Top Slurp avec Estèbe - Page 2

  • L’histoire charmante de la tourte de bette et de poulet aux accents exotiques

     

    Bien le coucou,

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    D’aucuns appellent tourterelles les petites tourtes. Et ils ont tort. Car la tourterelle est un animal à ailes. D’autres appellent tourteaux les grosses tourtes. Et ils ont tort encore. Car le tourteau est un animal à pinces.
    Mais tant qu’à faire, et pour éviter toute confusion lexicale susceptible d’opacifier les conversations entre gourmets, on se cuisinera ici une tourte lambda, une tourte ni trop petite ni trop grosse, une tourte de 21 cm de diamètre, ce qui n’est pas loin d’être une dimension indiscutablement normale. (Pffff… comment causer pour dire que pouic).

    Bref, Madame Sonson nous a récemment mitonnés une tourte de poulet et côte de bettes aux accents orientaux particulièrement tonique, dont on ne peut résister à vous confier l’alchimie ici.

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    Pour quatre gulus à table, il faut 400 grammes de blanc de poulet bio, quatre côtes de bettes, 400 grammes de pâte brisée acquise auprès d’un artisan honnête (si possible), quatre brins de coriandre, un doigt de gingembre, une cuillère à soupe de mascarpone, une cuillère à soupe de pignons, une lime, du piment, trois œufs, deux doigts de patience et d’autres choses encore.
    Emincez le poulet, arrosez-le du jus de la lime, de gingembre râpé et d’une pincée de piment. Filmez. Laissez mariner une heure au frais.
    Faites griller les pignons à la poêle. Réservez.
    Faites suer une échalote et une demi-gousse d’ail hachées l'une et l'autre dans une giclette d’huile d’olive. Ajoutez les côtes de bette taillées en mini lanières et le poulet. Assaisonnez. Laissez cuire un bon petit moment à feu pépère, en remuant gentiment.
    Pendant ce temps, battez au fouet deux œufs et le mascarpone. Assaisonnez. Hors du feu, ajoutez l’appareil dans la poêle avec les brins de coriandre ciselés. Touillez.
    Abaissez enfin la pâte d’un roulis de rouleau mâle et conquérant. Réservez un tiers pour le chapeau. Chemisez avec le reste un moule à bords hauts (une tourtière même), préalablement et dûement beurré. Faut que la pâte remonte jusqu’en haut, va sans dire.
    Versez la farce dedans (ben oui…). Soudez le couvercle de vos petites mimines habiles. Badigeonnez de jaune d’œuf. Faites même un dessin atchement joli avec l’excédent de pâte si votre muse vous le souffle. Puis enfournez une vingtaine de minutes à 180°, que dore la tourte.
    Après ça, il faut tout manger très vite, sans respirer, en faisant des bruits dégoûtants avec sa bouche.

    A tout soudain
  • Néron le supervilain et la terrine de poireaux aux noix et raifort

    Coucou, les gens

    neron.jpgL’empereur Néron, 0037-0068, (ben non, banane, ce n’est pas son téléphone, mais ses dates de naissance et de mort); Néron, donc, était une crapule anthologique si l’on en croit la chronique. Il fit empoisonner son frangin Britannicus, ébouillanter son épouse Octavie, éventrer sa propre maman Agrippine. Sans oublier quelques centaines d’autres assassinats plus ou moins raffinés, dont ceux des premiers chrétiens que l’empereur adorait voir brûler vif au crépuscule ou dévorer par des fauves dedans l’arène. A sa décharge, rappelez-vous que la télé n’existait pas à l’époque. Fallait bien se distraire.
    Néron, toujours lui, bouta même le feu à Rome et s’en alla jouer de la lyre et pousser la chansonnette sur une colline aux abords de la ville pendant que rôtissait son peuple. Un esthète d’ignominie.

    Mais c’est dans l’orgie lubriquissime que le potentat excellait. Les soirées chez Néron, ce n’était pas de la gnognote. Le vin et le stupre y coulaient à flot. Les vulves de truie volaient bas et pleuvaient les poireaux. Oui, les poireaux. C’est que l’empereur les adorait au point d’être surnommé «Le porrophage».

    Question: Peut-on blâmer un empereur, si cruel soit-il, qui raffole des poireaux?
    Je relève les copies dans deux heures.

    Bref, voilà justement une terrine de poireaux aux noix, raifort et chèvre frais qui nous aurait sans doute assuré l’amitié de ce démon de Néron.

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    Comptez trois poireaux standards par personne. Virez les feuilles vertes. Tchac! Nettoyez. Puis cuisez à l’eau ou à la vapeur, jusqu’à ce que le légume s’attendrisse (18  minutes dans notre petit panier vapeur à nous).
    Essorez à fond, en étreignant les tiges (si j’ose), puis en les laissant bien s’égoutter dans du papier ménage.
    Pendant ce temps, touillez du chèvre frais avec une noisette de pâte de raifort, une pincée de piment, sel, poivre et quelques mini-éclats de noix fraîche.
    Chemisez une terrine de film alimentaire.
    Montez ensuite votre échafaudage en alternant extrémités blanches et vertes, et en tartinant vigoureusement de chèvre entre chaque couche. Est-ce clair? Non? Tant pis.
    Pressez vigoureusement le tout. Puis retournez un moment sur le bord de l’évier, pour un dernier essorage. Repliez le film alimentaire. Oubliez enfin la terrine deux jours au frigo avec un machin bien lourd sur la tête. L’annuaire de Mexico, par exemple. Tranchez enfin avec grand soin (l'édifice reste fragile). Puis dégustez avec une vinaigrette à l’huile de noix, quatre tranches de pain grillé, six verres de savagnin et deux amis chers.
    Tchou!
  • Le barbecue blues, le plus nourrissant de tous

    Yipiiii, les filles

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    Le Dr Slurp recommande à toute la population mondiale d’acquérir au plus vite ce disque. Parfaitement.
    Ce disque, c’est Barbecue Any Old Time (Blues From The Pit, 1927-1932), une compil réunissant deux douzaines de blues giga vintage, archéo-boogies et rengaines jazzy millésimées.
    Jusque-là, rien de particulièrement nutritif, pensez-vous. Certes, sauf que tous ces morceaux rendent hommage au… barbecue. Des morceaux du tonnerre, qui crépitent et grésillent comme une côte de porc sur la braise. Des morceaux qui vivent, qui sentent le graillon, le rire et la sueur. Savannah Churchill swingue grave sur Fat Meat Is Good Meat; Bogus Ben Covington éructe I Heard The Voice Of A Pork Shop en grattouillant son vieux banjo; Memphis Minnie piaille un exquis Pig Meat On The Line qui donne la fringale.

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    BBQBluesFor1008.jpgRappelez-vous, nous sommes dans les années 30. La grande dépression sévit. Le boulot manque cruellement. Les dollars sont rares. Pour la communauté noire du sud, qui a souvent fraîchement quitté sa pampa pour venir grossir les villes, le barbecue devient l’une des rares occasions de retrouvailles et de ripaille. D’où l’ambiance d’hédonisme joyeux et de gourmandise grassouillette qui transpire de chaque sillon du cédé.

    «Barbecue chicken, barbecue lamb,
    Barbecue beef, Barbecue ham,
    But when you fix that table for me,
    Gimme plain barbecue,
    let it be sweet as can be!»
    C’est «Big Boy» Teddy Edwards qui le dit.
    Croquez ce disque. L’est drôlement bien assaisonné.

    Tchou!

    PS: En guise d'apéro, un vieil hymne carné de ce bon vieux Barbecue Bob



  • L’insoutenable massacre du turbot et les bouboules au whiskey qui picotent

     

    Coucou, les gens

    C’est un spectacle d’une cruauté et d’une ignominie rares. C’est un spectacle qui te lamine la bonne humeur, qui nourrie tes insomnies blafardes, qui pourrait même t’expédier une dizaine d’années sur le canapé du psychiatre.
    C’est le massacre du turbot.
    Brrrrrr, ça fait trop peur.

    On a assisté à ça récemment, dans une auberge de la campagne genevoise. Et on en gémit depuis.
    Tout avait pourtant bien commencé. Décor design, accueil aimable, carte des vins souriante. Sur le menu, on tombe sur le filet de turbot… à 81 balles. Soit 67 euros au cours d'hier. C’est cher. Trop sans doute. Mais zut! L’esprit de Noël plane encore sur nos chignons. Et les étrennes ont un brin gonflé le porte-monnaie. Soyons fous. Va pour le turbot!

    C’est là que la dînette a tourné au gore. Le poisson a débarqué en traînant un sillage de vieille marée. Sans doute décongelé direct dans la poêle, cuit avec un fol acharnement, il n’avait plus guère à offrir qu’une pauvre chair sèche et cotonneuse, à peu près aussi sexy qu’une croquette oubliée dans les poubelles du McDo. Pauvre bestiole. Et puis, le chef te l’avait claquemuré dans de la crème et une épaisse purée de patates; purée coiffée par quelques tranches… de patates. Voyez le sadisme de la scène. On a (trop) payé. On est (vite) parti. On a pleuré sur ce pauvre turbot qui n’avait rien fait pour mériter ça.
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    Il fallait se consoler dare-dare. Les boulettes de bœuf picotantes au whiskey semblaient tout indiquées. Car la boulette, voyez-vous, remonte le moral. C’est notoire, établi scientifiquement même.

    Pour deux gulus à table
    , touillez au fond d’une jatte 317 grammes de bœuf haché bio avec deux gros cornichons émincés mini, une cuillère de petites câpres, quatre brins de coriandre fraîche ciselée, deux petits bulbes d’oignon frais hachés, une large tombée de paprika, une généreuse pincée de poivre de cayenne, une amicale giclée d’huile d’olive, quelques éclats de pistache préalablement grillée, sel, poivre et deux shots de whiskey.
    Touillez, touillez donc.
    boulettes-légumes 020.jpgPuis moulez de vos habiles mimines des boulettes grosses environ comme une fois et demie la burne d’un castor adulte. Poêlez de toutes parts à feu furax, quatre cinq minutes.
    Et dévorez sans façon, en tâchant d’oublier le calvaire du malheureux turbot supplicié.
    Dévorez, avec un gros rösti et sept goulées du formidablement fruité, juteux et voluptueux Cinsault du Domaine des Dimanches, sis à Aspiran, Hérault, France d'en bas au milieu. Un rouge sans soufre ni douleur.

    Des bises
  • La recette ouf du poulet rôti avec une canette de bière dans le tutu

    Bien le bonjour, les joyeux mosquitos

     

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    Le pote Louis, qui en connaît un rayon question mets dingos, nous parlait l'autre jour d'une recette palpitante qu'il avait à la fois photographié (ben oui, zieutez ci-dessus) et dégusté. Celle du poulet rôti avec une canette de bière dans le tutu. Oui, Madame.

    "T'ouvres ta canette de bière, tu l'enfiles dans la bête et ensuite tu te débrouilles pour qu'elle tienne debout dans le four", nous narrait-il avec une évidente gourmandise. "Avec la chaleur, la bière se met à bouillir et s'en va humecter la volaille par l'intérieur." On lui a répondu que cette affaire nous semblait passablement perverse. Et qu'il était hors de question que le Dr Slurp s'intéresse à un plat exécuté avec une bière méga industrielle dont la marque commence par un H comme Horrible.

    Depuis, ce mode de cuisson barbare mais génial, païen et lutin, hante nos rêves chaque nuit.

    Avec du Coca, ça marche?

    Des bises, chers vous

  • On se détoxe avec la très chouette effilochée de racines d’hiver

    Tous mes voeux mouillés, les aminches

    Si le simple mot foie gras te lézarde le pancréas; si la vue d’une bulle de champagne te tire-bouchonne l’œsophage; si le caquètement d’une brave volaille te vrille la vésicule, et bien, ma sœur, mon frère, c’est que tu as réveillonné trop fort. Et qu’il te faut d’urgence adopter la détox attitude. Soit te nourrir de laitue et d’eau gazeuse pendant six mois. Amen.

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    On notera au passage que dans cette histoire de diète post-nouba, il est tout autant affaire d’assainissement du corps que de purge de l’âme. C’est que dans notre bonne vieille tribu judéo-chrétienne, la volupté se paye cash. Tu as bâfré comme un goret? Tu as bu comme un évêque? Expie donc maintenant. L’appel du jeûne (parfois qualifié à tort de jeûnisme), c’est donc peut-être moins ton bidon engourdi que ta culpabilité enflammée qui te le lance à la conscience.

    C’est profond, ça, non?

    Méditons un instant sur les recoins obscurs de l’esprit humain. Puis passons presto en cuisine nous mitonner une détoxerie charmante, soit ces tagliatelles de racines d’hiver vinaigrés au cumin.
    Plus light, tu t’envoles.

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    Pour deux personnes, équipez-vous d’un petit radis noir, deux carottes lambda et d’une racine de persil bien bâtie.

    Pelez les légumes. Puis réduisez-les à l’état de longues bandelettes à l’aide d’un économe ou d’une mandoline. Les deux ont leurs adeptes. Le Dr Slurp n’a jamais pu se décider. La chair de la racine de persil, en tout cas, résiste en général à l’un comme à l’autre et s’émince plutôt au couteau.

    Tranchez
    les bandelettes en deux ou trois dans la longueur pour obtenir des lanières évoquant la tagliatelle.

    Tambouillez
    -vous une vinaigrette tonique: huile d’olive + vinaigre de Xérès + trois gouttes de citron + sel + poivre + une mini noisette de wasabi. Goûtez. Il faut que ça détoxe grave.

    Dans le panier à vapeur fumant,
    balancez les carottes. Comptez jusqu’à 30. Puis ajoutez radis noir et racine de persil. Cuisez environ 4 minutes, que les légumes restent gentiment croquants. Essorez, arrosez ensuite de vinaigrette et de graines de cumin.

    Puis servez avec des rillettes d’oie, deux trois tartines de saindoux, un confit de canard ou plus, six os à moelle, un hectolitre de bon pinard,  et 27 truffes en chocolat.
    Détox, quand tu nous tiens…

    A tout soudain

  • Papouilles de saison et bisoux émus

    Coucou, les gens

    Question: mais quelle marque de clopes fume donc le Père Noël????

     

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    Bonne grosse dinde à toutes et tous

    A tout de suite

    Votre dévoué: Dr Slurp

  • La cuisine sado-maso et le chou rouge qui s’esclaffe

     

    Bien le coucou, les zoulous

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    L’autre jour, mèzigue préparait une béchamel dans la mini cuisine du copain Bernard. Lequel était fort occupé à grattouiller sur sa guitare dans le salon. Soudain, un ustensile majeur vint à manquer. Rivé aux fourneaux, on lui hurla à travers la cloison: «Bernard, t’as un fouet?». «Oui, sous mon lit, à côté des menottes», répondit-il, avec sa malice légendaire. Sacré Bernard. Toujours le mot pour rire.

    La boutade (si cela en était une), nous donna à penser que la thématique de la cuisine SM demeurait un terrain largement inexploré. Il y a pourtant une vraie forme de masochisme culinaire chez certains de nos contemporains, les esclaves du micro-ondes par exemple. Ah, les vicelards! Et un vrai sadisme – enfin, pensait-on étant enfant – chez les gens qui cuisinent du chou rouge à leurs proches. On a, depuis nos jeunes années, changé d’avis sur ledit chou rouge, végétal au look impérial et à la saveur tellurique, qui mériterait une niche au panthéon des légumes d’hiver.
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    Tiens, voilà justement (quel hasard incroyable!) une mirobolante poêlée de chou rouge aux pommes, à la coriandre et aux raisins de Corinthe. Nickel avec le gibier ou avec le canard, voire avec ta concierge.
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    En garniture, pour quatre gosiers à table...
    Réhydratez quelques (disons 22) raisins de Corinthe dans un verre d’eau additionnée d’un trait de vinaigre. Ciselez grossièrement quatre brins de coriandre. Tchik, tchik, tchik.
    Virez les feuilles extérieures d’un petit chou rouge. Emincez le reste en fines virgules. Dans un poêlon, faites fondre une échalote hachée ou deux dans une bonne noisette de beurre. Ajoutez le chou, laissez-le se tasser gentiment. Assaisonnez. Puis ajoutez trois doigts de vinaigre de cidre et deux décis d’eau. Couvrez. Laissez mitonner vingt minutes à feu pépère. Rectifiez le niveau d’eau, s’il le faut.

    Pendant ce temps, taillez une pomme en mini cubes. Au bout de 20 minutes donc, ajoutez dans la poêle, pour dix minutes supplémentaires, raisins et dés de pomme. Coiffez enfin de pluches coriandre. Et servez, simplement vêtu d’un bustier de latex.
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    Bien à vous, mein choux

    PS. Certains s'agaceront légitimement de l'iconographie maniérée et monomaniaque de ce billet. Désolé. Le Dr Slurp s'essaie à l'art conceptuel. Et ce n'est visiblement pas gagné.
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  • Idée cadeau: les petits plats super crados

    Bien le bonjour, cela faisait une paye, non?

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    La littérature culinaire peut se montrer utile, alléchante, élégante, distrayante même parfois. Mais mordante et cracra jamais. A vrai dire, 99% de cette production-là s’avère radicalement pétrie de bons sentiments. Or, on peut aimer manger et pas nécessairement copiner avec les Bisounours. Tout ça pour présenter l’ouvrage sans doute le plus hilarant et gastronomiquement incorrect jamais publié dedans le cosmos. Il s’agit de La cuisine abominable du journaliste et activiste culinaire Christophe Casazza (Ed. Desinge). Top dég’, je vous dis pas comment.

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    Il faut dire que pour présenter ce tour d’Asie en «100 recettes incroyables mais vraies», l’auteur s’est adjoint les services d’un illustrateur furieusement dégoûtant: Vuillemin. Le bédéaste s’en donne à cœur joie, avec une série de dessins scato-crado-rigolos à ne pas mettre entre toutes les mains, ni dans toutes les cuisines. Le soir de réveillon, ce machin enrubanné pourrait jeter un froid polaire sous le sapin.
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    Le texte et les recettes, eux, décrivent avec gourmandise tous ces plats asiatiques qui paraissent répugnants à nos palais occidentaux. Voilà donc le ragoût de chien au miel, les brochettes de peau de serpent, la salade de méduses, la soupe de cobra, le piment aux punaises de rivière, les cafards grillés ou la cervelle de singe cru. Vous choisissez quoi pour le menu de Noël?

    Bien à vous, mes gros loups

  • La poutargue, l'Epure et la copine

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    Quand une copine blogueuse fait un bouquin, on est content. Oui.

    Quand une copine blogueuse fait un bouquin chez l’Epure, le phénix des éditeurs miam, on est super content.

    Quand une copine blogueuse fait un bouquin chez l'Epure sur la poutargue, l’une de ces spécialités méditerranéennes scotchantes qui illumine la cuisine des Slurp, on se roule par terre en poussant des petits gémissements de volupté et en riant aux larmes.
    Deux choses très difficiles à faire en même temps.

    Vous l’aurez capté: il s’agit d’acheter dare-dare «La Poutargue: dix façons de la préparer» de la sémillante Mayalen Zubillaga.
    (Ne serait-ce que pour la salade aux cocos de la page 5. Une tuerie.)

    Merci à vous

  • La lutte des classes au fond d’un bol de soupe aux panais et éclats de truffes

    Coucou, les gens


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    L’autre jour, le Dr Slurp et M’zelle Sonson se baladaient downtown Geneva. Avec un objectif atchement précis: acheter une truffe. C’est que M’zelle Sonson s’est récemment entichée des parfums telluriques et impérieux dudit champignon. Et exige depuis de les renifler régulièrement, de préférence tous les soirs, au dîner, dans son assiette.
    Son paternel en a conçu une certaine fierté. Que sa descendance fasse montre de goûts à ce point raffinés, qu’elle préfère la melanosporum au Big Mac, voilà qui le caresse dans le sens du poil gastronomique.

    Reste un détail. Le prix du machin. Douloureux, le prix. Voire total ouf. L’autre jour donc, le tandem pousse la porte d’une épicerie de luxe et se met à rêvasser devant deux cloches, respectivement pleines de truffes blanches d’Alba et de truffes noires d’automne, notoirement inodores autant qu’insipides. Avisé, le Dr Slurp se fait peser la plus petite des Piémontaises, à peine plus volumineuse qu’une burne de paon. La dame s’exécute gentiment, pianote sur sa bascule. Et prononce la sentence: 89 francs. QUATRE-VINGT NEUF BALLES!!! POUR UNE MICRO BOULETTE!!!! M’ENFIN!!!! QUI C’EST LA TRUFFE????

    On est reparti le plus dignement possible, avec dans la besace une petite boite d’éclats de truffes noires à 28  francs. Et la sensation que la lutte des classes pourrait bien flamboyer encore. Oui, Groucho.


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    Le soir même, M’Zelle Sonson engloutissait, ravie, ce velouté de panais aux éclats de truffe noire (à 28 fr. la boîte) dont voilà la recette simplette.
    Pelez les panais, coupez en morceaux. Couvrez-les d’eau salée dans une casserole. Portez à ébullition pépère et laisser glouglouter jusqu’à ce que la racine s’abandonne sous la pointe de votre couteau.
    Mixez avec l’eau de cuisson. Puis montez votre purée jusqu’à texture onctueuse, en alternant giclées de lait et lichettes de crème fraîche. Assaisonnez. Râpez un poil de muscade. Puis répartissez dans des jolis bols. Coiffez enfin de graines de sésame noir, d’éclats de truffe noire et d’un filet d’huile d’olive. Puis servez en chantonnant l’Internationale, qui est quand même une chanson drôlement bonnarde.

    Bien à vous, mein choux

  • Les joues de cochon poêlées: histoire d’une illumination mystico-porcine

    Groink, les copines


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    Evidemment, on n’a plus jamais été le même ensuite.
    C’est un matin de juillet blême mais poisseux, comme souvent sur les bords de la Garonne en été. Petit Labs et moi-même remontions le marché aux légumes du Boulevard d’Arcole d’un pas paresseux, tâtant les cœurs de bœuf par ci, palpant les aubergines par là. Nous causions philosophie, comme d’ordinaire, en évoquant nos préférences respectives en matière de pièces de boucherie. Forcément, la conversation tomba sur les joues de cochon. Ben, oui. A parler bidoche, on tombe toujours sur les joues de cochon.
    C’est là que Petit Labs balança sa bombe.
    «Nous à la maison, on les fait souvent griller, les joues, tout simplement, paf, paf, à la poêle», glissa-t-il, comme ça, pépère, sans imaginer le chaos qu’il venait de semer dans les certitudes de son interlocuteur. C’est que sombre corniaud borné que nous sommes, jamais nous n’avions songé à poêler ce morceau-là, le mijotant et remijotant, le braisant et le rebraisant, parfois jusqu’à ce que l’atomisation de la fibre. La grillade, bien sûr. Voilà quel était le biais, la voie royale, l’apprêt à porter. Oui, c’était un matin de juillet à Toulouse, lourd et brumeux, qu’un rai de lumière écarquilla le cervelet obtus du Dr Slurp (n’importe quoi).

    On a les illuminations qu’on peut.

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    Evidemment, on s’est dare-dare mis à griller ladite pièce, comme dans cette recette couillonissime mais fort riante de joues de porc poêlées
    aux noisettes et au gewurstraminer.
    Les noisettes pour le croquant, le gewurst pour la petite douceur acidulée. Oui, il y a un plan d’ensemble derrière tout ça.

    Balancez
    quelques noisettes dans une poêle. Grillez-les quelques minutes. Puis débarrassez-les de leur peau (grosso modo, inutile d’en faire une fièvre porcine) avant de les écrabouiller (grosso modo, bis repetita). Réservez.
    Assaisonnez les joues (on en compte deux par appétit standard), oignez-les d’huile d’olive. Et poêlez-les à feu moyen-balèze un bon quart d’heure. Qu’il hâle, ce cochon. Laissez ensuite reposer la viande au tiède, par exemple dans le four entrouvert.
    Déglacez la poêle avec un bon gros déci de gewurst (ou autre blanc aromatique arrondi d’une larme de sucre résiduel), ajoutez un tour de moulin à poivre, une pincée de muscade. Et laissez réduire tout doux jusqu’à obtention d’un jus qui vous plaît.
    Le cochon va sur son assiette, arrosé du jus et coiffé de noisettes. Et vous savez quoi? Il adore ça.
  • Bone appétit

    Tu cherchais un cadeau à offrir à ce vieux Dr Slurp pour Noël?
    Ben, le voilà.
    La designeuse Meredith Host nous a inventé la vaiselle Bone Appétit. Et c'est mortel.

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  • L'effilochée de haddock et l'anorexie de Tintin

    Bien le bonjour

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    Non, non, non, bande de bachi-bouzouks. N’allez pas imaginer que c’est le dernier blockbuster de Steven Spielberg qui nous a inspiré cette salade de haddock aux machins exquis qui picotent en bouche. Non, non, non. D’abord, on n’a pas vu le film. Pas encore. Jamais peut-être même. C’est que pour cet idiot de Dr Slurp, un bon Tintin est un Tintin en mouvement. Et donc sur papier. Car jamais Tintin n’est aussi leste, vif et speed que sous le Bic d’Hergé. Quand Tintin s’anime pour de bon, à l’écran donc, ben, il nous devient tout mou. Vous suivez?

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    Et puis, on voit mal pourquoi il faudrait causer de Tintin sur un blog à manger. Car on ne mange guère chez Tintin. Ça bâfre dur chez Astérix, ça boulotte dru chez Lucky Luke, ça boustifaille chez les Schtroumpfs, ça boulotte gentiment chez Spirou & Fantasio. Et à Moulinsart ? Ceinture ! Il y a bien un vague casse-dalle au Tibet. Milou pique des saucisses à bord de l’Aurore. Haddock picole ça et là, voire plus. Mais s’éclater pour de vrai à table, se cajoler le burlingue et se câliner la gidouille, jamais de jamais. T’y crois, toi? Hergé a vendu 230 millions d’albums avec des héros qui becquettent que pouic! De quoi classer les aventures du petit reporter au rayon des anorexigènes les plus retors.

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    Où qu’on en était ? Ah, oui : l’effilochée de haddock au radis noir, avocat et piment. Soit une petite entrée drolatique et stimulante pour quatre personnes, qui exige un bout de radis noir, un petit piment rouge, un avocat mur (Maitre Vergés par exemple), 120 grammes de haddock (soit l’aiglefin fumé), une branche d’oignon frais, un citron vert et deux branches de persil. Vamos!

    Effilochez sans acharnement le haddock, en virant la peau. Taillez un petit bout de radis noir en mini mini cubes. Emincez l’oignon et le piment en fines rondelles. Ciselez le persil. Touillez une vinaigrette généreuse et corsée : huile d’olive + jus de citron + deux gouttes de vinaigre.
    Juste avant le miam, détaillez l’avocat en cubes. Dans une jatte, salez, poivrez et mélangez le tout sans faire de carnage. A l’orée d’une soirée chic, on pourra répartir l’effilochée dans des verres à whiskey pour faire urf. A l’orée d’une soirée pas vraiment chic, on pourra s’en abstenir. Jeter le saladier sur la table. Et contempler le spectacle désolant des convives qui se ruent sur le haddock en poussant des jappements d’olibrius.

    A pluche

  • Le calendrier lunaire dans ton verre à pied

    Coucou, les sélénites

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    Quiconque se siffle avec ardeur et régularité des vins dits naturels (soit archi bios et peu ou pas soufrés) sait que ces crapules se montrent drôlement versatiles.

    Le lundi, le pinard te caresse amoureusement la muqueuse buccale, en chatouillant tes capteurs nasaux d’embruns floraux et fruitiers proprement envoûtants. C’est le printemps dedans ta glotte. C’est Luna Park. C’est la Saint Guilli. C’est la fête à la luette.

    Le mardi, la même bouteille, elle te fait plus que dalle. Elle se mure dans un silence boudeur. Elle te montre son derrière osseux. Voire elle exhale ce parfum caractéristique de l’hyène pétomane en état de décomposition avancée.

    La faute à qui? La faute à la lune. Oui. Lunaire = lunatique = loterie. C’est que ces vins-là ne sont pas blindés de saloperies chimiques. Ils sont vivants. Ils bougent leur corps avec les astres. Voilà qui peut certes heurter les esprits cartésiens et méthodiques, tel celui qu’abrite la boîte crânienne du Dr Slurp. Il s’agit pourtant d’une réalité dégustatoire mille fois éprouvée. Et d’une réalité agricole avec, tous les producteurs biodynamiques  - ou pas - pourront vous en causer. Sans épiloguer sur les marées, les ragnagnas, les bestioles et plein d’autres choses encore autour de nous qui twistent avec le cosmos.


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    Rien de catastrophique là-dedans. Il faut simplement guigner le calendrier lunaire avant d’attraper le tire-bouchon. Comment lire le machin? Fastoche. Il y a quatre types de jours: feuilles, fruits, racines et fleurs.
    Les jours fruits et fleurs, le pif rigole. Et toi avec. Et moi aussi. Youpi.
    Les jours racines, il peut éventuellement grimacer un tantinet. Rien de grave. Où est passée la carafe?
    Les jours feuilles, il tire une tronche de requiem. Pire, il boucane parfois grave du goulot. Les jours feuilles, c’est Coca light.

    Une superbonne nouvelle pour finir: ce week-end, c’est… fruit!

    On entend d’ici les bouchons qui valsent.


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    Bien à vous, les copines fruits et les copains fleurs