16/05/2011

Le velouté d’asperges au parmesan (à la mode Sofitel)

Bien le bonjour

L’autre jour, alors que le Dr Slurp méditait - pépère et tout nu - dans sa suite à 3000 francs CFA au Sofitel de Vierzon, il eût comme une envie subite. Une envie d’asperges. Vertes, les asperges. C’est de notoriété publique: le Dr Slurp est un tantinet esclave de ses désirs. Qu’une asperge bien fraîche vienne à lui passer sous le pif, et le voilà prêt à tout pour la croquer. Cet aspect de sa personnalité pourrait certes nuire à sa position de chroniqueur culinaire universellement reconnu.
Mais qu’importe. Il doit écouter ses pulsions, sous peine d’être tout triste.

Or donc, voilà que la femme de chambre débarque dans la suite pour faire un brin de ménage, avec à la main… une botte d’asperges vertes. Quel hasard extraordinaire! Le sang du Dr Slurp ne fait qu’un tour. Dans un élan d’une vélocité invraisemblable et en poussant des cris sauvages, il arrache les précieux bourgeons à la malheureuse. Et va s’enfermer dans la salle de bains, équipée d’un petit réchaud à induction, comme dans tous les palaces à 3000 francs CFA la nuit. Ignorant les pleurs de la jeune femme derrière la porte, le Dr Slurp cuit presto et avale goulûment ses asperges, après avoir sectionné un bon tiers de leurs tiges, susceptible de se montrer duraille sous la dent.

Quel gâchis! La police n’allait pas tarder à débarquer. Et il lui restait ces quinze queues d’asperges. Impossible de les jeter. C’eût été pêché.
Que faire?
Ben, un velouté d’asperges au parmesan, pardi!

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Dans une casserole, couvrez d’eau les bouts d’asperges avec deux petites gousses d’ail juste épluchées et une pincée de sel.
Laissez glouglouter un bon petit moment, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un déci de liquide et que les asperges se montrent bien tendres.
Mixez le tout, avec un verre de lait et une cuillère à soupe de parmesan râpé. Rectifiez.
Servez dans d’adorables petits verres, éventuellement avec quelques chips de jambon de parme.
Puis demandez à une enfant de dessiner la chose, because votre appareil photo est resté dans la pièce à côté, où tous les flics de Vierzon essaient d’enfoncer la porte.
Quittez enfin l’hôtel d’un air dégagé.
Zut, où ais-je mis mon portable ?

Toute ressemblance, bla bla, machin, truc

Tchou!

31/07/2008

Le gaspacho façon slurp et l'amical échange des lettres au-dessus du Canigou

Besitos, les gens

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Une remarque préliminaire autant que sémantique. Zappez pas, c’est distrayant.
Le mot gaz, quand il passe les Pyrénées, perd son Z en gagnant un S. Le gaz devient ainsi gas chez nos potes ibères. Ben, le mot gaspacho fait exactement l’inverse. Le gazpacho espagnol se mue en gaspacho en France. De là à imaginer les deux mots qui s’échangent leurs lettres au-dessus du Mont Canigou, il n’y a guère qu’un petit effort d’imagination…
- Ola, Monsieur Gaz!
- Salut, Don Gazpacho!
- Echanjamos las lettras?
- Dacodac!

Bref. Des gaspachos, de nos jours, il en existe cinquante-seize millions de sortes différentes. Des sucrés. Des verts. Des avec des œufs. Des sans mie de pain. Des betteravés. Des archicaloriques. Des über light. Des avec des anchois et du topinambour. Des roses avec de petits animaux vivants qui gigotent en surface.
Du coup, on ne voit pas vraiment pourquoi on ne vous livrerait pas notre gaspacho à nous. Qu’est assez réglo, mais un brin perso tout de même.
Pour quatre bols (voire verrines, soyons chic), munissez-vous de:
- Quatre grosses tomates ben mûres
- Deux poivrons rouges
- Deux petites gousses d’ail
- Le tiers d’un concombre
- Un sucre
- Trois brins de basilic
- Trois brins de menthe fraîche
- Deux brins de romarin (premier coup de cuchillo à la traditiòn)
- Une larme de pastis (deuxième coup de cuchillo à la traditiòn)
- Six graines de fenouil (troisième coup de cuchillo à la traditiòn)
- Plus du piment d’Espelette en poudre, de l’huile d’olive et du vinaigre de Xérès pour la couleur andalouse.

Pelez, épépinez et émincez grossièrement les tomates, poivrons, concombre et herbettes.
Ajoutez les graines de fenouil, les gousses coupées en quatre, le sucre et le romarin haché menu.
Puis faites macérer, en touillant le tout dans un récipient doté de couvercle, avec un peu d’huile d’olive, un soupçon de vinaigre, une giclée de pastis et une pincée de sel. Au frigo, quelques heures.
Mixez ensuite, à vitesse pépère. Puis émulsionnez bravement à la fourchette, en ajoutant un peu d’huile d’olive, jusqu’à texture totalement homogène et onctueuse. Certains diluent et filtrent. Nous pas. Chacun chez soi.
Rectifiez l’assaisonnement en ajoutant sel, poivre, piment en poudre et vinaigre. Voire un peu de sucre. Il faut que ça soit rafraîchissant. Et tonique comme une danseuse flamenca d’âge tendre au sortir d’un bain de minuit dans l’Antartique (n’importe quoi).
Hop, au frigo (bis repetitae).

On mange donc ça bien frappé, avec quelques croutòns et légumes crus en bâtonnets s’il le faut, à la petite cuiller, en apéro, en plat principal, en entrée, en tapa, au goûter, à genoux, à la St-Jean, à la bonne franquette. Ou pas.

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Adios!

09/06/2008

L’agneau, la menthe, le balsamique et le sourire de la reine

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Hi guys,

Les Anglais, qui ont le sens de la formule, affirment que «a mintless lamb is as sad as a toothless queen». En VF: un agneau sans menthe est aussi triste qu’une reine sans dent. C’est osé comme image. Quoique parlant. Ce n’est en tout cas pas chez les Slurps qu’on va contredire l’équation, vu le nombre de recettes sur ce blog qui célèbrent ce tandem prodigieux.
D’ailleurs en voilà une de rab. Un carré d’agneau désossé farci à la menthe balsamiquée. Plat vite fait et über comestible, qui offre, d’un point de vue médical, une pléiade de vertus. Cholérétique, diurétique (mais pas trop), rapsodique et agoraphobe, c’est un mets qui stimule la membrane préfessière tout en calmant les douleurs pré-bésiculaires. Du pain bénit, en somme.1897498685.JPG

Demandez à votre boucher de vous désosser un carré d’agneau et vous le rouler façon rôti. Vous devriez repartir avec un petit cylindre de la taille d’une queue d’écureuil géant, soit six centimètres de diamètre.
Revenu dans la quiétude coquette de votre coin kitchenette, décorée avec un goût sûr, équeutez, lavez, séchez et émincez une demi-botte de menthe fraîche.
Et laissez compoter dans une petite casserole avec une cuillère à soupe de balsamique, un peu d’eau, l’équivalent d’une cuillère à café de gingembre frais émincé et une gousse d’ail hachée.
Laissez glouglouter à feu tamisé jusqu’à obtention d’une pâte parfumée et noire comme une culotte de duchesse slave.

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Pendant ce temps, incisez votre agneau dans toute la longueur, en gardant les extrémités intactes. Une longue poche, en somme, qu’il s’agit de saler et de poivrer, avant de garnir de la farce susdécrite. On ficelle en pestant.
Et on expédie au four préchauffé à 220° pour 20 minutes. Laissez ensuite reposer un bon quart d’heure à couvert.
Déglacez le fond du pat. Découpez la bête. Avant de servir à cloche pied et les yeux bandés (un petit challenge amusant), avec quelques patates nouvelles vapeur et un rouge des Corbières à la chair ample, suave et poivrée. Par exemple l’exemplaire assemblage «Crépuscule» mourvèdre-grenache-syrah du Domaine St-Jean de la Gineste.
Un jus fier et frais, qui prouve une fois de plus que le Pays Cathare, entre l'Abbaye de Fontfroide et l'Abbaye de Lagrasse, abrite quelques-uns des meilleurs terroirs à pinard du système solaire. Parfaitement.

A sous peu

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