Top Slurp avec Estèbe - Page 4

  • Passard en bulles et philo en sauce

    Coucou

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    Tiens, après le manger, il faut se vautrer sur un support moelleux et bouquiner dans la quiétude, par exemple en écoutant un live de Motörhead. «Mais que lire?», gémit le lecteur démuni de nourritures imprimées.
    Ben, une bédé, par exemple. La bédé et le miam ne forment pas particulièrement un couple actif. Pourtant ces deux-là mériteraient des flirts un brin plus poussés. En témoigne le formidable dernier album de Christophe Blain: «En Cuisine avec Alain Passard» (ed. Gallimard). Le dessinateur a hanté des mois durant les fourneaux du grand chef parisien. Et en revient avec un reportage pétillant en diable, drôle, vif, vrai et intelligent. On y découvre un cuisinier passionné, limite illuminé, amoureux fou des légumes, qui apostrophe sa brigade avec des formules cryptiques genre: «regarde tes équilibres, Monsieur» ou «le gras de cuisse, tu l’as ignoré, Madame». Il y a des recettes avenantes et une balade dans les potagers du chef, des coups de feu fumants et de la création live. On sort de là avec une envie furieuse de filer au marché pour remplir son panier de primeurs. Tant pis pour la sieste.


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    Après ça, il s’agit de phosphorer un tantinet. Essayez donc le denier numéro de Philosophie Magazine, dont le dossier central se consacre ce mois-ci au manger sous le nom «Je suis ce que je mange». Philo et slurp, encore un tandem rare. Car si sociologues, anthropologues ou historiens se sont largement intéressés à la table, les philosophes, eux, ne s’y assoient guère. L’un des rares à festoyer demeure l’inévitable Michel Onfray, interviewé dans la revue, forcément. On y picore également une édifiante et historique «métaphysique des tubes digestifs», ainsi qu’un texte passionnant sur la cuisine japonaise, soustractive, face à la cuisine française, additive, via un reportage croisé dans les coulisses de deux restos parisiens. Drôlement bien vu.

    Bonne lecture, les bougres et bougresses.

    A plouche
  • Chérie, j’ai saltimboqué le mignon

    Coucou

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    La famille des Mignons comprend mille membres au bas mot, qu’il te faut apprendre à distinguer sous peine de passer pour une andouille dans les salons mondains.
    On va t’aider.

    Il y a les mignons du pape, qui ne sont autres que nos vieux potes les jésuites. Superfêtards, les gaillards, je te dis pas.

    Il y a le ouistiti mignon, un singe miniature et amazonien, susceptible de faire des sauts prodigieux qui ravalent les bonds de Super Mario à des entrechats de donzelle.

    Il y a les mignons de couchette, en particulier les mignons d’Henri III, gentilshommes super lookés qui pouvaient pioncer dans la chambre royale les soirs de liesse. Mais rien de sexuel là-dedans, malgré ce que les mauvaises langues ont pu raconter. Henri III était un hétéro vorace, assure la chronique.

    Il y a le Mignon, qui est un affluent de la Sèvre Niortaise sévèrement bétonné, sur lequel on brûle de voguer en péniche solaire un de ces jours.

    Il y a Mignon, tragédie lyrique en trois actes du regretté Ambroise Thomas, qui fit aussi dans l’opéra-comique et mourut par un matin de février à l’âge de 86 ans. Jusqu’au bout, il porta la barbe.

    Il y a aussi le mignon de veau, qui se montre particulièrement roboratif et espiègle quand il est farci façon saltimbocca. Oui. Quel hasard formidable, en voilà la recette:

     

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    Pour deux personnes, payez-vous quatre feuilles de sauge, un pot de ricotta, une mignonnette de marsala, un mignon de veau de 367 grammes et deux tranches fines de jambon de Parme.

    Touillez trois cuillères de ricotta avec la sauge finement ciselée, une mini giclée d’huile d’olive, trois gouttes de citron et une pincée de piment. Assaisonnez. Goûtez. Rectifiez…

    Incisez
    le mignon façon portefeuille. Poivrez le dedans. Puis farcissez avec l’appareil sus-décrit. Refermez. Bardez de jambon. Ficelez délicatement.

    Dans une poêle
    et une larme d’huile d’olive, colorez la pièce à feu vif et sous toutes ses coutures. Réservez ce mignon tout doré. Déglacez la poêle avec un verre de marsala, un filet de citron et un peu d’eau aussi. Assaisonnez parcimonieusement le jus. Goûtez. Rectifiez…

    Avec du papier-alu
    , confectionnez alors une barquette. Installez-la dans la poêle avec le mignon dessus. Et laissez mijoter à couvert et feu doux pendant dix minutes. Le veau va ainsi achever sa cuisson à l’étuvée, giga pépère, sans perdre de son croustillant. C’est l’invention supersonique du jour. On en ruisselle de fierté.

    Découpez
    enfin la bête en tronçons harmonieux. Arrosez de jus, réduit au préalable. Servez avec une garniture appropriée autant qu’avenante, un bloc de choucroute glacée par exemple.

    Buvez
    du blanc. Ou du rouge. Ou du rosé. Mais buvez que diable, car nul ne sait qui vous boira.


    Tchou!

     

    PS: On ne veut pas balancer mais c'est le copain Manu, de passage dans notre logis, qui a décoré le mignon de sauge hérissée. Il trouvait ça très chic. Que Dieu lui pardonne.

  • Les taquineries littéraires du Dr Slurp: vol 5

    Bonjour,

    Jusqu’à la fin du mois de mai (soit demain, quand on y songe), le Dr Slurp te propose de jouer avec ton cerveau et tes doigts. Tiens, vlà une nouvelle joute désopilante.


    Exercice n°5:

    A l’instar du plat ci-dessous, créez une recette de cuisine avec des ingrédients et des opérations surnaturels et/ou extraterrestres.

    ... Détantinez six milouzes. Equeutez une cagette de tarfignoles. Laissez reposer. Flambez le tout avec un verre de Maligros. Blanchissez le borzoï quelques secondes. Escanez-le en huit, puis en douze. Mélangez. Assaisonnez. Morillonassez. Servez bien chaud.

    Les meilleurs iront sur Mars

    Tchou!

  • Les taquineries littéraires du Dr Slurp: vol 4


    Coucou


    Jouons, jouons, jouons encore, mes aminches. C’est si drôle.

    Exercice n°4:

    Rédigez le résumé, en trois phrases flamboyantes, d’un roman qui commencerait ainsi:

    Le dimanche de bonne heure, elle souleva le couvercle de la marmite, huma longuement; et comprit que rien ne serait jamais pareil.


    Les meilleurs seront bénis

    Tchou

  • Les taquineries littéraires du Dr Slurp: vol 3

    Coucou
    Vous kiffez nos jeux d’esprit? Ben tiens, en vlà un autre.


    Exercice n°3

    Composez, sur le thème de la glorieuse choucroute, deux alexandrins dont la somme des pieds est égale à 28.

    Les meilleurs se reconnaîtront

    Tchou

  • Les taquineries littéraires du Dr Slurp: vol 2


    Tiens, mes chéris(e)s, si nous jouions ensemble? Jusqu’à la fin du mois de mai, le blog Top Slurp, celui qui aime tant distraire intelligemment ses lecteurs, déroule une série de récréations littéraires autant que gourmandes.

    Exercice n°2

    Imaginez les 347 premières pages d’un roman qui s’achèverait ainsi:
    -    C’était donc toi, Madeleine
    -    Moi, non; mais lui, oui…
    Ils finirent leur soupe sans hâte. Plus rien n'avait d'importance.

     

    Les meilleurs seront récompensés.

    Tchou!

  • Les taquineries littéraires du Dr Slurp: vol 1

    Coucou,

    Tiens, mes chéris(e)s, si nous jouions ensemble? Jusqu’à la fin du mois de mai, le blog Top Slurp, celui qui aime tant distraire intelligemment ses lecteurs, déroule une série de récréations littéraires autant que gourmandes.

    Exercice n°1:


    Rédigez une recette avec des merguez dedans en n’utilisant que les quatre dernières lettres de l’alphabet.

     

    Hum, pas facile

    Les meilleurs seront dûment récompensés.

    Tchou

  • Le cuistot black métal et les toutous au resto

    Bien le bonjour, les potes

    Tiens, si on se faisait une toile? Ou deux? C'est que l'on vous a déniché des petites vidéos charmantes, qui permettent de découvrir des zones peu connues du monde merveilleux de la cuisine et du manger.


    Démarrons avec l’impayable Vegan Black Metal Chef, traduisez le chef végétarien black métal. Il vient d’Orlando. Il est beau comme un goth. Il met lui-même en musique ses recettes. Et fait des trucs incroyables comme de découper l’oignon avec un poignard viking ou de former «la marque des anciens» avec du tofu. Enjoy!





    Poursuivons avec les deux toutous au restaurant. Ils ont l’air nigaud. Et c’est bien normal. Si vous étiez un chien, vous aussi auriez l’air nigaud au resto.




    Tchou!

  • Le velouté d’asperges au parmesan (à la mode Sofitel)

    Bien le bonjour

    L’autre jour, alors que le Dr Slurp méditait - pépère et tout nu - dans sa suite à 3000 francs CFA au Sofitel de Vierzon, il eût comme une envie subite. Une envie d’asperges. Vertes, les asperges. C’est de notoriété publique: le Dr Slurp est un tantinet esclave de ses désirs. Qu’une asperge bien fraîche vienne à lui passer sous le pif, et le voilà prêt à tout pour la croquer. Cet aspect de sa personnalité pourrait certes nuire à sa position de chroniqueur culinaire universellement reconnu.
    Mais qu’importe. Il doit écouter ses pulsions, sous peine d’être tout triste.

    Or donc, voilà que la femme de chambre débarque dans la suite pour faire un brin de ménage, avec à la main… une botte d’asperges vertes. Quel hasard extraordinaire! Le sang du Dr Slurp ne fait qu’un tour. Dans un élan d’une vélocité invraisemblable et en poussant des cris sauvages, il arrache les précieux bourgeons à la malheureuse. Et va s’enfermer dans la salle de bains, équipée d’un petit réchaud à induction, comme dans tous les palaces à 3000 francs CFA la nuit. Ignorant les pleurs de la jeune femme derrière la porte, le Dr Slurp cuit presto et avale goulûment ses asperges, après avoir sectionné un bon tiers de leurs tiges, susceptible de se montrer duraille sous la dent.

    Quel gâchis! La police n’allait pas tarder à débarquer. Et il lui restait ces quinze queues d’asperges. Impossible de les jeter. C’eût été pêché.
    Que faire?
    Ben, un velouté d’asperges au parmesan, pardi!

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    Dans une casserole, couvrez d’eau les bouts d’asperges avec deux petites gousses d’ail juste épluchées et une pincée de sel.
    Laissez glouglouter un bon petit moment, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un déci de liquide et que les asperges se montrent bien tendres.
    Mixez le tout, avec un verre de lait et une cuillère à soupe de parmesan râpé. Rectifiez.
    Servez dans d’adorables petits verres, éventuellement avec quelques chips de jambon de parme.
    Puis demandez à une enfant de dessiner la chose, because votre appareil photo est resté dans la pièce à côté, où tous les flics de Vierzon essaient d’enfoncer la porte.
    Quittez enfin l’hôtel d’un air dégagé.
    Zut, où ais-je mis mon portable ?

    Toute ressemblance, bla bla, machin, truc

    Tchou!

  • Le merlu n’a pas la berlue (perché sur son mamelon de cocos au chorizo)


    Bien, le bonjour, bipèdes on line

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    Le colin, ou merlu, ou merluche (Mère Luche, priez pour nous), n’est pas exactement la créature la plus goûteuse des océans. Hou que non. Manque un peu de caractère gustatif cet animal-là. Pourtant chez nous autres, dans la tribu des Slurp, on l’aime bien, le merlu, ou colin, ou merluche.

    Primo, parce que sa chair ne manque pas de tenue au feu. Elle te sort de la poêle ferme et juteuse, flamboyante voire, sans s’effondrer au premier coup de grisou calorique comme nombre de bestioles marines.

    Deuzio, parce que le très bien rencardé WWF en recommande la mastication sans arrière-pensées. L’est pas menacé de surpêche (sauf en Amérique du sud). Notre conscience écologique s’en trouve ruisselante de satisfaction et notre bidon tout reconnaissant.

    Tertio, parce qu’il demeure tarifairement abordable. Et en ces temps de chute tendancielle du pouvoir d’achat, ben, voyez-vous, ça compte dedans le panier de la ménagère (du ménager en l’occurrence, même si "le panier du ménager" n’est guère employé en langue française, voire lexicalement inacceptable; c’est dingue, ça; comme si c’étaient toujours les nanas qui faisaient les courses; mais par la Couille du Malin, dans quel siècle vivons-nous ? Hein ?).

    Où en étions-nous ? Ah, oui : la Mère Luche. Ben, la voilà s’alanguissant sur un petit dôme printanier, dans une composition terre-mer, que l’on a pompeusement baptisé darne de colin sur fantaisie pimentée de borlotti au chorizo. Ça le fait, non ?

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    Offrez-vous un tronçon bien épais de merlu par personne (visez les 163 grammes) que le poissonnier vous tranchera sans mot piper.

    Offrez-vous
    de beaux borlotti, ou cocos roses, dans leurs cosses (visez les 227 grammes par bouche à nourrir), une botte de thym frais, quelques tomates cerise venues d’Italie, de minces rondelles de chorizo (visez les quatre tranches par convives), un petit piment rouge et voilà.

    Rentrez à la maison.

    Ecossez les borlotti. Balancez dans de l’eau frémissante (sans sel, because le sel à la cuisson, ça te durcit le coco ; ne me remerciez pas pour le tuyau). Une vingtaine de minutes, que le haricot s’attendrisse mais ne s’effondre guère.

    Hachez une échalote et une pointe d’ail. Blondissez le tout au fond d’un poêlon. Réservez. Emincez le chorizo en lamelles. Faites revenir sans matière grasse. Déglacez d’une larme de vin blanc. Ajoutez l’ail, l’échalote, les tomates coupées en deux, le piment émincé finement, les cocos roses et le thym. Sel, poivre. Laissez mijoter avec une larme d’huile d’olive, à couvert et pépère. Puis goûtez. Il faut que ça soit bon, parfumé et picotant. Parfaitement.

    Salez, poivrez, farinez mollo le poisson. Poêlez à feu vif dans une noisette de beurre, deux minutes et demi de chaque côté (ou plus, ou moins, selon épaisseur et affinités). Saupoudrez d’une tombée de piment d’Espelette. Puis installez la bête sur un mamelon de haricots, avant de servir en dandinant du joufflu (facultatif).

    A boire ? Oui, il le faut. Un gamay plein et épicé siouplait, naturel aussi, par exemple la drolatique mais convaincante cuvée «Amène» de la maison mâconnaise P-U-R.
    Très bon jus, merci.

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    A plutarque

  • Le clip de la mort du diable

    Coucou!

    Scoop! Le Dr Slurp fait son retour derrière la camera obscura.

    Que le boogie soit!

     


     

    Du reste, il s'agit d'écouter d'urgence le nouveau disque de Hell's Kitchen, drôlement bon pour tes esgourdes, foi de moi, foi de veau.

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    A plouche!

  • La poulette à la broche, l’apéro méditatif et le bon sens de rotation du mécanisme vintage

    Tchou!

     

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    Une volaille tounicotant sans hâte sur une broche et devant un âtre rougeoyant est un spectacle sublime, pour ne pas dire hallucinogène. Un spectacle plein de majesté, de langueur et de mystère, propice à l’émulsion de l’imaginaire et au relâchement de l’âme.
    Devant une volaille à la broche, l’humain normalement cérébré a la cafetière qui décolle. Le voilà méditant sur l’existence (de Dieu, de Barry White, de Loana…), rêvassant au cosmos sans fin, inventant des choses inouïes, composant peut-être même un slow baveux promis au faîte des hit-parades.

    Si on vous raconte ça, c’est que l’autre jour, le Dr Slurp s’offrant une glandouille pascale dans la pampa quercinoise, tombe nez à nez avec une broche antique, planquée dans un coin de la cheminée. Le genre de belle mécanique vintage mais increvable, qu’il faut remonter à la main tous les quarts d’heure, comme la montre gousset de Tonton Octave.

    Branle-bas de combat. Une heure après, l’engin était nettoyé, les braises crépitaient, pendant qu’un beau poulet fermier d’un kilo et demi ne demandait plus qu’à être embroché. Oui, le Dr Slurp peut se montrer impulsif à l’occasion.

    P1000092.JPGOuvrons ici une nécessaire quoique sans doute fastidieuse parenthèse stratégique. Dans l’art de la broche, technique de cuisson douce autant qu’immémoriale, le sens de rotation a, voyez-vous, une importance décisive. La bestiole, à moins qu’on ne la souhaite toute sèche sous la dent, doit tournoyer du foyer vers vous, chers spectateurs. Et non de vous vers le foyer. Dans le second cas, la petite goutte de graisse, une fois bien chaude et dodue après son passage devant les braises, se casse lamentablement la gueule dans la lèchefrite. C’est la loi de la gravité. Dans le premier cas, en revanche, la même goutte de graisse, une fois le feu remonté, vient aimablement glisser sur la bête. Tu piges? Nous, il nous a fallu six heures d’explications.

    Cuisinons maintenant, si vous le souhaitez, un gros poulet à la broche, au citron et au Mauzac, pour apéro méditatif à rallonge.

    Videz la bête. Farcissez-lui le tutu avec plein de thym, de romarin, deux gousses d’ail, une giclée d’huile d’olive, sel, poivre. Refermez pudiquement ledit tutu. Oignez ensuite l’animal d’huile d’olive, de jus de citron, sel, poivre. Embrochez-le bien au milieu de la tige. Remontez la mécanique. Installez la broche. C’est parti, mein kiki.

    DSC04083.JPGOuvrez maintenant une bouteille d’un blanc local, le formidable et impérieux Mauzac de Patrice Lescarret du Domaine de Causse Marines à Gaillac, par exemple. Remplissez le verre de chacun des convives, en leur demandant gentiment de ne pas le siffler cul sec. Le jeu va en effet consister à balancer à intervalles réguliers le fond de chaque godet sur la poulette qui dore tout doucement là-bas dans la cheminée. Distrayant, non? Et comme il est hors de question de laisser le volatile se déshydrater, il faudra impérativement refaire les niveaux des verres durant les deux heures et demie, voire trois plombes, de cuisson. Comptez trois bouteilles. Au moins.

    Le processus s’achève d’ordinaire par une mastication voluptueuse quoique - on ne sait trop pourquoi - un brin somnolente.

    Bien à vous

  • Les recettes auxquelles vous avez échappé et le quignon tomaté

    Coucou

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    On aurait pu te refiler la recette du lièvre à la royale (un très gros lièvre vidé, 3 truffes, 750 g de foie gras d'oie, etc.). On aurait pu te refiler la recette de la timbale à la mantoue d’Antonin Carême (six petits jours de boulot en cuisine, trois crises de nerfs, un suicide éventuel). Ou la recette de la merguez aux truffes, du gratin de queues d’écrevisse à Polo Bokuse, voire des pigeonneaux en demi-deuil de ta belle-mère.

    Mais non.

    Aujourd’hui, frottons-nous à un classique indémodable. Une évidence catalane et gustativement ravissante. J’ai nommé… le pain à la tomate. Tût tût.

    Avisez un bout de pain qui sèche bêtement dans sa panière. Découpez-y six tranches, ou plus, ou moins. Et gardez le reste pour nourrir les canards chipeau. Z’ont les crocs, les chipeaux.
    Avisez deux tomates qui végètent bêtement au fond du frigo. Elles n’ont d’ailleurs rien à ficher là, ces deux machines. Ce n’est pas la saison de la tomate, ni la fête du slip d’ailleurs.
    Extrayez puis ciselez trois feuilles de basilic du bouquet en pot qui trône fièrement sur votre balcon. Tiens, faudrait peut-être songer la laver les vitres. On voit que pouic à travers tellement sont crades.
    Sortez du placard une bonne huile d’olive italienne, un poil ardente, acquise un soir de liesse dans une épicerie transalpine aux tarifs himalayens.
    Toastez le pain. Frottez la tomate dessus. Un filet d’huile d’olive. Une pincée de fleur de sel. Un tour de moulin à poivre. Le basilic par-dessus. Et paf.

    Certains aillent le pain. Nous point.

    Ce plat prodigieux se croque en priant la Vierge avec _ pourquoi pas_  quelques tranches de pata negra. Et de gigantesque lampées d’un gamay mûr et tonique, vendu à prix câlin. Çui-ci, par exemple.

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    Tchou!

    PS: La trêve pascale pointant son pif, ce blog se mure dans un silence religieux autant que chocolaté pendant quelques jours. Son auteur s’en va pêcher le lion de mer dans le lac Pissols. Bon Jésus et gros lapin à tous.

  • Top Berk avec Estèbe (ou le chant de la loose le soir au fond de la cuisine)

    Bien le bonjour

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    Dilate ton karma, écarquille tes chakras. Le Dr Slurp va te filer un tuyau philosophique. Gros, le tuyau. C'est un oléoduc existentiel même, qu’on t’offre.
    Le voilà:
    Quand tu t’y crois, ben, t’y es pas forcément.
    C’est fort non?

    Prenons un exemple. Au hasard, mèzigue (n’est-t-on jamais mieux servi que par soi-même?). Mèzigue, donc, se croyait parvenu en haut de mont Ventoux de l’art culinaire. Ou à mi-pente en tout cas. Il se pensait fortiche, inspiré et un tantinet iconoclaste à ses heures (ou à 16h30). Il te bricolait des petits plats croquignolets autant que lutins. Paf, paf. Une pincée de fleur de sel. Une lichette d’huile d’olive. Top moumoute. Le rôti est saignant. Les fourneaux chantent. Demain sera une nouvelle fête.
    Bref, le Dr Slurp se la pétait un brin.

    Et pataras!
    Depuis 15 jours, le crétin présomptueux foire tout ce qu’il entreprend.
    Tout, tout, tout. C’est la loose qui dégouline. La Berezina en cascade. Le chemin de croix roussies.
    Le Dr Slurp, il en a l’égo tout ratatiné au fond de la chaussette gauche, celle qui est trouée.
    Il dort mal.
    Il te coule en douce des torrents de larmes intérieures.
    Tu le crois pas? Tiens, guigne ces désastres.

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    1-    La terrine de la honte
    Une aprème, on a échafaudé une terrine de légumes printaniers à la gelée d’agar-agar. Avec des asperges, de jeunes carottes, des petits pois et je ne sais quoi encore. Deux heures d’épluchage, découpe sourcilleuse, cuisson maniaque, tricotage d’un bouillon maison, etc. Le soir même, le pote Dave débarque. On lui démoule le machin sous le pif (avec le secret espoir de l’épater à vie). Et la terrine de s’effondrer au premier coup de couteau. Un charnier de déliquescence baveuse. On l’a avalé à la petite cuillère, en s’échangeant des sourires crispés.
    Pas bon pour le moral.

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    2-    Les mini-poulpes de la méduse
    La cuisson des poulpes, même les bébés, c’est vingt secondes ou vingt heures, dit la rumeur. On a opté pour deux minutes à feu furieux. On a eu tort. Le pesto de cresson était très bon, merci. Les bestioles, elles, ont failli provoquer le décès par étouffement de l’un des convives. De l’imbouffable absolu, en caoutchouc massif. Poubelle.
    Pas bon pour le moral.

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    3-    Le tajine de l’amer
    Bon, tapons dans le classique. Pourquoi pas un tajine de veau au citron, herbettes et petits légumes? Risque nul. Plaisir de saison assurée. Fraîcheur en perspective. C’était hier soir. Ces crapules de citrons ont conféré à tout le reste du plat une amertume carabinée, qui te zébrait encore la bouche deux heures après la dernière bouchée. Infect. M’zelle Zonzon s’est lavée les dents trois fois avant de se coucher. Un Waterloo gustatif, en somme. Un de plus.
    Pas bon pour le moral.

    Le Dr Slurp songe à la démission.


    Quand tu t’y crois, ben, t’y es pas forcément.

    Snif.
    Adios

    PS : Pour les raisons suscitées, il est possible que ce blog reste un brin amorphe dans les jours qui arrivent. Ne nous en voulez pas. Mieux vaut se la coincer que raconter des immondices.

  • L’étreinte matinale et les crevettes à l’ours

    Coucou!

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    Eloignez les mômes du poste. La gag qui suit suinte d’érotisme.

    Un matin, un monsieur se lève, tout chiffonné de sommeil, puis se dirige, tel le zombie en pyjama, vers la cuisine pour se siffler presto un café.
    Sa femme est justement en train de se préparer des œufs à la coque. Vêtue d’une très brève nuisette couleur chair, elle se retourne vers lui, une flammèche lubrique luisant dans la pupille. «Chéri, s’il te plaît, prends-moi là, sur la table, tout de suite», lui souffle-t-elle, les yeux déjà mi-clos, d’une voix rauque qui en dit long (n’importe quoi).
    L’époux, stupéfait, s’exécute.
    Une fois l’affaire achevée, la dame remet de l’ordre dans son pas-grand-chose de satin et retourne à ses œufs. Son mari, toujours abasourdi, bégaie: «Mais Belette??? Qu’est-ce qu’il t’arrive ce matin???» Sans se retourner, elle répond: «J’ai cassé le minuteur
    Spirituel, n’est-il pas?

    Sans transition et pour l’agrément de vos papilles chatouilleuses, voilà le méli-mélo de crevettes et fèves à l’ail des ours et basilic, la recette light et drôle que t’attendais sans le savoir depuis le jour de ta naissance. Voire avant.

    Pour deux personnes et demi aux appétits notables quoique standards, payez-vous 400 grammes de grosses crevettes crues, six brins d’ail des ours, six brins de basilic, deux branches d’oignon frais et 500 grammes de fèves.

    Ecossez les fèves. Blanchissez deux minutes. Rafraîchissez et dérobez (ce qui signifie extraire la graine de sa gaine, banane). Réservez.

    Décortiquez les crevettes. Rincez. Puis tranchez l’abdomen dans le sens de la longueur, en prenant soin de virer cet intestin jaunâtre si disgracieux.

    Emincez l’ail des ours, l’oignon et le basilic. Zestez un demi-citron. Pressez-le.

    Raidissez quelques minutes les crevettes dans le panier vapeur. Ajoutez les fèves dix secondes, juste pour les réchauffer.

    Avant de touiller le tout avec précaution dedans un très joli plat avec les herbettes, le jus de citron, les zestes émincés et une large rasade d’huile d’olive de haut vol.

    DSC03991.JPGTiens, on vous a débouché une drôle de topette avec ça: l’Ondenc de Bob et Bernie Plageoles à Gaillac, un blanc racé et singulier, intempestif pour tout dire, qui nous rappelle à chaque goulée que le monde bachique est une terra incognita pleine de phénix rieurs.


    Veuillez agréer l’expression de mes sentiments les plus velus


    PS:
    On vous cause de vin blanc et il y a du rosé sur la photo. Oui, c'est du n'importe quoi puissance 16.

    PS2: Oups, c'est le 1er avril aujourd'hui. Vous savez quoi? Les Extraterrestres ont enlevé Sarkozy.