05.01.2012
On se détoxe avec la très chouette effilochée de racines d’hiver
Tous mes voeux mouillés, les aminches
Si le simple mot foie gras te lézarde le pancréas; si la vue d’une bulle de champagne te tire-bouchonne l’œsophage; si le caquètement d’une brave volaille te vrille la vésicule, et bien, ma sœur, mon frère, c’est que tu as réveillonné trop fort. Et qu’il te faut d’urgence adopter la détox attitude. Soit te nourrir de laitue et d’eau gazeuse pendant six mois. Amen.

On notera au passage que dans cette histoire de diète post-nouba, il est tout autant affaire d’assainissement du corps que de purge de l’âme. C’est que dans notre bonne vieille tribu judéo-chrétienne, la volupté se paye cash. Tu as bâfré comme un goret? Tu as bu comme un évêque? Expie donc maintenant. L’appel du jeûne (parfois qualifié à tort de jeûnisme), c’est donc peut-être moins ton bidon engourdi que ta culpabilité enflammée qui te le lance à la conscience.
C’est profond, ça, non?
Méditons un instant sur les recoins obscurs de l’esprit humain. Puis passons presto en cuisine nous mitonner une détoxerie charmante, soit ces tagliatelles de racines d’hiver vinaigrés au cumin.
Plus light, tu t’envoles.

Pour deux personnes, équipez-vous d’un petit radis noir, deux carottes lambda et d’une racine de persil bien bâtie.
Pelez les légumes. Puis réduisez-les à l’état de longues bandelettes à l’aide d’un économe ou d’une mandoline. Les deux ont leurs adeptes. Le Dr Slurp n’a jamais pu se décider. La chair de la racine de persil, en tout cas, résiste en général à l’un comme à l’autre et s’émince plutôt au couteau.
Tranchez les bandelettes en deux ou trois dans la longueur pour obtenir des lanières évoquant la tagliatelle.
Tambouillez-vous une vinaigrette tonique: huile d’olive + vinaigre de Xérès + trois gouttes de citron + sel + poivre + une mini noisette de wasabi. Goûtez. Il faut que ça détoxe grave.
Dans le panier à vapeur fumant, balancez les carottes. Comptez jusqu’à 30. Puis ajoutez radis noir et racine de persil. Cuisez environ 4 minutes, que les légumes restent gentiment croquants. Essorez, arrosez ensuite de vinaigrette et de graines de cumin.
Puis servez avec des rillettes d’oie, deux trois tartines de saindoux, un confit de canard ou plus, six os à moelle, un hectolitre de bon pinard, et 27 truffes en chocolat.
Détox, quand tu nous tiens…
A tout soudain
13:33 Publié dans Recettes: garnitures et falbalas | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : racine de persil, carottes, radis noir |
|
Facebook
13.12.2011
La cuisine sado-maso et le chou rouge qui s’esclaffe

L’autre jour, mèzigue préparait une béchamel dans la mini cuisine du copain Bernard. Lequel était fort occupé à grattouiller sur sa guitare dans le salon. Soudain, un ustensile majeur vint à manquer. Rivé aux fourneaux, on lui hurla à travers la cloison: «Bernard, t’as un fouet?». «Oui, sous mon lit, à côté des menottes», répondit-il, avec sa malice légendaire. Sacré Bernard. Toujours le mot pour rire.

En garniture, pour quatre gosiers à table...
Réhydratez quelques (disons 22) raisins de Corinthe dans un verre d’eau additionnée d’un trait de vinaigre. Ciselez grossièrement quatre brins de coriandre. Tchik, tchik, tchik.
Pendant ce temps, taillez une pomme en mini cubes. Au bout de 20 minutes donc, ajoutez dans la poêle, pour dix minutes supplémentaires, raisins et dés de pomme. Coiffez enfin de pluches coriandre. Et servez, simplement vêtu d’un bustier de latex.


11:54 Publié dans Recettes: garnitures et falbalas | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : chou rouge, pomme, raisin |
|
Facebook
24.06.2011
L’affaire de la miction colombine et le paillasson glorieux
Hugh, mes soeurs!
L’autre jour, le Dr Slurp, tel un Louison Bobet du XXIe siècle, chevauchait sa bicyclette dans les rues de Genève. Altier, superbe, tout en muscles et en souplesse, il glissait sur le bitume à une allure de 17 nœuds environ. Rien ne semblait pouvoir l’arrêter. Ni les sifflements admiratifs que lui lançaient les filles sur le trottoir. Ni les regards de jalousie que lui décochaient leurs compagnons.
C’est là qu’un pigeon lui a pissé dans l’œil.
Oui, t’as bien lu.
Une crapule de piaf a osé expédier sa misérable urine dans la mirette gauche de mèzigue.
Ça pique. Ça vexe. Ça avilit. Le Dr Slurp en a conçu une aigreur majuscule à l’âme et une rougeur disgracieuse autour du cristallin, qui a considérablement émoussé le charme notoire de son regard minéral.
Du coup, l’héroïque cyclo-randonnée s’est achevée en eau de boudin, avec une espèce de monstre borgne et furax en train de zigzaguer sur son vélo tout en marmonnant des injures à l’intention des volatiles incontinents.
Depuis, bien sûr, on hait les pigeons. Au point même d’envisager une croisade planétaire pour éradiquer ces pisseurs ailés de nos cieux. Sus à l’espèce colombine et à ses mictions infâmes!
Inutile de vous dire que l’on ne mange plus d’oiseau. Boycott complet. Les paillassons de patate et courgette au safran et aux muscats secs, en revanche, ça le fait. Et à donf’.
Tiens, quel hasard formidable, en voilà justement la recette.
Pour deux êtres humains à table:
Dans une jatte, détaillez en toutes minces lanières une courgette et râpez façon rœsti trois patates farineuses genre bintje. Ajoutez un jaune d’œuf et une giclée d’huile d’olive. Hydratez quatre brins de safran dans un tout petit peu d’eau. Hachez grossièrement dix muscats secs. Mélangez le tout. Sel, poivre.
Dans un emporte-pièce de la taille d’un cul de bouteille ou de lutin, moulez vos paillassons en appuyant comme un sourd. Poêlez enfin dans un peu de beurre moussu et à feu pépère, dix bonnes minutes de chaque côté. Faut que ça croustille dehors et que ça fonde dedans.
C’est avec cette chute navrante de banalité que, messieurs dames, l’auteur de ces lignes, la pupille encore rougeoyante, vous tire son chapeau et prend congé sur la pointe des pieds.
Tchou!
09:14 Publié dans Recettes: garnitures et falbalas | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : pomme de terre, courgette, safran, pigeon |
|
Facebook
08.03.2011
La tortilla, les homographes et les trois poules du couvent
Bien le bonjour, les coquelets délurés
Parmi les devoirs de M’Zelle Sonson se cache, deux fois par mois, une dictée drôlement coriace. Dictée qu’on lui dicte et redicte, en pestant in petto sur la sournoiserie de l’orthographe française. Quel idiome tordu! Quelle langue de vipère! Quel champ de bataille lexical farci de mines anti-petit-personnel!Tenez, prenez par exemple ces infects homographes, ces mots qui s’écrivent pareil mais signifient des machins différents.
Quelques exemples carabinés:
Une pouf sur un pouf, c’est ouf.
Ouïe! Mon ouïe part en quenouille.
La chatte chatte (sur un forum de poufs).
Il faut boucher le boucher qui a perdu son punch en buvant trop de punch.
La fondue des fils de Marc fait des fils.
Du coup, Marc picole du marc.
Les trois poules du couvent couvent en riant.
Il est de l’Est, le hamster, et il en est fier, peux-tu t’y fier?
D’un caractère violent, les fils de Marc violent les poules du couvent, et se parent de peau de hamster pour leur parent qui a bu trop de bitter et ne peut plus rien bitter.
Notez le nombre de chausse-trappe dans une phrase à ce point banale. Bon, une dernière pour la route…
La chatte du boucher se tortilla devant la tortilla (au pecorino et ciboule).
Ça, c’était la très habile transition vers la recette du jour.
La tortilla au pecorino et à la ciboule, pour quatre personnes :
Battez au fouet huit œufs avec un déci de lait et une énergie de malade. Faut que ça bulle dru en surface. Ajoutez deux pincées de sel, une tombée de paprika, quatre petites cuillères d’un bon pecorino râpé maison, trois tours de moulin à poivre et deux brins de ciboule émincés.
Touillez.
Faites chauffer mezzo une cuillère à soupe d’huile d’olive dans une poêle. Versez la tortilla. Couvrez. Laissez dorer sept-huit minutes à feu moyen. Quand le dessous de la tortilla vous paraît arborer le teint idoine semble donc prêt au décollage, retournez sur le couvercle, ce qui exige un tour de main démoniaque, puis laissez bronzer l'autre côté quatre minutes de rab sans couvercle.
Servez enfin avec une verdure spirituelle, mais sans homographes.
Adios!
09:38 Publié dans Recettes: garnitures et falbalas | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : tortilla, pecorino |
|
Facebook
20.09.2010
Triologie orientale : des courgettes et des brochettes qui ont le sens de l’houmous
Salamaleïkoum, les potes
Il y a des jours où l’on rêvasse d’ailleurs. Où le quotidien se fait lourdingue comme une bouteille de propane. Où les contemporains lassent. Et la bonne humeur croasse.
Il y a des jours où le moral glisse donc inexorablement en direction des charentaises. Il faisait chaud, on se les gèle (ou on se l’Hegel, pour faire dialectique). Les jours se ratatinent et les charters français se romatisent. Un con de chien a pissé sur ton vélo. Et la Une de Libé avec Bono te fait froid dans le dos.
Tiens, il y a des jours où on serait mieux tout seul dans le désert. Le tutu calé entre les deux bosses d’un chameau débonnaire, qui dodeline bravement. Avec l’haleine brûlante de l’alizé qui te chatouille le pif. Et le panorama indolent des mamelons sableux à perte de vue.
Voyez le tableau, quoi. Genre vieille pub pour les eskimos Gervais.
Evidemment, il faut réagir. Presto. Nouer autour de ses hanches un tablier fantaisie et cuisiner vite fait un miam oriental, qui dépayse gentiment la papille et balaie les idées grises en deux pincées d’épices. Et paf. Voilà des brochettes d’agneau canailles et mentholées à l’orientale, un houmous façon Dr. Slurp et une salade de courgettes acidulées au sumac.
Le souper triologique de Shéhérazade dans ta kitchenette septentrionale, parfaitement.
- Les brochettes express de l’orient
Il faut glisser dans son cabas du filet d’agneau, et des rognons d’agneau itou, que le boucher aura gentiment paré sans carnage. Soit viré le gros de la graisse et ouvrant les rognons façon crapaudine. Ajoutez aux emplettes un bouquet de menthe, un poivron doux genre paprika et un oignon doux.
Pour l’huile de menthe. Dans une petite casserole, amenez au seuil de l’ébullition un demi-déci d’huile d’olive, avec trois feuilles de menthe, une échalote et une demi gousse d’ail, l'une et l'autre épluchées. Retirez du feu et laissez infuser tranquilou.
Pour les brochettes. Taillez le filet en cubes et les rognons en quatre parts égales. Puis plongez le tout dans une jatte. Arrosez avec une partie de l’huile aromatisée, de ras-el-hanout, d’un tour de moulin à poivre et d’un filet de citron. Laissez mariner une heure. Au moins. Puis poubellisez la menthe, l’ail et l’échalote.
Dans une poêle, faites fondre tout doux l’oignon et le poivron, taillés respectivement en rondelles et en petits carrés élégants. Quand ils s’attendrissent, enfilez vos brochettes en alternant oignon, filet, rognon et poivron. Poêlez à feu vif quatre ou cinq minutes. Salez. Et coiffez enfin de pluches de menthe.
- La salade de courgettes byzantine (Pfff… n’importe quoi)
Pelez puis taillez les courgettes en spaghetti, à la mandoline, à l’économe, ou tout autre ustensile idoine qui dormirait au fond du placard. Réservez la partie centrale pleine de pépins. Elle servira pour la purée (miracle d’économie domestique!). Mélangez à quelques olives noires émincées avec une bonne giclée d’huile d’olive, un jus de citron, trois brins de coriandre émincée et quelques éclats de tomates séchées. Parsemez de sumac moulu. Assaisonnez, touillez et goûtez.
- La purée de pois chiches au cumin façon Sinbad
Faites tremper les pois chiche. Un jour. Une nuit. Un jour et une nuit. Une nuit et un jour, voire. Changez l’eau du bain quand vous passez par là. Puis faites cuire les pois chiches dans un grand volume d’eau. Une heure et demie, minimum. Une demi-heure avant la fin, ajoutez les cœurs de courgette (voir ci-dessus, ben oui, banane).
Dans une coupelle, écrabouillez deux gousses d’ail dans un jus de citron. Passez les pois chiches et courgettes au presse-purée, ou au mixeur, ou à la moulinette à Mamie, intégrez l’ail et le citron, liez à l’huile d’olive, assaisonnez puissamment, réchauffez d’un pincée de piment, parfumez de graines de cumin. Goûtez. Et rectifiez jusqu’à l’extase orientale dedans la bouche. Pour faire le malin, coiffez enfin de graines de sésame noir.
Servez tout ça en effectuant une danse du ventre pleine de sensualité et d’athlétisme. Sans oublier de déboucher au préalable une topette d’un gamay top moumoute, épicé et framboisé, ample et coquin, par exemple le Côte de Py du Sieur Foillard à Morgon.
A bintôt, les aminches
NB: Connaissez-vous le Bourgogne favori de Sarko 1er? Non? C'est le Romano-Contue, bien sûr.
11:34 Publié dans Recettes qu'on sait pas où mettre, Recettes: garnitures et falbalas, Recettes: plaisirs carnés | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : agneau, orient, courgette, menthe, houmous |
|
Facebook
07.09.2010
Un tartare de tomates trop couillon pour MasterChef
Bien le bonjour, contemporains avisés
Avant, la cuisine, c’était le partage, les retrouvailles, le plaisir et tout le tintouin. On vous parle d’une période courant grosso modo du paléolithique à la puberté de Cyril Lignac. Avant donc, la cuisine, réunissait. Autour d’une daube, d’un gros risotto moelleux, d’un poulet tandouri (aux larmes). On communiait dans la mastication jubilatoire et dans la déglutition conviviale. Amen.
Ben, maintenant, c’est fini. La cuisine rassemblait; elle exclut. La voilà même qui carbure à la rivalité, à la performance, à la compétition. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à jeter un œil à la cascade d’émissions de télé-réalité tournant autour de la popote. Dans ces Forts Boyard culinaires, le candidat est mis à l’épreuve, chronométré, scruté, jugé, banni. On s’y agite; on y pleure; on y stresse comme un homard devant la marmite bouillante. Avec un but ultime: l’épate (pas les pâtes, banane, l’épate). Il faut que ça brille. Il faut ébahir ses congénères. En mettre plein la vue; les papilles, elles, passent visiblement au second plan.
Rassurez-vous, le Dr Slurp ne s’est pas transformé en censeur passéiste, qui sanglote sur le bon vieux temps en brandissant un index vengeur sous la statue d’Escoffier. Les mœurs changent, voilà tout. D’ailleurs, votre serviteur mate de temps à autre l’une de ces distractions cathodiques; et avec quelque satisfaction à l’occasion.
Mais une chose de sûre, son tartare de tomate à la féta, noix de cajou et olives noires ne passerait jamais la rampe à MasterChef. Trop couillon pour concourir.
Emiettez un bout de féta, mettez-le à mariner avec une grosse lichette d’huile d’olive, quelques gouttes de citron, quelques olives noires hachées menues et trois tours de moulin à poivre.
Ecrabouillez les noix de cajou (grillées et salées); émincez le persil.
Pelez et épépinez une bonne tomate (par bec à nourrir) charnue et mûre, genre Noire de Crimée. Taillez en mini cubes. Pressez au fond d'une passoire afin d'égoutter un max. Puis touillez délicatement avec la féta, l’huile, les olives et le persil. S’il le faut, rectifiez l’assaisonnement d’une pincée de sel et d’un filet de vinaigre.
Moulez en mamelon mignon, en cernant le tartare de miettes de Cajou.
Puis amenez votre assiette devant la téloche. Ya Un dîner presque foiré qui commence.
Tchou
15:14 Publié dans Recettes: garnitures et falbalas | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : tomate, fera, olives, noix |
|
Facebook
03.09.2010
One cèpe beyond!
Coucou, les boletus
L’autre jour, on gambadait en famille sous les grands sapins jurassiens. Manière de s’oxygéner la trachée et de s’aérer le bulbe. Et vlà t’y pas qu’on se retrouve cerné par une armada de cèpes et de chanterelles. Une embuscade mycologique. Les campagnes ne sont plus sûres, ma pauvre dame. La bataille a été terrible. Mais les Estèbe ont gagné. Gnark. Sous leurs gros chapeaux, les champignons ne sont pas si balèzes que ça.
Après, il a bien fallu cuisiner les prisonniers, mais sans brutalité. On connaît la Convention de Genève par cœur.
Les chanterelles, ou girolles d’été, ont fini dans une croquignolette salade de haricots beurre. Elles ont été gentiment brossées, frottées et grattouillées. Avant de passer à la poêle, dans un peu de beurre, avec une échalote hachée et un rien de gingembre râpé. Sel, poivre. Pouf, pouf. Huit minutes, à feu cool. Les haricots, dûment équeutés, ont filé quant à eux dans le panier vapeur. Pas trois plombes. Une dizaine de minutes. Illico rafraîchis sous l’eau claire, ils en sont sortis tous croquants. On a taillé en cube une tomate charnue autant que mure; émincé un bulbe d’oignon frais, puis touillé une vinaigrette au balsamique blanc. Voyez le tableau? Sublime.
Les cèpes ont connu des destins divers, mais flamboyants. Les petits se sont retrouvés carpacciosés. Comme ici, clic. Les moyens se sont fait poêler au beurre. Entiers, ou simplement tranchés en deux, jusqu’à offrir un hâle façon rouquine à la plage. Mirobolant.
Les plus dodus, enfin, ont eu l’insigne honneur d’aller s’alanguir sur une pizza, à la tomate fraîche et aux lanières de jambon cru. Origan. Sel. Poivre. Pâte maison ou pâte de la supérette. Seize minutes à four furax.
Et paf, sous la cravate.
Mes hommages chez vous
PS: Hum… c’est pas avec des billets aussi stupides qu’on va gagner le Champulitzer. Mais bon.
PS2: Tenez les potes, un très bon bouquin, militant et perspicace, sur le triste état du monde vini-viticole en France. Le gâchis écologique, les gourous ripoux, les médailles en chocolat et les picrates en tête de gondole; dans La Face cachée du vin, Lolo Baraou et Monseigneur Septime tirent sur tout ce qui ne bouge pas. En louant au passage 44 vignerons intègres et recommandables. L’éditeur, c’est François Bourrin. Ça vaut 19 euros. Ça fait du bien pas où que ça passe.
11:29 Publié dans Recettes: garnitures et falbalas, Recettes: scroutchs et préliminaires | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : bolets, cèpes, chanterelles, girolles, haricots beurre, pizza |
|
Facebook
30.11.2009
Le hamster sous viagra et le flan de fenouil à la menthe
Coucou, les cochons dingues
Il n’y a pas que des bonnes nouvelles dans le journal ce matin. Hou non. Vivre dans un pays où les gens pètent de trouille et insultent, via les urnes, une communauté qui ne leur à rien fait, voyez-vous, ça plombe le moral. Voire plus. Bref.
Heureusement qu’il y a des news plus gaîtes dans la presse, pour un peu qu’on cherche bien dans les recoins. Par exemple, celle-ci:
«Bien connu pour résoudre les dysfonctionnements érectiles chez l'homme, le Viagra s'est peut-être trouvé une autre fonction. Testé sur des hamsters, la petite pilule bleue pourrait aussi limiter les effets dus au décalage horaire.»
Par quel processus expérimental les scientifiques ont-ils pu en arriver à cette conclusion fascinante? Facile. On imagine qu’ils ont bourré un hamster de Viagra, l’ont expédié en avion vers les Antipodes, avant d’examiner ses réactions à l’arrivée. L’animal, qui aurait dû être tout flagada après ce long voyage, était sans doute excité comme une puce, pelotait l’hôtesse en jetant des plaisanteries libidineuses à la cantonade.
Voilà, le décalage horaire est vaincu. Vive les rongeurs. Vive la science. Vive les hôtesses de l’air.
Et puis, vu que rien n’arrête la marche fabuleuse du progrès humain, tricotons-nous à présent un flan de fenouil bio au parmesan bio et à la menthe bio, garniture bio qui accompagnera vos poissons bio ou viandes bio avec la pétulance d’un hamster bio sous viagra.
Pour quatre petits flans…
Virez les feuilles moches et le cœur coriace d’une paire de fenouils adultes, émincez-les, puis faites les cuire à couvert dans une casserole avec un grand verre de lait. Quand ils s’abandonnent, mixez-les. Vrouuuuum. Assaisonnez.
Dans une jatte, fouettez deux œufs et une cuillère à soupe de crème. Fouettez, fouettez, refouettez. Salez mollo, poivrez. Puis intégrez une grosse cuillère d’un bon parmesan en poudre et un demi-bouquet de menthe ciselée. Touillez. Ajoutez enfin le fenouil. Retouilez.
Répartissez joliment dans quatre ramequins. Faites cuire au bain-marie, un gros quart d’heure, au four préchauffé à 150°.
Puis photographiez, en faisant semblant de ne pas remarquer qu’une bestiole hirsute, un hérisson sous viagra sans doute, s’est glissée dans le cadre.
Tiens, ça me troue l’ozone, des trucs comme ça.
Bien à vous, bonsoir
11:55 Publié dans Recettes: garnitures et falbalas | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : fenouil, menthe, parmesan |
|
Facebook
01.10.2009
Les brochettes de la honte et le gratin de la gloire
Bonjour, gastrolâtres exigeants
De temps en temps, il n’est inutile de rappeler à nos lecteurs adorés l’ennui abyssal que peut susciter la plus chouette des recettes décrite avec les fesses serrées.
Giga narcotique. Total rasant. Tue-la-faim, voire.
Jugez plutôt.
Gratin de patates douces au cumin pour 4 personnes:
- 1 kilo de patates douces
- 1,5 décilitre de crème fraîche
- Cumin, sel, poivre
- Gruyère râpé
Peler et couper les patates douces en fines rondelles. Cuire dans le panier vapeur vingt minutes. Huiler un plat à gratin. Disposer au fond une première couche de patates. Arroser d’un peu de crème, assaisonner, saupoudrer de cumin. Puis recommencer par couches successives. Terminer avec une tombée de crème et de fromage râpé. Enfourner enfin au four préchauffé à 180° pour douze minutes.
Servir aussitôt.
Voilà comment on vitriole, stylistiquement parlant, un gratin de la mort de ta Tante Ursule qui t’emplit le clapet d’une douceur affriolante, tout en jouant les garnitures miraculeuses pour un plat sévèrement carné.
Enfin, on dit ça…
Bien à vous, mes canards dodus
PS: A vrai dire, on a tricoté ce gratin héroïque comme accompagnement de brochettes de faisan au cognac et noisettes; faisan acheté à un tarif intolérable que la pudeur nous interdit de préciser ici. Notre gourmandise nous conduira au Mont-de-piété. Autant dire qu'on plaçait de monstres espoirs dans cette recette-là. Et patatras...
Le volatile avait mariné une aprème entière dans la gnole, un jus de lime et du miel, avec du genièvre, trois clous de girofle, de laurier et on ne sait trop quoi encore. Les brochettes sont allées se faire caraméliser à la poêle, avant de se faire coiffer de noisettes concassées et torréfiées.
Génial sur le papier; top naze en bouche.
Le faisan empestait l’alcool. Horriblement sec et fibreux, il offrait une chair déprimante, d'ordinaire l'apanage de ces pauvres poulets élevés trois jours en batterie soviétique.
Et comme le vin blanc de noble extraction bourguignonne, débouché espècialement pour l’occasion, puait le bois, le soufre et la misère, seul le gratin décrit sus-décrit a sauvé la soirée.
Merci gratin.
PS2: Drôle de post, aujourd'hui. Pas à dire, c'est l'automne.
10:09 Publié dans Recettes: garnitures et falbalas | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : patates douces |
|
Facebook
07.09.2009
Les coulis de tomate de Papi Slurp
Bien le bonjour, les grenouilles mugissantes
Au début, tu marches à quatre pattes. Tu fais des bulles avec ta bouche et toutes sortes de bruits stupides. Tu bouffes aussi tes pièces de Légo. Puis t’apprends la table de 2.
2x1 = 2; 2x2 = 4…
Après, t’écoutes du punk rock. Ou les Bee-Gees. Tu rigoles avec Pat et Fred. Tu bisoutes la Nathalie. T’étudies aussi. Un peu. Puis tu bois ce qui te passe devant le goulot.
Après après, tu prends de la bouteille et t’en vides un peu moins. Tu souscris à une assurance-vie auprès de la BNP. Tu fais 1, 67 enfant. Tu te réveilles tous les matins à 06 h 45 pour aller au bureau gagner de quoi manger du steak et partir aux Flots Bleus cet été. Et puis, tu trouves que la série Lost, c’est vachement bien, quand même.
Après après après, tu dis que Bayrou il n’a pas tort, finalement. Tu t’es remis à faire du vélo, pour garder la forme. T’écoutes de la musique classique le dimanche matin. Tes yeux s'ourlent de pattes d’oie, ta vue baisse, ta peau se plisse comme un palimpseste. Et tu relis Jules Vernes au lit.
Après après après après, tu peines un peu à te mouvoir et à te souvenir du nom des gens. Tu penses de plus en plus souvent à Fred, Pat et Nathalie. Tu racontes toujours les mêmes histoires. Tu regrettes un peu le bureau. Et le steak d’antan aussi, qui n’avait pas le même goût qu’aujourd’hui.
Après après après après après, tu passes de longs moments à regarder un point très précis, là-bas, sur le coteau en face. Un jour, la Mort, en dentelles noires et bustier de latex, sonne à ta porte. Et tu lui ouvres, vaguement soulagé.
Euh… C’est à quel moment que tu t’es mis à congeler des coulis de tomates à la fin de l’été, en vue des rigueurs de l’hiver?
PS1: Le coulis de tomate über couillon de Papi Slurp. Dégottez des tomates bien mûres, voire plus. Pelez, épépinez, virez avec minutie toutes les parties blanches et durailles. Détaillez en petits morceaux, essorez un max dans une passoire en pressant avec votre petite menotte. Puis oubliez dans une marmite dans une larme d’huile d’olive, à petits glouglous, le temps que la flotte disparaisse. Une heure et quelques. Répartissez en petits pots, (sans assaisonner, manière de laisser le champ libre pour les spags des premières neiges). Congelez. Et quand la bise sera venue, ricanez donc devant ces infectes tomates hivernales venues de Hollande en charter.
PS2: Pendant l’opération sus-décrite, il n’est nullement interdit de se siffler quelques verres d’un charmant petit blanc bio et nord-bourguignon: l’aligoté de Monsieur et Madame Goisot par exemple, dont on a retrouvé avec délectation la fraîcheur minérale et le fruité lutin. Quand Papi Slurp se goisote le museau, il cuisine avec des trémolos.
12:20 Publié dans Recettes: garnitures et falbalas | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : coulis de tomate |
|
Facebook


















