21.10.2011

Le calendrier lunaire dans ton verre à pied

Coucou, les sélénites

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Quiconque se siffle avec ardeur et régularité des vins dits naturels (soit archi bios et peu ou pas soufrés) sait que ces crapules se montrent drôlement versatiles.

Le lundi, le pinard te caresse amoureusement la muqueuse buccale, en chatouillant tes capteurs nasaux d’embruns floraux et fruitiers proprement envoûtants. C’est le printemps dedans ta glotte. C’est Luna Park. C’est la Saint Guilli. C’est la fête à la luette.

Le mardi, la même bouteille, elle te fait plus que dalle. Elle se mure dans un silence boudeur. Elle te montre son derrière osseux. Voire elle exhale ce parfum caractéristique de l’hyène pétomane en état de décomposition avancée.

La faute à qui? La faute à la lune. Oui. Lunaire = lunatique = loterie. C’est que ces vins-là ne sont pas blindés de saloperies chimiques. Ils sont vivants. Ils bougent leur corps avec les astres. Voilà qui peut certes heurter les esprits cartésiens et méthodiques, tel celui qu’abrite la boîte crânienne du Dr Slurp. Il s’agit pourtant d’une réalité dégustatoire mille fois éprouvée. Et d’une réalité agricole avec, tous les producteurs biodynamiques  - ou pas - pourront vous en causer. Sans épiloguer sur les marées, les ragnagnas, les bestioles et plein d’autres choses encore autour de nous qui twistent avec le cosmos.


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Rien de catastrophique là-dedans. Il faut simplement guigner le calendrier lunaire avant d’attraper le tire-bouchon. Comment lire le machin? Fastoche. Il y a quatre types de jours: feuilles, fruits, racines et fleurs.
Les jours fruits et fleurs, le pif rigole. Et toi avec. Et moi aussi. Youpi.
Les jours racines, il peut éventuellement grimacer un tantinet. Rien de grave. Où est passée la carafe?
Les jours feuilles, il tire une tronche de requiem. Pire, il boucane parfois grave du goulot. Les jours feuilles, c’est Coca light.

Une superbonne nouvelle pour finir: ce week-end, c’est… fruit!

On entend d’ici les bouchons qui valsent.


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Bien à vous, les copines fruits et les copains fleurs

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19.09.2011

Le jarret de veau à la verveine citronnée et l'indignation bachique en primeur

Coucouloucoucou

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Ah, quelle rigolade, les copains! L’autre jour, mèzigue parcourait distraitement les tarifs des bordeaux 2010 en primeur. Notez qu’il existe une foultitude d’autres lectures autrement plus distrayantes – les coefficients des marées à Keravel-Brouennou, par exemple –, et que l’on a nullement envie de se griller un 13e salaire dans un litron aquitain. Le Dr Slurp, d’ordinaire si placide, a tout de même froncé un sourcil en levant les yeux au ciel (double grimace très dure à réaliser simultanément) en découvrant la progression tarifaire de ce bon vieux Château Latour. Ouvrez vos esgourdes et serrez les orteils: plus 4300% en 17 ans. QUATRE MILLE TROIS CENT POUR CENT. Elle est pas Gironde ma courbe? Ça, c’est de l’ascenseur supersonique. Attention ma petite dame, on va décoller. Vroum vroum.


Dans le genre hilarant, il y a aussi Ausone, dont la quille primeur en 2010 (donc encore en élevage au château, on débouchera l’an prochain) se paye dans les… 1300 euros. Et paf: un SMIG en bouteille. Ce qui nous fait environ 178 euros le déci. Et donc grosso modo soixante balles la gorgée. Là, tu prends ton temps pour déglutir. Tu léchouilles le fond de ton verre comme un caméléon. Et t’arrêtes de te laver les dents pendant deux ans. Tout ça pour une giclette de raisin fermenté, que t’es même pas sûr qu’elle te plaise vraiment, la giclette.


Ben oui, c’est obscène. Ben oui, c’est de la spéculation crapuleuse. Et le plus embarrassant dans ces histoires, c’est qu’il existe des couillons prêts à débourser des sommes à ce point indécentes pour du simple pinard. A leur place, on choperait une honte carabinée. La honte pour la masse grandissante de gens qui peinent à joindre les deux bouts. La honte pour les vrais artisans du vin, ceux qui mouillent leur chemise tous les jours dans leurs vignes.


Ben voilà, on a encore réussi à plomber l’ambiance. Hum… désolé.

Tiens, si on se faisait à manger pour oublier l’embouchure de la Garonne? Si on se faisait un jarret de veau confit au pamplemousse et à la verveine citronnelle? Ça serait bien, non?

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Pour quatre personnes, payez-vous un bon gros jarret qui tutoie le kilo. Et puis une petite pomme de céleri, un bouquet de verveine fraîche, un pamplemousse et un bon fond de veau artisanal. Tralalala.


Zestez le pamplemousse, puis pressez-le. Réservez. Dans une poêle à feu dru, faites bronzer le jarret sous toutes ses coutures. Assaisonnez.

Déglacez avec le jus d’agrume. Installez le jarret dans un plat doté d’un couvercle. Mouillez avec le fond de veau et le jus de pamplemousse.

Ajoutez un peu d’eau, une échalote hachée, deux brins de persil et trois brins de verveine. Couvrez. Enfournez à 140° pour trois heures. Détaillez le céleri en cubes. Au bout de deux heures de cuisson, réservez le jarret avec précaution, filtrez le jus. Puis renfournez le tout avec le céleri pour une heure de plus. Mmmm, c’est clair?


Au final, coiffez la bête de zestes et de pluches de verveine fraîche.

Et toc: ça se coupe à la cuillère; ça fond dans la bouche; ça fait twister la papille. Et ça s’arrose de Château Ô Zone. En cubi, bien sûr.

Tchou!

13.09.2011

Les sept péchés viniques (pas ta mère)

Coucou!



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Un ami cher et bachiquement docte m’a tagué. Entendez qu’il me propose aimablement de répondre à un questionnaire vinique, pertinent et drolatique, qui circule dedans la bloglouglou. Il s’agit d’une variation alcoolisée sur les péchés capitaux. Le Dr Slurp, qui n’a plus vingt ans, aime pourtant à participer à ces récréations sociales. Il s’y colle donc, vite et bien.

L’avarice: Quelle bouteille avez-vous trouvé outrageusement bonne malgré un prix honteusement bas?
Voyons un peu… Il me semble qu’il s’agissait d’un vin que je n’ai finalement jamais goûté par flemme de vadrouiller dans X cavistes pour le trouver.

La paresse: Quel vin n’avez-vous jamais goûté par flemme de vadrouiller dans X cavistes pour le trouver?
Euh… difficile. Disons un type de vin dans lequel j’aimerais prendre un bain et faire des bisous (il y a des enfants dans l’assemblée, faisons hard) avec ma moitié. Ou Micheline Dax.

La luxure: Dans quel vin aimeriez-vous prendre un bain et faire des bisous (oui, il y a des enfants dans l’assemblée, on fait soft) avec votre moitié?
Au hasard, je dirais un vin dégusté sans moi par l’un de mes amis qui m’a fait envie et enragé (le vin, pas le pote, quoique…).

L’envie: Quel vin dégusté sans vous par l’un de vos amis ou connaissances vous a fait le plus envie et enragé?
Ben justement ce genre de bouteille que je pourrais siffler tout seul d’une traite… ou deux.

La gourmandise: Quelle bouteille pourriez-vous siffler tout seul d’une seule traite ou presque?
Tous, si ce n’est les vins qui m’ont tellement déçu que je les ai jetés de colère après les avoir dégustés.

La colère: Quel vin vous a tellement déçu que vous l’avez jeté de colère après l’avoir dégusté?
Mmmm… pas facile. Un vin que, étrangement, je pensais être le seul à pouvoir apprécier à sa juste valeur.

L’orgueil: Quelle bouteille pensez-vous être le seul à pouvoir apprécier à sa juste valeur?
Sans hésiter: une bouteille que j’aurais trouvée outrageusement bonne malgré un prix honteusement bas (n’importe quoi).

Vlà le travail.
Il ne faut évidemment absolument rompre la chaîne de ce quiz charmant, sous peine de mourir écrabouillé comme une baie de mourvèdre dans un pressoir hydraulique autant que méridional. A mon tour de devoir taguer trois blogueurs ou blogueuses. Je vais y songer. Oui.

Papouilles.

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22.08.2011

Les pinards AC/DC

Bien le bonjour, les hardeux

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Vous écoutiez AC/DC en boucle (en secouant très fort la tête de droite à gauche et en cadence).
Vous vous habilliez comme AC/DC (notez que le short, par ces chaleurs, ça ventile aimablement le périnée).
Vous raisonniez AC/DC, même (poum tchak, poum poum tchak).

Ben, vous allez pouvoir... picoler AC/DC.Oui, Madame.


Les quinquas du hard (ou quinquhard), voire sexagénaires du hard (ou sexhard… hum), lancent en effet une gamme de pinards à leur effigie. Du vin australien bien sûr, dont chaque cuvée porte le nom d’un des tubes du groupe. Tiens, passe-moi la bouteille du cabernet Highway To Hell. L’était assez frais le sauvignon Hell's Bells? Oui, plus en tout cas que le muscat You Shook Me All Night Long.
Non, non, non: on n’invente rien. Guignez donc les étiquettes.

Même si le Dr Slurp ne peut cacher une fort ancienne tendresse pour ce bruyant quintet des Antipodes, il aurait tendance à se méfier desdits breuvages. Le gros rock qui tache, une fois mis en bouteille, tache probablement plus encore.

L’initiative n’en demeure pas moins commercialement avisée. Et l’on encourage nos idoles de la chanson francophone à l’imiter presto. Annie Cordy, par exemple, devrait lancer un rosé Tata Yoyo et un blanc Frida Oum Papa. Voire un bourgogne grand cru: le Beaune du curé. Warf.

Veuillez agréer, blabla blabla

PS: Notez que le pif hard ne date pas des dernières vendanges de décibels. Visez plutôt ces boutanches moustachues.

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01.07.2011

Pause estivale, melon cochon et coming out iconographique

Bien le bonjour,

Tiens, revoilà les vacances. Inutile de te dire que le Dr Slurp n’est pas du genre à rôtir stupidement sur les plages océanes en lisant SAS. Ou à jouer les phoques léthargiques au fond d’une piscine en forme de guitare. Non, non, non.
Le Dr Slurp part en stop à Helsinki pour parfaire son finnois médiéval et achever son traité sur la myxomatose du renne. Ça durera un petit mois.
Il ne pouvait toutefois te laisser seul dans la faim et la soif. L’est comme ça, le Dr Slurp. Le cœur gros comme le foie.

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Voilà donc une salade de melon au pata negra, menthe, céleri branche et poivre cubèbe, dont il te reste simplement à imaginer la recette.
Et trois bouteilles de super pinards pour l’été, bon marché autant que gouleyants en diable, dont il te reste simplement à trouver le nom complet, le producteur et la région d’origine. Un jeu d’enfant.


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Quant à cette exquise image vintage, elle constitue notre petit jeu estival. Imagine tout ce qui peut arriver à cette pouffe de volaille avant son arrivée sur la table.


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Les auteurs des meilleures propositions gagneront un renne myxomateux congelé.

Et rappelez-vous: les slurpeurs n'ont rien à perdre que leurs gaines. Ils ont un monde à manger. Slurpeurs de tous les pays, unissez-vous!

Des bises

A après-demain

PS. Cela fait bientôt un siècle que le Dr Slurp transpire sur ce blog… sans avoir une seule fois publié une image avec sa bouille dessus. Trop d’anonymat nuit. En voilà une. Sache qu’elle ne le rajeunit ni ne l’avantage. En vrai, il est 4000 fois plus canon. Boum!

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27.08.2010

La dernière goutte

 

PS: Le monsieur sous le chapeau, c'est Renaud Berthoud du Domaine Mazet des Crozes, entre Alès et Nîmes. Bio et bon.

Tchou!

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18.05.2010

La Tâche sur la table d’à côté


Bien le coucou

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L’autre jour, nous déjeunions dans un bistrot avec M’Zelle Sonson et Mister Oliver. Un bistrot fort recommandable, canaille comme on dit, où rillettes et quenelles se font maison, à l’aube, à l’heure où bon nombre de cuistots arpentent les linéaires de plats sous vide dans les supérettes de gros.

Bref, nous allions attaquer un jambon à l’os sauce madère, quand un minuscule machin nous accrocha la face externe droite de la rétine de gauche. Qu’était-ce? Petit coup d’œil panoramique. Rien.  Si ce n’est… ah, oui : une étiquette de vin. Un vin qu’un serveur versait dans une carafe à la table à côté. Et sur l’étiquette, il y avait marqué «La Tâche» 2006. Pour ceux que cette référence laisse de glace, précisons que La Tâche n’est autre que l’un des deux monopoles du Domaine de La Romanée–Conti, Côte de Nuits, Bourgogne, France d’en haut un peu à gauche sur la carte.

Soit l’un des vins les plus prestigieux, rares et chers du monde.
Une légende bachique. Un mythe vinique. Un truc de ouf plein aux as.

Vive-le-loup-de-Tex-Avery.jpgEvidemment, l’apparition nous laissa sans voix. Là, juste à côté, à portée de glotte, scintillait un breuvage d’anthologie que jamais encore nous n’avions ne serait-ce que humé de loin. Une fois nos esprits recouverts, on se renseigna en catimini sur le prix de la chose. Qui s’avéra un peu moins élevé que la moitié de notre salaire mensuel. Saloperie.
Soudain, le trio qui avait commandé la précieuse bouteille se leva comme un seul homme pour aller fumer une clope dehors. Sans avoir bu une goutte de ladite bombe. Emotion.

On hésita à bricoler illico une paille télescopique pour slurper une lampée du nectar des stars sans quitter notre place
On hésita à jaillir, à rafler la carafe, et à s’enfermer presto dans les toilettes pour siffler La Tâche en Suisse, jusqu’à l’intervention de la police et des pompiers.
On hésita à échanger notre pichet de Côte du Rhône contre le flacon royal, ni vu ni connu, paf paf j’t’embrouille, nyark.
On hésita, on hésita. Et les voisins revinrent, papotant business. Sans un regard sur leur investissement, qui rougeoyait sur un coin de la table.

Le café bu, il fallut payer l’addition et déguerpir. On s’exécuta, en pestant contre notre lâcheté. Notre honnêteté. Notre stupide concupiscence.

N’aurions nous pu, simplement, demander aux nantis d’à côté de goûter un demi-verre de leur divin Bourgogne? Cela ne coûtait rien. Et ça aurait pu marcher.

Alors, c’est qui la grosse Tâche?

Tchou !

04.05.2010

SO2: le match bachique. Filet de bœuf: la farce lutine

Bonjour, les gens

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Tiens, l’autre jour on s’est livré à une expérience domestique tout à fait passionnante. Il s’agissait de picoler simultanément deux bouteilles de vin rouge. Jusque-là rien que de très banal, pensez-vous. Tout le monde, ou presque, s’adonne à cet enivrant exercice à la tombée de la nuit.  L’intérêt de l’affaire était de comparer deux pinards rigoureusement semblables – le pétaradant Cairanne de Marcel Richaud 2008 –, même terroir, mêmes raisins, même millésime donc; mais l’un vinifié à la régulière, l’autre sans soufre.

L’occasion, enfin, de capter l’impact gustatif du SO2 dedans ta glotte.

Et alors? Et alors? que tu gémis devant ton écran, torturé par la curiosité et le besoin de progresser dans le savoir humain.
Ben alors, on vous refait le match:
Première snifette: euh… kif, kif. Ça sent bon le vin rouge.
DSC03198.JPGDeuxième snifette: le cairanne normal parait droit et bien dessiné; le sans soufre semble un brin chamboulé et imprécis.
Première goulette: le cairanne normal se pose là, balèze, épicé et très mûr; le sans soufre semble moins charpenté, il pétille un tantinet et rigole sous cape.
Deuxième goulette: le cairanne normal la joue mastoc, sérieux et un poil confituré; le sans soufre dégaine un fruité bien plus frais. Taquin, digeste et tonique, il appelle un deuxième verre. Puis un troisième…
«Il est plus espiègle», conclut Madame Sonson, pourtant pas toujours indulgente avec nos tocades viniques.
Résultat? Une heure après, la bouteille sans SO2 est arrivée au ground zéro; l’autre demeure aux deux tiers pleine.

Au glougloumètre, il n’y a pas photo. Le sans soufre a gagné la médaille et notre estime titubante. Youpi.

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Cela dit, tous les vins mirobolants de Marcel Richaud accompagnent délicieusement notre filet de bœuf bien dodu et sa farce lutine de tomates séchées, cresson et noix.

DSC03163.JPGEmincez mini-mini quelques tomates séchées et un bouquet de cresson. Concassez cinq ou six cerneaux au pilon. Touillez le tout, avec une lichette d’huile d’olive. Assaisonnez. Goûtez.
Poêlez le filet de bœuf à feu dru, une minute de chaque côté. Assaisonnez. Puis ouvrez-le dans la largeur d’une lame affûtée, façon portefeuille. Farcissez. Refermez. Et ficelez.
Expédiez la bête dans un plat doté d’un couvercle. Puis au four à 75°, pour une demi-heure. Enfin, tout dépend de la taille de la pièce. L’idée est d’atteindre 55° à cœur. Enfoncez donc un thermomètre dans le tutu du bœuf. C’est si distrayant de jouer au vétérinaire, parfois.

Veuillez agréer, lecteurs distingués, nos sentiments sans soufre.

02.06.2009

Eloge mystique de l’acidité qui zèbre et sublime le bon pinard

 Coucou, les aminches aïgus

 

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Un muscadet naturel, sec et cinglant comme un coup de congère.

 


« L’acidité, c’est la colonne vertébrale du vin », répétait, il y a un siècle de cela, notre prof d’œnologie. « La colonne vertébrale, vraiment ? », enregistrait-t-on d’une oreille distraite, trop occupé à traquer la griotte et le cassis le pif dans le verre. Il faut dire qu’à l’époque, l’acidité, on s’en souciait comme de notre premier canon de Corbières. Le bonheur d’alors était dans le lourd, le massif, le boisé, l’aromatique. On aimait les blancs qui collent et les rouges qui tapissent. Bien mûrs. Bien odoriférants. Bien balèzes. On était un peu con à l’époque, notez. C’était il y a un siècle.

 
Puis la saveur acide se fraya un chemin dans notre disque dur gustatif intime. Tout doucement. Peu à peu.
Via les blancs, d’abord. Ces blancs trop parfumés, à la finale molle comme un prout de peluche, qui laissent la bouche pâteuse et la papille lasse, un beau jour, on se mit à les redouter. Et donc à traquer la droiture, la fraîcheur, le dynamisme, la tension comme on dit désormais. Quelques hectolitres de riesling sec, savagnin, petite arvine et chenin plus tard, l’affaire était entendue et la messe dite. Point de salut sans acidité tintinnabulante. Cette vivacité sublime qui zèbre les beaux breuvages comme un éclair nocturne, allonge élégamment la bouche, illumine la muqueuse et taquine les bajoues, tout en appelant un verre de plus. Oui, il y a de la volupté dans un blanc taillé au rasoir.

 


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Un rouge de Loire droit comme le I de Cheverny. Euh....


Pour le rouge, cela a été un rien plus laborieux. Mais à force d’halluciner la Vierge en goûtant certains pinots noirs, gamays, trousseaux et quelques autres pas forcément septentrionaux, on a pigé qu’il y avait deux types de vins rouges. Ceux qui planquent leur acidité comme une maladie honteuse. Qui la planquent sous la confiture de fruits noirs, derrière le gras, la suavité, le bois, l’alcool, la bonbonnaille racoleuse. Et ceux qui l’affichent fièrement. Qui la revendiquent, comme un signe d’histoire, de terroir et de culture. Ou simplement par souci de digestibilité, d'équilibre, de fraîcheur du fruit, de transparence.
Dans le film Mondovino, Hubert de Montille distingue les vins « verticaux » (traduisez: longueurs et pointes) et les vins «horizontaux» (comprenez: sensationnalisme et compote de fruit). On dirait bien qu’on a choisi notre camp. Vertical, le camp.
Le bon vin n’explose pas; il frissonne. Et nous avec. Brrrrrrrr lovely.

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PS: Cette bafouille candide mais sincère a été publiée pour la première fois sur la Toile dans le numéro de la Fureur des Vivres consacré à l'acidité. Drôlement bien, le numéro. Sommaire ici-clic.

 

 

09:14 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : acidité, muscadet | |  Facebook

04.05.2009

Quand le Dr. Slurp va se ressourcer dans les caves

Bien le bonjour, coquelets lubriques

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Parmi ces merveilleuses expressions dont raffole la modernité, il en est une qui nous laisse un brin perplexe. C’est «se ressourcer».
Dans le contexte, ça donne ça: sévèrement burnoutée, Germaine est partie toute seule une semaine à la Ciotat pour se ressourcer.
Le terme, qui est devenu une évidence dans nos conversations, indique implicitement qu’avant de se ressourcer il a fallu se sourcer - ce qui est plutôt mystérieux -, puis se dessourcer, vu qu’il s’agira de se ressourcer ensuite. Difficile de savoir quand et comment survient le dessoursage; mais ça doit faire boum!
Bref, cette terminologie opaque nous cause bien des sourcis.

 

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En découvrant l’Auberge du Cèdre et malgré les réticences lexicales sus-décrites, on s’est pourtant exclamé in petto: waou, voilà l’endroit idéal pour aller se ressourcer.
L’Auberge du Cèdre, conseillée par un pote et cachée dans la nature languedocienne à dix kils au nord du Pic Saint-Loup, est en effet un endroit juste génial, arborisé à donf et amical en diable, familial et magique, loin du stress urbain et de l’hôtellerie cucul standard. Un endroit où l’on brûle de couler des jours heureux dans une autre vie.
C’est aussi une base idéale pour aller fureter dans les caves du coin, qui sont nombreuses et souvent pleines de jus réjouissants.
Au Mas Foulaquier par exemple, dont la cuvée Les Tonillières, vibrante d’énergie poivrée et de fruits rouges coquins, vient justement de s’installer sur notre podium des plus grands rouges de l’Histoire de l’Univers.
Il faut aussi aller faire un tour à Corconne, chez Zélige-Caravent, domaine tenu par un couple de jeunes producteurs naturels qui élaborent une série de cuvées aux concentrations et tarifs étagés. Notre chouchou demeure «Le Jardin des Simples», plus souple et glouglou que les consœurs balèzes, qui arrosera probablement tous nos casse-croûte de l’été

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Vroum vroum. Après le Languedoc, on a filé vers le cœur palpitant du Beaujolais, à un jet de moût de Charentay, où se tenait la 3e édition de la Beaujoloise, soit le salon des vins naturels de la région. Salon d’une convivialité réjouissante, qui ravale les autres rendez-vous bachiques au rang de messes de l’Opus Dei, voire de congrès du MEDEF.
A la Beaujoloise, on rigole, on grignote et on trinque.
A la Beaujoloise, on hume des bouteilles mirobolantes et on croise du beau monde. Des pères fondateurs du naturisme vinique, Pierre Overnoy et Marcel Lapierre. Des Champenois bios et scotchants (Bertrand Gautherot, Jérôme Prévost). Des valeurs montantes autant qu’exaltantes: Philippe Jambon et les Perraud du Domaine des Côtes de Molières.
Plus quelques sauvageons jurassiens aux savagnins étincelants, Etienne Thiebaud et Philippe Bornard.
Plus quelques copains qui passaient par là.
Plus quelques gloussements.
Plus quelques frissons.

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Jean Foillard et Isabelle Perraud (Côtes de Molière). Des gamay top moumoute.
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Philippe Jambon (notre idole) et Jérôme Prévost (magnifiques petites bulles naturelles)
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Marcel Lapierre, himself, avec six topettes sur l'épaule. Quel homme!

Bref, à la Beaujoloise, on y retourne l’an prochain. Manière de se ressourcer, quoi.

A plouche

10:01 Publié dans Balades slurp, Des vins | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : zelige, foulaquier, beaujolais | |  Facebook

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