09/05/2008

Traquer l’aspergette dans les sous-bois humides

Bien le coucou, les gens

 

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L’autre jour, le pote Jenny nous passe un coup de fil. «Radine-toi, les aspergettes sont sorties.» On a toussoté prudemment dans le combiné, en réfléchissant à une réponse intelligente. C’est que, voyez-vous, l’aspergette, on ne savait alors pas encore ce que cela pouvait bien vouloir signifier. Voyons voir... Une marque de savon liquide peut-être (avec aspergette, mes mains sont nettes)? Ou une figure du Kama Sutra (pas d’aspergette ce soir, j’ai un lumbago)?
Le pote Jenny s’est empressé de nous mettre au parfum. «L’aspergette, c’est une plante sauvage, que certains appellent (à tort, semble-t-il) pousse de tamier et qui prospère en cette saison dans les sous-bois, au bord des ruisseaux et des rivières.» Hum… très bien. So what? «C’est bon à manger. Même Chevrier en parle dans son bouquin.»
Comme d’ordinaire, le verbe manger nous a servis de détonateur. Banzaï! On a illico embarqué M’zelle Sonson et son copain Nico pour aller à la chasse à l’aspergette. Où ça? Le pote Jenny nous a strictement interdit de le révéler. Disons quelque part entre l’arc alpin et le massif jurassien, dans la riante campagne genevoise, au bord d’une eau en mouvement. Parce que l’aspergette, voyez-vous, c’est comme les champignons. Ses coins, on se les garde pour soi. Omerta et bouche cousue.
Un tuyau quand même. Y’en a au bord du Rhône. Dit-on...

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Tu l'as vu mon panier plein? Sur la marché, la mini-botte, c'est cinq balles. On est riche, darling.


Nous voilà donc arpentant les fourrés et fossés verdoyants, la main tremblante et le mollet trépidant. En effet, les aspergettes sont de sorties. Souvent par groupe. T’en déniches une, y’en a sûrement sept cachées autour. Le pote Jenny a l’œil perçant de l’aspergettonneur aguerri. Et les marmots, tout jouasses, ne tardent pas a remplir le petit panier.

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Les sous-bois sont le théâtre d'une chasse féroce. 


A ce stade du récit, j’en vois qui gloussent sous cape. Des qui pensent qu’on redécouvre la roue, que nos aspergettes sont des vulgaires asperges sauvages ou respounchous. Ben non. Raté. L’aspergette n’a ni le goût ni la plastique de sa consoeur dite sauvage, même si elle appartient sans doute à la famille des asparagus. L’aspergette est singulière et rebelle, fière et verte. On la rencontre, paraît-il, ailleurs que chez nous, en France par exemple, dans le Val de Loire et dans la banlieue de Vierzon.
Et en cuisine? Ben, l’aspergette commence par se faire blanchir quelques minutes. A moins de préférer l'expédier au panier vapeur. Après ça, tout est possible. La brève poêlée dans un peu de beurre, avec une larme caramélisante de balsamique en fin de cuisson (notre technique). L’omelette. La salade, avec une giclée de citron et quelques copeaux de parmesan. La jardinière avec quelques copines primeur bien croquantes. Tout ça quoi.
L’aspergette, parfaitement.

Adios!