16/08/2011

Les abricots au sérac et le chien top sournois


Bonjour les gens,

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L’autre jour, alors qu’on musardait sur le marché à la recherche de denrées tendres et drôles, un spectacle pitoyable nous a fait bondir d’indignation dedans notre for intérieur. Un marchand avait entassé quelques cagettes de framboises derrière son banc. Et vlà-t-y pas qu’un cabot miteux, à l’air sournois et à la babine flétrie, lève nonchalamment sa patte arrière et… pisse sur les fruits.
Ni vu ni connu. Pisssssss.
Une fois son forfait perpétré, l’infect roquet a continué sa route comme si rien n’était. Quasi en sifflotant.
La crapule sur pattes! Fallait-il prévenir le maraîcher? Rattraper le kleps? Appeler les keufs? Le Dr Slurp a pris son courage à deux mains et regardé ailleurs.
Voyez tout de même à quoi peut mener l’ingestion de cinq fruits et légumes par jour. A l’empoisonnement par miction canine, rien de moins. Ça fait peur. Depuis, évidemment on guigne avec méfiance les fruits qui se pavanent sur les étals. Dieu sait qui les a arrosés. Et quand en plus on tombe sur des abricots à la fois acides et durailles – pauvres choux, ils ont tant manqué de soleil cet été -, notre foi fruitière se lézarde velu.

Question. Que faire d’abricots nuls achetés par mégarde à la supérette? Hein?

Réponse 1. Les laver. Dix fois.

Réponse 2. Un carpaccio d’abricot au sérac et au thym.

Quoi tu ne sais pas ce qu’est le sérac?

Interlude pédagogique. Comme le brocciu corse ou la ricotta italienne, le sérac est un fromage de lactosérum, ou de coagulation secondaire, super maigre mais méga délicat, que l'on rencontre dans les régions alpines (d'âne). Comprenez qu'une fois sa tome pressée, le fromager, au lieu de balancer le petit-lait aux petits-cochons, le chauffe et le coagule à nouveau.
Tu captes?

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Bon, pour mitonner un carpaccio (terme totalement impropre, voire résolument inadéquat) d’abricot au sérac, il faut trancher les abricots en fines lamelles. Oui, après avoir viré le noyau, banane. Les disposer joliment dessus une grande assiette plate et belle comme un top model. Coiffer le tout de dés de sérac bien frais, de thym frais. Oindre le tout d’une bonne huile d’olive fruitée. Fleur de sel, poivre au moulin. Et paf, l’entrée rigolote.
Oubliez l’histoire du chien. Elle est vraie, mais si déprimante.

Tchou!

24/08/2009

Rompre le ramadan avec les boulettes d’Alexandrie à la sauce abricotée

 

 

 

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Salam, les jolis aminches


Depuis samedi dernier à l’aube, nos potes musulmans font ceinture. C’est reparti pour un mois de ramadan. Pas boire. Pas manger. Pas fumer. Pas faire de krakou avec la voisine Jasmina. Ceinture donc. Mais de l’aube au crépuscule, seulement. Dès que le soleil s’en va au dodo, la rigolade redémarre. Doucement, notez. Car le jeûne se rompt sans hâte, avec un verre de lait et quelques dattes d’abord, une soussoupe ensuite, manière de pas chambouler ce bidon tout vide. A partir de là, le gueuleton peut s’étaler jusqu’à tard dans la nuit, dans le partage et la convivialité, avec plein de recettes rituelles, qui varient à l’infini du Maghreb au Pakistan et dont le slurpisme nous fait parfois regretter notre impiété congénitale.
Notez que rien ne nous empêche, nous autres mécréants à poil roux et pupille vitreuse, de nous mitonner, puis de mastiquer le soir venu, une joyeuse spécialité orientale. Par exemple ces koftas d’Alexandrie et leur sauce abricotée, adaptation d’un classique égyptien découvert naguère dans un roman dont on a oublié le nom. Mais pas la recette. Nyark.

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Pour les boulettes et deux gulus à table,
il vous faut 350 grammes d’agneau haché par le boucher moustachu, un bulbe d’oignon nouveau, un demi-bouquet de coriandre, des pignons, un œuf et un rien de piment.
Pour la sauce aux abricots et toujours les deux mêmes gulus à table, prévoyez 100 grammes d’abricots secs, deux gousses d’ail, 1,5 déci de bouillon de volaille, de la coriandre en poudre et voilà.

Dans une jatte, en chantonnant un vieux morceau de Cat Stevens, touillez la viande avec six brins de coriandre hachée, l’œuf, l’oignon émincé menu, sel, poivre et piment. Dans vos mimines habiles, moulez ensuite des boulettes de la taille d’une burne de bonobo. Glissez-y un pignon. Et faites dorer sous toutes les coutures, huit-dix minutes à feu mezzo (ou mezze), dans une noisette de beurre.

La sauce? Fastoche. Faites tremper une heure les abricots dans de l’eau tiède. Puis mixez-les avec la coriandre en poudre, une bonne giclée d’huile d’olive et l’ail. Intégrez progressivement le bouillon, jusqu’à texture inspirante. Une pincée de sucre, s’il le faut. Sel, poivre. Et faites chauffer tout doux quelques minutes.

Il faut un gros mamelon de couscous avec ça. Et, si votre religion vous le permet, un bon coup de rouge. Lequel? Aucune idée. Ben oui. Voyez-vous, il y a des jours où nos neurones font le jeûne.

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Assalamou Alaykoum, les potes

NB1 : Un bon bouquin de recettes récent : «Saveurs et couleurs, les cuisines du ramadan à travers le monde» d’Hind Caidi, chez Albin Michel. Drôlement alléchant.

NB2
: Le dicton du jour: les petits crus font les grandes cuites. C’est élégant. Et si pertinent.