05/11/2009

Le curry rouge de lentilles vertes au calamar blanc

Bien le bonjour, les mignons chipirons

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L’autre midi, on se partageait le menu du jour, Miss Sonson et mèzigue, dans un resto japonais urf. Du genre où une clientèle nantie mastique au coude à coude, tout autour d’un maître rôtisseur asiate, qui chorégraphie ses grillades sur une plancha géante. C’est là un spectacle récréatif autant qu’éducatif, qui ne semblait pourtant pas émouvoir l’assistance.
A notre droite, trois dames comme il faut, avec des habits très chers sur le râble et pas mal de crème sur le museau, piaillaient devant leur coca light, en picorant distraitement les plats les plus chers de la carte. Du bœuf de Kobé. Des crevettes géantes. Et tout ça. A leur départ, on a jeté un œil sur leurs assiettes à moitié pleines, où restaient environ trois cent balles de marchandise intacte. Misère.
Face à nous, deux cols blancs entre deux âges, avec chevalière et Rolex, picolaient un bordeaux illustre en avalant à toute berzingue l’opulent menu dégustation. L’un et l’autre pendus à leurs téléphones portables. La conversation de l’un gênant l’autre, le ton est rapidement monté, de sorte que tout le restaurant profitait de leur insipide blabla bancaire.
Miss Sonson, à qui le ridicule de la situation n’avait pas échappé, nous a alors fait remarquer que l’un des deux, ayant changé son téléphone d’oreille, s’avérait incapable de manier les baguettes de la main gauche. Les nouilles s’échappaient. Le canard glissait. Les st-jacques renâclaient. Et le monsieur s’énervait, en rugissant dans son iPhone. Bref, on a bien rigolé.

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Le soir même, sans téléphoner ni chipoter, le clan Estèban avalait ce curry rouge de lentilles vertes au calamar blanc. Vous noterez la trichromie très étudiée du plat, qui n’est pas sans évoquer les drapeaux mexicain, italien et malgache. Rien à voir avec le schmilblick, certes. Mais quelques tuyaux de culture générale ne nuisent jamais.


Pour quatre morfaloux à table, prévoyez 250 grammes de lentilles vertes, genevoises pourquoi pas, une grosse échalote, une gousse d’ail, 500 grammes d’anneaux de calamar (ou un gros calamar à se détailler soi-même comme un grand garçon), un bouquet de coriandre, du lait de coco, deux tomates joufflues (italiennes - les dernières de la saison -, ou en coulis, ou pelées au jus, ou zut quoi..) et deux poivrons rouges. Plus plein d’épices exotiques que vous découvrirez dans la brillante prose que voilà:

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Rincez puis cuisez les lentilles 25 minutes dans une eau frémissante non salée. Essorez. Réservez.
Hachez ail et échalote. Pelez, épépinez et émincez tomates et poivrons. Rincez et détaillez le calamar en lanières.
Faites blondir, au fond d’une cocote, ail et échalote dans une louchée d’huile d’olive. Ajoutez quelques grains de coriandre peu ou prou écrabouillés, un gros nuage d’un chouette curry pakistanais, une pincée de cardamome, de piment, de gingembre en poudre et de garam massala. Laissez rôtir jusqu’à obtention d’une pâte odoriférante.
DSC02683.JPGIntégrez alors poivrons et calamars. Laissez mijoter jusqu’à ce que l’un et l’autre s’attendrissent un tantinet.
Ajoutez enfin tomate et lentilles. Sel, poivre. Voire curry et piment si besoin gustatif. Laissez glouglouter à feu doux un quart d’heure à découvert. Liez d’une grosse cuillère de lait de coco. Rectifiez l’assaisonnement une fois encore. Faut que ça chauffe un poil la muqueuse, cette affaire-là.
Juste avant de servir gaiment, coiffez de pluches de coriandre fraîche.

Ce machin, l'air de rien, ben, c’est vachement goûteux, light et rassérénant. Oui, Madame. En plus, tu peux boire du rouge avec; un rouge de fruit et de copains, svelte et simple (comme mèzigue). Par exemple la gigagouleyante cuvée Mano & Mano du Domaine catalan Matin Calme, maison qui a sans doute le nom le plus charmant du vignoble mondial. Maison sévèrement biologique avec ça.
N’oublions pas que l’abus de pesticides est dangereux pour la santé.

 

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A bientôt et vivement bientôt

PS: Hey, les gens, on a fait 9/10 au quiz des looks. Trop fort. Champagne! Rillettes!

25/06/2009

Les calamaretti farcis au pesto qui fait boum

 

Bonjour, les chipirons rieurs

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Il y a un machin qui nous a toujours fascinés dans les livres de cuisine. Ce sont les «conseils du chef», les «trucs du cuisinier», ou «l’astuce de Mamie Lu». Soit ce petit encadré pratique en postface, où le cuistot te file une ficelle d’enfer dans le creux de l’oreille, rien que pour toi. Genre: «A défaut d’œufs de poule, vous pouvez utiliser des œufs d’esturgeon». Ou encore «pour gagner du temps, pelez la papaye dans le sens inverse des aiguilles d’une montre avec un tire-bouchon». Voire – plus suspect, je vous l’accorde - «pour cette recette, j’utilise les nouilles de la marque Esso et le blender de chez Zazaoui».
Tu lis ça et tu te sens tout chose. Ben oui. Le maître queux te fait une vraie confidence, t’offre gratos une bouchée de son savoir, te vaseline l’existence avec une bonté inouïe.

Bref, pour le petit plat qui suit, des calamaretti farcis au pesto de menthe et coriandre, flanqués de tomates et poivrons confits, voilà le conseil du Dr Slurp: si vous ratez la recette, allez au McDo.

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Chez le poissonnier, il s’agit de ruser. Azymutez de jolis petits calamars aux manteaux bien nacrés. S’ils sont déjà propres et vidés, remplissez votre panier sans arrière-pensée.
S’ils sont entiers, minaudez en papillonnant des paupières jusqu’à ce que l’artisan accepte de faire le boulot.
S’il refuse, préparez-vous à vous dépatouiller avec les créatures. Chantier dont on sort vivant, voire grandi, d’ordinaire.

Pour les légumes. Taillez un long poivron vert en longues virgules. Disposez dans un plat avec des grappes de tomates cerise. Brumisez d’huile d’olive, thym, sel et poivre. Enfournez à 80° pour deux heures et demie. Ou plus. Fastochissime.

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Pour le pesto.
Dans le bol du mixer, empilez un bouquet de coriandre, un bouquet de menthe équeutée, une bonne cuiller de pignons, une gousse d’ail la plus fresh possible, une grosse giclée de citron et une cuillère à soupe d’huile d’olive. Vrouvroumez. Salez, poivrez. Goûtez. Et rectifiez comme un malade.
A ce stade du récit, ouvrons une double parenthèse. (( Primo, les proportions maladroitement évoquées ci-dessus fonctionnent peu ou prou pour dix petits calamars. Pour vingt petits calamars, il faut donc de doubler la dose. C’est de la pure arithmétique domestique.
Deuzio, il s’agit d’un pesto corsé, balèze, power en saveur. D’aucuns craignant le choc des goûts et le boum des sapidités, il n’est pas interdit de diluer ce feu d’artifice avec une louchée de ricotta ou quelques brins de verdure inoffensive. Fermons là cette double parenthèse.))

Pour les calameretti.
Commencez éventuellement par vider le mollusque de ses viscères, os, et poche d’encre, en ôtant la membrane qui le gaine. Rincez à donf’. Farcissez de pesto à la petite cuillère. Fermez d’un cure-dent. Sel, poivre. Puis saisissez cinq minutes à feu vif.
La tête de la bête, hérissée de mignons tentacules, peut fricasser en chœur.
Puis composez sur assiette une figure postmoderne au géométrisme déconstruit avec les poivrons chipsés, les grappes de tomates confites et les animaux dorés.

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Voilà, voilà, les copines.

Tchou

PS: Conseil du chef: A défaut de petits calamars, utilisez des hamsters.

11/04/2008

F. Sur la plage abandonnés...

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Parce que les coquillages, crustacés et autres mollusques manquent de conversation quand on les rencontre entre deux eaux, mais s'avèrent aimables au fond d'une assiette.

 

1241279468.jpgSalade de poulpe acidulée

Encornets aux champignons et miettes de jambon rôti

Seiches au chorizo en persillade

Gambas au pesto-nitruant

Gambas aux deux piments

Gambas au yuzu

1026304228.jpgHomard aux légumes croquants

Rondelles de calamar aux olives et basilic frit

Calamaretti au wok

Pâtes aux vongoles, moules et anneaux de calamars

Saint-jacques aux poireaux confits et yuzu

Saint-jacques aux morilles et réduction de corail crémeux

937968787.jpgSaint-jacques au lard rôti et bolets compotés

Saint-jacques au sirop de mandarine safrané et basiliqué

Nage de la mer à l'anis étoilé

Curry de crevettes, coques, chorizo et merguez

Moules aux épices orientales