07/06/2011

Passard en bulles et philo en sauce

Coucou

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Tiens, après le manger, il faut se vautrer sur un support moelleux et bouquiner dans la quiétude, par exemple en écoutant un live de Motörhead. «Mais que lire?», gémit le lecteur démuni de nourritures imprimées.
Ben, une bédé, par exemple. La bédé et le miam ne forment pas particulièrement un couple actif. Pourtant ces deux-là mériteraient des flirts un brin plus poussés. En témoigne le formidable dernier album de Christophe Blain: «En Cuisine avec Alain Passard» (ed. Gallimard). Le dessinateur a hanté des mois durant les fourneaux du grand chef parisien. Et en revient avec un reportage pétillant en diable, drôle, vif, vrai et intelligent. On y découvre un cuisinier passionné, limite illuminé, amoureux fou des légumes, qui apostrophe sa brigade avec des formules cryptiques genre: «regarde tes équilibres, Monsieur» ou «le gras de cuisse, tu l’as ignoré, Madame». Il y a des recettes avenantes et une balade dans les potagers du chef, des coups de feu fumants et de la création live. On sort de là avec une envie furieuse de filer au marché pour remplir son panier de primeurs. Tant pis pour la sieste.


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Après ça, il s’agit de phosphorer un tantinet. Essayez donc le denier numéro de Philosophie Magazine, dont le dossier central se consacre ce mois-ci au manger sous le nom «Je suis ce que je mange». Philo et slurp, encore un tandem rare. Car si sociologues, anthropologues ou historiens se sont largement intéressés à la table, les philosophes, eux, ne s’y assoient guère. L’un des rares à festoyer demeure l’inévitable Michel Onfray, interviewé dans la revue, forcément. On y picore également une édifiante et historique «métaphysique des tubes digestifs», ainsi qu’un texte passionnant sur la cuisine japonaise, soustractive, face à la cuisine française, additive, via un reportage croisé dans les coulisses de deux restos parisiens. Drôlement bien vu.

Bonne lecture, les bougres et bougresses.

A plouche