18/03/2007

Ruses de canicule (4): le melon du moindre effort

Ciao,

melon.jpgQuand l'air brûle nos vieux poumons et que le soleil matraque nos pauvres carcasses, nul n'a envie de bouger. Voilà pourquoi il faut offrir aux convives des mets n'exigeant strictement aucun effort. Découper une tranche de melon? Découper une tranche de jambon de Parme? Trop dur. L'hôte attentionné aura donc pris soin d'embrocher des bouchées du premier et des fines lamelles du second, avec un rien de menthe fraîche et une pincée de poivre concassé (poivre de Tasmanie pour les tasmaniaques), sur un petit bâtonnet pointu. Oui, l'hôte attentionné est vraiment top trognon avec ses potes.

A bientôt, les gens

Ruses de canicule (2): la salade qui enrhume

Bonjour,

 

Quand cet idiot de mercure fait de la varappe, il s'agit de manger light et frais. Oui, madame. L'autre jour, on a écossé, blanchi (94 secondes), refroidi et dérobé plein de fèves. Tranché des tomates coeur de boeuf en bouchées aimables. Cisaillé de la menthe. Puis arrosé le tout d'huile d'olive, d'un jus de citron, de gros sel et de poivre. Vivifiant! Pour un instant, on a ri de la canicule. On en aurait même enfilé une laine polaire, des moufles et des Moon Boots.

Atchoum 

Le retour du Tasmanien: les radis caramélisés à l'orange

Mes hommages, chers tous

Cruel qu'on est, on a ressorti le poivre de Tasmanie du placard où il n'avait pris que quelques heures de repos depuis sa dernière mission. Ce coup-ci, le malheureux allait devoir se mesurer à des radis caramélisés à l'orange.
 
On a mis douze grains écrabouillés du dit poivre à infuser doucement dans le jus d'une orange, agrémenté d'une pincée de sucre. Jus qui a dare-dare viré au carmin.
 On a coupé les radis en deux dans le sens de la longueur, avant de les poêler dans une noisette de beurre sur le côté blanc, jusqu'à ce qu'ils dorent velus.
 On a versé le jus d'orange en le filtrant (gosiers avertis ne filtrez pas, ou peu, c'est mieux) dans la poêle. Et on l'a fait réduire à mort (deux minutes).
 On a assaisonné de fleur de sel. Puis servi en hululant une vieille rengaine aborigène.

C'était ben bon, dans le genre petite entrée lutine. Mais est-ce vraiment le meilleur rôle du Tasmanien? Ptête bien que non. Ptête que c'est en compagnie de fraises, poêlées presto, qu'il trouverait son plus bel emploi. Qui sait?

A bientôt. Et vivement bientôt 

16/03/2007

Mise en bouche branchouille

 

 

Coucou, les gens

 

 

Mèzigue fabrique parfois des bouchées apéritives, un tantinet genreuses, mais suceptibles d'ouvrir dignement les débats gourmands. Des petites choses très bêtes en fait, qui pacsent deux produits relativement tordus: des filets de thon fumé et des citrons confits, (voir blabla plus haut). Il s'agit d'empaqueter les seconds, préalablement tranchés en quatre, dans les premiers, préalablement tranchés en deux. Vous suivez? On ferme avec un cure-dent, surlequel on glisse, comble du urf, une rondelle d'oignon frais. Avec ces machins plutôt pétaradants en bouche, il faut déboucher un blanc sec, expressif et dru, genre le Païen de chez Christian Broccard à Ollon, Valais, Suisse, Europe occidentale. 

Arrosoir

PS. Aujourd'hui, le blogueur Olif narre l'histoire de la naissance du dit païen (ou savagnin ou traminer). C'est de la spéculation poétique, mais c'est top évocateur.

T'es OK, t'es bath, terrine (de légumes au chèvre frais)

Bonzour,

 

 

 

 

Cette terrine-là, on en avait mangé une cousine dans un resto. On a essayé de refaire à la casa. Un ratage. Deux ratages. Et voilà la bonne. Il vous faut une mandoline (une râpe avec lame longitudinale), six asperges vertes assez dodues (c'est bientôt la fin, viiiiite!), un certain entrain naturel, 160 g de chèvre frais, deux poivrons rouges, une courgette, du thym frais, une demi-heure et une terrine (vide).

1. Malaxez le chèvre avec le thym (ne lésinez pas), du sel, du poivre et une bonne giclée d'huile d'olive.

2. Pelez les poivrons (avec un économe balèze), détaillez-les en lanières assez larges. Flanquez-les à la poêle avec de l'huile d'olive, sel, poivre, une pincée de piment d'Espelette et du thym, jusqu'à ce qu'ils soient aussi tendres qu'un slow de Barry White.

3. Pendant ce temps, à la mandoline (ça va bien avec les slows, la mandoline), taillez des bandelettes dans toute la longueur de la courgette. Tranchez les asperges en deux dans le sens de la longueur et balancez le tout à la vapeur. Quelques minutes, le temps que la lame du couteau transperce l'un et l'autre sans peiner.

4. Tapisser le fond de la terrine des bandelettes de courgettes, en veillant à les faire bien dépasser du moule. Salez, poivrez, saupoudrez de thym. Et hop! une couche mince de chèvre. Et hop! une couche de poivrons. Et re-chèvre (une minicouche). Et hop! une couche d'asperges. Salez, poivre, saupoudrez de thym. Et re-chèvre (pas trop). Et hop! une couche de poivrons. Etc, etc. A la fin, fermez le tout en repliant les bandelettes de courgettes.

5. Dégottez de quoi presser la terrine. Un vieux Tupperware plombé, une brique, un petit dico trapu. Et attendez, au mieux une nuit au frigo, au pire une heure au congélo. Faut que ça tienne. Découpez des parts pas trop minces (faut que ça tienne, bis repetita). Et servez avec un sourire satisfait, quatre giglettes de vieux balsamique, quelques pousses verdoyantes un rien vinaigrées et un beau blanc d'une minéralité mystique et d'une chair confondante. Un blanc des rives de la Loire, par exemple. Pourquoi pas un Savennières 2002 du Château d'Epiré? Hein?

Byyyyyye

Fantaisie bicolore d'asperge et de fraise

Saluuuuut,

 

Le challenge salé-sucré de Blog-appétit a récemment occasionné un début de soirée animé dans la famille Slurp. Pendant que mézigue se lançait à marmite perdue dans un petit carnage gustatif (voir l’adaptation douloureuse en post-scriptum des fraises au pastis), Madame Sonson, elle, réfléchissait quelques minutes, gribouillait quelques hiéroglyphes sur un bout de papier, avant de pondre sans hâte un amuse-bouche drôle, frais, élégant et moderne. Dans cette fantaisie bicolore, la fraise joue le rôle du condiment trublion, qui vient taquiner de ses tannins et de sa douceur acidulée Son Altesse Végétale l’Asperge. Mais passons le micro à Madame Sonson qu’elle nous explique l’affaire:
"Les ingrédients sont prévus pour une seule personne, multipliez par le nombre de convives.

 A. Trois fraises mûres et parfumées, passer au mixer.
Ajouter par portion: une pincée de sucre, 4 gouttes de jus de limette, un peu de gingembre en poudre et du poivre de Séchouan moulu fraîchement. Goûter et rectifier. Réserver.

 B. Quatre asperges vertes, couper les bouts durs, cuire à la vapeur 3-4 minutes.Passer au mixer pendant que c’est chaud avec une cuillère à café d’huile d’olive, au goût vert (genre italienne). Ne pas complètement mixer: il peut y avoir de petits morceaux. 

C. Prendre un petit verre transparent, déposer jusqu’au trois-quarts de la hauteur le mélange d’asperge mixé (couche verte) et déposer, sans mélanger sur ce fond, environ un quart de plus du mélange de fraises mixé (couche rouge). Ne vous fiez donc pas à la photo, où les proportions semblent quasi égales. Il faut moins de fraises que d'asperges pour que la magie opère. 

D. Décorer le tour du verre avec des gouttes de vrai vinaigre balsamique de Modène.
Servir en entrée, sur assiette, accompagné de grissini, avec un verre de champagne. Proposer aux convives d’aller chercher avec la petite cuillère jusqu’au fond du verre, afin que le mélange se fasse en bouche.» 

Voilà le topo, classe isnt’it? Merci madame Sonson, à vous la Terre.

PS: On y connaît que pouic en champagne. Chers connectés à bulles, faites-nous des suggestions d'accord miraculeux.

Un carciofo vous manque et tout est dépeuplé

Amici e amiche,

artichauts.jpgOyez la terrible histoire de la pénurie genevoise en carciofi. Le carciofo, c’est ce petit artichaut italien au goût subtil et à la chair délicate. C’est de saison. Or, l’autre jour, on fonce au marché du Boulevard Helvétique pour en remplir notre petit panier. Après tout, c’est de saison (bis repetita). Notre maraîchère favorite n’en a plus. Ni même sa voisine. Ni même le voisin de la voisine. Etc, etc. On en a finalement miraculeusement trouvé sept petiots, cachés dans un sombre étal excentré. Sept, c’est peu. Alors on a essayé d’aller chez l’italien du coin. L’en avait plus. Puis à la Coop. Z’en avaient plus. Puis à la Placette. Leur en restaient deux. Allez nourrir une tablée avec neuf carciofi. Question: Qui parmi vous s’amuse à acheter tous les carciofi de Genève? Hein? C’est pas cool.

Une recette peut-être? Voilà la salade de carciofi au balsamique

1/ Retirez les feuille extérieures, moches et coriaces

2/ Tranchez au raz de la queue et coupez la pomme de l'artichaut en son milieu, de façon à éliminer toute la partie supérieure des feuilles. Oui, ça fait un gros déchet, comme on dit à Tchernobyl

3/ Couper ce qui reste en quatre dans le sens de la longueur. Et mettez tout ça à la vapeur une dizaine de minutes. Faut que le carciofo reste croquant.

4/ Arrosez d’une bonne huile d’olive et de balsamique. Ajoutez un trait de citron. Salez, poivrez au poivre de Séchouan et saupoudrez d’une pincée de piment d’Espelette

5/ Servez froid ou tiède. Et attendez que les convives gémissent top slurp, top slurp, top slurp. Oui, trois fois.

Statemi bene