12/12/2011

Idée cadeau: les petits plats super crados

Bien le bonjour, cela faisait une paye, non?

vuis.jpg
La littérature culinaire peut se montrer utile, alléchante, élégante, distrayante même parfois. Mais mordante et cracra jamais. A vrai dire, 99% de cette production-là s’avère radicalement pétrie de bons sentiments. Or, on peut aimer manger et pas nécessairement copiner avec les Bisounours. Tout ça pour présenter l’ouvrage sans doute le plus hilarant et gastronomiquement incorrect jamais publié dedans le cosmos. Il s’agit de La cuisine abominable du journaliste et activiste culinaire Christophe Casazza (Ed. Desinge). Top dég’, je vous dis pas comment.

Vuillemin3.jpg
Il faut dire que pour présenter ce tour d’Asie en «100 recettes incroyables mais vraies», l’auteur s’est adjoint les services d’un illustrateur furieusement dégoûtant: Vuillemin. Le bédéaste s’en donne à cœur joie, avec une série de dessins scato-crado-rigolos à ne pas mettre entre toutes les mains, ni dans toutes les cuisines. Le soir de réveillon, ce machin enrubanné pourrait jeter un froid polaire sous le sapin.
vuillemin.jpg


Le texte et les recettes, eux, décrivent avec gourmandise tous ces plats asiatiques qui paraissent répugnants à nos palais occidentaux. Voilà donc le ragoût de chien au miel, les brochettes de peau de serpent, la salade de méduses, la soupe de cobra, le piment aux punaises de rivière, les cafards grillés ou la cervelle de singe cru. Vous choisissez quoi pour le menu de Noël?

Bien à vous, mes gros loups

22/11/2011

La poutargue, l'Epure et la copine

pout2.jpg


Quand une copine blogueuse fait un bouquin, on est content. Oui.

Quand une copine blogueuse fait un bouquin chez l’Epure, le phénix des éditeurs miam, on est super content.

Quand une copine blogueuse fait un bouquin chez l'Epure sur la poutargue, l’une de ces spécialités méditerranéennes scotchantes qui illumine la cuisine des Slurp, on se roule par terre en poussant des petits gémissements de volupté et en riant aux larmes.
Deux choses très difficiles à faire en même temps.

Vous l’aurez capté: il s’agit d’acheter dare-dare «La Poutargue: dix façons de la préparer» de la sémillante Mayalen Zubillaga.
(Ne serait-ce que pour la salade aux cocos de la page 5. Une tuerie.)

Merci à vous

07/06/2011

Passard en bulles et philo en sauce

Coucou

en_cuisine_avec_passard_planche.jpg
Tiens, après le manger, il faut se vautrer sur un support moelleux et bouquiner dans la quiétude, par exemple en écoutant un live de Motörhead. «Mais que lire?», gémit le lecteur démuni de nourritures imprimées.
Ben, une bédé, par exemple. La bédé et le miam ne forment pas particulièrement un couple actif. Pourtant ces deux-là mériteraient des flirts un brin plus poussés. En témoigne le formidable dernier album de Christophe Blain: «En Cuisine avec Alain Passard» (ed. Gallimard). Le dessinateur a hanté des mois durant les fourneaux du grand chef parisien. Et en revient avec un reportage pétillant en diable, drôle, vif, vrai et intelligent. On y découvre un cuisinier passionné, limite illuminé, amoureux fou des légumes, qui apostrophe sa brigade avec des formules cryptiques genre: «regarde tes équilibres, Monsieur» ou «le gras de cuisse, tu l’as ignoré, Madame». Il y a des recettes avenantes et une balade dans les potagers du chef, des coups de feu fumants et de la création live. On sort de là avec une envie furieuse de filer au marché pour remplir son panier de primeurs. Tant pis pour la sieste.


philo.jpg

Après ça, il s’agit de phosphorer un tantinet. Essayez donc le denier numéro de Philosophie Magazine, dont le dossier central se consacre ce mois-ci au manger sous le nom «Je suis ce que je mange». Philo et slurp, encore un tandem rare. Car si sociologues, anthropologues ou historiens se sont largement intéressés à la table, les philosophes, eux, ne s’y assoient guère. L’un des rares à festoyer demeure l’inévitable Michel Onfray, interviewé dans la revue, forcément. On y picore également une édifiante et historique «métaphysique des tubes digestifs», ainsi qu’un texte passionnant sur la cuisine japonaise, soustractive, face à la cuisine française, additive, via un reportage croisé dans les coulisses de deux restos parisiens. Drôlement bien vu.

Bonne lecture, les bougres et bougresses.

A plouche

29/03/2011

La popote française, chez San-Antonio et au purgatoire


Bien le bonjour, copaingues

Tiens, parce qu’on ne peut pas passer son temps à claper des choses ravissantes en faisant des bruits avec son bec, lisons aujourd’hui. Voilà deux bouquins récents et convaincants, qui causent l’un et l’autre de la cuisine française, en des termes fort différents, il est vrai.


SA-Couv_v012.jpg

Commençons par San Antonio se met à table (L’Epure) de la truculente Blandine Vié, dont on avait déjà croqué avec grand appétit les Testicules (si j’ose). Ce coup-ci, la dame nous a escaladé un Himalaya: l’œuvre canaille de Frédéric Dard. Soit 174 volumes, qu’elle a épluchés à la recherche de toutes les références au miam, à la bouffe, à la tortore. Et Dieu sait si elles grouillent. Voilà donc un wagon de recettes et une cascade de citations. Plus les profils gourmands des héros: le bâfreur Béru qui a «l’œsophage au bord des lèvres», et le gourmet San-Antonio, qui doit à sa maman Félicie «ses plus beaux kilogrammes.» Forcément ça cause blanquette, daube, choucroute, ris de veau, paupiettes. Mais pas que. Il y a aussi du pinard, de la philo gaillarde et de la fesse, bien sûr. Plus en filigrane, une peinture de la France mijotante, flamboyante et mastiquante de l’après-guerre au crépuscule du XXe siècle.


cuisine-peril.jpg

C’est également, mine de rien, le propos du journaliste américain, Michael Steinberger. Lui vient de signer La cuisine française, un chef-d’œuvre en péril (Fayard) sur le thème déjà bien labouré du déclin de l’empire gastronomique tricolore. On a déjà lu mille choses là-dessus. Originalité: Steinberger est un fan et spécialiste de la popote hexagonale. Il la tutoie. Il l’a aimé follement. Il la connaît sous toutes ses garnitures.

Ce n’est donc pas le réquisitoire d’un pamphlétaire en recherche de gloire médiatique, mais le chant nostalgique d’un amant blessé, mais toujours éperdu. La démonstration n’en reste pas moins implacable. Tout y passe. De la fin du calandos au lait cru au triomphe du Mc Do, de la dégringolade qualitative de ces chers produits français à la momification progressive de la haute gastronomie, rendue obsolète par l’ébullition espagnole, anglaise ou nordique. S’enchaînent les récits de repas navrants et les souvenirs de festins homériques, les anecdotes, les faits chiffrés et les interviews de tous les acteurs de la popote française. C’est drôlement bien. Fin, ultra documenté, drôle à l’occasion, bien écrit (les subjonctifs imparfaits pullulent dans le texte comme les calories dans une recette d’Escoffier), jamais vulgaire, calomniateur ou simpliste.
On ne vous raconte pas la fin. On n’est pas comme ça.
Bien à vous

Tchou!

17/02/2011

M.F.K. Fisher: la goûter, la décorer, la vénérer, la regretter (très fort)

Coucou les coquelets


fisher_foto2.jpg
L’autre jour, on farfouillait dans la bibliothèque, à la recherche de la Biographie Sentimentale de l’Huître, le roman de MFK Fisher. On farfouillait, on farfouillait. En vain. Pas de Biographie sentimentale, ni même de Fantôme de Brillat-Savarin, pas plus que de Loup au dîner. MFK Fisher avait déserté l’étagère. Malheur.

On s’est creusé la tête. Il y avait dû avoir un prêt malheureux, un soir de liesse, un soir de ricanements stupides. «Quoi! Tu ne connais pas M.F.K. Fisher!!! Hips. Tiens, lis ça! Hips. Et rends-moi vite les bouquins.» Le fâcheux, la fâcheuse, n’avait jamais ramené les livres. Bien sûr. La bibli était en deuil. Et nous avec. Qui que tu sois, toi l’emprunteur sans visage, surveille ton courrier, surveille ton ombre, surveille le gâteau d’anniversaire de ta nièce. On te retrouvera et la vengeance sera d’une cruauté inouïe.

mfkfisher.jpg
Bon, calmons-nous. C’était un matin de printemps. 1992? 1993? A Paris. On était allé jeter un coup d’œil dans une librairie du Quartier latin consacrée à la gastronomie. Sur la pile des bouquins récents, elle était là. Elle nous dévisageait. Brune, belle comme tout, la pupille lutine et un demi-sourire enjôleur planant sur les lèvres. Mary Frances Kennedy Fisher. Les éditions Anatolia venaient de traduire le Fantôme et la Biographie sentimentale de cette essayiste américaine prolifique et voyageuse, née en 1908 et disparue quelques mois auparavant. Un quart d’heure plus tard, dans un métro bondé, on découvrait la plume aérienne et malicieuse, gourmande et gracieuse, de la dame. Un choc. Un coup de foudre. Une révélation.

Avouons-le, la prose culinaire n’est pas toujours une partie de rigolade. Il y a Montalban. Il y a Colette. Il y a Rouanet. Il y a les grands ancêtres, le gros Brillat et le gros Dumas, qui nous parlent dans une langue qui ne se pratique plus guère de choses que l’on ne cuisine plus guère avec une pompe doctorale qui n’impressionne plus guère.

fisher184.jpg
M.F.K. pétille. Digresse. Badine. Mais jamais ne s’égare. Ou ne pontifie. Chez elle, le manger devient mystique, tendre, drôle, métaphysique. Il faut lire un Loup au dîner, souvenirs de guerre, où elle surfe sur la disette et ondoie dans la pénurie, en proposant des plats pour porte-monnaie vide tout en se remémorant les fastes d'avant-guerre. C'est mutin, touchant et indubitablement bien écrit. Miss Fisher a signé une vingtaine de livres, dont quelques-uns traduits en français. Il y a cinq ans, les éditions Motifs ont réédité Le Fantôme. En farfouillant sur la Toile ou chez le bouquiniste, il doit être possible de trouver tout ça.
Il va falloir s’y résoudre, du reste.
A moins que la crapule sonne à la porte, là, maintenant, avec les livres de M.F.K. à la main et des excuses plein la bouche.

Tchou!

PS:
Ce billet éperdu a été publié initialement et pas plus tard qu’avant-hier dans la Fureur des Vivres, consacré ce mois-ci à la littérature miam. Qu’on se le dise.

23/11/2010

Genève, ses marchés, Dieu et Mèzigue

Coucou les filles,

marches-geneve.jpg

Tenez, demain, si vous passez devant une librairie genevoise, ce qui peut arriver à quasi n'importe qui, ou presque, n'oubliez pas de débourser quelque mitraille pour acquérir Genève et ses marchés (ed. Glénat). Bouquin à vocation locale mais à ambition cosmique, mirifiquement illustré par le pote Olivier Vogelsang et rédigé par mèzigue 1er, d'une plume que l'on dit primesautière.

Bon, je dis ça, je dis rien.

Tchou

PS: Oui, l'autopromo est un genre littéraire exigeant.

PS2: Ben justement: dédicace samedi matin 9h-midi, chez Bruand, Halle de Rive, Genève, Suisse de l'Ouest... ça, c'est fait

 

21/10/2010

Chérie, j’ai helvétisé la bouffe

Bien le bonjour, gourmands bilingues

 

vache.jpg

De part et d’autre de la frontière franco-suisse, le lexique culinaire varie gentiment. Gare aux faux amis et aux vrais traquenards. Tenez par exemple, le Français qui est invité à dîner chez une délicieuse Vaudoise. Ben, il a toutes les chances de passer pour le dernier des mufles. Il était attendu à midi; il se pointe à la nuit tombée. Soit pour le souper. Ah, l’idiot!
Pour la peine, il passera un coup de patte sur l’évier et de panosse sur le sol de la cuisine, avant d’aller poutzer le carnotzet. Le Français, évidemment, il pédale dans la semoule sémantique. C’est que de part et d’autre de la frontière, voire même d’un canton suisse à l’autre, souvent les termes culinaires varient. Bien fol qui s’y fie. Et bonjour le cheni.
Sans même s’intéresser aux spécialités régionales, de la longeole à la cuchaule, ou aux recettes locales, du papet à la rissole, concentrons-nous sur ce petit fossé lexical dans lequel le gourmet peut aisément s’encoubler. A moins bien sûr qu’il prenne soin de dévorer le florilège de dissemblances que voilà.

Et puis non, le gruyère n’a pas de trous.

Dans le panier de fruits

Démarrons avec le cas de la groseille, qui dans le genre casse-tête acidulé se pose là. La petite baie que désignent ainsi les Français devient le raisinet en Suisse où l’on nomme groseille une baie verte plus dodue et velue. Celle que nos voisins appellent la groseille à maquereau, voire le croque-poux. Voyez l’embrouille. Même imbroglio avec notre pruneau, la quetsche en VF, qui dénomme une prune séchée, celle d’Agen, partout ailleurs dans la francophonie.
Ce n’est pas fini. En passant la frontière helvète, le pomélo et le pamplemousse, deux gros agrumes pourtant distincts, changent d’identité en devenant grapefruit l’un et l’autre. Quant aux meurons, que les Genevois aiment tant aller piquer dans les campagnes limitrophes, ce sont des mûres chez nos voisins, même avant de le devenir, mûres.

folklorech071.jpg


Chez le boucher

Ne demandez jamais à un boucher français s’il a un cou de cochon, il pourrait mal le prendre. Pour le mettre à l’aise, parlez-lui plutôt d’échine de porc. Idem pour la palette et le jarret de bœuf, que l’artisan tricolore connaît respectivement sous les noms de paleron et de gîte gîte. Oui, gîte gîte, avec un inexplicable dédoublement qui fait pouffer les touristes. Il y a maints autres chausse-trapes du même genre dans les chambres froides. Retenons simplement que nos vol-au-vent sont leurs bouchées à la reine. Et nos greubons leurs gratons. Ou leurs fritons. Ou leurs grillons.

Une petite soif?

L’avisé Helvète en goguette évitera également de commander cinq décis de perlant, une topette de fendant, une williamine ou un parisien sans kirsch (soit une grenadine) dans un troquet français. Il ne rencontrerait qu’incompréhension goguenarde. Herrmann, notre pote dessinateur, se souvient ainsi d’avoir demandé un «thé froid» à Paris. «Or, on dit un thé glacé. Le serveur m’a fait un thé fumant. Il a ensuite attendu qu’il refroidisse pour me le servir.» On est peu de chose.


cor001.jpg


Dans le placard

On a déjà cité ci-dessus la patte et la panosse, glorieux outils du frénétique poutzage confédéral. Ajoutons le cornet, celui qui sert à transporter ses emplettes, si exotique aux oreilles de France et de Navarre. Les cornets de nos voisins ne sont qu’à piston. Idem pour le cassoton où dorent nos chanterelles ou bolets. C’est un poêlon qu’on utilise outre-Jura. Et pour y cuire des girolles ou des cèpes. Gare toutefois à ne pas laisser l’engin trop longtemps sur le feu, au risque de transformer les champignons en papette, charmant helvétisme qui ne connaît pas d’équivalence en français.

carda.jpg
Traquenards maraîchers

Au rayon primeurs, le brouillard ne se dissipe guère. Certes, il y a le rampon connu ailleurs sous le nom de mâche ou doucette. Fastoche. Même chose avec la dent-de-lion et la carotte rouge, qui deviennent pissenlit et betterave. Enfantin. Mais prenez le colrave, par exemple, que nos amis français appellent chou-rave. Col-rave également nommé chou-pomme. Et chou-rave, qui, sous nos cieux en tout cas, désigne le rutabaga. Vous suivez? Nous, pas vraiment. Résumons. Leur chou-rave est notre colrave. Notre chou-rave est leur rutabaga. Ouf! Et n’oublions pas de plucher ces gentils légumes. Ou de les éplucher selon le côté de la douane où l’on manie l’économe.

A la boulangerie

Dans une pâtisserie française, le Suisse qui demande – plutôt qu’un pain aux raisins et un biscuit à la cuillère – un escargot et une pèlerine a toutes les chances de passer pour un chasseur de gastéropodes égaré. En gros, il a l’air bobet. Surtout s’il exige également un cœur de France (ou palmier). Voire un ballon, soit un petit pain, dont il grignotera illico le crotchon ou quignon. Quant au zwieback, littéralement cuit deux fois, il croustille dans l’Hexagone sous le nom de biscotte. De bis-cotto, cuit deux fois. C’est donc la même chose. Grountch!
Notons enfin qu’il existe de distrayantes disparités au sein même de la Suisse romande. Les Neuchâtelois, en particulier, aiment à embrouiller leurs voisins en appelant leurs tartes des gâteaux. Leurs cakes des biscuits. Leurs biscuits des bonbons. Et leurs bonbons des euh… bonbons.

clip_image001.jpg

29/03/2010

Top chef vs La Veuve

Coucouloucoucou


On adorerait détester Top Chef sur M6. On adorerait marteler que la gastronomie est affaire de convivialité et de partage, et non de compétition et d’exclusion. On adorerait ricaner sur la télé-réalité, qui souille tout ce qu’elle touche avec ses grosses ficelles puantes. On adorerait se ficher de la poire des concurrents qui tremblent et de celles des jurés qui se la pètent.

Mais voilà, ce machin-là nous scotche comme un benêt devant la lucarne tous les lundis. Voilà l’Estèbe qui halète avec les candidats; qui s’amuse des défis vicelards qu’on leur impose; qui s’émerveille du brio des uns et s’inquiète pour le destin des autres. Blousé, l’Estèbe.
veuve.jpegIl faut dire que ce truc-là est drôlement bien fichu dans le genre crapulerie télévisuelle, avec une vraie dramaturgie virevoltante, de vrais personnages qui mouillent le tablier et, surtout, de vrais moments de cuisine in progress.

Bref, on adorerait détester Top Chef sur M6. Or, on adore. Et on déteste adorer. Mais bon, comme chantait l’autre, il y a des choses qui ne se commandent pas.

Cela dit, rien ne nous empêche, une fois la téloche éteinte, de se plonger dans un roman autrement plus profond, émouvant et substantiel que le programme susdécrit. Ça s’appelle La Veuve (ed. Christian Bourgois). C’est le premier roman d’une Canadienne nommée Gil Adamson. A l’aube du XXe siècle, une jeune femme fuit dans le Grand Nord américain. Et rencontre, au gré de sa folle déroute, une galerie de personnages singuliers, cabossés, drôles et touchants. On se croirait un peu dans un vieux Cormac McCarthy, en un brin plus aimable, ou dans un vieux Jim Harrison, en un poil moins ornithologique. C’est rude. C’est épique. C’est addictif. Il y a de l’amour et du sang, des grands espaces et un ragoût de porc-épic, de la verve et du nerf. La Veuve, ça s’appelle. Lisez ce machin. Et bisez-moi.

Tchou !

PS :
Plus de slurperies jusqu’à la Saint Glinglin. C’est Pâques. On s’en va à Rome faire un stage de puériculture douce.


01/02/2010

Des blogs, des canards, des trucs, des machins: les conseils du Dr Slurp

Bien le bonjour, les bipèdes connectés

 

Aujourd’hui, point de recette. Aujourd’hui, point de pinard. Aujourd’hui, le Dr Slurp te refile quelques tuyaux, des adresses, des machins à bouquiner, des trucs à guigner. Gratos. Rien que pour toi. Parce que le Dr Slurp, il a une paroi abdominale grosse comme ça.

 

  • Une revue verte

 

gar.jpg

 

 

«La Garance voyageuse» est une revue française furieusement écolo, qui nous parle avec passion et science de toutes ces choses végétales qui poussent dans les champs et jardins. Le dernier numéro (100% papier recyclé) se penche sur l’histoire des plantes qui se boulottent. Drôlement instructif et pointu. Le dossier démarre par le début, soit avec nos lointains ancêtres chasseurs-cueilleurs et autres agriculteurs primitifs. Avant de rebondir sur la patate des Incas, de dérouler la saga des fruits consommés en Europe ou d’expliciter le CV du «dieu maïs», des sociétés précolombiennes aux corn-flakes du petit dej’. Sans oublier la peu glorieuse histoire de la sélection des blés, ce long chemin vers la fadeur et l’uniformité. Substantiel.

 

  • Une revue bicolore

 

Couv_No-95.jpg

 

Dans la grande et pas toujours respirable famille de la presse œnophile francophone, exigez le «Rouge et le Blanc». Sous son look de fanzine janséniste, voilà un magazine palpitant, sans pub ni reproche, qui depuis plus d’un quart de siècle arpente le vignoble français, et les autres aussi. Quatre numéros par an; une expertise libre et pertinente; une indépendance passionnée. Le No 95 vient de sortir: 44 pages de bonheur bachique. On vient de s’abonner, c’est tout dire.

 

  • Un blog vineux en vidéo

 

 

 

C’est le père Olif qui nous a filé cette adresse. Merci Olif. Cela s’appelle Bu Sur le Web. Et c’est une révélation. On y découvre de brèves vidéos mettant en scène une Québécoise pétillante, Aurélia, qui déguste live une bouteille de vin. Ça pourrait être soporifique. C’est génial. Parfaitement. Elle débouche; elle hume; elle commente avec cet accent si exquis à nos oreilles. Justes et simples, les commentaires; drôles et judicieux, d’une spontanéité rafraîchissante. Sans l’astringent lexique technique ni la pompe sentencieuse qui plombent bien souvent le commentaire œnologique.

Olif, encore lui, s’est empressé de décalquer le concept, avec un indéniable charisme télégénique (clic et clic).

 

 

  • Un blog gourmand en dessin

 


33a.1262603191.jpg

 

Le Genevois d’origine et jurassien d’adoption Guillaume Long est un dessinateur de chouettes bédés autobiographiques. Depuis l’automne dernier, il a ouvert le blog A boire et à manger sur la plate-forme du Monde, où il narre ses aventures et trucs culinaires en dessins. Ben, c’est juste mirobolant. Neuf, drolatique et inspirant. Il faut lire ses expérimentations avec le radis noir. Ou les dix commandements de la raclette. A découvrir fissa.

A tout soudain. les aminches

08/10/2009

Des dames, du vin et mille ans de «buona abuffata»

Bien le bonjour, les cocos bretons

Suffit la pignolette culinaire. Causons littérature, que diable.
Littérature miam et glouglou, s’entend.

delizia.jpg

C’est qu’il y a quelque temps de cela, la copine Scoopette nous a gentiment prêté Delizia! de l’Anglais John Dickie (riez pas, c’est son vrai nom), qui est une histoire gastronomique de l’Italie bien touffue, brossée avec drôlerie et érudition. La copine, ayant l’habitude de griffonner ses livres, on s’est retrouvé avec un exemplaire plein de soulignages et de petits commentaires en marge, ce qui nous a donné la troublante sensation de bouquiner avec les lorgnons de quelqu’un d’autre.
Le dit Dickie parcourt donc mille ans d’histoire savoureuse, en battant en brèche au passage quelques idées préconçues. Non, la splendide popote transalpine ne s’est pas faite en un jour. Hier encore, elle n’était qu’une collection de bricoles régionales sans lien entre elles. Non, elle n’est pas paysanne, mais bien citadine; les villes s’étant toujours octroyées les mets les plus fins et plus beaux produits. De Milan et son risotto à Rome et sa saltimbocca. Du couscous de Palerme au XVIIe siècle à la misérable pizza napolitaine, qui mit un siècle à s’imposer dans le reste du pays. L’auteur nous narre la folle saga de cette «buona abuffata» avec pléthore de digressions, anecdotes et autres aromates sociopolitiques. Ça se lit comme du petit-lait (de bufflonne). Et puis mettre Sophia Loren en couve d’un traité gourmand, c’est toujours une preuve de goût.

liv0284.jpg


Tant qu’on est en librairie, restons-y, avec le bouquin de Ségolène Lefèvre, oui l’historienne de l’alimentation au blog palpitant, qui s’est lancée sur les traces d’un couple méchamment contrarié: la femme et le vin. Un couple qui aura eu toutes les peines du monde à convoler, longtemps bridé par une armada de préjugés machos autant que rédhibitoirement couillons. Dans ce drame-là, on croise quelques figures mythiques – de la Veuve Clicquot à Marie-Thérèse Chappaz – et des silhouettes plus modestes, épouses discrètes, serveuses d’auberge ou semi-mondaines au gosier en pente. Ségolène émaille son topo, savant, lutin autant qu’historique, d’interviews de vigneronnes ou autres professionnelle du vin, qui amènent un feeling sensible et vécu au propos. Vivement conseillé.

«Delizia!: une histoire culinaire de l'Italie» de John Dickie, ed. Buchet-Chastel
«Les femmes et l'amour du vin», Ségolène Lefèvre, ed. Féret

 

A sous peu

NB: Demain, promis, on retourne aux fourneaux avec un machin fumant mais pas fumeux, qui va vous faire écarquiller les papilles. Oui, Madame.

07/05/2009

La sauce délicieuse au vin qui sent mauvais

 

Bien le bonjour,

Recits_sur_assiette_grand.jpg


C’est un petit bouquin collectif qui vient de sortir aux éditions Campiche. Il s’appelle Récits sur assiette et contient 22 textes courts commis par des auteurs romands et réunis par la formidable romancière Corinne Desarzens. Vingt-deux textes donc, tournicotant autour de la cuisine: souvenirs d’enfance, expériences exotiques, rêveries gourmandes. Un saucisson emballé dans le journal. Un python frit. Des pruneaux japonais confits au vinaigre poivré. Et tout ça, quoi.
Bref, là au milieu, il y a un petit quelque chose de votre Dr. Slurp chéri.
Oui, je sais, ça commence à devenir lourd. Après le livre pour mioches corsaires de la semaine passée, revoilà qu’on plastronne en vous exhibant notre pléthorique production littéraire sous le pif.
On entend déjà les commérages désagréables bruisser dans les couloirs de la blogomiam. «Ya Estèbe qui fait encore le mariole à la librairie! Mais il se prend pour qui? Pour l’Amélie Nothomb de la poêle Téfal? Pour le Lignac du Léman
Pliiiiise, ne soyez pas sévères. Il ne s’agit là que d’un malheureux télescopage de calendrier. Et notre contribution à ces Récits sur assiette s’avère d’une modestie majuscule.
D’ailleurs, la voici.

La sauce délicieuse au vin qui sent mauvais

".....Voilà une recette à l’usage des gens qui ont de la bouteille mais toujours pas le cran d’en vider une dans les égouts sous prétexte qu’elle fleure le chien mort.


Il y a (assez) longtemps, nous étions jeunes et simples. L’alcool coulant était la bière. Ou la vodka. Ou je ne sais quoi. Mais le vin n’occupait qu’un strapontin. Puis le vin vint. Nous étions jeunes et simples. Le vin arrosait les repas. N’importe quel vin, dans n’importe quel état. Quel bonheur… Puis le vin changea de statut. On s’y intéressa. On apprit à goûter avant d’engloutir. Les problèmes commencèrent. Que faire des bouteilles un brin bouchonnées, bizarres ou oxydées? On les but, pendant un temps. Nous étions encore jeunes mais déjà plus très simples. Puis tout s’accéléra. Bientôt, on ne put plus avaler un breuvage puant. On dut s’habituer à verser, en fin de soirée, des flacons entiers dans l’évier. Un crève-cœur. Et l’âge n’y fait décidément rien.

Avertissement. L’affaire marche bien avec un rouge souple, un rouge de fruit, un blanc ou un liquoreux. Avec un rouge super tannique, c’est dur. Avec un vin variment über méga liégeux itou.

1- Verser la bouteille malade dans une casserole et porter à petite ébullition. Faut que ça réduise.
2- Aromatiser. Avec du romarin en branche, de la cannelle, un clou de girofle ou deux. Plus deux ou trois choses qui vous inspirent (laurier, thym, cumin, piment…). Faut aussi de la douceur. Sucrer avec du sucre de canne, et ajouter un ou deux carrés de chocolat. Insister si le vin est trop rêche.
3- Laisser réduire jusqu’à la moitié. Ou plus. Ça sent bon dans la cuisine. Filtrer et verser dans un récipient susceptible d’aller au congélateur. Un récipient assez grand, autrement ça perle.
4- Un jour, vous faites une côte de bœuf. Une épaule d’agneau. Un rôti de porc. Et vous vous dîtes "tiens, j’ai ce truc au congélo". Faites décongeler. Puis re-réduisez dans une casserole jusqu’à obtention d’un sirop. Ou presque. Liez d’une grosse noisette de beurre. Et rectifiez le sucre, les épices et l’amer selon humeur. Nappez la viande. Les convives se pâment. Et vous ricanez in petto en repensant à la mirobolante métamorphose du vin malodorant...."

Bien à vous

22/04/2009

Dr Slurp nous a pondu un bouquin pour petits corsaires. T’y crois à ça?

Bien le bonjour,

cover_C&C.jpg

Si vous avez un peu de mitraille en trop dans le porte-monnaie, vous devriez fissa acheter un exemplaire de Corsaires & Casseroles, un petit bouquin top rigolo de cuisine pour mômes qui sort aujourd’hui même.
Vous devriez peut-être même en acheter plusieurs exemplaires. Pour au moins trois raisons...

D’abord, parce qu’il est truffé de chouettes illustrations mitonnées par la copine Hélène, l’Angry Mom.

Ensuite, parce qu’il cache vingt recettes salées pour les mioches, et pour leurs géniteurs aussi. Mais pas des recettes gnagnas, des tartes cuculs et des purées planplans. De vrais plats avec de vrais produits dedans, des épices de là-bas, des textures qui font boum, des saveurs qui bottent en bouche. Faudrait pas prendre les marmots pour des crétins quand même. Ils ont des papilles et des dents. Enfin, la plupart.

cover_C&C.jpgLa troisième raison, c’est quoi déjà? (le mec qui se la joue)

Ah oui, les recettes et textes, c’est mèzigue qui les ai pondus. Avec mes petits doigts manucurés. Parfaitement.

On commande ça chez l’éditrice _ 18 euros ou 24, 50 fr. avec les frais de porc (gag) _ l'éditrice, c'est la copine Lucie Koocook.
Avant d’aller voir le Dr Slurp faire des bêtises et des tartines, bref se couvrir de ridicule, dimanche à l’apéro (17-18h) au Salon du Livre de Genève, sur le stand Payot Jeunesse.
Un vrai scoop que je vous disais hier.

Bye

PS: A la réflexion, vous devriez peut-être en acheter au moins dix exemplaires. De nos jours, on ne sait jamais ce qui peut arriver.

03/03/2009

Les trois conseils de lectures édifiantes du Dr Slurp

Bonsoir, gens de goût

pcpcover.jpg


Les fidèles de Top Slurp le savent pertinemment. Cela fait une paye que la tête de mort avec fourchette et couteau, celle qui vous dévisage là à droite, veille sur ce blog. Depuis une époque où Albator avait encore ses deux yeux et Van Gogh ses deux oreilles. Depuis la préhistoire, quasi.


pcpcover.jpgBref, l’autre jour, on a juré à la fois sauvagement et in peto, en découvrant qu’une jeune artsite brune nous l’avait piqué, notre crâne fétiche. Autant dire qu’on va illico lui lâcher nos avocats au derrière. Ça va saigner. Elle se fait appeler Chloé des Lysses. Elle a appris le piano, tourné dans des films pornos et fait tout plein de photos de groupes de rock. Elle vient de publier un bouquin chic, étrange et coquin baptisé The Pimp Cook Book (ed. Glenat). Un bouquin compilant des recettes de gens célèbres ou pas, le tout illustré par la dite demoiselle d’images un rien interlopes, drôles, gothiques, décalées, SM voire. Il y a des jarretelles sur les gambas et du cuir noir sous le chou-fleur.
On louera au passage cette tentative d’entraîner l’iconographie culinaire sur les terres de l’érotic-fantasy et du rock’n’roll venimeux. De réconcilier résille et papilles, poils et poêles, sucs et fornication, bondage et rognons. Bref, ça nous change du bouc à Lignac et des cupcakes de la voisine.

araki.jpg


ex.jpg

Un autre bouquin, nettement moins culotté, ou moins déculotté, celui-là, c’est Exquis promeneurs de l’érudite Monique Zetlaoui. Qui nous raconte avec une folle intimité la saga historique d’une vingtaine de fruits et légumes orientaux. Des végétaux que l’on tutoie par ici. D’autres que l’on connaît moins, tels le gombo, la corète ou la mloukhiya. C’est écrit d’une plume leste et publié dans l’épatante collection Sindbad (ed. Actes Sud), dont tous les volumes devraient briller dans la bibliothèque de l’honnête gourmet.

 

 

 

i2dw5nf19kh0xeihCkar4Wx4o1_500.jpg


Pour finir, on ira se graisser la pupille sur le site désopilant thisiswhayourefat.com (traduisez, c’estpourçaquetuesgros.com), où je, tu, il, nous pouvons expédier les photos des trucs les plus gras et trashs qui disparaissent dans nos bouches et gonflent nos bidons.
Voilà donc de la charcutaille frite, des kebabs dégoulinants, des sandwichs suintants, des douceurs ventripotentes, des burritos qui baignent et des burgers à dix étages. Méga berk.
Le premier qui envoie une photo de ce blog sur thisiswhyyourefat, on le traîne dare-dare aux Assises.
On en est plus à une procédure près.

i2dw5nf19kcz326vcYP6rLePo1_500.jpg


Bye

22/01/2009

La volaille médiévale et slurp de Maître Chiquart

Bien le bonjour, hurons et vacelles

du fait de cuisine.jpg

On a une nouvelle idole en matière de popote. Depuis trois jours. L’idole, c’est Maître Chiquart.
Chiquart n’a pas de resto urf à Paname, pas d’émission sur M6, ni de chronique dans Elle à Table.
Parce que Chiquart est mort et réduit en poudre depuis bientôt six siècles. Mais quand il frétillait encore, notre maître queux favori dirigeait les cuisines du premier Duc de Savoie, au Château Ripaille à Thonon-les-Bains.
Il était tellement balèze dans son ministère, ledit Chiquart, qu’en 1420, il a même écrit un traité de gastronomie, Du fait de cuisine, récemment retrouvé, traduit, commenté et adapté par deux spécialistes de l’histoire culinaire: les Toulousains Florence Bouas et Frédéric Vivas. Le bouquin (ed. Actes Sud) décrit l’organisation et les recettes pour trois jours de banquet orgiaque autant que médiéval. Et c’est un régal.

DSC01754.JPG

Un régal, avec de vraies surprises dedans. Nul ne l'ignore, la cuisine du Moyen Age a fort mauvaise presse. On la dit fruste, grasse, bête.
Ben, point du tout.
Chez Chiquart, la popote est un art accompli, pensé et délicat. Oui, Monseigneur.
Illustration? On vient de s’inspirer de son «brouet blanc de chapon au vin de Savoie» pour vous mitonner un poulet au gingembre et verjus super parfumé, exaltant et singulier.
Dans cette recette, toi esprit ouvert et agile, tu noteras…
- L’emploi de trois viandes (bouillon de bœuf volaille-lard maigre)
- La liaison à l’amande en poudre
- Le mélange subtil des épices (gingembre-graines de paradis- poivre)
- L’harmonie entre acidité (verjus, vin blanc) et douceur (sucre)
- La quasi-absence de corps gras

Comme quoi, tout ce qu’on a lu sur la bouffe barbare du Moyen Age, c’est des vilains ragots (d’agneau). Ces gens-là s’y entendaient pour faire à becqueter au poil. Enfin, dans la noblesse. Et en fin de période: en 1420, la Renaissance n’est plus très loin.

DSC01760.JPG

Tactique adaptée par mèzigue pour réaliser la poupoule du Duc de Savoie:
Faites dorer un poulet coupé en huit à feu dru dans un peu d’huile d’olive au fond d’une marmite. Sel, poivre. Mouillez à niveau de bouillon de bœuf (six décis environ). Parfumez d’une bonne grosse cuillère de gingembre frais râpé et d’une généreuse pincée de cardamome (les graines de paradis, ou mariguette, prévues par Chiquart ne courent pas les placards).
Laissez glouglouter trois quarts d’heure.
Pendant ce temps, faites griller 150 grammes de lard maigre détaillé en lanières. Essorez et réservez.
Extrayez le poulet à l’écumoire, gardez au chaud. Liez le bouillon avec 100 grammes d’amandes en poudre. Ajoutez un sucre, un demi-verre de blanc savoyard et un demi-verre de verjus. Faites réduire de moitié.
Goûtez. Et rectifiez, jusqu’à ce que votre gosier se pâme. Parsemez de lanières de lard. Puis servez le Seigneur dodu d’abord, les baronets ensuite, en décochant sous cape des clins d’œil grivois aux damoiselles gloussantes.

DSC01756.JPG

Avec ça, il s’agit certes de boire un grand blanc savoyard. Un vin sans âge. Hors normes. Hors modes. Le Marestel 2002 du Sire Dupasquier à Jongieux, outre le nom ad hoc du cépage (l’altesse) offre une larme de sucre ravissante et un bouquet de miel, d’épices douces et d’agrumes confits totalement intempestif. Furieusement charmeur. Et résolument médiéval.
De quoi s’espongier benoistement.

A sous peu, les bidaux

19/06/2008

Le destin des légumes, le patriotisme galopant et l'eau de Mars

958180113.2.jpg

Cocorico

Entre les envolées patriotiques suscitées par l’Euro-Foot et un stress xénophobe ambiant (insufflé par des politiciens crypto-fachos dont on ne citera pas le nom de peur de souiller le clavier), il règne ces temps-ci sous nos latitudes une atmosphère nationaliste, qui refoule dru à nos narines. D’où la lecture rafraîchissante de la récente Fabuleuse histoire des légumes signée de la romancière et journaliste Evelyne Bloch-Dano (ed. Grasset).
Un traité docte, bref et distrayant, relatant la saga de maintes stars du potager et autres oubliés du marché. Des destins édifiants, plein de rebondissements, d'éclipses et de gloires. On découvre surtout dans ce bouquin-là qu'une bonne part de ces légumes que nous avalons tous les jours, ben, ce sont des… métèques. Des immigrés. Des sans-papiers. Des rastaquouères.
Le topinambour, la patate, la tomate, le haricot, l’artichaut sont ainsi nés bien loin de nos nombrils. Bon, il y a des natifs dans le troupeau, comme le chou par exemple. Or le chou est con. Discutez pas, c’est une évidence. Ne dit-on pas bête comme chou? Le seul autochtone du lot, ben, il est nigaud. Faudra y penser avant de brandir ses couleurs nationales.

Cocorico

PS: Rien à voir. Mais la Nasa diffuse désormais des photos prouvant de façon indubitable qu'il y a de l'eau sur Mars. Clic.