04/09/2012

Mon premier n’est pas très malin; mon deuxième n’est pas très malin

Bien le bonjour, les gens

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Ah, ah, bande de petits coquins, vous aimez les charades? En voilà une, drôlement spirituelle et un tantinet familière, qui provoque, d’ordinaire, des gloussements nourris dans les salons.
Bon, allons-y. On se concentre.
Mon premier n’est pas très malin.
Mon deuxième n’est pas très malin.
Mon troisième se dit quand il fait froid (en se frottant l’avant-bras gauche avec la main droite, ou l’inverse).
Mon tout est une plante rampante de la famille des cucurbitacées, cousine donc de la calebasse, du melon ou de la courge, originaire d’Inde, dont le fruit oblong se grignote depuis des siècles. Et même avant.
Votre langue au chat?
Ben, c’est le concombre.
On s’explique (Est-ce vraiment nécessaire? Quelqu’un pourrait-il le faire taire? Il nous prend pour des bonobos?)
Mon premier n’est pas très malin… c’est un con (désolé de dire un gros mot, c’est pour éclairer la charade).
Mon deuxième n’est pas très malin… c’est un con (désolé encore, mais la charade répète ledit gros mot).
Mon troisième se dit quand il fait froid… c’est brrrrr.
Mon tout, c’est donc le con-con-brrrrrr.
Hilarant, non?
Bon, voilà une soupe glacée de concombre apéritive autant que tonique, aux herbettes, radis, gingembre et Pastis. Le genre de truc à avaler quand il fait 40°, ce qui n’arrivera, vu l’état déjà dégénérescent de l’été 2012, pas avant une grosse dizaine de mois.


Pour quatre personnes joueuses.

Pelez un concombre. Mixez-le avec une giclette d’huile d’olive, quatre feuilles de coriandre, quatre feuilles de basilic et quatre feuilles de menthe, une bonne giclée d’huile d’olive, une petite gousse d’ail, un demi-orteil de gingembre frais, un doigt de pastis, une cuillère à soupe de crème fraîche, une pincée de piment, une pincée de sucre, sel et poivre. Mixez donc. Encore et encore, jusqu’à obtention d’un breuvage vert tendre et gentiment fluide. S’il le faut, ajoutez un peu d’eau. Evidemment, il s’agit ensuite de rectifier à mort, selon humeur et affinités. Hop, expédiez au frigo.
Détaillez enfin quelques radis en dés nains, ou en micro rendelles, dont vous saupoudrez chaque bol avant de servir. Racontez la charade. Et riez aimablement avec les convives. Hi, hi, hi, vous alors!

Tchou

27/08/2012

L’étrange manie du Dr Slurp et le monument multicolore italien

Bien le bonjour, les gens

 

tomates mozza

Il y a des gens qui sucrent leurs nouilles et d’autres qui taquinent les mouches.
Il y a des gens qui s’épilent les pavillons auriculaires et d’autres qui dorment en Moonboots.
Le Dr Slurp, lui, pèle ses tomates.
Ben oui. A chacun ses névroses.
Il pèle ses tomates donc, depuis toujours, ou juste avant.
Il pèle ses tomates parce qu’il trouve ça plus voluptueux à manger avec la bouche. Pour beaucoup de ses congénères, cette habitude fait de lui un gentil illuminati. On le raille, on le brocarde, on glousse dans son dos. «Hou, mais qui voilà? Ne serait-ce le peleur de tomate?» Rires.
Mais le Dr Slurp s’entête, pèle, pèle, pèle encore, espérant secrètement que la postérité reconnaîtra une certaine grandeur dans cette obstination ménagère. Ce n’est pas gagné.
Tout ça pour vous dégainer une archiclassique salade tomates-mozza-basilic, monument italien, trop souvent interprété avec nonchalance, voire crapulerie. Combien de fois, au resto, a-t-on vu ce glorieux triptyque saccagé par des ingrédients de basse extraction. Tomates insipides, fromage mastic, basilic oxydé, huile puante. Voyez le vandalisme.


Bref, voilà comment qu’on fait chez les Slurp.
Payez-vous de belles tomates, mûres et charnues, de pleine terre et de toutes les couleurs. Rouges, noires, oranges, vertes. Bleues même, s’il y a.
Payez-vous de la mozza flor di latte, fraîche et fondante.
Payez-vous un bouquet basilic thaï, picotant et entêtant.
Payez-vous une huile d’olive ardente et fruitée, aux nobles arômes végétaux.
Et puis, et puis, et puis… pelez les tomates. Oui. En les ébouillantant. Ou non. Avec un économe spécial ou avec les dents.
Détaillez-les en tranches. Disposez-les sur un plat sans trop les chevaucher, en observant une alternance chromatique propre à flatter les rétines des convives.
Découpez et essorez la mozza sur du papier ménage.
Juste avant le miam, émincez le basilic. Saupoudrez-en le plat. Une grosse pincée de fleur de sel. Une petite pincée de poivre aromatique. Un généreux filet d’huile d’olive. Une pointe de balsamique. Et paf! Réaction à table: «C’est bizarre ces tomates, on dirait que quelqu’un les a… pelées.» Rires. Rideau.

PS1:Oui, ça faisait une paye qu'on avait pas gribouillé dessus le blog. Désolé.

DSC04397.JPGPS2. Il est très bon de boire du vin en mangeant les tomates à la mozza. Oui. La cuvée Uva Arbosiana du Domaine de la Tournelle, par exemple; un poulsard light, pur et joyeux, qui glisse tout seul le long de ton tuyau ravi en y laissant un sillage fruité sexy en diable. Quand Uva, tout va.

12/03/2012

La salade de carciofis à l’orange sanguine et la grande découverte sémantique


Gros poutoux

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Le Dr Slurp, qui jamais ne somnole intellectuellement, a eu récemment une révélation d’ordre sémantique. Oui, Madame.
C’est que bon nombre de verbes actifs conjugués à la première personne du pluriel deviennent des homonymes de bonnes choses à manger. Ça te la coupe, non?
Viiiiite, un exemple.
Prend le verbe rogner, au hasard. Conjugue-le à la première du pluriel. Hi, hi, rognons les rognons. Rebelote avec le verbe cocher: cochons les cochons. Et puis aussi sommons les saumons, meulons les melons, pigeons les pigeons, grattons les grattons, oignons les oignons (ben oui, de l’adorable verbe oindre), poissons les poissons, etc.

On se rend compte au passage de la pauvreté de la langue française, à laquelle manque désespérément des verbes comme champigner, cornicher, pigner, jamber, estraguer, macarer, potimarrer ou citrer.

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Hélas, on ne peut s’amuser de la sorte avec la recette du jour, qui est toutefois drôlement comestible, légère et lutine. Il s’agit de très mignonne salade de mini artichauts primeurs (ou carciofis) à la menthe et à l’orange sanguine. C’est que les carciofis italiens sont de retour au marché, qu’ils sont goûtus en diable, qu’ils annoncent le printemps et que tout le monde il est gentil.

En entrée, comptez trois ou quatre carciofis par bouche à nourrir.
Retirez les feuilles extérieures, moches et coriaces. Tranchez au raz de la queue et coupez la pomme en son milieu, de façon à éliminer toute la partie supérieure des feuilles. Oui, ça fait un gros déchet, comme on dit à Tchernobyl. Coupez enfin ce qui reste en quatre dans le sens de la longueur, en balançant au fur et à mesure dans de l’eau citronnée pour éviter l’oxydation.

Faites cuire les carciofis une dizaine de minutes à la vapeur. Rafraîchissez illico sous l’eau claire. Pelez une ou plusieurs oranges sanguines à vif. Ciselez plein de brins de menthe. Puis disposez le tout dans une très belle assiette, avant de brumiser d’une bonne huile d’olive et d’un filet de citron. Fleur de sel, poivre au moulin. Et slurp, slurp, slurp. Oui, trois fois.

Tiens, une autre fois, on chiquera les chicons.

23/01/2012

Néron le supervilain et la terrine de poireaux aux noix et raifort

Coucou, les gens

neron.jpgL’empereur Néron, 0037-0068, (ben non, banane, ce n’est pas son téléphone, mais ses dates de naissance et de mort); Néron, donc, était une crapule anthologique si l’on en croit la chronique. Il fit empoisonner son frangin Britannicus, ébouillanter son épouse Octavie, éventrer sa propre maman Agrippine. Sans oublier quelques centaines d’autres assassinats plus ou moins raffinés, dont ceux des premiers chrétiens que l’empereur adorait voir brûler vif au crépuscule ou dévorer par des fauves dedans l’arène. A sa décharge, rappelez-vous que la télé n’existait pas à l’époque. Fallait bien se distraire.
Néron, toujours lui, bouta même le feu à Rome et s’en alla jouer de la lyre et pousser la chansonnette sur une colline aux abords de la ville pendant que rôtissait son peuple. Un esthète d’ignominie.

Mais c’est dans l’orgie lubriquissime que le potentat excellait. Les soirées chez Néron, ce n’était pas de la gnognote. Le vin et le stupre y coulaient à flot. Les vulves de truie volaient bas et pleuvaient les poireaux. Oui, les poireaux. C’est que l’empereur les adorait au point d’être surnommé «Le porrophage».

Question: Peut-on blâmer un empereur, si cruel soit-il, qui raffole des poireaux?
Je relève les copies dans deux heures.

Bref, voilà justement une terrine de poireaux aux noix, raifort et chèvre frais qui nous aurait sans doute assuré l’amitié de ce démon de Néron.

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Comptez trois poireaux standards par personne. Virez les feuilles vertes. Tchac! Nettoyez. Puis cuisez à l’eau ou à la vapeur, jusqu’à ce que le légume s’attendrisse (18  minutes dans notre petit panier vapeur à nous).
Essorez à fond, en étreignant les tiges (si j’ose), puis en les laissant bien s’égoutter dans du papier ménage.
Pendant ce temps, touillez du chèvre frais avec une noisette de pâte de raifort, une pincée de piment, sel, poivre et quelques mini-éclats de noix fraîche.
Chemisez une terrine de film alimentaire.
Montez ensuite votre échafaudage en alternant extrémités blanches et vertes, et en tartinant vigoureusement de chèvre entre chaque couche. Est-ce clair? Non? Tant pis.
Pressez vigoureusement le tout. Puis retournez un moment sur le bord de l’évier, pour un dernier essorage. Repliez le film alimentaire. Oubliez enfin la terrine deux jours au frigo avec un machin bien lourd sur la tête. L’annuaire de Mexico, par exemple. Tranchez enfin avec grand soin (l'édifice reste fragile). Puis dégustez avec une vinaigrette à l’huile de noix, quatre tranches de pain grillé, six verres de savagnin et deux amis chers.
Tchou!

21/11/2011

La lutte des classes au fond d’un bol de soupe aux panais et éclats de truffes

Coucou, les gens


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L’autre jour, le Dr Slurp et M’zelle Sonson se baladaient downtown Geneva. Avec un objectif atchement précis: acheter une truffe. C’est que M’zelle Sonson s’est récemment entichée des parfums telluriques et impérieux dudit champignon. Et exige depuis de les renifler régulièrement, de préférence tous les soirs, au dîner, dans son assiette.
Son paternel en a conçu une certaine fierté. Que sa descendance fasse montre de goûts à ce point raffinés, qu’elle préfère la melanosporum au Big Mac, voilà qui le caresse dans le sens du poil gastronomique.

Reste un détail. Le prix du machin. Douloureux, le prix. Voire total ouf. L’autre jour donc, le tandem pousse la porte d’une épicerie de luxe et se met à rêvasser devant deux cloches, respectivement pleines de truffes blanches d’Alba et de truffes noires d’automne, notoirement inodores autant qu’insipides. Avisé, le Dr Slurp se fait peser la plus petite des Piémontaises, à peine plus volumineuse qu’une burne de paon. La dame s’exécute gentiment, pianote sur sa bascule. Et prononce la sentence: 89 francs. QUATRE-VINGT NEUF BALLES!!! POUR UNE MICRO BOULETTE!!!! M’ENFIN!!!! QUI C’EST LA TRUFFE????

On est reparti le plus dignement possible, avec dans la besace une petite boite d’éclats de truffes noires à 28  francs. Et la sensation que la lutte des classes pourrait bien flamboyer encore. Oui, Groucho.


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Le soir même, M’Zelle Sonson engloutissait, ravie, ce velouté de panais aux éclats de truffe noire (à 28 fr. la boîte) dont voilà la recette simplette.
Pelez les panais, coupez en morceaux. Couvrez-les d’eau salée dans une casserole. Portez à ébullition pépère et laisser glouglouter jusqu’à ce que la racine s’abandonne sous la pointe de votre couteau.
Mixez avec l’eau de cuisson. Puis montez votre purée jusqu’à texture onctueuse, en alternant giclées de lait et lichettes de crème fraîche. Assaisonnez. Râpez un poil de muscade. Puis répartissez dans des jolis bols. Coiffez enfin de graines de sésame noir, d’éclats de truffe noire et d’un filet d’huile d’olive. Puis servez en chantonnant l’Internationale, qui est quand même une chanson drôlement bonnarde.

Bien à vous, mein choux

04/11/2011

L'effilochée de haddock et l'anorexie de Tintin

Bien le bonjour

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Non, non, non, bande de bachi-bouzouks. N’allez pas imaginer que c’est le dernier blockbuster de Steven Spielberg qui nous a inspiré cette salade de haddock aux machins exquis qui picotent en bouche. Non, non, non. D’abord, on n’a pas vu le film. Pas encore. Jamais peut-être même. C’est que pour cet idiot de Dr Slurp, un bon Tintin est un Tintin en mouvement. Et donc sur papier. Car jamais Tintin n’est aussi leste, vif et speed que sous le Bic d’Hergé. Quand Tintin s’anime pour de bon, à l’écran donc, ben, il nous devient tout mou. Vous suivez?

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Et puis, on voit mal pourquoi il faudrait causer de Tintin sur un blog à manger. Car on ne mange guère chez Tintin. Ça bâfre dur chez Astérix, ça boulotte dru chez Lucky Luke, ça boustifaille chez les Schtroumpfs, ça boulotte gentiment chez Spirou & Fantasio. Et à Moulinsart ? Ceinture ! Il y a bien un vague casse-dalle au Tibet. Milou pique des saucisses à bord de l’Aurore. Haddock picole ça et là, voire plus. Mais s’éclater pour de vrai à table, se cajoler le burlingue et se câliner la gidouille, jamais de jamais. T’y crois, toi? Hergé a vendu 230 millions d’albums avec des héros qui becquettent que pouic! De quoi classer les aventures du petit reporter au rayon des anorexigènes les plus retors.

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Où qu’on en était ? Ah, oui : l’effilochée de haddock au radis noir, avocat et piment. Soit une petite entrée drolatique et stimulante pour quatre personnes, qui exige un bout de radis noir, un petit piment rouge, un avocat mur (Maitre Vergés par exemple), 120 grammes de haddock (soit l’aiglefin fumé), une branche d’oignon frais, un citron vert et deux branches de persil. Vamos!

Effilochez sans acharnement le haddock, en virant la peau. Taillez un petit bout de radis noir en mini mini cubes. Emincez l’oignon et le piment en fines rondelles. Ciselez le persil. Touillez une vinaigrette généreuse et corsée : huile d’olive + jus de citron + deux gouttes de vinaigre.
Juste avant le miam, détaillez l’avocat en cubes. Dans une jatte, salez, poivrez et mélangez le tout sans faire de carnage. A l’orée d’une soirée chic, on pourra répartir l’effilochée dans des verres à whiskey pour faire urf. A l’orée d’une soirée pas vraiment chic, on pourra s’en abstenir. Jeter le saladier sur la table. Et contempler le spectacle désolant des convives qui se ruent sur le haddock en poussant des jappements d’olibrius.

A pluche

11/10/2011

La double vie de la figue (en carpaccio de chèvre et noix)

Bien le bonjour, les gens

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Tiens causons un peu, si vous le voulez bien, d’un produit indubitablement de saison autant que follement inspirant: la figue. Ce fruit exquis, grignoté par l’homme depuis la nuit des temps, voire un peu avant, n’a pas que des amis. On connaît ainsi une jeune personne qui nourrit une vraie répulsion à son encontre. Et quand on lui en demande la raison, elle a cette réponse fulgurante: «Ce n’est pas que je n’aime pas, mais c’est que ce n’est pas bon.»
Cléopâtre, elle, en raffolait. C’est dans un panier de figues que fut dissimulé le fameux aspic. Celui qui lui administra l’ultime suçon. La reine au pif pointu, qui avait décidé de mourir, en aurait donné l'ordre pour que la bestiole la mordît sans qu'elle le sût (notez l’avalanche de subjonctifs imparfaits, c’est si rare de nos jours).


La figue peut donc se montrer retorse. Sous une physionomie rassurante et bonasse qui peut évoquer, selon les variétés, la burne flétrie de l'extraterrestre ou l’un des deux nénés de la Schtroumpfette, elle cache des entrailles grenues d’un rouge radical, éventuellement embarrassantes. Certains y voient comme une blessure sanguinolente, une autopsie en marche, même. Voire, dans un genre plus souriant, une image de nos propres pulpes intimes. On vous passe les analogies salaces. Les Italiens, à qui rien n’échappe, ont ainsi quasi le même mot pour désigner le frifri des dames et le fruit du figuier. C'est dire.

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Ce long préambule nous ayant filé grave la dalle, vlà une petite entrée rigolote qui donnera à vos soupers des airs de noces antiques. C’est une salade de figues au chèvre et aux noix, d’une simplicité frisant la couillonnerie cosmique.

Rincez puis taillez des figues menues et fermes, si possible blanches et rouges, en rondelles d’environ 6,2 mm d’épaisseur.

Disposez-les ensuite dans un plat. Coiffez-les de copeaux d’un fromage de chèvre un brin sec. Ajoutez quelques pluches de basilic et éclats de cerneaux de noix. Humectez avec largesse d’huile de noix.

Salez à la fleur de sel et poivrez à la sichouanaise. Servez enfin sans faire le malin. Ou pas.

A plutarque

30/08/2011

Hommage à la boutargue, la bombasse de la Méditerranée

Bien le bonjour, chers gens

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Quelque part entre la langue de zombie et la selle de vieux vélo, le look de ce machin-là excite éventuellement les imaginaires malades, mais guère l’appétit. C’est que, traditionnellement, la boutargue s’emmitoufle d’une gangue de cire à la couleur grisâtre un brin déprimante. Mais qu’on se débarrasse de cette vilaine carapace et voilà qu’apparaît une chair compacte et ambrée, au parfum d’embruns méditerranéens. Qu’est-ce? Des œufs de mulets (le poisson, pas l’âne, banane), salés, séchés au soleil et pressés, qui offrent une amertume déchirante autant que flamboyante doublée d’une saveur puissamment marine. Engloutir un copeau de poutargue, c’est s’offrir un plouf dans la Grande Bleue la bouche ouverte et les chakras écarquillés.

La boutargue a deux orthographes et un surnom. Deux orthographes, car les Provençaux la nomment poutargue avec un P. Les lexicographes ont mille théories à ce sujet. Comme d’hab. Passons presto au surnom, «le caviar de la Méditerranée», qui fait référence aux œufs de poisson certes, mais aussi au tarif de la chose. Décourageant, le tarif. Plus de deux cents balles (ou euros) le kilo. Voilà donc un mets de luxe, à mastiquer les yeux mi-clos et les soirs de liesse en écoutant Maxime Le Forestier (facultatif).

Il semble que la boutargue existe depuis belle lurette. Voire plus longtemps encore. Dès l’Antiquité, Romains et Grecs en raffolaient, dit-on. La préparation, probablement d’origine arabe (boutargue viendrait de bitârikha) s’est gentiment répandue dans le pourtour méditerranéen au fil des siècles. De la Sardaigne, où l’on fait aussi une recommandable Bottarga de thon, à Martigues en Provence, où l’on est persuadé d’avoir inventé la chose, via l’Egypte et l’Espagne.

Une chose de sûre: la production de ce truc-là, qui demeure artisanale, exige un grand savoir-faire et d’infinies précautions. Qui a déjà accouché une femelle mulet par césarienne sans déchirer sa poche d’œufs sait de quoi on parle.

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Assez causer. Passons à table. On y va. Au XIXe siècle, la boutargue provençale constituait l’ordinaire des pêcheurs, qui s’en payaient des tranches dès le petit-déjeuner. Vu les cours actuels, cette consommation s’est faite plus parcimonieuse. La doctrine préconise le toast apéritif, coiffé de quelques copeaux, d’un filet d’huile d’olive et de citron. Prévoir un blanc sec de caractère, un coup de Xérès par exemple. Les Sardes, eux, râpent la boutargue sur des pâtes et c’est drôlement bon. Oui Simone.

Quant à mèzigue, ben, il te bricole une salade du tonnerre de Zeus, vaguement pompée à une recette transalpine dégustée naguère dans un aimable bistrot de campagne. C’est la salade de céleri branche et pamplemousse à la boutargue. Salade qu’un copain mastiquant et extatique a récemment taxé de «sublime déclinaison des amers», ce que l’on a pris comme un compliment.

Emincez le céleri branche en fines virgules. Pelez le pamplemousse à vif, puis détaillez en tranches. A l’économe, découpez enfin la boutargue en fines lamelles.

Sur la plus jolie assiette du vaisselier, disposez un lit de pamplemousse, puis parsemez de céleri et poutargue. Arrosez d’huile d’olive, fleur de sel et poivre au moulin.
C’est tout. Tu croques. Et ça claque dedans ta goulette.

poutargue 006.jpgEvidemment, peu de pinards dans le cosmos peuvent résister à cette bombe iodée. Le Dr Slurp te conseille un savagnin oxydatif de chez Stéphane Tissot à Arbois, immense vin blanc avec suffisamment de tempérament pour se faire boutarguer sans bobo.

Le cours s’achève. Quittez la classe sans faire de bruit.

Des bises

PS. La photo tout en haut l’est de l'ami Abensur. Les autres sont signées Dr Slurp, dit l’Helmut Newton de la marmite.

16/08/2011

Les abricots au sérac et le chien top sournois


Bonjour les gens,

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L’autre jour, alors qu’on musardait sur le marché à la recherche de denrées tendres et drôles, un spectacle pitoyable nous a fait bondir d’indignation dedans notre for intérieur. Un marchand avait entassé quelques cagettes de framboises derrière son banc. Et vlà-t-y pas qu’un cabot miteux, à l’air sournois et à la babine flétrie, lève nonchalamment sa patte arrière et… pisse sur les fruits.
Ni vu ni connu. Pisssssss.
Une fois son forfait perpétré, l’infect roquet a continué sa route comme si rien n’était. Quasi en sifflotant.
La crapule sur pattes! Fallait-il prévenir le maraîcher? Rattraper le kleps? Appeler les keufs? Le Dr Slurp a pris son courage à deux mains et regardé ailleurs.
Voyez tout de même à quoi peut mener l’ingestion de cinq fruits et légumes par jour. A l’empoisonnement par miction canine, rien de moins. Ça fait peur. Depuis, évidemment on guigne avec méfiance les fruits qui se pavanent sur les étals. Dieu sait qui les a arrosés. Et quand en plus on tombe sur des abricots à la fois acides et durailles – pauvres choux, ils ont tant manqué de soleil cet été -, notre foi fruitière se lézarde velu.

Question. Que faire d’abricots nuls achetés par mégarde à la supérette? Hein?

Réponse 1. Les laver. Dix fois.

Réponse 2. Un carpaccio d’abricot au sérac et au thym.

Quoi tu ne sais pas ce qu’est le sérac?

Interlude pédagogique. Comme le brocciu corse ou la ricotta italienne, le sérac est un fromage de lactosérum, ou de coagulation secondaire, super maigre mais méga délicat, que l'on rencontre dans les régions alpines (d'âne). Comprenez qu'une fois sa tome pressée, le fromager, au lieu de balancer le petit-lait aux petits-cochons, le chauffe et le coagule à nouveau.
Tu captes?

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Bon, pour mitonner un carpaccio (terme totalement impropre, voire résolument inadéquat) d’abricot au sérac, il faut trancher les abricots en fines lamelles. Oui, après avoir viré le noyau, banane. Les disposer joliment dessus une grande assiette plate et belle comme un top model. Coiffer le tout de dés de sérac bien frais, de thym frais. Oindre le tout d’une bonne huile d’olive fruitée. Fleur de sel, poivre au moulin. Et paf, l’entrée rigolote.
Oubliez l’histoire du chien. Elle est vraie, mais si déprimante.

Tchou!

01/07/2011

Pause estivale, melon cochon et coming out iconographique

Bien le bonjour,

Tiens, revoilà les vacances. Inutile de te dire que le Dr Slurp n’est pas du genre à rôtir stupidement sur les plages océanes en lisant SAS. Ou à jouer les phoques léthargiques au fond d’une piscine en forme de guitare. Non, non, non.
Le Dr Slurp part en stop à Helsinki pour parfaire son finnois médiéval et achever son traité sur la myxomatose du renne. Ça durera un petit mois.
Il ne pouvait toutefois te laisser seul dans la faim et la soif. L’est comme ça, le Dr Slurp. Le cœur gros comme le foie.

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Voilà donc une salade de melon au pata negra, menthe, céleri branche et poivre cubèbe, dont il te reste simplement à imaginer la recette.
Et trois bouteilles de super pinards pour l’été, bon marché autant que gouleyants en diable, dont il te reste simplement à trouver le nom complet, le producteur et la région d’origine. Un jeu d’enfant.


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Quant à cette exquise image vintage, elle constitue notre petit jeu estival. Imagine tout ce qui peut arriver à cette pouffe de volaille avant son arrivée sur la table.


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Les auteurs des meilleures propositions gagneront un renne myxomateux congelé.

Et rappelez-vous: les slurpeurs n'ont rien à perdre que leurs gaines. Ils ont un monde à manger. Slurpeurs de tous les pays, unissez-vous!

Des bises

A après-demain

PS. Cela fait bientôt un siècle que le Dr Slurp transpire sur ce blog… sans avoir une seule fois publié une image avec sa bouille dessus. Trop d’anonymat nuit. En voilà une. Sache qu’elle ne le rajeunit ni ne l’avantage. En vrai, il est 4000 fois plus canon. Boum!

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16/05/2011

Le velouté d’asperges au parmesan (à la mode Sofitel)

Bien le bonjour

L’autre jour, alors que le Dr Slurp méditait - pépère et tout nu - dans sa suite à 3000 francs CFA au Sofitel de Vierzon, il eût comme une envie subite. Une envie d’asperges. Vertes, les asperges. C’est de notoriété publique: le Dr Slurp est un tantinet esclave de ses désirs. Qu’une asperge bien fraîche vienne à lui passer sous le pif, et le voilà prêt à tout pour la croquer. Cet aspect de sa personnalité pourrait certes nuire à sa position de chroniqueur culinaire universellement reconnu.
Mais qu’importe. Il doit écouter ses pulsions, sous peine d’être tout triste.

Or donc, voilà que la femme de chambre débarque dans la suite pour faire un brin de ménage, avec à la main… une botte d’asperges vertes. Quel hasard extraordinaire! Le sang du Dr Slurp ne fait qu’un tour. Dans un élan d’une vélocité invraisemblable et en poussant des cris sauvages, il arrache les précieux bourgeons à la malheureuse. Et va s’enfermer dans la salle de bains, équipée d’un petit réchaud à induction, comme dans tous les palaces à 3000 francs CFA la nuit. Ignorant les pleurs de la jeune femme derrière la porte, le Dr Slurp cuit presto et avale goulûment ses asperges, après avoir sectionné un bon tiers de leurs tiges, susceptible de se montrer duraille sous la dent.

Quel gâchis! La police n’allait pas tarder à débarquer. Et il lui restait ces quinze queues d’asperges. Impossible de les jeter. C’eût été pêché.
Que faire?
Ben, un velouté d’asperges au parmesan, pardi!

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Dans une casserole, couvrez d’eau les bouts d’asperges avec deux petites gousses d’ail juste épluchées et une pincée de sel.
Laissez glouglouter un bon petit moment, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un déci de liquide et que les asperges se montrent bien tendres.
Mixez le tout, avec un verre de lait et une cuillère à soupe de parmesan râpé. Rectifiez.
Servez dans d’adorables petits verres, éventuellement avec quelques chips de jambon de parme.
Puis demandez à une enfant de dessiner la chose, because votre appareil photo est resté dans la pièce à côté, où tous les flics de Vierzon essaient d’enfoncer la porte.
Quittez enfin l’hôtel d’un air dégagé.
Zut, où ais-je mis mon portable ?

Toute ressemblance, bla bla, machin, truc

Tchou!

20/04/2011

Les recettes auxquelles vous avez échappé et le quignon tomaté

Coucou

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On aurait pu te refiler la recette du lièvre à la royale (un très gros lièvre vidé, 3 truffes, 750 g de foie gras d'oie, etc.). On aurait pu te refiler la recette de la timbale à la mantoue d’Antonin Carême (six petits jours de boulot en cuisine, trois crises de nerfs, un suicide éventuel). Ou la recette de la merguez aux truffes, du gratin de queues d’écrevisse à Polo Bokuse, voire des pigeonneaux en demi-deuil de ta belle-mère.

Mais non.

Aujourd’hui, frottons-nous à un classique indémodable. Une évidence catalane et gustativement ravissante. J’ai nommé… le pain à la tomate. Tût tût.

Avisez un bout de pain qui sèche bêtement dans sa panière. Découpez-y six tranches, ou plus, ou moins. Et gardez le reste pour nourrir les canards chipeau. Z’ont les crocs, les chipeaux.
Avisez deux tomates qui végètent bêtement au fond du frigo. Elles n’ont d’ailleurs rien à ficher là, ces deux machines. Ce n’est pas la saison de la tomate, ni la fête du slip d’ailleurs.
Extrayez puis ciselez trois feuilles de basilic du bouquet en pot qui trône fièrement sur votre balcon. Tiens, faudrait peut-être songer la laver les vitres. On voit que pouic à travers tellement sont crades.
Sortez du placard une bonne huile d’olive italienne, un poil ardente, acquise un soir de liesse dans une épicerie transalpine aux tarifs himalayens.
Toastez le pain. Frottez la tomate dessus. Un filet d’huile d’olive. Une pincée de fleur de sel. Un tour de moulin à poivre. Le basilic par-dessus. Et paf.

Certains aillent le pain. Nous point.

Ce plat prodigieux se croque en priant la Vierge avec _ pourquoi pas_  quelques tranches de pata negra. Et de gigantesque lampées d’un gamay mûr et tonique, vendu à prix câlin. Çui-ci, par exemple.

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Tchou!

PS: La trêve pascale pointant son pif, ce blog se mure dans un silence religieux autant que chocolaté pendant quelques jours. Son auteur s’en va pêcher le lion de mer dans le lac Pissols. Bon Jésus et gros lapin à tous.

15/03/2011

Le fabuleux cresson, la regrettée Edith et la truite boudinée


Bien le bonjour, amigas, amigos

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Le cresson est une petite verdure à la saveur picotante et persistante qui te laisse la papille toute chose.

Le cresson même que c’est drôlement bon pour ce que tu as.

Le cresson, toujours lui, s’avale depuis la nuit des temps. Parfaitement. Les Perses d’antan, dit-on, s’en faisaient des tartines avant d’aller charcuter leurs adversaires sur les champs de bataille. Quant aux pucelles d’Albion, elles semaient, le 24 mars, une ligne de cresson et une ligne de laitue pour connaître le caractère de leur futur époux. Gentil et benêt si la laitue poussait la première; velu et brutal si c’est le cresson qui venait à se pointer. A quoi ça tient...

Cresson,
c’est aussi le nom de famille de la seule dame à avoir été premier ministre dans le royaume de France depuis sa préhistoire. Une sacrée bonne femme, l’Edith. Victime expiatoire de la déculottée du PS aux municipales de 92 et punching-ball préféré des gros machos de la République (et Dieu sait s’ils grouillent), elle restera aussi comme le locataire de Matignon au mandat le plus bref. Dix mois.

Nous autres chez les Slurp, on la regrette parfois. Souvent, même.

On lui dédie bien sûr nos roulades de truite fumée au cresson, petite entrée tonique et lutine pour soupers fin entre gens de goût.

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DSC03998.JPGPayez-vous de tous fins filets de truite, bio siouplait. Plus diverses autres choses que vous découvrirez en lisant ce qui suit.

Faites cuire al dente une carotte à la vapeur. Détaillez en tous petits dés.

Lavez quelques branches de cresson. Equeutez et émincez mini. Dans une jatte, touillez avec la carotte, une cuillère de petites câpres, trois cornichons en lamelles, une échalote hachée, un filet d’huile d’olive et un filet de citron. Salez, poivrez molo.

Ecrabouillez
quelques pistaches. Rôtissez presto à la poêle. Ajoutez à la mixture. Goûtez. Rectifiez.

Puis étalez les filets de truite par paire ou trio sur du film alimentaire, en les chevauchant un brin, de manière à obtenir un rectangle à peu près satisfaisant. A l’extrémité dudit rectangle disposez un petit boudin de farce au cresson. Puis roulez délicatement la truite sur elle-même dans le film, façon saucisson. Serrez bien. Liez les extrémités. Puis recommencez l’opération avec le reste des filets. Expédiez le tout au frigo.

DSC03994.JPGA l’heure du miam, découpez en tronçons mignons, puis virez le film alimentaire qui manque passablement d’intérêt gustatif.

Faites valser enfin bouchon du mirobolant, ciselé et jouissif Saint-Bris 2009 d’Alice et Olivier De Moor, producteurs naturels et bourguignons, que nous sommes quelques-unes à considérer comme les plus grands vignerons de ce millénaire qui vagit.
Oui.

Tchou

04/03/2011

La pseudo-pissaladière de sardines et autres crudités rigolotes

Salud, amigos


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Ça aurait dû être une recette méga pronto de chez pronto. Une recette à la va-comme-je-t’y-pousse-dans-le-four. Une recette branchouille à deux balles, comme dans les magazines pour les dames, que tu te bricoles en trois minutes d’une main en te repoudrant le museau de l’autre.
Ben non.
Tout ça à cause du pote Jenny. Qui est un artisan notoire et scrupuleux. L’autre jour, on te dégaine une recette avec de la pâte feuilletée de supérette. Pof: Jenny s’énerve tout rouge. Sur le thème: «Au diable les saloperies industrielles! C’est plein de trucs cancérigènes. C’est dégueu. Viens donc acheter ta pâte chez les honnêtes boulangers de quartier». Et il avait raison, le bougre, bien sûr.

Voilà pourquoi la préparation de notre très couillonne mais slurpissime pseudo-pissaladière de sardines et crudités rigolotes vous occupera la moitié d’un jour de congés.



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Le topo, et par étapes, SVP.

Pour acheter une pâte feuilletée artisanale
, commencez par traverser la ville aux heures de pointe. Bravez les frimas, la mauvaise humeur policière, la petite délinquance galopante, le grand banditisme embusqué, la pollution atmosphérique et les scories de caniches diarrhéiques. Sans parler des aînés irascibles, des bébés braillards et des klaxons débiles. Traversez la ville donc, puis rentrez chez vous avec la pâte sous le bras. Ou l’inverse.

Abaissez votre trésor au rouleau. Parsemez de graines de sésame, poivrez. Repassez un coup de rouleau. Puis découpez en rectangles de 11,5 sur 3,4cm. Badigeonnez de jaune d’œuf battu. Et enfournez à 180°, une dizaine de minutes, en écrabouillant une ou deux fois la pâte en cours de cuisson, pour éviter qu’elle ne gonflâsse démesurément.

Pendant ce temps, lavez et émincez un bouquet de cerfeuil et quelques olives noires. Taillez trois radis et deux branches d’oignon frais en fines lamelles. Et égouttez une boîte de sardines de belle origine (Belle-îloise, Quiberonnaise ou tout autre phénix de la conserverie océane).
Le final? Héroïque. Coiffez chaque tartelette de radis, cerfeuil olive et oignon; une discrète giclée d’huile d’olive, une sardine, trois cristaux de fleur de sel et l’addition.

Grignotez ça en racontant à tout le monde que cette pâte exquise, ben, c’est vous qui l’avez faite de vos mimines.
Car jamais mensonge ne nuit.

Tchou!

10/02/2011

Le hareng, l’orange et le fenouil (poil à la nouille)

Coucou, le gens


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Les lecteurs fidèles de ce torchon hirsute qu’est le blog Top Slurp auront noté qu’il n’y est jamais question de saumon. On n’est pas fan. Ou plus trop. C’est que sous ce nom générique se cache une flopée de variétés aux saveurs très discutables.
Il y a le saumon de piété qui ne vaut pas un clou.
Le saumon de Vénus qui rend fou.
Le saumon Canigou qui fait ronron.
Et puis le saumon beausapin qui n’est plus de saison.

Du coup, chez le poissonnier où l’on traînassait l’autre jour, on s’est payé du… hareng. Fumé. En filets. De la Baltique. Du hareng, oui.
Après ça, on a échafaudé une salade étrange, voire top frappadingue, vaguement inspirée d’une recette italienne dégustée naguère.
Voilà les lanières de hareng au fenouil et orange
. Tût, tût.

DSC03950.JPGVirez le cœur coriace d’un bulbe de fenouil. Emincez. Pochez trois minutes et rafraîchissez illico sous l’eau fraîche. Puis assaisonnez et arrosez d’une bonne huile d’olive. Réservez.
Pelez une orange douce et détaillez en minces tranches rondes.
Taillez les filets de hareng en lanières. Arrosez d’une bonne huile d’olive. Poivrez. Réservez.
Pile-poil à l’heure du miam, réunissez le tout dedans le plus beau des saladiers, puis dévorez dare-dare avec quelques aventuriers de la papille. Plus un grand verre de la cuvée Billes de Roches du Clos Melaric, un Saumur classe et gourmand, tamisé d’une larme de douceur mais tendu d’une acidité tonique (ta mère).

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Tchou!