombre. Rien, quoi.


DSC02192.JPGVirez le cœur coriace et les antennes du fenouil, émincez, puis faites pocher trois minutes à eau frémissante salée avec la feuille de bette. 
Et mixez-moi tout ça avec le concombre taillé en morceaux, le basilic, une gousse d’ail et un demi-verre d’eau. Ajoutez un peu d’eau si nécessaire.
Puis intégrez une grosse cuillère à soupe d’huile d’olive et une demi-cuillère de vinaigre de Xérès. Salez, poivrez, sucrez un mini poil même. Goûtez. Et rectifiez jusqu’à l’extase. Expédiez au congélo. Avant de servir, quand le soleil plombe et que l’apéro s’enlise, avec quelques tranches de pain grillées, frottées à l’ail et à la tomate.

Il n’est pas interdit de faire barboter quelques graines de fenouil et un trait de piment sur la surface. Ça fait riche. A piquer un plat aux pauvres, autant assumer.

Olé!


PS. Il y a une autre recette de gaspacho quelque part sur ce blog. On pourrait vous faire un lien. Mais c'est l'heure de la sieste.

18/06/2009

La très délicate tartine de roquefort, magret fumé et melon (mais sans meulèche)

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Coucou,

Il y a un jeu d’esprit qui nous distrait énormément depuis l’école maternelle. Ou même avant. C’est Melon et Meulèche. Deux copains qui font des trucs rigolos. On vous donne un exemple. Gare à vos zygomatiques, c’est hilarant.

Melon et Meulèche sautent comme des idiots sur le lit. Melon commence à abîmer le sommier; Meulèche l’affaisse. ME LÈCHE LA FESSE! Gag! (rires polis dans l’assistance)

Bon, essayons autre chose. Melon et Meulèche tirent à la fronde sur une bouteille. Melon la touche; Meulèche la rate. ME LÈCHE LA RATE! (sourires un rien embarrassés)

Aller, hop, une autre! Au service militaire, Melon et Meulèche espionnaient un terroriste. Melon lisait son courrier; Meulèche l’épiait. ME LÈCHE LES PIEDS! (silence consterné)

On avait prévu de vous raconter Melon et Meulèche jouent à la pétanque, puis Melon et Meulèche se promènent en forêt.
Mais, euh… l’heure de la retraite en cuisine a peut-être sonné.

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Tenez, voilà une tartine de roquefort au magret fumé et melon (rassurez-vous, sans son pote Meulèche). Flanqué d’une salade verte à la vinaigrette tintinnabulante, c’est un casse-croûte extraordinairement régressif, et donc jubilatoire pour nos palais mûrs en quête de jouvence (bla bla bla). Surtout si l’on a pris soin de déboucher un blanc de Loire adouci d’une larme de sucre résiduel, à l’instar du très naturel et ravissant Coteaux du Loir 2006 «Le Briseau» de Christian Chaussard. C’est notre caviste chouchou qui a eu cette idée-là. Atchement rusée, l’idée.

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Ouvrez une baguette en deux. Taillez des tranches. Tartinez de roquefort. Faites griller au four. Puis coiffez de lamelles de melon, d’un tour de moulin à poivre et de tranches de magret fumé.
Pas très facile à réaliser, on vous l’accorde. Mais, voyez-vous, la grande cuisine exige une vraie maîtrise technique doublée d'un feeling de vieux démon.

Au fait, vous connaissez Pince-moi sur un bateau? Personne ne tombe à l’eau. Qui reste-t-il? GAG! (sifflets, vol de tomates, crises de larmes)

Bye

12/06/2009

Ecossage méditatif, salade de petits pois au chèvre estragoné et tartinade live

Salut, les gnomes ventrus (si je peux ma permettre)

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Parmi les tâches inhérentes à la popote domestique, il en est une qui nous botte particulièrement: l’écossage des petits pois. Parfaitement. C’est que, voyez-vous, au bout de la trentième gousse, la technique s’affine; le tempo se stabilise; les doigts bossent seuls. Et jaillissent en cascade les mignons pois verts de leur fourreau. Pof, pof, pof.
L’écosseur peut alors rêvasser pépère. A quoi? Ben, par exemple, à la tête de Cohn le soir des élections. Ou à l’hypothétique existence d’un Être Supérieur Barbu, là-haut, à dada sur un cumulus. Ou au derrière riant de la cousine Marguerite, entraperçue sous la douche par une chaude après-midi de juillet 1972 (Marguerite, si tu m’entends, j’étais caché dans la panière à linge sale, me pardonneras-tu un jour?).

Voilà donc un exercice méditatif, quasi psychanalytique même, qui peut, en outre, préluder l’élaboration d’une élémentaire mais mirobolante salade de petits pois au chèvre frais et estragon.

Ecossez (voir ci-dessus) et pochez les petits pois quelques minutes dans une eau frémissante autant que salée. Rafraîchissez aussitôt sous l’eau froide.
Préparez une vinaigrette musculeuse au vinaigre de cidre et huile d’olive.
Emiettez le chèvre frais, en y glissant quelques pétales d’un chèvre plus affiné.
Emincez un oignon frais et une botte d’estragon.
Puis touillez le tout avec douceur mais fermeté (n’importe quoi). Voilà tout. Chouette salade.
Plus frais, tu t’enrhumes.

Tchou

cover_C&C.jpgNB. Une info. Une vraie. Vous vous souvenez de notre joli recueil de recettes pour marmots intitulé Corsaires et casseroles? Dimanche après-midi, ses concepteurs (Hélène, la Lucie et mèzigue 1er) tartinent live et dédicacent à tour de bras dans la cour du Musée du Léman à Nyon, de 11 h à 15 h 30. Il fallait vous le dire. L’éditrice nous a grondés. Il faut quand même le vendre ce maudit bouquin! A dimanche, les potes.

 

09/06/2009

La pizzobergine: deux façons de la préparer

Salud!
 

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D’aucuns auront noté notre fâcheuse tendresse pour la création de néologismes foireux. N’en doutez pas, il n’y a rien d’immodeste dans ce hobby-là. Car le néologiqueur du dimanche se croit fortiche. A chaque nouvelle trouvaille boiteuse, il imagine amener son caillou au lexique national, écrire une notice inédite du Littré, vaseliner la marche impérieuse du progrès humain.
Bref, le néologiqueur du dimanche se la pète grave.

Ben tiens, en voilà un, tout neuf, tout bon, tout con: la pizzobergine. De pizza et d’aubergine (faut-il vraiment s’enfoncer ainsi?). Création terminologique qui se décline naturellement en pizzeriobergine (le boui-boui où se mange la chose) et en pizzaïolobergineur (le gulu avec un drôle de chapeau qui la cuisine).

Pfffffff, on tient la forme aujourd’hui.

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Pour réaliser une pizzobergine parma (jambon cru-mozarella-origan) et une pizzobergine siciliana (anchois-peccorino-origan), avisez des aubergines dodues, oblongues et brillantes comme une cascade de néologismes maison.

DSC02156.JPGTranchez-les en deux dans le sens de la longueur. Quadrillez la chair en quelques coups de lames, façon Zorro. Salez au gros sel. Et laissez dégorger un bon petit moment, pulpe contre papier ménage. Avant d’enfourner à 150° pour une grosse demi-heure.

Pendant ce temps, tambouillez un coulis avenant en pelant, épépinant et hachant tout plein de tomates mûres (en cette saison, il n’est pas inutile d’essorer maladivement le résultat). Salez bien, poivrez, sucrez un rien et assaisonnez le tout d’une large tombée d’origan.

Rincez à l’eau claire quelques filets d’anchois à l’huile. Et découpez une bonne mozzarella en lamelles. Sortez enfin du frigo le jambon de Parme et un vieux pecorino, puis la râpe du placard (faut-il vraiment tout détailler comme une andouille?).

Au bout d’une demi-heure donc, extrayez les aubergines de leur fournaise. A l’aide d’une cuillère à soupe, écrabouillez leur un brin le bidon, de façon à y ménager une dépression concave autant qu’ovale (il se croit où, machin?).

Tartinez avec le coulis de tomates. Brumisez d'huile d'olive. Puis coiffez les unes d’une tranche de Parme et de quelques lamelles de mozzarelle; les autres de filets d’anchois et de vieux pecorino râpé.

Renfournez, toujours à 150°, un quart d’heure.


Gros débat: faut-il manger la peau des aubergines?
Certains pensent que oui, et la mangent donc.
D’autres pensent que non, et ne la mangent guère. 
Voilà toute la controversobergine.

Tchou!

21/05/2009

Gambas, morilles et lard embrochés à la vitesse d’un TGV au galop

Coucou,

 

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Aujourd’hui, chers lecteurs haletants et allaitants, nous allons tenter d’inscrire ce blog dans le Livre Guiness des Records Débiles, en publiant la recette narrée de manière la plus rapide de l’histoire de la popote mondiale.

Parfaitement.
On retient son souffle.
Et on se lance.

Pour réaliser une brochette gambas-morille-lard, embrochez le tout et faites griller.

88 caractères. 13 mots. Bingo. Ben voilà, on est dans le Guiness. Trop fort.
Certes, ce n’est pas donné à tout le monde, mais toi aussi, en bossant comme un fou des mois durant, tu peux y arriver.

Envoyez les télégrammes de félicitations et dons en nature à:
Dr Slurp
Genf
Suisse méridionale

Europe non alignée

 

Bizzzz

 

 

PS:  Avant de rafler le record, il s’agit de faire mariner les crevettes crues (de grosses crevettes ou de petites gambas) avec de l’huile d’olive, une pointe d’ail haché, une bonne pincée de piment d’Espelette, du thym frais et quelques tours de moulin à poivre.
Les morilles seront menues, bien nettes et fermes, si possible dégottées par M’Zelle Sonson dans les sous-bois des contreforts jurassiens (facultatif). On les nettoie sous l’eau, et on les précuit cinq six minutes dans une mininoisette de beurre.
Le lard est paysan mais pas fumé. Il est taillé en dés d’une taille égale à l’épaisseur des morilles et des crevettes (soyez bien concentrés à ce stade, SVP).

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Une fois le tout enfilé sur une pique (pique et colégramme), on bloque la brochette avec un petit bâtonnet d’oignon frais (le détail sublime, qui trahit le passé de scout du cuistot).
On assaisonne. Avant de faire dorer les brochettes une douzaine de minutes dans un peu d’huile d’olive, à feu mezzo.
Il est envisageable de se taper ça à l’apéro, en entrée ou en plat principal. Voire au dessert ou au goûter. Compter de une à 87 brochettes par personne. A déguster avec un verre de gamay à jus blanc boombastic, genre le Moulin-à-vent émouvant du Domaine des Côtes de Molières.

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Quoi??!! Il est long mon poste-scriptôme??!! M’enfin??!!

05/05/2009

L’énigme gastrosexuelle et les asperges en méli-mélo d’herbettes brésaolées

Salut, les pandas albinos

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L’autre jour dans Libération, il y avait un papier sur un nouveau type d’homme, baptisé «gastrosexuel» par nos amis les sociologues. Grosso modo, le gastrosexuel a entre 25 et 44 ans. Il cuisine bien. Puis il emballe. «Mon taux de réussite, une fois l’invitation acceptée est de 75% le premier soir et 95% en tout», claironne Sébastien, 35 ans, interviewé par Libé.
95%, diable!
Lui fait de la popote française traditionnelle ou tape dans l’exotique. Dégaine des bouteilles prestigieuses ou des crus sudistes corsés. Et hop! La convive se retrouve toute chose sous la couette avant le café. Trop fort.

Cette peinture d’une nouvelle génération de prédateurs sexuels en tablier de cuisine nous a laissés tout dubitatifs.

Primo,
on n’avait jamais songé à utiliser notre vieille marmite en fonte comme arme de drague massive. On va reconsidérer l’engin.

Deuzio, il faut quand même se demander, si le cuisiner est occupé à lutiner l’invitée, qui nettoie les fourneaux et range le boxon après le repas. C’est que voyez-vous, il y a une éthique dans la popote. Un enchaînement de gestes quasi déontologique, qui va des emplettes à la vaisselle. Faire le boulot à moitié sous prétexte d’un digestif canaille, cela nous frise le code.

Tertio, pendant quelques millions d’années, c’étaient les dames qui faisaient la tambouille, sans que jamais cette activité-là ait boosté leur sex-appeal. Bien au contraire. Les gaillards s’y collent enfin. Et voilà qu’ils suintent brusquement la sensualité. Etrange. Comme quoi, il y a encore des pans entiers de l’attraction libidinale qui nous restent mystérieux.

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Tout ça pour vous assurer qu’il n’y avait nulle perspective copulatoire dans l’élaboration de cette recette d’asperges en méli-mélo d’avocat aux herbettes et bresaola. Juste le plaisir de concocter quelque chose de slurp. Ce qu’on peut-être candide, des fois.
Spécial dédicace à la copine Edith, qui habite là-haut sur le flanc de la montagne, à 600 mètres au-dessus du niveau de la mer, et dont le jardin explose d’herbes aromatiques ces jours-ci. Elle nous a offert un gros bouquet de cerfeuil. Un végétal gracile et gracieux, au délicat groove anisé, dont on raffooooole. Merci Edith.

Pour réaliser cette prodigieuse quoique couillonne entrée, il vous faut aussi des asperges vertes, un avocat mûr, une poignée de roquette, des tomates cerise et plein de fines tranches de bresaola.

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Coupez le cul des asperges, au tiers environ, et pochez-les six-sept minutes. Qu’elles restent croquantes. Refroidissez et tranchez en menus tronçons biseautés en gardant les têtes entières. Extrayez la chair de l’avocat, taillez en cubes.
Hachez la roquette et le cerfeuil. Coupez les tomates en deux.
Taillez deux trois tranches de bresaola en lanières (le reste sera servi à côté, oui, on ne discute pas).
Puis tricotez-moi une vinaigrette athlétique et généreuse, à l’huile d’olive et vinaigre de cidre, bien relevée. Touillez le tout à la force du poignet. Et rectifiez s'il le faut. 
Et alors? Ben alors, l’avocat s’écrabouille façon crème. Les herbettes te titillent la goulette façon anisette poivrée. La vinaigrette swingue grave. Et la bresaola fait de la figuration rouge sombre, tout en amenant un discret contrepoint carné.
Je vous dis pas le tableau.
Printanier à donf’.
Mais pas gastrosexué pour un sou.
A sous peu

28/04/2009

La tartine au radis et l’affaire du séré ovin

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Coucou, les salamandres à quatre orteils (si j'ose)

L’autre jour, le crémier nous a fait un cadeau. On échangeait en sa compagnie quelques propos lestes autant que spirituels sur la météo, la grippe porcine et le crottin de chavignol, quand il nous a lancé, comme ça, sans ambage et au débotté: «Tiens, je viens de recevoir ça. Prend un pot à la maison. Goûte. Et dis-moi ce que tu en penses

Huuuuuu. On en était tout chose. Parce que, voyez-vous, se retrouver sacré grand goûteur du crémier, c’est quand même une promotion colossale. Et une sacrée responsabilité avec ça. Pensez, si on se plante. Si on lui dit: c’est bon, alors que c’est naze. Ou si on lui dit: c’est naze, alors que c’est bon. Hein? Voyez l’angoisse?

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Le dit machin, c’était un séré bio de brebis suisse.
Le séré - ou sérac - désigne d’ordinaire sous nos cieux helvètes un fromage de lactosérum, maigre, relativement ferme et compact, que l’autochtone aime à poêler en se poilant.
Pour le coup, il s’agissait d’une crème, fluide et gracieuse, un poil corsé, et somme toute distrayante en bouche.

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On en a illico fait une tartinade de séré ovin au radis et ciboule, qui a provoqué des pâmoisons en cascade lors de l’apéro qui a suivi.
Coupez quelques radis en lamelles microscopiques. Taillez la ciboule en minirondelles de la mort. Touillez le tout avec le séré. Piment d’Espelette. Sel, poivre. Re-sel, re-poivre. Re-piment. Et quelques graines de sésame noir, pour amener à la composition un peu de dynamique chromatique (très important, la dynamique chromatique).
Sur du pain grillé, c’est de la balle.

Tchou !

NB: Pas vraiment supersonique le post du jour. Mais il y a aussi de petites choses que l’on ne peut garder pour nous.

NB2: Vous avez acheté Une Odyssée Américaine, le dernier Jim Harrison? Pas encore? Gardez vos sous. Bien au chaud. L’est nul. Long, vain, vide. Merci Mamie Slurp.

21/04/2009

Les gros champis parigots au chèvre et gingembre


Hou, ça faisait des lustres. Ça boume chez vous?

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Tiens l’autre jour, sans trop savoir pourquoi, sur l’étal du marchand, ces gros champignons de Paris nous ont procuré une soudaine bouffée de paix intérieure. Tout blancs, tout ronds, tout cons, ils nous attendaient là, sans moufter, benoîts et pépères, somnolant sous leurs chapeaux rigolos. On notera au passage que les champignons de Paris figurent probablement parmi les créations les plus simplettes de Notre Barbu Tout Puissant. Pas une once de conversation. Pas un sou de caractère, ni de malice. Mais une indéniable candeur bonhomme, qui fait de ces champis-là des bouées d’innocence dans la tempête d’une modernité mercantilo-technologico-libérale carnassière et polluante. Et toc.
Bon, on se calme. Et on file en cuisine.

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DSC02015.JPGAu menu: six gros champis parigots farcis au chèvre, gingembre et tomates séchées. Une recette solidement roots, réalisable fingers in the nose le temps d’un slow des Platters, pour une vraie satisfaction buccale au final.
Lavez les champignons, extrayez les pieds, oignez l’intérieur des chapeaux d’huile d’olive. Puis demandez à une fillette qui passe par là de hacher les pieds avec quelques brins de persil plat.
Emincez mini deux tomates séchées, une gousse d’ail et l’équivalent d’un orteil de gingembre frais.
Touillez le tout avec un petit chèvre frais. Assaisonnez sans mollesse.
Puis farcissez les têtes (hu, tu me farcis pas la tête, toi).

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Hop, au four, à 180°, pour une petite vingtaine de minutes.
Le temps de déboucher un rouge de Loire à la chair aérienne et au fruité gracieux; par exemple la très gracile et naturelle cuvée de printemps les Ardilles du Domaine du Moulin à Cour-Cheverny. Light et sexy comme Betty Boop.

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C’est tout, les copains. Mais on remet le couvert dès demain, avec une révélation mafflue qui va vous en boucher un gros coing.

Bye

02/04/2009

L’œuf à la coque triplement parfumé qui a vu l’ours

Chers ami(e)s, bonjour

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La cuisine, c’est comme la vie.
(Ben, ça démarre mal aujourd'hui. Cette intro naze et convenue devrait même donner à nombre d’entre vous l’envie impérieuse de zapper ailleurs. On ne saurait les en blâmer. C’est vraiment pitoyable d’écrire des niaiseries pareilles à jeun. Mais bon…»

La cuisine, disais-je donc, c’est comme la vie. Tout roule, tout roucoule, tout glisse. Et patatras! Surgit un traquenard. Un croc-en-jambe du destin. Une ouille dans le minestrone. Prenez par exemple cette recette, celle de l’œuf à la coque en crème d’ail des ours et curry – plat apéritif mirobolant, cela soit dit en passant -, elle commence comme une partie de rigolade.

 

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Avisez des œufs bien frais. A vue de nez, estimez la quantité de crème fleurette dont vous aurez besoin pour les remplir.
Touillez ladite crème avec quelques brins d’ail des ours sévèrement émincés, un doigt de vinaigre de Xérès, une pincée de curry, une pincée de poivre au moulin, une pincée de piment en poudre, une bonne pincée de fleur de sel. Goûtez. Faut que ça groove grave.
Décalottez les œufs avec le terrible engin prévu à cet effet. Virez le blanc (relativement fastoche). Gardez le jaune intact. Et faites les cuire, juchés sur leurs cocotiers, au bain-marie, à eau à peine frémissante, quatre minutes. Puis emplissez les œufs avec la crème à la petite cuillère. Elémentaire, mon cher Klaxon.

C’est là que l’affaire, jusque-là vaselinée et radieuse, se corse.

Car, avec le cocotier et les mouillettes, il va vous falloir réaliser... une tête de lapinou à gros pif. Si!
Et ce n’est pas si facile que ça. La tête de lapinou à gros pif est un art exigeant.
Le gros pif sera matérialisé par le cocotier. Deux mouillettes figureront la bouche, deux autres les yeux, deux autres les oreilles. Recommencez autant de fois qu’il le faut, jusqu’à ce que vos proches, découvrant l’assiette, s’écrient «houuuu… le lapinou à gros pif!»

 

 
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Bonne chance, amigos

PS: A l’heure du miam, on recommandera aux convives, d’aller chercher le jaune (chaud) au fond du pif, pour le marier à la crème (froide) . Outre l’aspect ludique de pacser ainsi les fluides dans sa petite cuillère, il y a là un mix gustativement voluptueux. Enfin, ce qu’on en dit…

19/03/2009

La capote du pape et le millefeuille de betterave au jambon ibérico

Mes bien chères soeurs

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Il y a un pays que l’on brûlerait de visiter. C’est le Pays des Papes. Car voilà bien une contrée mystérieuse et pittoresque. Ses habitants ont ainsi des mœurs qui ne ressemblent à nulle autre. Particulièrement en matière de sexualité. Un exemple? Au Pays des Papes, les gens n’ont pas, comme vous et moi, la sève qui leur chauffe l’entrejambe. Ils ne niquent pas comme des êtres humains lambda. Ils s’abstiennent. Personne ne sait du reste comment ils se reproduisent. («Silepapeétaitpapasonpapaseraitpapi», dit d’ailleurs une comptine charmante). Plus étrange encore: quand par malheur, ils enfilent une capote, ils choppent le sida. Et pof!
Dépaysant, non?

Bref, vivement dimanche que Ben le 16ème se repose. Ça fera des vacances à l’humanité.

D’ailleurs, ce hamburger de betterave au jambon serrano aux noisettes et quenelles de chèvre ne lui est nullement dédié. Na! Une entrée exquise et troublante, cela soit dit en passant, inspirée par un plat récemment dégusté dans un bistrot dans le vent, où le chef avait eu la bonne idée de marier une assiette de charcutaille ibérique à une glace à la betterave. Nickel, le pacs. Sitôt avalé, sitôt pompé.
Pour croquer dans ce chef-d’œuvre, il vous faut une betterave cuite, quelques tranches de jambon ibérico, un chèvre frais, douze feuilles de moutarde (ou plus, ou moins), des noisettes, de l’huile de noisette et une botte d’oignon nouveau.
DSC01917.JPGPelez et tranchez la betterave en tranches de 4, 37 mm d’épaisseur. Disposez-les à plat sur un plat plat (belle phrase, on dirait une homélie). Humectez gaiement d’une vinaigrette à l’huile de noisettes bien relevée. Sel, poivre. Et coiffez d’oignon frais et de pousses de moutarde ciselées. Filmez. Oubliez au frais une heure.
Dans une jatte, touillez le chèvre frais avec une larme d’huile d’olive, quelques rondelles d’oignons frais, des éclats de noisettes, sel, poivre, piment d’Espelette. Formez de gracieuses quenelles avec deux petites cuillères.
Et alors? Ben alors, dressez vos machins trucs, en alternant tranches de betterave et chiffonnades de jambon. Le tout avec quelques feuilles de moutarde, une giclée de vinaigrette, quelques noisettes balkanisées et deux quenelles de chèvre.
Très chic. Très bon. Toucon.
Amen