20/01/2011

Spécial dédicace aux copains de Tunis: le lham lahlou tout doux

Hey, ils ont viré leur dictateur, t’y crois toi?
Yipiiii! Vive eux!
Hey, ils ont récupéré le droit de causer, de persifler, de respirer, t’y crois toi?
Yipiiii! Vive eux!
Hey, Alliot-Marie voulait envoyer ses flics pour les tabasser, t’y crois toi?
Hou, la grosse nouille!

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Tellement qu’on était content pour les potes tunisiens qu’on t’a bricolé leur lham lahlou, comprenez un tajine d’agneau sucré aux fruits secs. Une recette de fête, une recette toute douce, car la victoire l’est aussi. Poil au Ben Ali.

Pour quatre gosiers autour de la table...
Faites tremper huit pruneaux dénoyautés, huit abricots secs émincés et 21 raisins de Corinthe dans un très grand verre d’eau.

Emincez
une grosse échalote. Découpez en cubes 600 grammes d’épaule d’agneau. Dans une grosse noisette de beurre, faites revenir agneau et échalote au fond d’une cocotte. Ajoutez une large tombée de cannelle et trois cuillères à café de sucre en poudre. Salez, poivrez, pimentez mezzo.

Touillez
l’ensemble à feu nourri, jusqu’au seuil de la caramélisation. Mouillez alors avec un verre d’eau de fleur d’oranger. Ajoutez le jus d’un demi-citron et un peu d’eau tout court s’il le faut. Couvrez. Laissez glouglouter une demi-heure.

Rôtissez sans matière grasse quelques amandes à la poêle et détaillez une pomme en quartiers.

zazous_a_zanzibar.jpgQuand la viande est tendre, ajoutez les fruits secs. Dix minutes. Goûtez, rectifiez. Ajoutez les pommes. Cinq minutes. Puis les amandes au moment du miam.

On avale ça avec bonne humeur, du couscous, trois copines et une grosse lampée du «Zazous à Zanzibar» du Domaine Zelige-Caravent, rouge solaire à la chair pleine et au fruité exubérant, un poil baroque voire. Sans oublier de trinquer au grand soir tunisien.

Tchou, les gens

20/09/2010

Triologie orientale : des courgettes et des brochettes qui ont le sens de l’houmous

Salamaleïkoum, les potes


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412.jpgIl y a des jours où l’on rêvasse d’ailleurs. Où le quotidien se fait lourdingue comme une bouteille de propane. Où les contemporains lassent. Et la bonne humeur croasse.
Il y a des jours où le moral glisse donc inexorablement en direction des charentaises. Il faisait chaud, on se les gèle (ou on se l’Hegel, pour faire dialectique). Les jours se ratatinent et les charters français se romatisent. Un con de chien a pissé sur ton vélo. Et la Une de Libé avec Bono te fait froid dans le dos.
Tiens, il y a des jours où on serait mieux tout seul dans le désert. Le tutu calé entre les deux bosses d’un chameau débonnaire, qui dodeline bravement. Avec l’haleine brûlante de l’alizé qui te chatouille le pif. Et le panorama indolent des mamelons sableux à perte de vue.

Voyez le tableau, quoi. Genre vieille pub pour les eskimos Gervais.

Evidemment, il faut réagir. Presto. Nouer autour de ses hanches un tablier fantaisie et cuisiner vite fait un miam oriental, qui dépayse gentiment la papille et balaie les idées grises en deux pincées d’épices. Et paf. Voilà des brochettes d’agneau canailles et mentholées à l’orientale, un houmous façon Dr. Slurp et une salade de courgettes acidulées au sumac.

Le souper triologique de Shéhérazade dans ta kitchenette septentrionale, parfaitement.

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  • Les brochettes express de l’orient

Il faut glisser dans son cabas du filet d’agneau, et des rognons d’agneau itou, que le boucher aura gentiment paré sans carnage. Soit viré le gros de la graisse et ouvrant les rognons façon crapaudine. Ajoutez aux emplettes un bouquet de menthe, un poivron doux genre paprika et un oignon doux.

Pour l’huile de menthe. Dans une petite casserole, amenez au seuil de l’ébullition un demi-déci d’huile d’olive, avec trois feuilles de menthe, une échalote et une demi gousse d’ail, l'une et l'autre épluchées. Retirez du feu et laissez infuser tranquilou.

Pour les brochettes. Taillez le filet en cubes et les rognons en quatre parts égales. Puis plongez le tout dans une jatte. Arrosez avec une partie de l’huile aromatisée, de ras-el-hanout, d’un tour de moulin à poivre et d’un filet de citron. Laissez mariner une heure. Au moins. Puis poubellisez la menthe, l’ail et l’échalote.
Dans une poêle, faites fondre tout doux l’oignon et le poivron, taillés respectivement en rondelles et en petits carrés élégants. Quand ils s’attendrissent, enfilez vos brochettes en alternant oignon, filet, rognon et poivron. Poêlez à feu vif quatre ou cinq minutes. Salez. Et coiffez enfin de pluches de menthe.

  • La salade de courgettes byzantine (Pfff… n’importe quoi)

DSC03527.JPGPelez puis taillez les courgettes en spaghetti, à la mandoline, à l’économe, ou tout autre ustensile idoine qui dormirait au fond du placard. Réservez la partie centrale pleine de pépins. Elle servira pour la purée (miracle d’économie domestique!). Mélangez à quelques olives noires émincées avec une bonne giclée d’huile d’olive, un jus de citron, trois brins de coriandre émincée et quelques éclats de tomates séchées. Parsemez de sumac moulu. Assaisonnez, touillez et goûtez.

  • La purée de pois chiches au cumin façon Sinbad

Faites tremper les pois chiche. Un jour. Une nuit. Un jour et une nuit. Une nuit et un jour, voire.  Changez l’eau du bain quand vous passez par là. Puis faites cuire les pois chiches dans un grand volume d’eau. Une heure et demie, minimum. Une demi-heure avant la fin, ajoutez les cœurs de courgette (voir ci-dessus, ben oui, banane).

Dans une coupelle, écrabouillez deux gousses d’ail dans un jus de citron. Passez les pois chiches et courgettes au presse-purée, ou au mixeur, ou à la moulinette à Mamie, intégrez l’ail et le citron, liez à l’huile d’olive, assaisonnez puissamment, réchauffez d’un pincée de piment, parfumez de graines de cumin. Goûtez. Et rectifiez jusqu’à l’extase orientale dedans la bouche. Pour faire le malin, coiffez enfin de graines de sésame noir.

DSC03477.JPGServez tout ça en effectuant une danse du ventre pleine de sensualité et d’athlétisme. Sans oublier de déboucher au préalable une topette d’un gamay top moumoute, épicé et framboisé, ample et coquin, par exemple le Côte de Py du Sieur Foillard à Morgon.

A bintôt, les aminches

NB: Connaissez-vous le Bourgogne favori de Sarko 1er? Non? C'est le Romano-Contue, bien sûr.

26/03/2010

Les lasagnes d’agneau à l’ail des ours (because il est revenu, l’ail des ours)

Bien le bonjour, les plantigrades connectés

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L’autre jour, alors qu’on relisait Platon dans le texte confortablement installé dans la litière à chat, le téléphone sonna. C’était une copine, en proie au plus grands des tourments. «IL EST LÀ. IL EST LÀ. IL EST LÀÀÂÀ», crachotait-t-elle dans le combiné. «Oui très chère, mais encore?», lui répondit-t-on, suavement. «IL EST LÀ. IL EST LÀ. IL EST LÀ. JE l’AI VU. JE l’AI VU. JE l’AI VU. JE l’AI VU. L’AAAAAA…» La fin de la phrase se perdit dans un inintelligible gargouillis, évoquant le dernier refrain de Claude François au fond de sa baignoire. Notre interlocutrice était vraiment toute chose. «L’A… L’A… L’AAAA», ânonnait la maheureuse encore et encore. On essaya de la calmer, en lui proposant de respirer à fond avec les deux poumons. Une vieille technique asiate. Au bout de vingt minutes, elle finit en effet par retrouver ses esprits. Et par articuler: «IL EST LÀ. JE l’AI VU. L’A… L’A… L’AL’AIL DES OURS
On raccrocha illico, vaguement ébranlé. L’affaire était grave. Le printemps avait donc fini par arriver.

L’ail des ours était de retour.

Le soir même, on échafaudait des lasagnes d’agneau à l’ail des ours, qui connurent, avouons-le sans fausse modestie, un succès colossal.

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Pour deux gulus qui ont grand faim, il faut se munir de 180 grammes de mascarpone, 400 grammes d’épaule d’agneau, un bouquet d’ail des ours, du parmesan gruyère râpé, une carotte, un petit fenouil, du lait, du kamoun (soit du cumin en poudre), un peu de concentré de tomate, une grosse échalote, des graines de fenouil, des lasagnes achetées dedans le commerce (on pourrait faire ça maison, mais parfois, voyez-vous, la flemme gagne la partie) et c’est tout. Ou presque.

DSC03071.JPGAvec un hachoir ou un couteau atchement affûté, hachez la viande sans acharnement en virant le gras. Emincez les légumes et faites les revenir dans un poêlon avec une lichette d’huile d’olive. Intégrez la viande, assaisonnez de sel, poivre, graines de fenouil et kamoun. Laissez bronzer un poil. Ajoutez un peu de concentré de tomate. Touillez. Puis mouillez d’un verre de vin blanc, additionné d’un verre d’eau. Couvrez, laissez frémir une heure, en surveillant le niveau de liquide. Il en faut pas mal, du liquide. Oui, parfaitement.

Pendant que l’agneau glougloute, lavez et ciselez l’ail des ours, avant de le mélanger au mascarpone dilué d'un peu de lait, avec trois bonnes pincées de parmesan. Sel, poivre. On goûte. On se pâme. Ou pas.

Huilez mollo le fond d’un plat à gratin, puis montez votre échafaudage en commençant par des plaques de lasagne, puis une mince couche de viande bien mouillée, une couche de mascarpone et ainsi de suite jusqu’à épuisement des matières premières. Achevez ce prodigieux édifice avec des feuilles de lasagne ointes de mascarpone et coiffées de plein de gruyère râpé.

DSC03083.JPGEnfournez à 200° pour vingt minutes. A mi-cuisson, baissez éventuellement le four, en couvrant les lasagnes d’une feuille de papier-alu.

Et après? Ben, après c’est grountch grountch.

Il s’agit évidemment de ne pas rester la glotte sèche à table (c'est pécher), en se l’humectant, par exemple, avec un gamay corsé, mûr et droit dans ses bottes; un gamay pinotant en diable, pas franchement rigolard mais assez classe; soit le Morgon Côte de Py «James» de Jean-Marc Burgaud. Enfin, on dit ça…


Veuillez agréer, bla bla bla

24/08/2009

Rompre le ramadan avec les boulettes d’Alexandrie à la sauce abricotée

 

 

 

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Salam, les jolis aminches


Depuis samedi dernier à l’aube, nos potes musulmans font ceinture. C’est reparti pour un mois de ramadan. Pas boire. Pas manger. Pas fumer. Pas faire de krakou avec la voisine Jasmina. Ceinture donc. Mais de l’aube au crépuscule, seulement. Dès que le soleil s’en va au dodo, la rigolade redémarre. Doucement, notez. Car le jeûne se rompt sans hâte, avec un verre de lait et quelques dattes d’abord, une soussoupe ensuite, manière de pas chambouler ce bidon tout vide. A partir de là, le gueuleton peut s’étaler jusqu’à tard dans la nuit, dans le partage et la convivialité, avec plein de recettes rituelles, qui varient à l’infini du Maghreb au Pakistan et dont le slurpisme nous fait parfois regretter notre impiété congénitale.
Notez que rien ne nous empêche, nous autres mécréants à poil roux et pupille vitreuse, de nous mitonner, puis de mastiquer le soir venu, une joyeuse spécialité orientale. Par exemple ces koftas d’Alexandrie et leur sauce abricotée, adaptation d’un classique égyptien découvert naguère dans un roman dont on a oublié le nom. Mais pas la recette. Nyark.

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Pour les boulettes et deux gulus à table,
il vous faut 350 grammes d’agneau haché par le boucher moustachu, un bulbe d’oignon nouveau, un demi-bouquet de coriandre, des pignons, un œuf et un rien de piment.
Pour la sauce aux abricots et toujours les deux mêmes gulus à table, prévoyez 100 grammes d’abricots secs, deux gousses d’ail, 1,5 déci de bouillon de volaille, de la coriandre en poudre et voilà.

Dans une jatte, en chantonnant un vieux morceau de Cat Stevens, touillez la viande avec six brins de coriandre hachée, l’œuf, l’oignon émincé menu, sel, poivre et piment. Dans vos mimines habiles, moulez ensuite des boulettes de la taille d’une burne de bonobo. Glissez-y un pignon. Et faites dorer sous toutes les coutures, huit-dix minutes à feu mezzo (ou mezze), dans une noisette de beurre.

La sauce? Fastoche. Faites tremper une heure les abricots dans de l’eau tiède. Puis mixez-les avec la coriandre en poudre, une bonne giclée d’huile d’olive et l’ail. Intégrez progressivement le bouillon, jusqu’à texture inspirante. Une pincée de sucre, s’il le faut. Sel, poivre. Et faites chauffer tout doux quelques minutes.

Il faut un gros mamelon de couscous avec ça. Et, si votre religion vous le permet, un bon coup de rouge. Lequel? Aucune idée. Ben oui. Voyez-vous, il y a des jours où nos neurones font le jeûne.

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Assalamou Alaykoum, les potes

NB1 : Un bon bouquin de recettes récent : «Saveurs et couleurs, les cuisines du ramadan à travers le monde» d’Hind Caidi, chez Albin Michel. Drôlement alléchant.

NB2
: Le dicton du jour: les petits crus font les grandes cuites. C’est élégant. Et si pertinent.

11/09/2008

Des patates qui twistent dans l’accélérateur de particules et l’agneau mijoté au Sherry qui danse le flamenco

Bonjour,

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Evidemment, cette histoire d’accélérateur géant de particules au CERN, ça fait rêver. Imaginez seulement qu’au lieu de bombarder la machine de stupides protons (dont tout le monde se contrefiche, soit dit en passant), on l’arrosait avec des pommes de terre? Imaginez la purée atomique qui sortirait de là. Une purée d’une onctuosité nucléaire, qui ravalerait les plats des papes de la cuisine moléculaire au rang de brouets médiévaux.
La purée Big Bang, on la verrait assez bien accompagner notre mijoté d’agneau aux citrons confits, safran et sherry (sherry je t’aime, sherry je t’adore), recette d'inspiration arabo-andalouse à ce point parfumée et exaltante que, après ingestion, l’un de nos amis, par ailleurs plutôt rogue et boutonné, s’est retrouvé en caleçon sur la table en train d’exécuter une danse flamenca censément suggestive. Je vous dis pas la honte.

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Les emplettes?
_ Une épaule d’agneau, que votre boucher moustachu aura eu l’obligeance de désosser, dégraisser et d’émincer en gros cubes. Merci le moustachu.
- Une cuillère à café (ou CAC) de coriandre en grains
- Un bouquet de coriandre
- Douze filaments de safran (à faire hydrater dans une larme de sherry)
- Une CAC (acronyme disgracieux dont vous connaissez, maintenant, la signification) de muscats secs, à faire hydrater dans une larme de sherry
- Une CAC de cumin
- Quatre petites gousses d’ail pelées et dégermées
- Deux grosses échalotes (ou plus) hachées
- Cinq petits citrons confits, à acheter à l’arabe du coin, ou à faire soi-même, comme Madame Cianne.
- Cinq décis d’un sherry (ou Xérès, ou Jéres) mi-doux, ou medium dry, soit moyen sec, avec une larme de sucre dedans. Ça se trouve. On notera au passage la complication des appellations dans ce vignoble-là. Maman Bacchus n’y retrouverait pas ses bouchons.

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Action! Faites fondre les échalotes et l’ail au fond d’une cocotte. Réservez. Salez et poivrez l’agneau, faites le dorer de toutes parts. Mouillez largement avec le sherry, ajoutez l’échalote, l’ail, le safran, les graines de coriandre et le cumin. Refermez. Et laissez glouglouter pépère deux heures et demie. Voire trois. Vérifiez le jus de temps en temps. Ben oui, quand même.
En fin de cuisson, taillez les citrons en quatre. Hachez un peu de coriandre fraîche. Ajoutez citrons et muscats secs à la sauce. Goûtez. Rectifiez, avec un morceau de sucre s’il le faut. Coiffez de pluches de coriandre. Puis servez dans la cocotte, à la vitesse d’une particule larguée dans l’accélérateur.

Poutous nucléaires, les copains

PS. Oups… Que boire avec ça? Le sherry épicé ne fait certes pas ami ami avec le rouge. Essayez donc ce blanc bio d’Arbois (Domaine de la Cybelline, Chardo-Savagnin, by Benoît Royer) au naturel désarmant et aux parfums entêtants, dont la chair fraîche quoique dotée d’une certaine douceur cohabite pacifiquement avec l’agneau andalou.

PS2: On a refait cette recette, mais avec l’épaule entière cette fois, au four quatre heures à 150°. C’était top moumoute.

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16/06/2008

Le navarin de veau à la mode de chez les Slurps

Bien le coucou,

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Pendant des années, on a stupidement confondu navarin (le ragoût de veau) et Mazarin (le ministre de Louis XIV). Ce Mazarin d’agneau, du coup, on s’en méfiait un peu, craignant un plat filou et sournois. Un plat ecclésiastique pour tout dire. Un jour pourtant, on a fini par piger. Le chouette navarin du printemps n’a rien à voir avec le voleur de Sicile. Ouf!
En fait, le navarin semble tirer son nom du navet. Ce qui tombe mal, vu que le navarin à la mode de chez les Slurps n’en abrite guère, de navet. On le remplace, avec un zeste d’iconoclasme lutin, par des radis, dont la saveur, un fois cuits, évoque le jeune navet, tout en offrant un rosé distrayant à l’œil.
Pour un navarin d’agneau de veau destiné à trois adultes aux appétits cardinaux, entassez dans votre panier
- 500 grammes d’épaule de veau, détaillé en morceaux par votre boucher moustachu.
- Vingt-deux gousses de petits pois
- Quinze gousses de fèves
- Neuf petites patates nouvelles
- Une gousse d’ail de dimension notable
- Du thym et du romarin
- Un bon fond de veau: maison c’est top, artisanal c’est pas mal, industriel s’il le faut vraiment.
- Deux tomates juteuses
- Une botte d’oignons nouveaux
- Une botte de jeunes carottes
- Une botte de radis
- Une botte de sept lieues (facultatif)

L’est lourd, le panier?

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Salez, poivrez et sucrez mollo la viande. Faites dorer au fond d’une cocotte dans un rien d’huile d’olive.

Pendant ce temps
, pelez, épépinez et détaillez les tomates en cubes grossiers (et va donc, cube grossier!).
Effeuillez et hachez deux brins de romarin et quatre de thym.
Ecrabouillez la gousse d’ail.
Préparez un déci de fond de veau corsé.
Balancez le tout dans la cocotte avec le veau. Touillez, couvrez et laissez mijoter 45 minutes.

Pendant ce temps (bis) préparez les légumes. Tout le jeu va consister à les cuire al dente (sauf les patates) et donc à respecter à la lettre et sans discuter les instructions que voici.
Or donc (c’est très laid or donc), pelez les patates, coupez-les en quatre éventuellement (tout dépend de la grosseur des patates, banane) et faites les revenir dix minutes à la poêle avec un oignon frais émincé. Sel, poivre.

Pendant ce temps (ter) écossez les petits pois. Réservez.
Taillez (et épluchez, même si un nettoyage suffit) les jeunes carottes en deux dans la largeur. Voire en deux dans la longueur. Réservez.
Lavez et coupez les radis en deux. Réservez.
Ecossez les fèves, faites pocher une minute dans de l’eau salée, puis dérobez-les (comme dirait ce voleur de Mazarin). Réservez.

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Au bout de 45 minutes donc, ajoutez les patates dans la cocotte. Touillez.
Dix minutes plus tard, ajoutez les carottes et radis. Sans touiller. Couvrez.
Dix minutes plus tard, ajoutez les petits pois. Sans touiller. Couvrez
Cinq minutes plus tard, ajoutez les fèves (quasi cuites déjà). Sans touiller. Couvrez. Comptez jusqu’à 180. Et voilà.
Maintenant, deux alternatives.

1-
 Vous avez un jus abondant de la mort (sans vouloir vous manquer de respect). Virez tous le matos à l’écumoire et faites réduire à feu fou, en dégraissant et en rectifiant.
2- Le jus vous semble raisonnable, tant dans sa quantité que dans son goût, aromatique et balèze, servez illico, après avoir enfilé un habit de prélat fourbe.

 

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Côté spiritueux, on vous suggère de déboucher ce joli rouge languedocien au tarif bisou qui, longtemps, figura au rang de nos breuvages quotidiens favoris. Un vieil ami donc, le svelte mais charnu (si, si), juteux et parfumé, Arbouse du Mas Bruguière, Pic Saint-Loup, Hérault, France-d’en-bas qui-se-lève-tôt-pour-pas-forcément-gagner-plus.

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Amen

09/06/2008

L’agneau, la menthe, le balsamique et le sourire de la reine

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Hi guys,

Les Anglais, qui ont le sens de la formule, affirment que «a mintless lamb is as sad as a toothless queen». En VF: un agneau sans menthe est aussi triste qu’une reine sans dent. C’est osé comme image. Quoique parlant. Ce n’est en tout cas pas chez les Slurps qu’on va contredire l’équation, vu le nombre de recettes sur ce blog qui célèbrent ce tandem prodigieux.
D’ailleurs en voilà une de rab. Un carré d’agneau désossé farci à la menthe balsamiquée. Plat vite fait et über comestible, qui offre, d’un point de vue médical, une pléiade de vertus. Cholérétique, diurétique (mais pas trop), rapsodique et agoraphobe, c’est un mets qui stimule la membrane préfessière tout en calmant les douleurs pré-bésiculaires. Du pain bénit, en somme.1897498685.JPG

Demandez à votre boucher de vous désosser un carré d’agneau et vous le rouler façon rôti. Vous devriez repartir avec un petit cylindre de la taille d’une queue d’écureuil géant, soit six centimètres de diamètre.
Revenu dans la quiétude coquette de votre coin kitchenette, décorée avec un goût sûr, équeutez, lavez, séchez et émincez une demi-botte de menthe fraîche.
Et laissez compoter dans une petite casserole avec une cuillère à soupe de balsamique, un peu d’eau, l’équivalent d’une cuillère à café de gingembre frais émincé et une gousse d’ail hachée.
Laissez glouglouter à feu tamisé jusqu’à obtention d’une pâte parfumée et noire comme une culotte de duchesse slave.

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Pendant ce temps, incisez votre agneau dans toute la longueur, en gardant les extrémités intactes. Une longue poche, en somme, qu’il s’agit de saler et de poivrer, avant de garnir de la farce susdécrite. On ficelle en pestant.
Et on expédie au four préchauffé à 220° pour 20 minutes. Laissez ensuite reposer un bon quart d’heure à couvert.
Déglacez le fond du pat. Découpez la bête. Avant de servir à cloche pied et les yeux bandés (un petit challenge amusant), avec quelques patates nouvelles vapeur et un rouge des Corbières à la chair ample, suave et poivrée. Par exemple l’exemplaire assemblage «Crépuscule» mourvèdre-grenache-syrah du Domaine St-Jean de la Gineste.
Un jus fier et frais, qui prouve une fois de plus que le Pays Cathare, entre l'Abbaye de Fontfroide et l'Abbaye de Lagrasse, abrite quelques-uns des meilleurs terroirs à pinard du système solaire. Parfaitement.

A sous peu

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15/04/2008

I: L'agneau (bêêêêêêê)

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Parce que l'agneau est un animal lutin qui aime gigoter.

 

1393217870.jpgGigot à la coriandre, pignons et zestes de citron

Gigot de sept heures aux épices douces

Tajine d'agneau au kamoun, fenouil et navets

Hamburger furieusement oriental

Carré d'agneau au pistou de Sicile

Carré d'agneau en croûte de parmesan

213307706.jpgSouris au thé de menthe

Epaule d'agneau mijotée au thé de menthe (encore)

Shish kébab maison

Filet d'agneau aillé au balsamique

Rognons sautés aux chanterelles

Carré farci à la menthe et au balsamique

Epaule au citron confit, Sherry et safran