12.12.2011

Idée cadeau: les petits plats super crados

Bien le bonjour, cela faisait une paye, non?

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La littérature culinaire peut se montrer utile, alléchante, élégante, distrayante même parfois. Mais mordante et cracra jamais. A vrai dire, 99% de cette production-là s’avère radicalement pétrie de bons sentiments. Or, on peut aimer manger et pas nécessairement copiner avec les Bisounours. Tout ça pour présenter l’ouvrage sans doute le plus hilarant et gastronomiquement incorrect jamais publié dedans le cosmos. Il s’agit de La cuisine abominable du journaliste et activiste culinaire Christophe Casazza (Ed. Desinge). Top dég’, je vous dis pas comment.

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Il faut dire que pour présenter ce tour d’Asie en «100 recettes incroyables mais vraies», l’auteur s’est adjoint les services d’un illustrateur furieusement dégoûtant: Vuillemin. Le bédéaste s’en donne à cœur joie, avec une série de dessins scato-crado-rigolos à ne pas mettre entre toutes les mains, ni dans toutes les cuisines. Le soir de réveillon, ce machin enrubanné pourrait jeter un froid polaire sous le sapin.
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Le texte et les recettes, eux, décrivent avec gourmandise tous ces plats asiatiques qui paraissent répugnants à nos palais occidentaux. Voilà donc le ragoût de chien au miel, les brochettes de peau de serpent, la salade de méduses, la soupe de cobra, le piment aux punaises de rivière, les cafards grillés ou la cervelle de singe cru. Vous choisissez quoi pour le menu de Noël?

Bien à vous, mes gros loups

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22.11.2011

La poutargue, l'Epure et la copine

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Quand une copine blogueuse fait un bouquin, on est content. Oui.

Quand une copine blogueuse fait un bouquin chez l’Epure, le phénix des éditeurs miam, on est super content.

Quand une copine blogueuse fait un bouquin chez l'Epure sur la poutargue, l’une de ces spécialités méditerranéennes scotchantes qui illumine la cuisine des Slurp, on se roule par terre en poussant des petits gémissements de volupté et en riant aux larmes.
Deux choses très difficiles à faire en même temps.

Vous l’aurez capté: il s’agit d’acheter dare-dare «La Poutargue: dix façons de la préparer» de la sémillante Mayalen Zubillaga.
(Ne serait-ce que pour la salade aux cocos de la page 5. Une tuerie.)

Merci à vous

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07.06.2011

Passard en bulles et philo en sauce

Coucou

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Tiens, après le manger, il faut se vautrer sur un support moelleux et bouquiner dans la quiétude, par exemple en écoutant un live de Motörhead. «Mais que lire?», gémit le lecteur démuni de nourritures imprimées.
Ben, une bédé, par exemple. La bédé et le miam ne forment pas particulièrement un couple actif. Pourtant ces deux-là mériteraient des flirts un brin plus poussés. En témoigne le formidable dernier album de Christophe Blain: «En Cuisine avec Alain Passard» (ed. Gallimard). Le dessinateur a hanté des mois durant les fourneaux du grand chef parisien. Et en revient avec un reportage pétillant en diable, drôle, vif, vrai et intelligent. On y découvre un cuisinier passionné, limite illuminé, amoureux fou des légumes, qui apostrophe sa brigade avec des formules cryptiques genre: «regarde tes équilibres, Monsieur» ou «le gras de cuisse, tu l’as ignoré, Madame». Il y a des recettes avenantes et une balade dans les potagers du chef, des coups de feu fumants et de la création live. On sort de là avec une envie furieuse de filer au marché pour remplir son panier de primeurs. Tant pis pour la sieste.


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Après ça, il s’agit de phosphorer un tantinet. Essayez donc le denier numéro de Philosophie Magazine, dont le dossier central se consacre ce mois-ci au manger sous le nom «Je suis ce que je mange». Philo et slurp, encore un tandem rare. Car si sociologues, anthropologues ou historiens se sont largement intéressés à la table, les philosophes, eux, ne s’y assoient guère. L’un des rares à festoyer demeure l’inévitable Michel Onfray, interviewé dans la revue, forcément. On y picore également une édifiante et historique «métaphysique des tubes digestifs», ainsi qu’un texte passionnant sur la cuisine japonaise, soustractive, face à la cuisine française, additive, via un reportage croisé dans les coulisses de deux restos parisiens. Drôlement bien vu.

Bonne lecture, les bougres et bougresses.

A plouche

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29.03.2011

La popote française, chez San-Antonio et au purgatoire


Bien le bonjour, copaingues

Tiens, parce qu’on ne peut pas passer son temps à claper des choses ravissantes en faisant des bruits avec son bec, lisons aujourd’hui. Voilà deux bouquins récents et convaincants, qui causent l’un et l’autre de la cuisine française, en des termes fort différents, il est vrai.


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Commençons par San Antonio se met à table (L’Epure) de la truculente Blandine Vié, dont on avait déjà croqué avec grand appétit les Testicules (si j’ose). Ce coup-ci, la dame nous a escaladé un Himalaya: l’œuvre canaille de Frédéric Dard. Soit 174 volumes, qu’elle a épluchés à la recherche de toutes les références au miam, à la bouffe, à la tortore. Et Dieu sait si elles grouillent. Voilà donc un wagon de recettes et une cascade de citations. Plus les profils gourmands des héros: le bâfreur Béru qui a «l’œsophage au bord des lèvres», et le gourmet San-Antonio, qui doit à sa maman Félicie «ses plus beaux kilogrammes.» Forcément ça cause blanquette, daube, choucroute, ris de veau, paupiettes. Mais pas que. Il y a aussi du pinard, de la philo gaillarde et de la fesse, bien sûr. Plus en filigrane, une peinture de la France mijotante, flamboyante et mastiquante de l’après-guerre au crépuscule du XXe siècle.


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C’est également, mine de rien, le propos du journaliste américain, Michael Steinberger. Lui vient de signer La cuisine française, un chef-d’œuvre en péril (Fayard) sur le thème déjà bien labouré du déclin de l’empire gastronomique tricolore. On a déjà lu mille choses là-dessus. Originalité: Steinberger est un fan et spécialiste de la popote hexagonale. Il la tutoie. Il l’a aimé follement. Il la connaît sous toutes ses garnitures.

Ce n’est donc pas le réquisitoire d’un pamphlétaire en recherche de gloire médiatique, mais le chant nostalgique d’un amant blessé, mais toujours éperdu. La démonstration n’en reste pas moins implacable. Tout y passe. De la fin du calandos au lait cru au triomphe du Mc Do, de la dégringolade qualitative de ces chers produits français à la momification progressive de la haute gastronomie, rendue obsolète par l’ébullition espagnole, anglaise ou nordique. S’enchaînent les récits de repas navrants et les souvenirs de festins homériques, les anecdotes, les faits chiffrés et les interviews de tous les acteurs de la popote française. C’est drôlement bien. Fin, ultra documenté, drôle à l’occasion, bien écrit (les subjonctifs imparfaits pullulent dans le texte comme les calories dans une recette d’Escoffier), jamais vulgaire, calomniateur ou simpliste.
On ne vous raconte pas la fin. On n’est pas comme ça.
Bien à vous

Tchou!

09:33 Publié dans Littérature slurp | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : san-antonio | |  Facebook

17.02.2011

M.F.K. Fisher: la goûter, la décorer, la vénérer, la regretter (très fort)

Coucou les coquelets


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L’autre jour, on farfouillait dans la bibliothèque, à la recherche de la Biographie Sentimentale de l’Huître, le roman de MFK Fisher. On farfouillait, on farfouillait. En vain. Pas de Biographie sentimentale, ni même de Fantôme de Brillat-Savarin, pas plus que de Loup au dîner. MFK Fisher avait déserté l’étagère. Malheur.

On s’est creusé la tête. Il y avait dû avoir un prêt malheureux, un soir de liesse, un soir de ricanements stupides. «Quoi! Tu ne connais pas M.F.K. Fisher!!! Hips. Tiens, lis ça! Hips. Et rends-moi vite les bouquins.» Le fâcheux, la fâcheuse, n’avait jamais ramené les livres. Bien sûr. La bibli était en deuil. Et nous avec. Qui que tu sois, toi l’emprunteur sans visage, surveille ton courrier, surveille ton ombre, surveille le gâteau d’anniversaire de ta nièce. On te retrouvera et la vengeance sera d’une cruauté inouïe.

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Bon, calmons-nous. C’était un matin de printemps. 1992? 1993? A Paris. On était allé jeter un coup d’œil dans une librairie du Quartier latin consacrée à la gastronomie. Sur la pile des bouquins récents, elle était là. Elle nous dévisageait. Brune, belle comme tout, la pupille lutine et un demi-sourire enjôleur planant sur les lèvres. Mary Frances Kennedy Fisher. Les éditions Anatolia venaient de traduire le Fantôme et la Biographie sentimentale de cette essayiste américaine prolifique et voyageuse, née en 1908 et disparue quelques mois auparavant. Un quart d’heure plus tard, dans un métro bondé, on découvrait la plume aérienne et malicieuse, gourmande et gracieuse, de la dame. Un choc. Un coup de foudre. Une révélation.

Avouons-le, la prose culinaire n’est pas toujours une partie de rigolade. Il y a Montalban. Il y a Colette. Il y a Rouanet. Il y a les grands ancêtres, le gros Brillat et le gros Dumas, qui nous parlent dans une langue qui ne se pratique plus guère de choses que l’on ne cuisine plus guère avec une pompe doctorale qui n’impressionne plus guère.

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M.F.K. pétille. Digresse. Badine. Mais jamais ne s’égare. Ou ne pontifie. Chez elle, le manger devient mystique, tendre, drôle, métaphysique. Il faut lire un Loup au dîner, souvenirs de guerre, où elle surfe sur la disette et ondoie dans la pénurie, en proposant des plats pour porte-monnaie vide tout en se remémorant les fastes d'avant-guerre. C'est mutin, touchant et indubitablement bien écrit. Miss Fisher a signé une vingtaine de livres, dont quelques-uns traduits en français. Il y a cinq ans, les éditions Motifs ont réédité Le Fantôme. En farfouillant sur la Toile ou chez le bouquiniste, il doit être possible de trouver tout ça.
Il va falloir s’y résoudre, du reste.
A moins que la crapule sonne à la porte, là, maintenant, avec les livres de M.F.K. à la main et des excuses plein la bouche.

Tchou!

PS:
Ce billet éperdu a été publié initialement et pas plus tard qu’avant-hier dans la Fureur des Vivres, consacré ce mois-ci à la littérature miam. Qu’on se le dise.

09:16 Publié dans Littérature slurp | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mfk fisher | |  Facebook

23.11.2010

Genève, ses marchés, Dieu et Mèzigue

Coucou les filles,

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Tenez, demain, si vous passez devant une librairie genevoise, ce qui peut arriver à quasi n'importe qui, ou presque, n'oubliez pas de débourser quelque mitraille pour acquérir Genève et ses marchés (ed. Glénat). Bouquin à vocation locale mais à ambition cosmique, mirifiquement illustré par le pote Olivier Vogelsang et rédigé par mèzigue 1er, d'une plume que l'on dit primesautière.

Bon, je dis ça, je dis rien.

Tchou

PS: Oui, l'autopromo est un genre littéraire exigeant.

PS2: Ben justement: dédicace samedi matin 9h-midi, chez Bruand, Halle de Rive, Genève, Suisse de l'Ouest... ça, c'est fait

 

10:21 Publié dans Littérature slurp | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marchés de genève | |  Facebook

21.10.2010

Chérie, j’ai helvétisé la bouffe

Bien le bonjour, gourmands bilingues

 

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De part et d’autre de la frontière franco-suisse, le lexique culinaire varie gentiment. Gare aux faux amis et aux vrais traquenards. Tenez par exemple, le Français qui est invité à dîner chez une délicieuse Vaudoise. Ben, il a toutes les chances de passer pour le dernier des mufles. Il était attendu à midi; il se pointe à la nuit tombée. Soit pour le souper. Ah, l’idiot!
Pour la peine, il passera un coup de patte sur l’évier et de panosse sur le sol de la cuisine, avant d’aller poutzer le carnotzet. Le Français, évidemment, il pédale dans la semoule sémantique. C’est que de part et d’autre de la frontière, voire même d’un canton suisse à l’autre, souvent les termes culinaires varient. Bien fol qui s’y fie. Et bonjour le cheni.
Sans même s’intéresser aux spécialités régionales, de la longeole à la cuchaule, ou aux recettes locales, du papet à la rissole, concentrons-nous sur ce petit fossé lexical dans lequel le gourmet peut aisément s’encoubler. A moins bien sûr qu’il prenne soin de dévorer le florilège de dissemblances que voilà.

Et puis non, le gruyère n’a pas de trous.

Dans le panier de fruits

Démarrons avec le cas de la groseille, qui dans le genre casse-tête acidulé se pose là. La petite baie que désignent ainsi les Français devient le raisinet en Suisse où l’on nomme groseille une baie verte plus dodue et velue. Celle que nos voisins appellent la groseille à maquereau, voire le croque-poux. Voyez l’embrouille. Même imbroglio avec notre pruneau, la quetsche en VF, qui dénomme une prune séchée, celle d’Agen, partout ailleurs dans la francophonie.
Ce n’est pas fini. En passant la frontière helvète, le pomélo et le pamplemousse, deux gros agrumes pourtant distincts, changent d’identité en devenant grapefruit l’un et l’autre. Quant aux meurons, que les Genevois aiment tant aller piquer dans les campagnes limitrophes, ce sont des mûres chez nos voisins, même avant de le devenir, mûres.

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Chez le boucher

Ne demandez jamais à un boucher français s’il a un cou de cochon, il pourrait mal le prendre. Pour le mettre à l’aise, parlez-lui plutôt d’échine de porc. Idem pour la palette et le jarret de bœuf, que l’artisan tricolore connaît respectivement sous les noms de paleron et de gîte gîte. Oui, gîte gîte, avec un inexplicable dédoublement qui fait pouffer les touristes. Il y a maints autres chausse-trapes du même genre dans les chambres froides. Retenons simplement que nos vol-au-vent sont leurs bouchées à la reine. Et nos greubons leurs gratons. Ou leurs fritons. Ou leurs grillons.

Une petite soif?

L’avisé Helvète en goguette évitera également de commander cinq décis de perlant, une topette de fendant, une williamine ou un parisien sans kirsch (soit une grenadine) dans un troquet français. Il ne rencontrerait qu’incompréhension goguenarde. Herrmann, notre pote dessinateur, se souvient ainsi d’avoir demandé un «thé froid» à Paris. «Or, on dit un thé glacé. Le serveur m’a fait un thé fumant. Il a ensuite attendu qu’il refroidisse pour me le servir.» On est peu de chose.


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Dans le placard

On a déjà cité ci-dessus la patte et la panosse, glorieux outils du frénétique poutzage confédéral. Ajoutons le cornet, celui qui sert à transporter ses emplettes, si exotique aux oreilles de France et de Navarre. Les cornets de nos voisins ne sont qu’à piston. Idem pour le cassoton où dorent nos chanterelles ou bolets. C’est un poêlon qu’on utilise outre-Jura. Et pour y cuire des girolles ou des cèpes. Gare toutefois à ne pas laisser l’engin trop longtemps sur le feu, au risque de transformer les champignons en papette, charmant helvétisme qui ne connaît pas d’équivalence en français.

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Traquenards maraîchers

Au rayon primeurs, le brouillard ne se dissipe guère. Certes, il y a le rampon connu ailleurs sous le nom de mâche ou doucette. Fastoche. Même chose avec la dent-de-lion et la carotte rouge, qui deviennent pissenlit et betterave. Enfantin. Mais prenez le colrave, par exemple, que nos amis français appellent chou-rave. Col-rave également nommé chou-pomme. Et chou-rave, qui, sous nos cieux en tout cas, désigne le rutabaga. Vous suivez? Nous, pas vraiment. Résumons. Leur chou-rave est notre colrave. Notre chou-rave est leur rutabaga. Ouf! Et n’oublions pas de plucher ces gentils légumes. Ou de les éplucher selon le côté de la douane où l’on manie l’économe.

A la boulangerie

Dans une pâtisserie française, le Suisse qui demande – plutôt qu’un pain aux raisins et un biscuit à la cuillère – un escargot et une pèlerine a toutes les chances de passer pour un chasseur de gastéropodes égaré. En gros, il a l’air bobet. Surtout s’il exige également un cœur de France (ou palmier). Voire un ballon, soit un petit pain, dont il grignotera illico le crotchon ou quignon. Quant au zwieback, littéralement cuit deux fois, il croustille dans l’Hexagone sous le nom de biscotte. De bis-cotto, cuit deux fois. C’est donc la même chose. Grountch!
Notons enfin qu’il existe de distrayantes disparités au sein même de la Suisse romande. Les Neuchâtelois, en particulier, aiment à embrouiller leurs voisins en appelant leurs tartes des gâteaux. Leurs cakes des biscuits. Leurs biscuits des bonbons. Et leurs bonbons des euh… bonbons.

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29.03.2010

Top chef vs La Veuve

Coucouloucoucou


On adorerait détester Top Chef sur M6. On adorerait marteler que la gastronomie est affaire de convivialité et de partage, et non de compétition et d’exclusion. On adorerait ricaner sur la télé-réalité, qui souille tout ce qu’elle touche avec ses grosses ficelles puantes. On adorerait se ficher de la poire des concurrents qui tremblent et de celles des jurés qui se la pètent.

Mais voilà, ce machin-là nous scotche comme un benêt devant la lucarne tous les lundis. Voilà l’Estèbe qui halète avec les candidats; qui s’amuse des défis vicelards qu’on leur impose; qui s’émerveille du brio des uns et s’inquiète pour le destin des autres. Blousé, l’Estèbe.
veuve.jpegIl faut dire que ce truc-là est drôlement bien fichu dans le genre crapulerie télévisuelle, avec une vraie dramaturgie virevoltante, de vrais personnages qui mouillent le tablier et, surtout, de vrais moments de cuisine in progress.

Bref, on adorerait détester Top Chef sur M6. Or, on adore. Et on déteste adorer. Mais bon, comme chantait l’autre, il y a des choses qui ne se commandent pas.

Cela dit, rien ne nous empêche, une fois la téloche éteinte, de se plonger dans un roman autrement plus profond, émouvant et substantiel que le programme susdécrit. Ça s’appelle La Veuve (ed. Christian Bourgois). C’est le premier roman d’une Canadienne nommée Gil Adamson. A l’aube du XXe siècle, une jeune femme fuit dans le Grand Nord américain. Et rencontre, au gré de sa folle déroute, une galerie de personnages singuliers, cabossés, drôles et touchants. On se croirait un peu dans un vieux Cormac McCarthy, en un brin plus aimable, ou dans un vieux Jim Harrison, en un poil moins ornithologique. C’est rude. C’est épique. C’est addictif. Il y a de l’amour et du sang, des grands espaces et un ragoût de porc-épic, de la verve et du nerf. La Veuve, ça s’appelle. Lisez ce machin. Et bisez-moi.

Tchou !

PS :
Plus de slurperies jusqu’à la Saint Glinglin. C’est Pâques. On s’en va à Rome faire un stage de puériculture douce.


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01.02.2010

Des blogs, des canards, des trucs, des machins: les conseils du Dr Slurp

Bien le bonjour, les bipèdes connectés

 

Aujourd’hui, point de recette. Aujourd’hui, point de pinard. Aujourd’hui, le Dr Slurp te refile quelques tuyaux, des adresses, des machins à bouquiner, des trucs à guigner. Gratos. Rien que pour toi. Parce que le Dr Slurp, il a une paroi abdominale grosse comme ça.

 

  • Une revue verte

 

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«La Garance voyageuse» est une revue française furieusement écolo, qui nous parle avec passion et science de toutes ces choses végétales qui poussent dans les champs et jardins. Le dernier numéro (100% papier recyclé) se penche sur l’histoire des plantes qui se boulottent. Drôlement instructif et pointu. Le dossier démarre par le début, soit avec nos lointains ancêtres chasseurs-cueilleurs et autres agriculteurs primitifs. Avant de rebondir sur la patate des Incas, de dérouler la saga des fruits consommés en Europe ou d’expliciter le CV du «dieu maïs», des sociétés précolombiennes aux corn-flakes du petit dej’. Sans oublier la peu glorieuse histoire de la sélection des blés, ce long chemin vers la fadeur et l’uniformité. Substantiel.

 

  • Une revue bicolore

 

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Dans la grande et pas toujours respirable famille de la presse œnophile francophone, exigez le «Rouge et le Blanc». Sous son look de fanzine janséniste, voilà un magazine palpitant, sans pub ni reproche, qui depuis plus d’un quart de siècle arpente le vignoble français, et les autres aussi. Quatre numéros par an; une expertise libre et pertinente; une indépendance passionnée. Le No 95 vient de sortir: 44 pages de bonheur bachique. On vient de s’abonner, c’est tout dire.

 

  • Un blog vineux en vidéo

 

 

 

C’est le père Olif qui nous a filé cette adresse. Merci Olif. Cela s’appelle Bu Sur le Web. Et c’est une révélation. On y découvre de brèves vidéos mettant en scène une Québécoise pétillante, Aurélia, qui déguste live une bouteille de vin. Ça pourrait être soporifique. C’est génial. Parfaitement. Elle débouche; elle hume; elle commente avec cet accent si exquis à nos oreilles. Justes et simples, les commentaires; drôles et judicieux, d’une spontanéité rafraîchissante. Sans l’astringent lexique technique ni la pompe sentencieuse qui plombent bien souvent le commentaire œnologique.

Olif, encore lui, s’est empressé de décalquer le concept, avec un indéniable charisme télégénique (clic et clic).

 

 

  • Un blog gourmand en dessin

 


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Le Genevois d’origine et jurassien d’adoption Guillaume Long est un dessinateur de chouettes bédés autobiographiques. Depuis l’automne dernier, il a ouvert le blog A boire et à manger sur la plate-forme du Monde, où il narre ses aventures et trucs culinaires en dessins. Ben, c’est juste mirobolant. Neuf, drolatique et inspirant. Il faut lire ses expérimentations avec le radis noir. Ou les dix commandements de la raclette. A découvrir fissa.

A tout soudain. les aminches

10:47 Publié dans Littérature slurp | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journaux, revues, blogs | |  Facebook

08.10.2009

Des dames, du vin et mille ans de «buona abuffata»

Bien le bonjour, les cocos bretons

Suffit la pignolette culinaire. Causons littérature, que diable.
Littérature miam et glouglou, s’entend.

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C’est qu’il y a quelque temps de cela, la copine Scoopette nous a gentiment prêté Delizia! de l’Anglais John Dickie (riez pas, c’est son vrai nom), qui est une histoire gastronomique de l’Italie bien touffue, brossée avec drôlerie et érudition. La copine, ayant l’habitude de griffonner ses livres, on s’est retrouvé avec un exemplaire plein de soulignages et de petits commentaires en marge, ce qui nous a donné la troublante sensation de bouquiner avec les lorgnons de quelqu’un d’autre.
Le dit Dickie parcourt donc mille ans d’histoire savoureuse, en battant en brèche au passage quelques idées préconçues. Non, la splendide popote transalpine ne s’est pas faite en un jour. Hier encore, elle n’était qu’une collection de bricoles régionales sans lien entre elles. Non, elle n’est pas paysanne, mais bien citadine; les villes s’étant toujours octroyées les mets les plus fins et plus beaux produits. De Milan et son risotto à Rome et sa saltimbocca. Du couscous de Palerme au XVIIe siècle à la misérable pizza napolitaine, qui mit un siècle à s’imposer dans le reste du pays. L’auteur nous narre la folle saga de cette «buona abuffata» avec pléthore de digressions, anecdotes et autres aromates sociopolitiques. Ça se lit comme du petit-lait (de bufflonne). Et puis mettre Sophia Loren en couve d’un traité gourmand, c’est toujours une preuve de goût.

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Tant qu’on est en librairie, restons-y, avec le bouquin de Ségolène Lefèvre, oui l’historienne de l’alimentation au blog palpitant, qui s’est lancée sur les traces d’un couple méchamment contrarié: la femme et le vin. Un couple qui aura eu toutes les peines du monde à convoler, longtemps bridé par une armada de préjugés machos autant que rédhibitoirement couillons. Dans ce drame-là, on croise quelques figures mythiques – de la Veuve Clicquot à Marie-Thérèse Chappaz – et des silhouettes plus modestes, épouses discrètes, serveuses d’auberge ou semi-mondaines au gosier en pente. Ségolène émaille son topo, savant, lutin autant qu’historique, d’interviews de vigneronnes ou autres professionnelle du vin, qui amènent un feeling sensible et vécu au propos. Vivement conseillé.

«Delizia!: une histoire culinaire de l'Italie» de John Dickie, ed. Buchet-Chastel
«Les femmes et l'amour du vin», Ségolène Lefèvre, ed. Féret

 

A sous peu

NB: Demain, promis, on retourne aux fourneaux avec un machin fumant mais pas fumeux, qui va vous faire écarquiller les papilles. Oui, Madame.

09:28 Publié dans Littérature slurp | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, vin, italie | |  Facebook

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