18/02/2008

Les petits champignons picotants de la décrue pondérale

 

Bonjourno, gastrolâtres en goguette

 

 

 

Après avoir englouti des hectolitres de fondue au fromage sur le toit de l’Europe, les orteils écarquillés dans nos Nordikas de location, les yeux embués de bonheur devant l’arc alpin dans son plus bel état et le cervelet engourdi après quatorze bouteilles de blanc bien frappées, nous revoilà redescendus dans la plaine.

Avec six tonnes de trop sur chaque hanche.


Voilà donc une salade acalorique quoiqu’exaltante de champignons de Paris (crus!!!) au curry et graines de fenouil en crème aérienne de ciboule. Louons au passage lesdits champignons de Paris, créatures simples mais riantes, dont la saveur discrète (euphémisme) accueille les épices et apprêts dingos les bras ouverts. Braves petits champis parigots. Trop couillons mais sympas.


Visez donc de petits champignons, bien propres, bien ronds. Nettoyez et séchez les délicatement.
Puis dégottez-vous un chouette fromage frais light, avec autant de matière grasse dedans que sur le croupion de la première dame de France.
Touillez-le avec acharnement avec une branche de ciboule (ou d’oignon frais) émincée, une larme d’huile d’olive, seize gouttes de citron, une tombée de curry corsé et une grosse cuillère à café de graines de fenouil. Sel, poivre, paprika. Goûtez. Il faut que ça arrache un brin la glotte.
Mélangez ensuite aux petits champignons. Avant de dévorer avec une feuille de laitue coupée en quatre et un grand verre d’eau.
Ben oui, c’est la diète. Pour vingt-quatre heures.
Demain: gratin de nouilles au saindoux.

 

 

 

Bye, bye

11/01/2008

Les croûtes moléculaires au cantal et au cumin

 

Amis de la Faculté, bien le bonjour

 

 

 


Bon, assez rigolé. Aujourd’hui, on va un peu phosphorer sur ce blog, en prenant un cours de cuisine moléculaire. Car, voyez-vous, la popote engendre de complexes réactions chimiques que l’amateur doit étudier sous peine d'errer jusqu’à sa mort dans les ténèbres de l’ignorance.


Préparez vos seringues sphérificatrices et pipettes gélifiantes. Astiquez vos siphons nucléaires et centrifugeuses à azote pulsé.


Et autopsions cette recette de croûtes de cantal (ou salers, ou laguiole) au piment et cumin, sur lit de salade verte aux noix. Attention, ça va gélifier les méninges.


Taillez des tranches dans un pain de bon aloi. Coiffez de tranches de cantal, d’un trait de piment doux et de quelques graines de cumin. Enfournez sous le grill jusqu’à gratinage artistique. Et servez avec une salade verte à l’huile de noix parsemée de cerneaux.


NOOOOOON. Ne bâfrez pas, bande de cancres!!!

Mais observez les modifications physiques occasionnées par le processus culinaire.


1 Le fromage, qui était dur, est tout mou.
2 Le pain, qui était mi-blanc, a roussi
3 Le cuisinier, qui s’est sifflé la moitié d’une bouteille de cornalin, est tout gris.


C’est magique, c’est moderne, c’est moléculaire.

Bien le bonsoir

10/01/2008

La soussoupe culturelle de crevettes et porc à la citronnelle

 

Mes hommages, amis de la culture 

 

 

 

Avant-hier, Nico le Bref donnait une conférence de presse qui nous a fait chaud au cœur. Il est si bon d’entendre des mots tels «civilisation», «morale», «amour» et, surtout, «culture» dans la bouche présidentielle. Oui, «culture». Finalement, ce quinquennat pourrait être celui de l’intelligence et de l’éthique. Voire carrément le règne des Arts et des Lettres. Avec Johnny, Bigard, Steevy et Doc Gynéco comme prophètes, ça va péter le plafond.

Pince-moi, j’hallucine la Vierge.

Après ça, sans trop savoir pourquoi, on a eu besoin d’une soussoupe gentiment exotique. Voilà donc notre potage de crevettes et porc à la citronnelle, qui permet, en trois coups de cuillères, de se dépayser papilles et cortex.

Pour rassasier quatre gulus à table, il vous faut;

- 100 grammes de nouilles asiates fines aux œufs
- Et tant que vous êtes à l’épicerie thaï, équipez-vous de feuilles de citronnelle et sauce soja
- Un bon gros litre de bouillon de volaille. Ou de légumes. Ou, mieux, un mix odoriférant des deux.
- 20 grosses crevettes, si possible crues, sauvages et décortiquées. Enfin, payez-vous ce que vous pouvez.
- 300 grammes de côtelettes de porc.
- Une grosse gousse d’ail, deux échalotes dodues, une botte d’oignon frais
- Un bouquet de coriandre et du gingembre frais
- Un morceau de sucre brun
- Une pincée de piment
- Un citron vert et de l’huile de tournesol
- Et les œuvres complètes de Steevy, récemment parues dans la Pléiade

 


 

Hachez ail, échalote et l’équivalent d’une cuillère à soupe de gingembre frais.
Virez l’os et le gras du cochon, émincez.
Pressez le citron
Emincez la coriandre et le vert de l’oignon frais en rondelles.
Taillez quatre feuilles de citronnelles en lanières minces.
Préparez le bouillon. Bien corsé, le bouillon.
Décortiquez s'il le faut et rincez les crevettes.
Préparez les nouilles comme indiqué sur le paquet (en général quatre minutes dans de l’eau bouillante hors feu en démêlant à la fourchette), égouttez et réservez.
Dégainez le wok. Faites brunir ail et échalotes dans une cuillère à soupe d’huile de tournesol. Ajoutez le bouillon. Puis le jus de citron, le piment, une cuillère à soupe de soja, le gingembre, le sucre et le porc émincé.
Laissez frémir un quart d’heure. Goûtez, rectifiez avec le soja, s’il le faut.
Plongez alors nouilles et crevettes. Plouf! Quatre-cinq minutes, le temps que les crustacés rosissent comme un collégien devant l’origine du monde.
Achevez le grand œuvre en décorant les assiettes de coriandre hachée et rondelles d’oignon frais.
Et servez en déclamant ces quelques vers de Doc Gynéco:
«C'est beau, c'est beau la vie
C'est beau, c'est beau la vie
C'est beau, c'est beau la vie
C'est beau, c'est beau»
Le règne des lettres, qu’on vous disait.

 

 

Tchou, les aminches

07/01/2008

La tomme de vache crémeuse avec des morceaux de truffe cachés dedans.

Mein respects, cop's


La Tante Hortense t’a offert une truffe noire à la Saint-Sylvestre?
T’a piqué une truffe noire à l’épicerie fine dans un moment d’égarement délinquant?
Une pluie de truffes noires est tombée sur ta maison l’autre nuit, de sorte que t’en a trouvé une dans la cheminée?
Ton gros cochon truffier, appelons-le Marcel-le-Cochon, a trouvé une pépite sous la haie de thuya du jardin?


Bref, t’as une truffe dont tu ne sais quoi faire?
Essaie donc ça:

Vise une tomme de vache crémeuse mais pas trop corsée. Expédie-la au congélo un quart d’heure qu’elle se raffermisse (un peu comme le croupion de la future première dame de France).

 

 


Tranche-la en deux, dans le sens de la longueur, d’un coup de lame habile.
Truffe de truffe (mmmm…. aurais-je commis une répétition fâcheuse?). En lamelles, les truffes.
Referme le fromage. Emmaillote dans du papier-alu. Oublie au frigo deux jours. Et sort le trois heures avant le miam.
Puis prend le fromage dans ton bec. Et n’écoute pas cette crapule de Maître Renard qui, par l’odeur alléché, va essayer de t’embobiner pour récupérer la tome truffée (clin d’œil littéraire).

A demain si vous le voulez bien

04/01/2008

Des rillettes de maquereaux pour s’engouffrer dans 2008 en rigolant

 

Comment ça va bien, les coquins de l'an 08?

 

 

 

 

Ben, voilà. C’est fait. Exunt guirlandes lumineuses, dindes joufflues et embrassades rituelles. Fouquet’s Gump nous a fait ses vœux; Papa Noël est retouné dans son igloo; et le sapin perd ses lamentablement ses plumes sur le trottoir glacé.

Bref, la vraie vie recommence. Passons donc à table, sans faire de chichi, comme de braves homo sapiens goulus que nous sommes. Sans oublier de prendre l’apéro avant, bien sûr, en débouchant une Altesse rebondie mais racée, aux parfums de miel et de fleurs blanches, produite par le Sieur Jean-Noël Blard à un jet de moût de Chambéry. Beau blanc montagnard, cédé à prix câlin par le marchand.

 

 


Avec ça, il s’agit évidemment de grignoter. Car «qui se noircit le museau sans manger roule sous la table comme un goret» (vieux proverbe vierzonnais). Il s’agit de grignoter, disais-je, des rillettes de maquereaux au citron vert par exemple, concoctées selon la recette simplette autant qu’express que voilà:

 

 

 


Avisez une boîte de maquereaux marinés au vin blanc. Honnête, la boîte.
Ouvrez-la (ben oui). Virez le jus et les aromates éventuels. Puis écrabouillez à la fourchette les malheureux filets de poisson en compagnie de 80 grammes de ricotta. Sel, poivre au moulin, piment doux, coriandre en poudre et neuf gouttes de citron. Ajoutez quelques zestes de citron vert. Puis faites moi griller de jolies mouillettes, que les convives se tartineront frénétiquement, en se mettant des rillettes jusqu’à la Rolex.


2008 peut serrer les fesses. On est d’attaque. Crouic.

A tout soudain, les gens

 

19/11/2007

Another Brick in the Wall : Le bonbon magique d’où s’échappe de l’or liquide

 

Bonjourno,

 

 

Voilà notre humble salade aux noix et brick de jaune, flashée pour vos beaux yeux.

 

La semaine dernière, on a donc usé nos mimines manucurées dans les cuisines d’un chouette restaurant genevois, quasi comme un marmiton.
Et alors? Ben alors, ça fatigue mais ça instruit.
Entre autres, on nous a gentiment demandé de…
- Dégraisser des gros filets de bœuf
- Lever des filets de daurade
- Désosser des selles de chevreuil
- Tailler des légumes dans tous les sens
- Tourner des artichauts (très dur ça)
- Décoquiller plein de St-Jacques
- Peler des patates (ben oui, ça fait partie du jeu)
- Hacher au couteau du tartare
- Dénerver des foies gras
- Dresser plein de mises en bouche dans l’atmosphère haletante bien qu’exaltante du coup de feu
- Ciseler du basilic sans l’écrabouiller, ce qui semble fastoche, mais s’avère plutôt épineux.

 


Les mises-en-bouche. Une mousse moussue de potiron, avec une raviole de foie gras planquée dedans.Trop fort. Admirez le dressage.

 

 
Une entrée slurp: des cuisses de grenouille en tempura sur réduction d'épinards pétaradante. A droite, notre chef, en plein effort. L'est beau, le chef.

 

Au passage, on s’est rendu une nouvelle fois de plus compte du fossé qui sépare la cuisine de pro de la popote à domicile (le matos, la gestuelle, l’urgence, l’enjeu…), de cette épatante division du travail qui préside aux grands plats et de notre inculture technique, inculture tutoyant le grand vide intergalactique (là ou personne ne t’entend crier). Quiconque se débrouille derrière les founeaux et en conçoit un moignon de vanité devrait aller tourner des artichauts dans les coulisses d’un grand resto. Ça remet les choses en place, l’ego par exemple.

 

 


Le plat qu'on a pillé. St-Jacques sur purée de panais, truffe blanche et brick de jaune d'œuf. C'est pas architecturé, ça?

 


Au passage aussi, on a piqué quelques plans aux quatre coins de la cuisine. Comme ce brick de jaune d’œuf. Lequel atterrissait sur une purée de panais, aux côtés de St Jacques à la truffe blanche. Et qui chez nous a dû se contenter d’une humble couche de verdure vinaigrée aux noix.


Tactique: Séparer les blancs des jaunes. Virer les blancs. Garder les jaunes. Aïe, vous en avez cassé deux? Vous culpabilisez comme une bête? Vous fondez en larmes? Pas grave. Les pros aussi en brisent plein. Gardez-les, ils seront utiles.

 


Oui, il s'agit de découper la croix confédérale avec de la pâte à brick, et dans un grand frisson patriotique s'il vous plaît. 


Dans une feuille de brick, découper des bandelettes d’environ quatre centimètres de large et quinze de long. Il faut compter une feuille pour cinq œufs.
Disposer deux bandelettes en croix, badigeonner au pinceau avec le jaune cassé (on vous avait bien dit de ne pas déprimer). Assaisonez : sel, poivre, piment doux.
Puis, avec un billion de précautions, déposer le jaune au centre de la croix. Avant de refermer, en commençant par la bandelette du dessous. Si la pâte est trop longue, tailler d’un coup de lame vengeur. Faut pas que ça boudine à la jointure.
On réserve au frais sous du film.
Au moment du miam, préparer une salade à l’huile de noix, abritant quelques cerneaux sauvagement atomisés. Puis dorer la pâte à brick dans une motte de beurre moussante, une minute de chaque côté, en retournant avec une délicatesse infinie. Sel, poivre. Et pouf, en salle.
A la découverte de ce filon jaune liquide s’échappant du bonbon doré, vos convives seront submergés d’un bonheur enfantin. Certains d’entre eux ne se remettront jamais de cet instant magique. Et en causeront encore à leur psychiatre en 2025.

Tchou, mes coquelets (si j'ose)

30/10/2007

Les quatre chouchous et les petits champis boostés au gingembre

 

Adiù!

 

 

 

 

Il y a, ces jours-ci, un jeu charmant nommé le Thinking Blogger Award (dans le genre caresse-moi-l’ego-dans-le-sens-du-blog-c’est-si-doux) qui galope dans la blogosphère et qui consiste à élire ses cinq blogs favoris. Blogs dont les auteurs doivent, à leur tour, nommer quatre autres. Et ainsi de suite.
Imaginez la spirale exponentielle. Infernal. Aujourd’hui la blogomiam, demain le cosmos interstellaire. Hou, on en a la cafetière qui tournicote.

Bref, les exquises Mamina et Salwa, ainsi que le (la) (les) décapant(e)(s) Loulou, nous ayant fort courtoisement awardisé, nous voilà contraints d’effectuer un choix déchirant parmi nos adresses fétiches. Bon, voilà un quintet. On aime les autres quand même.
 

Vincent le Canneux. Le spécialiste de la conserve de tout poil. Rigolo et précis. Et puis un type capable d’écrire qu’«un Noël sans sauce aux canneberges, c'est comme un tagada sans tsouin tsouin» mérite notre respect.
 

Mister Jup, qui du fond de sa Provence continue de nous fourguer, avec un ton leste et fraternel, de vraies recettes, franches, belles, roots. Et d’autres galéjades avec.
 

Ségolène. Parce que le miam ne se résume pas simplement au dernier Elle à Table, parce qu’il y a derrière vos casseroles une Histoire avec un grand H, des siècles d’expériences et un répertoire gastronomique édifiant, Ségolène, historienne de l’alimentation et cordon-bleu, a sa place dans vos favoris.


Lili Violette. Alias le Kibou, Lili reçoit toujours plein de copains buveurs de bière et dévoreurs de chairs. Kibou cuisine. Et déconne, dru.

 

Et paf, deux blogs ex aequo. Grand Chef, un cuisinier avisé, de gauche et fier de l’être; c’est rare, c’est bon. Et Olivier, qui raconte atchement bien les plats mirobolants qu’il mitonne pour ses trois femmes.


Ouf, voilà notre devoir d’automne accompli. Vite, à table. Une petite salade de champignons de Paris au gingembre, ça vous branche. Non? Ben tant pis. La voilà.

Ciblez de petits champignons bien blancs, bien propres sur eux, qui sortent juste de leur couche les yeux embués d’un bonheur candide. Lavez-les quand même. Sans les démantibuler. Zestez un citron vert. Hachez menu une phalange de gingembre frais. Coiffez les pitit champis de tout ça. Et mouillez largement d’une bonne huile olive et du jus du citron suscité. Fleur de sel. Poivre au moulin. Piment soft. Goûtez. Et effondrez-vous sur le sol de la cuisine, foudroyé par une extase gustative quasi mystique. Oui, on est un brin sensible.

 

 

 

 

Bien le bonsoir

 

PS: Après la pâmoison dans la cuisine, pour recrouvir tous vos esprits, croquez donc dans le plus puissant piment du monde découvert récemment par des scientifiques du Nouveau-Mexique, qui n'avaient visiblement pas grand chose d'autre à faire de plus palpitant pour la survie et le bonheur de l'espèce humaine. Bref, ce piment-là, il réveille sans doute.

 

PS2: Rapport à cette histoire d'awards machin truc, on me demande de faire un lien vers un mystérieux ILKER , initiateur du tralala, et de prier mes lauréats de se mettre à table.

 

 

29/10/2007

Bête et cher: L’œuf à la coque avec de la truffe noire cachée dedans

Cot cot, les gens

 

 

 

 

Une armada de psychologues de tout poil se sont penchés sur cet étrange syndrome occidental: le blues du dimanche soir. Ben oui, le week-end trépasse et le moral feignasse. La téloche craint. Pas de bon bouquin. Demain redémarre le train-train. Tout est sombre, tout est vain. (Notez l’avalanche de rime en in, fortiche, hein?).
Plongé dans ce tunnel morne et visqueux qu’est la soirée dominicale, il s’agit de trouver des stratégies pour cajoler son humeur. Manger kekchose de bon par exemple.
Et zuuut: le frigo est vide. Non, pas tout à fait. Cachés dans la porte, quatre œufs nous font coucou. Des œufs bio, pondus dans l’allégresse par des poules libres et lutines. Bon, c’est un début


Au fond du placard, voilà une petite boîte de conserve qui ne paie pas de mine. Une boîte achetée un jour de fièvre consommatrice et oubliée depuis: des éclats de truffe noire du Périgord.
Tiens, tiens, le dimanche soir paraît tout de suite plus jouasse. Yes. On va se goinfrer d’œufs à la coque avec des lamelles de truffes dedans.

 

La tactique? Franchement bêtasse.

 

 

Pour cuire les œufs, adoptons la stratégie de Michel Bras, qui est de démarrer l’affaire à pleins gaz mais dans l’eau froide. Pour avoir un blanc bien compact et un jaune tout coulant, chez nous, c’est neuf minutes. Pile. Chez vous, on ne sait pas. Tour dépend de la gazinière. Chez nous, c’est neuf minutes. Pile.
Bref, quand les œufs sont prêts, on décalotte, on touille prudemment le jaune avec une larme de crème fraîche, une pincée de fleur de sel et de poivre au moulin, plus plein d’éclats de truffe. Avant ça, on a fait griller des mouillettes, tranchées dans un vieux pain qui passait par là. Voilà.

Et avec une rasade de Mourgues du Grès blanc, un Costières de Nîmes au caractère bien trempé et au prix amical, désaltérant et délicieux, et bien cette satanée soirée grimace enfin un bout de sourire. Et même ces idiots d’Experts à Miami semblent presque distrayants. C’est dire.

 

 

Tchao, les cop's

 

27/09/2007

Roulés de poivron, anchois et menthe sur un air de rap

 

 

YO!

 

 

Spéciale dédicace à tous les lascars de la blogomiam, vocifère le petit MC en survêt bleu, à gauche de la scène.

 

T’as deux poivrons rouges et de la menthe au FRI-GO
Et une boîte d’anchois dans le placard d’EN-HAUT
Sur une idée d’association piquée à Denis MAR-TIN
Prépare vite ces petits roulés goûtus et MA-LINS

 

Refrain
POI-VRON
AN-CHOIS
ET MENNNNNNNTHE
Yo, yo, yo, yo, hurle le petit MC en survêt bleu, à gauche de la scène.

 

Pèle et épépine tes deux POI-VRONS
Détaille en grosses lanières et hop au POÊ-LON
Assaisonne: sel, poivre, ail et ORI-GAN
Et laisse attendrir à couvert un bon MO-MENT

 

Refrain
POI-VRONS
AN-CHOIS
ET MENNNNNNNTHE
Jump, jump, jump, vocifère le petit MC en survêt bleu, toujours à gauche de la scène.

 


Fais dessaler tes anchois sous une FILET-D’EAU
Puis arrose d’un trait de vinaigre blanc, mais PAS TROP
Prépare ta menthe et tes CURE-DENTS
Il va falloir rouler MAINTE-NANT

 

POI-VRON, etc.
Roule, roule, roule, s’époumone le petit MC en survêt bleu, éreinté à gauche de la scène

 

Avec ça, il te faut un vin I-DOINE
Pas un coca light, ni du jus d I-GUANE
Un Sancerre élégant à la minéralité AL-TIÈRE
Respect à Alphonse Mellot, cuvée les MOU-SSIÈRES

 

 

POI-VRON, lalalalalaa.....

Les convives, FAITES DU BRUIT, crachote le petit MC, en survêt bleu, allongé à gauche de la scène.
Slurp, slurp, slurp, mastiquent les convives.

Rideau

 

NB. Le concert fini, on peut causer calmement de cette recette, qui procure une cascade de saveurs distrayantes autant que parfaitement étagées: la douceur du poivron, le pep des anchois et la fraîcheur de la menthe. D’aucunes auraient préféré l’emploi de basilic à la place de la menthe. Pourquoi pas? A vous de voir, bande de lascar(e)s dotés de papilles.

 

17/09/2007

L'haletante figue gratinée à la feta pistachée

 

Mes salutations les plus dégoulinantes, chers gourmets virtuels

 

Dans le monde palpitant, quoiqu'impitoyable des blogs culinaires, il est d'usage d'offrir en pâture aux surfeurs affamés ses plus belles réussites en cuisine. Les ratages, eux, sont tus. Ou maquillés en réussites. Ce qui est peu charitable pour les pauvres âmes qui vont essayer de réaliser ces si merveilleuses merguez au cacao chez eux.
Ben nous, on ose l'impudique déballage de nos tâtonnements. Car, éperdu fol amoureux de la figue, on s'est lancé récemment dans une croisade aveugle, consistant à rôtir le malheureux fruit, préalablement farci de fromage. Chouette idée sur le papier, dont la mise au point fut ponctuée d'échecs humiliants autant que répétés.
Le premier jour, on a fait ça avec du bleu de Gex et des noix. Limite berkissime.
Le deuxième jour, on a fait ça avec du chèvre frais parfumé de garam massala. Mieux, mais pas total slurp non plus.
Le troisième jour - imaginez l'agacement des proches overdosés de figues fromagées -, on a opté pour de la feta pistachée et parfumée au romarin. Bingo! Pas trop tôt.
La prochaine fois que vous causerez de figues et fromage en salon, n'oubliez pas de louer la franchise et l'obstination d'Estèbe.

 

 

 


Action! Choisissez des figues fermes et menues. Ouvrez-les - à l'aide d'un couteau pointu et tranchant - d'un petit X sur la tête. Et videz-les grosso modo - à l'aide d'une minipetite cuillère (modèle dînette) - de leur pulpe joliment violacée. Laquelle va dans une jatte, en compagnie de feta émincée, d'une giclée d'huile d'olive, d'une grosse pincée de romarin en poudre, d'un tour de moulin à poivre et de pistaches préalablement torréfiées à la poêle.
Touillez jusqu'à obtention d'une bonne pâte. Farcissez en veillant à ne pas éclater le pauvre fruit. Enfournez au four à 180° pour une dizaine de minutes, finissez avec un petit coup de gril.


On sert ces petits machins-là avec un peu de salade, et le sourire satisfait du missionnaire qui a converti une peuplade impie. On peut aussi déboucher une topette; nous, on a opté pour un cadeau du Grand Olif, le trousseau 2005 de Michel Gahier tout plein d'épices, de fruits frais, de santé et de souplesse gourmande. Miamou! 
Avec un trousseau pareil, la plus moustachue des donzelles se trouve presto un époux pas ripoux.


A très vite. Et vivement très vite.

PS: Vous noterez les trois pistaches hérissés sur la tête des figues, comble de la branchitude culinaire et capillaire.  

11/09/2007

Le millefeuille de figue, omelette et viande séchée. T'y crois, toi?

 

Salut les lapinous,

Cooooool: revoilà les figues. On voue aux figues une passion dévorante (au sens littéral). Cette chair tendre et juteuse, ces petits grains coquins, cette douceur affolante, et tout, et tout, ben, ça nous rend gaga.

Bref, voilà un petit hamburger de  figues, omelette et viande séchée. Juste pour se distraire. A l'apéro. Ou en entrée. Ou au goûter. Ou à Noël.

 

Nature morte, copyright mèzigue 1er

 

La technique? Débilissime. Battre trois œufs avec véhémence, un peu de lait, une tombée de cayenne et deux petites cuillères de parmesan râpé. Un rien de sel, un rien de poivre. Dans une grande poêle, on dore l'omelette (qui doit être fine comme l'intrigue d'un téléfilm français), tout doux, à l'unilatérale dans un peu d'huile d'olive, un quart d'heure environ. Pendant ce temps, tranchez donc une figue gironde et goûtue en minces lamelles. Puis écornez quelques tranches de viande séchée, de manière à leur conférer une forme vaguement circulaire.

 

A l'aide d'un emporte-pièce (ça fait toujours chic ce genre de formule), détaillez l'omelette en cercles. Et empilez viande séchée, figues, omelette sur deux couches. Evidemment, il reste plein de bouts d'omelette en rab', dont on s'empiffre en douce, à la cuisine pendant que le loup n'y est pas. 
On engloutit ça en s'en mettant partout (ça dégouline dru), avec une salade verte et une bouteille d'Aligoté. Et surtout en ricanant comme un Bossuet.

A bientôt. Et vivement bientôt. 

24/08/2007

Des petites tomates farcies au cyanure. Parfaitement.

 

 

Coucouloucou

 

 

 

L’autre jour, on traînassait sur le marché de la Fusterie, Genève, Suisse occidentale, Europe, quand un très vilain juron nous a brusquement échappé. «Par le cul glabre du Diable! De vraies amandes amères!»
Mignonnes, salées et iraniennes, elles étaient là, alanguies sur l’étal d’un marchand d’épices orientales. On s’en est payé un sachet illico. Pensez. C’est que la vraie amande amère, ben, elle a un goût drôlement plus intéressant que l’essence chimique dont on se sert d’ordinaire. Mais attention. C’est du poison. Du cyanure. Oui Madame.


La preuve? Dans Agatha Christie, autour du cadavre de la Lady flotte toujours une odeur d’amande amère. La vieille a été empoisonnée par le majordome dans la bibliothèque avec un chandelier. Nul ne le sait. Mais Hercule Poireau confond le gredin à la fin du dernier chapitre. Car le Poireau a flairé l’amande. Ou l’inverse.


Tout ça pour dire que la délicate entrée qui suit ne doit être consommée qu’avec parcimonie. Quiconque aurait la mauvaise idée de s’en slurper des doses massives et quotidiennes pendant des mois risquerait de finir à la morgue, le teint martien et la bave aux lèvres, après une agonie bruyante autant qu’interminable..

Euh… où en étions-nous?


Ah oui, les petites tomates farcies à la ricotta, raisins secs qui croquent sous la dent et amandes amères. Recette pour laquelle il vous faudra de petites tomates, de la ricotta, des raisins secs qui croquent sous la dent et des amandes amères. Ben oui, banane. Plus un peu d’ail en poudre et de piment d’Espelette. Uhhhh, c’est laborieux aujourd’hui.


Au boulot. Il s’agit d’évider les tomates (petites, les tomates - l’avais-je précisé? - mais pas microsques non plus; la taille d’une prune adulte sera nickel). Dans une jatte, on touille la ricotta avec les amandes amères (un brin concassées au préalable), les raisins secs, un rien d’ail en poudre, une giclée d’huile d’olive, une pincée de piment, du sel et du poivre. Goûtez. Rectifiez. Regoûtez. Rerecifiez, etc.
Après ça, il faut remplir les tomates. Puis leur poser leur petit chapeau sur la tête pour éviter qu’elles s’enrhument. Avec cet été pourri, on ne sait plus comment s’habiller.

 

Au revoir, les gens

 

PS: Les plus malins d’entre vous auront sans doute noté l’absence de toute précision quant aux quantités d’amandes, de ricotta et de raisin que nécessite cette recette. Flou légitime et longuement mûri: tout dépend du nombre de tomates à farcir.

PS2: La photo ci-contre, avec son mouvement magistral, traduit assez bien notre émotion face à la découverte des vraies amandes amères.

21/08/2007

La pizza aux poires qui devient chèvre

 

Chers tous, je vous salue bien bas, à m'en coincer le pif entre les rotules

 

 

 

 

L'amie Claire (dite Clairon pour les très proches) nous avait un jour épaté en tambouillant en deux clins d'œil une tarte avec du fromage de chèvre frais et des poires dessus. Recette que l'on a illico pillée et bidouillée, jusqu'en à faire cette pizza aux poires, thym et deux chèvres. Oui, deux. Un chèvre frais et un chèvre un poil plus sec. C'est un plat slurpy qui se grignote en entrée. Ou en plat principal. Ou à la place du fromage. Ou au dessert. Ou au goûter. Ou au petit dej'. Ou au cocktail de l'ambassadeur, du bout des doigts, en échangeant des propos grivois d'une voix suave et musicale.

 

The tactique. On fait sa pâte à pizza. Ou on en achète une à la supérette du coin. On étale, on parsème de chèvre frais, sel, poivre, thym frais. Puis on dispose élégamment, en un bel élan circulaire (traduisez dans le sens giratoire), de minces quartiers issus de poires mûres. Avant de coiffer de copeaux du fromage de chèvre sec, de thym et d'un vigoureux tour de poivre au moulin. Et vlan, au four préchauffé à 230°, pour 20 minutes. Une recette complexe, certes, mais tout de même réalisable par un enfant d'intelligence moyenne. Ou même un peu moins.

 

Après ça, on file à la cave avec l'agile vélocité de la limande en rut, pour remonter une bouteille de Sylvaner vieilles vignes concocté en 2001 par le sieur Ostertag, dans son chai d'Epfig, Bas-Rhin, Alsace, France-d'en-haut-à-droite (sur la carte).  Un blanc gracieux et délicat, qui sent les fleurs blanches et la tangerine de janvier. Entre autres.

 

 

A plous, les aminches

07/08/2007

Le melon saucissonné, la pince de la Baronne et la fin de Lee

Youp youp,


Menu du jour: Une bonne nouvelle, une mauvaise nouvelle et une entrée toucon. Par quoi commencer? Comment? La mauvaise nouvelle? Vous êtes sûrs? Bon d'accord.

 


Lee Hazlewood, dur-à-cuire magnifique à la voix abyssale (qui faisait passer Johnny Cash pour Mireille Mathieu) et à la carrière stupéfiante de rebondissements (DJ, producteur, idole, mentor, exilé, oublié, rehabilité…) vient de passer le colt à gauche. Il avait 78 ans et 300 chansons au compteur. Paix à sa gorge. Quelques repères? Le These Boots Are Made For Walking de Nancy Sinatra, c'est lui. Nancy Sinatra toute entière, c'est d'ailleurs lui aussi. Personellement, on vénère ses albums solo commis lors de sa retraite en Suède dans les années 70. Et spécialement le joyeux et moite 13. Lire une bonne nécro ici. Son dernier disque s'appelait Cake or Death; il a donc mordu dans la seconde.

 

 

La bonne nouvelle? Nadine de Rothschild vient enfin de commercialiser sa pince à moules. Vouiiiii! A moules certes, mais à frites aussi. Cela faisait vingt ans que la Baronne planchait dessus. Passer 20 ans de sa vie à phosphater sur une pince à moule, avouez que c'est méritoire. Evidemment, tous les gags scabreux sur cette découverte ont défilé dedans notre cervelle malade. Mais la décense et le respect dû au rang de la dame nous empêchent de vous en livrer un exemplaire.

 

Et la recette, alors? Ben, c'est la brochette de melon et saucisson rôti. Taillez un bon melon en cubes. Et tranchez en fines rondelles un saucisson sec de caractère et noble extraction, pas trop gras, genre saucisse sèche de Toulouse. Faites dorez les rondelles deux minutes à la poêle sans matière grasse. Puis essorez sur du papier absorbant. Ne reste plus qu'à embrocher le fruit et la cochonaille en alternance. Très frais. Un poil canaille. Estival et estimable. Toucon mais tout bon.

 

 

 

 


Bien le bonsoir, ladies et gentlemen

 

02/08/2007

Le foie gras à dada sur sa pêche blanche

Coucouloucoucou,

 

 

 

 

 

 

Madame Sonson a souvent des fulgurances gastronomiques foudroyantes. Un soir où le frigo n'abritait plus guère qu'un peu de foie gras mi-cuit et le panier à fruit qu'une paire de pêches blanches, elle nous a improvisé cette tartine de foie gras et pêche rôtie. Tartine slurpée dans l'allégresse et la vélocité. 

 

La tactique? EASY!

Madame Sonson a taillé, dans un gros pain paysan qui passait par là, des tranches de mie, qu'elle a mis à dorer au four.
Et alors?
Elle a tranché les pêches blanches en disques, qui sont allés caraméliser à la poêle dans un peu de beurre avec une pincée de poivre exotique et de gingembre moulu.
Et alors?
Elle a empilé joliment tout ça en coiffant de médaillons de foie gras, parsemé de poivre au moulin et de fleur de sel. Avant de décorer de quelques baies estivales.
Et alors?
Ben, c'était chouette, surtout arrosé de la Fièvre Jaune de Nicolas Bonnet, chardonnay de voile genevois parfumé, charmant et digeste, découvert par le Grand Olif à barbe et mézigue un jour de vadrouille insouciante dans le vignoble.

Arrosoir, les cop's