19/03/2007

T'es OK, tes bath, terrine (III): pâté cosaque de tarbais aux noix et deux épices

 

Zour,

 

 

 

 

Les haricots sont nos amis. Et donc, par voie de conséquence dialectique, les haricots de nos amis, sont nos amis aussi. Ou l'inverse. L'occasion donc de louer Anaïk, pour sa pétaradante semaine thématique. Et de louer itou Macha Meril, responsable du formidable Haricot-ci, haricot-là (Laffont, 99), dont on s'est inspiré pour cette terrine de tarbais aux noix, coriandre et fenouil. Terrine bien roots, parfumée et singulière, qui pourrait être d'origine caucasienne. Terrine végétale certes mais à peine moins nourrissante qu'une famille de sangliers obèses cuits à la broche.
La chose se réalise en dix minutes, mais exige une anticipation de 48 heures avant ingestion. Le tarbais a des raisons que la cuisine minute ignore.

A/ Deux jours avant le miam

Mettez 150 grammes de tarbais à tremper dans un grand volume d'eau. Changez l'eau dès que vous passez dans la cuisine. En tout cas trois fois en 24 heures.

B/ Un jour avant le miam

 

Faites cuire les tarbais dans trois fois leur volume d'eau frémissante. Deux bonnes heures, voire trois. Il faut que le haricot s'abandonne. Ajoutez quatre graines de fenouil, pour tamiser leur pétoginie. Changez l'eau en cours de cuisson. Salez à la fin. 
Pendant ce temps, hachez une grosse gousse d'ail dégermée et une grosse échalote. Faites les suer à la poêle, dans une cuillère à soupe d'huile d'olive.
Pelez et taillez en brunoise la moitié d'un petit poivron rouge. 
Dans un mortier, pilez une grosse cuillère à café de graines de fenouil et autant de graines de coriandre, plus une cuillère à café de sel, une pincée de poivre noir, un rien de piment et douze cerneaux de noix. Pilez donc, mais sans acharnement. Faut que ça croque.
Sortez les haricots de leur casserole. Réservez l'eau. Mixez les haricots avec une cuillère à soupe de leur eau de cuisson et autant d'huile d'olive. Ajustez le liquide selon texture. Laquelle doit être assez compacte, mais pas mastoc. Plutôt glaise que béton.
Mélangez tous les ingrédients (soit ail, échalote, épices et poivron, faut suivre).
Goûtez. Rectifiez. Regoûtez. Rerectifiez, etc...
Tassez le tout dans une terrine et hop! au frais pour 12 heures de rab. Ou moins.

D/ Le jour du miam

Sortez la terrine du frigo et mangez-la. Ben oui. Avec quelques poivrons cerise au vinaigre, une zoli salade verte et du pain grillé. Sans oublier le(s) clavelin(s) de vin jaune, qui s'entend comme cul et chemise avec ce pâté des steppes. Ou ce pâté d'Estèbe, à vous de voir.

Bye 

PS: Nous, on a fait ça avec des tarbais. Mais lingots, soissons ou autres nobles légumineuses devraient faire l'affaire itou.

Germinator et l'avocat à la crème picotante

 

Yeap, 

 

 

 

Soyons francs. Au début, on trouvait ça top ringard. Un truc pour baba macrobiotique, fan de macramé et mangeur de graines constipantes. Puis on s'est ravisé. Voilà comment Germinator est entré dans la cuisine. De quoi s'agit-il? D'une boîte avec de l'eau au fond et un petit tamis dessus. On parsème de graines. Et cinq jours après apparaît une chouette moquette de petites pousses. Pousses toniques et picotantes d'oignons, de pois chiche ou d'alfalfa. Oui, sans soleil. C'est un spectacle charmant que de voir s'épanouir ainsi cette verdure naine. Charmant et métaphysique aussi. Nous autres humains, ne sommes nous pas de ridicules germes qui tentons de survivre sur le tamis de l'existence?
Pas vrai, Simone?

Bref, après notre dernière cueillette, on vous a bidouillé des avocats aux pousses de cresson, en brassant dans une jatte de la crème fleurette (celle qui aime qu'on la fouette), une bonne pincée de cardamome en poudre, du piment, sel et poivre, plus lesdites pousses. Mélange qui est allé gentiment se nicher dans le trou d'un avocat mûr. Rien à voir bien sûr avec l'anatomie intime d'un membre vénérable du bareau.
Hum... spirituel, n'est ce pas?

Ben, c'était slurp. Merci Germinator.

Tchou

PS: Dans la dernière Revue du Vin de France, un article détaille les goûts des candidats à la présidentielle en matière de pinard. Goûts qu'on vous résume en toute subjectivité:
Médaille d'or: Dominique Voynet, qui boit bien et jurassien.
Médaille du mérite: Ségolène, qui connaît ses classiques et ne crache jamais sur une bouteille d'envergure.
Bonnet d'âne: Sarko, qui ne boit jamais une goutte de vin et n'y connaît que pouic.
Moralité? Amis français, votez pour ces dames. Qui veut d'un président abstinent?

L'oeuf cocotte au chèvre et le drame du O-E lié

Cotcot, les gens 

Ya un truc sur ce blog qui nous les brise menu. C'est le O-E lié. Impossible de trouver la touche ou le raccourci clavier pour que ces deux lettres se lovent. Du coup, depuis un an, on vous mijote du boeuf cuit à coeur, en gardant un oeil sur les moeurs du foetus de la soeur de l'oenologue. Et c'est très agaçant. Bref, voilà des oeufs cocottes au chèvre, recette oeucuménique dont on fait le voeu qu'elle vous ravira l'oesophage.

Suivez bien la manoeuvre

 

 

Beurrez des ramequins. Emiettez un fromage de chèvre sec au fond. Cassez des oeufs dedans. Puis disposez les ramequins dans un plat plein d'eau bouillante, selon la technique dite du bain-marie (qui, soit dit au passage, est un bien joli nom). Hop, au four, préchauffé à 180°, cinq minutes chrono.
Pendant ce temps, faites chauffer doucement 1 décilitre de crème fraîche (pour quatre oeufs), salez, poivrez. Dès que le blanc commence à coaguler, sortez les oeufs, ajoutez la crème. Et renfournez une minute et demie de rab. Au final, émiettez le reste du fromage dans chaque ramequin, parsemez de fleur de sel, de ciboulette ciselée, de piment des Squelettes (ou d'Espelette) et de thym. 

 

Servez avec mouillettes, verdure et entrain.

Et pour le O-E lié, finalement, c'est pas si grave. Surtout si l'on considère la faim dans le monde, la guerre en Irak, la pollution, le SIDA et les sondages en faveur de Sarko.

Et comme disait Madame de Sévigné, je suis loin d'abonder dans mon sens. 

Tchou

Apologie des ravioles du Royans

Coucou, 

 

 

 

C'est une bizarrerie géographique autant que notoire. Les ravioles du Royans ne viennent pas du tout de Royan, riante station balnéaire charentaise (sans S), mais de Romans-en-Isère, surtout célèbre pour son musée de la chaussure, visité par des cars entiers de fétichistes écumant de concupiscence. On notera qu'à une encablure de Romans se nichent Pont-en-Royans et Saint-Jean Royans, ceci expliquant peut-être cela. Vous suivez? Nous déjà plus.
Bref, voilà des mini raviolis frais farcis de comté, de fromage frais et persil, absolument délicats et slurpiques, dont la recette, dit-on, débarqua dans la région il y a un siècle dans les sacoches de journaliers italiens immigrés. Depuis, la préparation de cette mignonne spécialité s'est industrialisée, avant de se retrouver au coeur d'une distrayante bisbille entre marques agroalimentaires. Ce qui ne nous intéresse nullement, vue que dans Top Slurp, on cause miam, on cause glouglou, mais pas éco. Ben oui.

Ce qu'il faut savoir sur les ravioles tient en trois petits points.

Primo, elles se congèlent volontiers. C'est même mieux. Car quiconque a déjà essayé de détailler une plaque de ravioles amollies à température ambiante sait que l'opération exige l'abnégation, le courage et la patience de Pénélope attendant son Ulysse de mari au milieu de bellâtres empressés. Congelée, la raviole se détache selon les pointillés en quatre secondes.

Deuzio, la recette officielle consiste à les balancer dans de l'eau chaude salée, d'attendre une minute qu'elles remontent à la surface, de les virer à l'écumoire, avant de les arroser d'huile d'olive et de servir en tortillant du joufflu.

Tertio (et c'est là qu'on voulait en venir), nos ravioles se transforment en mises-en- bouche adorées des marmots et vénérées des aïeux, une fois dorées à la poêle dans une noisette de beurre, simplement brumisées d'une tombée de sel et de poivre. Avec un blanc de Saint-Véran (on dit ça au pif), elles se picorent dans l'allégresse et contribuent même parfois à la GRIFFA. Soit la Grande Réconciliation Inesperée et Familiale de Fin d'Année.

Joyeux tout, les gens

PS. "Mais où donc acheter les ravioles du Royans à Genève????", pleurnichez-vous devant votre ordi. Facile. Il y en a toujours quelques plaques, en bonne compagnie, sur l'étal du meilleur charcutier du Monde Libre, Jacques Bulliard sous la Halle de Rive.

PS2. Une pensée émue pour James Brown (1933-2006), qui est allé balader sa tignasse baroque et exercer son jeu de jambes frénétique dans une autre monde. Un monde peuplé de sex machines, of course. Le funk séminal est en deuil. 

La sousoupe de légumes oubliés et son swing de roquette

 

Coucou, les aminches

 

 

 

 

Les vraies valeurs occidentales - la crainte de gendarme, l'amour du curé et le respect du chef de service - se célèbrent autour d'une soupière fumante. C'est là une réalité sociologique notoire. Pour les brebis égarées, comme pour les bons chrétiens à poil ras, voilà donc une soupe aux légumes oubliés (mais pas seulement) et sa purée de roquette (ou rucola). La seconde amenant par son amertume un swing vivifiant dans le potage tout doux. Oui, c'est puissamment harmonique comme recette.

Bon, pelez-moi et émincez quatre topinambours bien dodus, un gros panais, un oignon, un poireau, une petite pomme de céleri et trois carottes. Balancez le tout au fond d'une marmite avec trois feuilles de laurier et une cuillère à café de cannelle. Couvrir d'eau. Fermez. Et laisser glouglouter une demi-heure, en découvrant sur la fin.

Pendant ce temps, prenez une bonne poignée de rucola, virez les tiges, passez au mixeur (wouiiizez, donc) avec une cuillère à soupe d'huile d'olive. Salez copieusement. Réservez.

Après ça, il s'agit de mixer la soupe sans acharnement, en laissant de vrais morceaux de légumes dedans. On sale, on curcume, on poivre mollo mollo. Et on sert. Dès lors, il ne reste plus qu'à coiffer d'un trait de rucola et d'un nuage de piment d'Espelette chaque auge. En suppliant les convives de ne pas tout touiller comme des malades. Ben oui, l'idée c'est que la purée de roquette et le potage se juxtaposent dans le gosier, mais sans se confondre.
C'est rusé. C'est moderne. C'est top slurp.

Bien le bonjour chez vous

PS. Soyons franc, si on a laissé des morceaux de légumes entiers dans la soupe, c'est un peu pour faire chic. Et beaucoup à cause du mixeur, qui a rendu l'âme en plein vroumvroum. Comme le cardinal Daniélou. Paix à leurs âmes.

18/03/2007

Le départ de Jack sur un air de chou-fleur au balsamique

 

Coucou 

 

 

 

Pour faire dans la litote, le chou-fleur n'est pas notre légume préféré. Tout blanc, tout rond, tout con. Pas bon. Mais comme l'hiver, il n'y a pas des milliards de végétaux à se mettre sous les crocs, et que l'hiver se pointe gentiment, il faut bien trouver des combines pour ingurgiter ce maudit crucifère là. En voilà une bonne. La salade de chou-fleur tiède au balsamique. Voui, Monsieur.

On dépiaute le chou en petits bouquets. Qu'on flanque à la vapeur, une dizaine de minutes, qu'ils restent bien croquants. Et hop, un bonne giclée d'huile d'olive et de vrai balsamique (l'aceto balsamico tradizionale, hors de prix, slurpissime). Ou, à défaut, d'un faux balsamique qui n'empeste pas trop le caramel industriel. Fleur de sel et poivre au moulin. Punkt schlüss.
Et voilà le monstre amadoué. 

Bizzz

PS: En ce lundi grisou, une pensée émue pour l'acteur Jack Palance, qui aimait beaucoup le chou au balsamique. La plus fascinante gueule cassée d'Hollywood vient de passer l'arme à gauche. Outre une kyrielle de films souvent bons et parfois géniaux, dont Les Professionnels de Richard Brooks ou Panique dans la rue de Kazan, Palance avait aussi enregistré un album de country éponyme, crépusculaire et orchestré à la fin des années 60. Un disque noir et entêtant, comme le vrai balsamique. Paix à vous, Jack.

Cinq carottes archibios râpées à la mandarine et aux pistaches

 

Nyerk, 

Elles n'avaient jamais vu la moindre cochonnerie phytosanitaire. Elles avaient le teint frais et la chair croquante. Elles n'attendaient plus que la main humaine les extrait de leur lopin pour les mener vers de nouvelles aventures. Voilà comment les cinq carottes archibios de M'zelle Sonson ont atterri sur le plan de travail de la cuisine. Où, ravies, elles sont faites râper, brumiser d'une bonne huile d'olive toscane et de balsamique blanc, saler, poivrer, saupoudrer de kamoun, agrémenter de zestes de mandarine (ah, le zeste de mandarine...) et de pistaches torréfiées. Avant d'être dévorées par une famille extatique. 
Voilà, c'était la belle histoire des cinq carottes archibios de M'zelle Sonson.

A plus

Lentilles vertes et chèvre frais? Un couple slurp

 

Hugh

 

 

 

 

Heureux Genevois, ils peuvent engloutir les lentilles vertes de Sauverny, produites à une encablure du jet d'eau et tout aussi slurp que leurs cousines du Puy. Notre petite carcasse manquait-t-elle de fer en ce début d'automne? On a en tout cas récemment cuisiné un paquet entier de ces précieuses légumineuses. En deux temps. Primo: chaudes, au laurier et lardons. Deuzio: tièdes en salade, au romarin et chèvre frais. Seconde version sexy en diable, dont on vous file la recette. Comme ça. Par amitié.

 

Première étape: rincer les lentilles à l'eau claire (en entrée, compter 50 gr par mammifère), avant de les immerger dans une casserole d'eau frémissante en compagnie d'un bouquet garni. Très important, le bouquet garni. Voui, Mônsieur.
On attrape une carotte qui passait par là, qu'il s'agit de détailler en minis cubes, façon brunoise. Hop, les carottes vont rejoindre leurs copines into the casserole. Au bout d'une vingtaine de minutes, quand les lentilles sont cuites mais encore croquantes, on égoutte. Avant de réserver à température ambiante.

Au fond d'un saladier, on émince pitit pitit une échalote et quelques brins de romarin. On ajoute la moitié d'une tome de chèvre frais coupée en petits morceaux. Puis les lentilles et carottes tièdes. Huile d'olive (sans lésiner), vinaigre de Xérès (avec parcimonie), fleur de sel, sel fin, poivre. Et on touille dru, jusqu'à ce que le chèvre soit réduit à un aimable néant blanc.

Dernier mouvement (roulement de tambour): on coiffe la salade du fromage restant, coupé en tranches fines, arrosées d'huile d'olive, de fleur de sel et de romarin. 
Et grountch grountch grountch.

A+, amigos

PS1. Lentilles de Sauverny: où, qui, quand? Michel Courtois, 11, rte Bravaude, Versoix, tél. 022 755 43 16, marché à la ferme les lundi, mardi, vendredi de 9h à 18h, le samedi de 9h à 17h.

Par ici la bonne soussoupe à la courge

Mammifères omnivores, bonjour

Il y a quelques siècles de ça, on s'était englouti une soupe de courge mirobolante chez ce bon Chevrier. Faut dire que le chef y avait plongé des ris de veau croustillants et l'avait constellé de copeaux de truffe blanche d'Alba. Inutile de tartiner sur le slurpisme de la chose. Bref, on s'est inspiré de cet Himalaya gastronomique pour tambouiller une plus modeste quoique gentille soupe de courge aux dés de pancetta et bolets dorés.

Faut commencer par faire sa soupe (ben oui, patate), en pelant la courge avant de la découper en cubes. Et vlan, à la vapeur un bon moment. Après ça, mixage et assaisonnement: sel, muscade râpée, un rien de gingembre et une pincée d'ail en poudre. Non, pas de poivre ni de beurre. Un poil de crème fraîche, pourquoi pas. 
Pendant que la soupe frémit dans sa casserole, la pancetta est détaillée en dés, poêlée puis essorée sur du papier absorbant avec une maniaquerie toute diététique; le bolet tête-de-nègre, lui, se retrouve tranché en fines lamelles longitudinales, qui sont assaisonnées et dorées à feu cool dans une noisette de beurre.
On immerge la pancetta, on laisse flotter les cèpes, on ajoute un rien de persil ciselé; se remémorant ces très beaux vers de Mallarmé (Stéphane): La soussoupe de cucurbitacée / même par trop de mets bien tassé / jamais jamais je n'en ai assez.
Amis poètes, bonsoir

Le sérac poêlé à la mode Vermot

Comme le brocciu corse, le sérac est un fromage de lactosérum, ou de coagulation secondaire, super maigre mais méga délicat, que l'on rencontre dans les régions alpines (d'âne) Comprenez qu'une fois sa tome pressée, le fromager, au lieu de balancer le petit-lait aux cochons, le chauffe et le coagule à nouveau (sous la mère). Les cochons, du coup, c'est nous qui, malins comme des singes, dégustons (au naturel) ce fromage délicieux (de biche); cru sur du pain grillé; ou coupé en tranches adorables (de lapin) puis poêlées (de vache). Il s'agit dès lors de l'arroser (de Provence) d'un filet d'huile d'olive, d'un rien de thym (de bébé), de piment ou d'origan (de boxe). Voire d'un rien de curry (de l'Oncle Ben's).
Non le sérac n'a rien à voir avec la faisselle (de cheval) ni avec la Vache Qui Rie (le clown).

A bientôt (hypothécaire)

PS. Désolé pour les ratures.

Boletus (2): Moyen bolet, je te carpaccioserai

Youp,

L'automne arrivant à grandes enjambées, blabla... (voir plus bas) 
Nous voilà avec des têtes de nègres de taille moyenne, propres et lisses comme sur les planches d'encyclopédie. Solution fraîcheur? Le carpaccio de bolets aux noisettes. Yaou! Let's go:
Nettoyer soigneusement les champis avec un papier de ménage humide, les trancher en fines lamelles dans le sens de la longueur. Disposer à plat. Humecter largement d'huile de noisettes et d'un filet de citron parcimonieux. Fleur de sel, poivre au moulin. Puis coiffer de copeaux de parmesan, de roquette hachée et de noisettes coupées en quatre. Slurp.
Cette recette-là aussi, l'était speed, non?

Ciao

 

Le Tarbais: une tête de mule dans un gaine blanche

Salud,

tarbais.jpgLe Tarbais est une sacrée tête de lard.  Pas l'habitant de Tarbes (quoique...), mais le haricot sec. Ouiiiiiii, ce sublime lingot pyrénéen, à la gaine ferme et à la chair d'une affriolante douceur (et pas farineux avec ça), dont on fait THE REAL cassoulet. Ben, il y en avait un paquet au fond de l'armoire qui nous faisait de l'oeil depuis des mois. Fallait qu'il passe à la casserole.
On a commencé par lui faire prendre un bain d'une journée et d'une nuit, en changeant l'eau maintes fois pour éviter les phénomènes zéphyriens décrits avec gourmandise par Caroline. Puis on l'a mis à la marmite dans de l'eau frémissante, avec un bouquet garni et quelques graines de fenouil. Une heure. Le lingot restant de marbre, on a poireauté une heure de rab'. Béton toujours. Finalement, à contre coeur, on a dû l'expédier à la cocotte-minute un bout de temps, pour qu'il consente à devenir, sinon tendre, en tout cas croquant. Sacrée graine gasconne; un vrai caractère de cochon qu'on vous disait.
Mais notre salade de tarbais aux tomates et citron vert, l'était slurp.

Voilà le truc: une fois cuite puis refroidie, notre légumineuse est allée concubiner avec des dés de tomates vertes et rouges, une lime pelée à vif et détaillée en petits cubes, un filet de citron et une belle huile d'olive verte de noble extraction. Sel, poivre, camoun (cumin moulu). Et vlà que le haricot coriace était enfin devenu aimable. 

A +

PS. A lire sur l'univers fascinant de la légumineuse, le super bouquin de Macha Meril haricots-ci; haricots-là, (Laffont 99) et les "légumineuses rèflexions" de Vincent Poussin dans son excellent "Cassoulets, haricots, mongets, & Cie" (Loubatières, 1997), traité lyrique autant que charmant.

Ave Madame Gomphus Clavatus!

Nip nip,

 

Voilà une copine des bois, qui pointe son chapeau bleuâtre à cette époque de l'année. La chanterelle violette (puisque c'est d'elle dont on cause), ou gomphus clavatus pour les intimes, a une chair plus ferme que sa cousine générique et une saveur un rien plus truffée. L'autre jour, on s'en est fait des tartines. Oui, des tartines.

Faut laver, peler partiellement et détailler les champignons. Faire dorer une échalote dans une noisette de beurre. Ajouter Madame la Gomphus, sel, poivre, gingembre en poudre. Et laisser revenir quelques minutes pépère, avec un peu de crème. On grille des tranches de pain de campagne, on frotte discrétos à l'ail, on nappe avec les chanterelles. Et on engloutit tout ça en poussant des petits cris d'oiseaux en rut.
Plus bête que ça, tu diriges les USA.

Bye 

Le fenouil cru (et cool) aux pignons rôtis

Bonjour, comment ça va?

 

 

 

Il y a quelques années, l'ami Sarto avait débarqué avec, dans son petit panier d'osier, des fenouils, un morceau de parmesan, des pignons, un citron vert et une recette qui allait avec tout ça. On ne l'a jamais oublié cette recette-là. Elle vient du Frioul. Elle est bien. Elle est simple. Et vite fait. La voilà:

 

1 / Enlevez les tiges, puis coupez le fenouil en deux (un fenouil pour deux mangeurs, deux fenouils pour quatre...), enlevez le coeur coriace, et tranchez le légume en fines virgules en partant du cul. Euh... disons, du fond.

2 / Faites dorer une poignée de pignons à la poêle sans matière grasse. Laissez refroidir

3 / Disposez le fenouil sur un plat plat (ben oui, un plat plat) en évitant l'empilage. Arrosez d'une bonne huile d'olive, d'un filet de lime, salez, poivrez au poivre de Séchouan, coiffez de copeaux de Parmesan puis parsemez de pignons.

4 / Servez avec le sourire et attendez que la foule slurpique (du verbe slurpiquer: V, intr. (slyrpke) (2006 de slurp): Gémir "top slurp").

PS: Arrosez d'un blanc sudiste racé et pas trop lourdingue, une roussanne des Corbières du Domaine Roquenegade par exemple. L'est pas belle cette idée-là?

PS2: On me dit que le citron vert peut être avantageusement remplacé par un citron jaune. C'est un vrai débat.

See you later, les alligators

Le fromage magique rôti aux deux épices

 

Assalamou alykoum,

 

 

 


Le halloumi, ce fromage chypriote que l'on rencontre dans les épiceries orientales, est une bien drôle de bête. Quasi magique. Cru, il a la texture du mastic. Cuit, il se montre délicieusement tendre sous les crocs. Cru, il n'a goût à pas grand-chose. Cuit, il exhale un doux parfum lactique. Il ne fond par au feu. Et se laisse gentiment dorer. Conclusion: mieux vaut le rôtir. Ben oui. En le parfumant, pourquoi pas, d'herbes de Provence sur le côté pile et de sumac arabe sur le côté face. Comme ça, pour le rapprochement des peuples.

Il s'agit d'escaloper le fromage en galettes d'un gros centimètre d'épaisseur. Qu'on flanque dans la poêle à feu assez vif, sans matière grasse. Fgiiiiiiiiiii. Le jeu va consister à ne pas cramer les épices. Une fois le halloumi bien coloré, on le retourne en saupoudrant largement le côté cuit d'herbes de Provence. En fin de cuisson, on dépose nos galettes face épicée sur un très zoli plat, manière d'arroser l'autre côté de sumac. Pas de sel, notre copain de Chypre n'en a nul besoin. On sert avec de la verdure. Ou un caviar d'aubergines. Ou une salade de figues fraîches. Et ça slurpe velu, oui, velu.

Salam, les gens

PS: A Genève, les ingrédients de cette fantaisie chypriote se dégotent chez Lyzamir, formidable souk pluriculturel qui rend fou le gourmet en goguette. 

PS2: Pour arroser tout ça, il nous faut absolument une altesse savoyarde, par exemple une roussette de chez Dupasquier (un vieux papier là.doc ). Un blanc riche et racé, hors norme, souvent équilibré d'une larme de sucre résiduel qui en arrondit l'attaque. Et pourquoi ce vin-là spécialement me direz-vous? Because l'altesse, ben, elle vient de... Chypre. Trop fort.