05/05/2009

L’énigme gastrosexuelle et les asperges en méli-mélo d’herbettes brésaolées

Salut, les pandas albinos

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L’autre jour dans Libération, il y avait un papier sur un nouveau type d’homme, baptisé «gastrosexuel» par nos amis les sociologues. Grosso modo, le gastrosexuel a entre 25 et 44 ans. Il cuisine bien. Puis il emballe. «Mon taux de réussite, une fois l’invitation acceptée est de 75% le premier soir et 95% en tout», claironne Sébastien, 35 ans, interviewé par Libé.
95%, diable!
Lui fait de la popote française traditionnelle ou tape dans l’exotique. Dégaine des bouteilles prestigieuses ou des crus sudistes corsés. Et hop! La convive se retrouve toute chose sous la couette avant le café. Trop fort.

Cette peinture d’une nouvelle génération de prédateurs sexuels en tablier de cuisine nous a laissés tout dubitatifs.

Primo,
on n’avait jamais songé à utiliser notre vieille marmite en fonte comme arme de drague massive. On va reconsidérer l’engin.

Deuzio, il faut quand même se demander, si le cuisiner est occupé à lutiner l’invitée, qui nettoie les fourneaux et range le boxon après le repas. C’est que voyez-vous, il y a une éthique dans la popote. Un enchaînement de gestes quasi déontologique, qui va des emplettes à la vaisselle. Faire le boulot à moitié sous prétexte d’un digestif canaille, cela nous frise le code.

Tertio, pendant quelques millions d’années, c’étaient les dames qui faisaient la tambouille, sans que jamais cette activité-là ait boosté leur sex-appeal. Bien au contraire. Les gaillards s’y collent enfin. Et voilà qu’ils suintent brusquement la sensualité. Etrange. Comme quoi, il y a encore des pans entiers de l’attraction libidinale qui nous restent mystérieux.

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Tout ça pour vous assurer qu’il n’y avait nulle perspective copulatoire dans l’élaboration de cette recette d’asperges en méli-mélo d’avocat aux herbettes et bresaola. Juste le plaisir de concocter quelque chose de slurp. Ce qu’on peut-être candide, des fois.
Spécial dédicace à la copine Edith, qui habite là-haut sur le flanc de la montagne, à 600 mètres au-dessus du niveau de la mer, et dont le jardin explose d’herbes aromatiques ces jours-ci. Elle nous a offert un gros bouquet de cerfeuil. Un végétal gracile et gracieux, au délicat groove anisé, dont on raffooooole. Merci Edith.

Pour réaliser cette prodigieuse quoique couillonne entrée, il vous faut aussi des asperges vertes, un avocat mûr, une poignée de roquette, des tomates cerise et plein de fines tranches de bresaola.

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Coupez le cul des asperges, au tiers environ, et pochez-les six-sept minutes. Qu’elles restent croquantes. Refroidissez et tranchez en menus tronçons biseautés en gardant les têtes entières. Extrayez la chair de l’avocat, taillez en cubes.
Hachez la roquette et le cerfeuil. Coupez les tomates en deux.
Taillez deux trois tranches de bresaola en lanières (le reste sera servi à côté, oui, on ne discute pas).
Puis tricotez-moi une vinaigrette athlétique et généreuse, à l’huile d’olive et vinaigre de cidre, bien relevée. Touillez le tout à la force du poignet. Et rectifiez s'il le faut. 
Et alors? Ben alors, l’avocat s’écrabouille façon crème. Les herbettes te titillent la goulette façon anisette poivrée. La vinaigrette swingue grave. Et la bresaola fait de la figuration rouge sombre, tout en amenant un discret contrepoint carné.
Je vous dis pas le tableau.
Printanier à donf’.
Mais pas gastrosexué pour un sou.
A sous peu

15/09/2008

La tartine de figue et l’aberration du savoir-vivre

Coucou

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Les bonnes manières à table recèlent de profondes absurdités. Prenez la fourchette et le couteau par exemple. Ben, le code exige que l’on tienne la première de la main droite et le second de la gauche. Enfin, pour les droitiers. Or, quand il s’agit de couper son steak, il faut échanger. Hop, le couteau passe à droite; et la fourchette à gauche. Enfin, pour les droitiers. Ce petit bout de bœuf, il s’agit de l’engloutir maintenant, et donc de le piquer. Hop, nouveau changement de côté. Le couteau repasse à gauche et la fourchette à droite. Enfin, pour les droitiers.
Mais vous avez vu ce bazar?
Que de vent inutile!
Quelle perte de temps avant la mastication!
Quel gâchis énergétique!
Si l’humanité occidentale consentait à abandonner cette vaine gymnastique (par exemple en apprenant aux mômes à piquer avec la main gauche, enfin pour les droitiers), l’énergie économisée permettrait, selon nos calculs, d’illuminer une ville comme Vierzon pendant un an six jours et trois heures. Environ.
Bref, croquez donc dans cette tartine de figue, cerfeuil et sbrinz. Tartine apéritive, à attraper avec les doigts, ce qui est très mode et constitue donc une indiscutable avancée écologique.

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La recette? Top périlleuse. Faites griller du pain. Oignez d’huile d’olive. Poivrez. Coiffez d’une tranche de figue fraîche, d’une feuille de cerfeuil et de quelques copeaux de sbrinz* bien sec.
Puis, entre chaque bouchée, laissez dévaler la merveilleuse petite arvine de Christophe Abbet (Martigny, Valais, Suisse occidentale du milieu) le long de votre glotte. Grand vin blanc. Abbet est bon. D’ailleurs, dans tous les blogs qui savent boire, l’Abbet rôde (comme diraient les Beatles).

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A plouche

PS1: *"Sbrinz???, kézako?", se sont peut-être écriés nos lecteurs français. Sbrinz: fromage à pâte dure de Suisse centrale, dégueu jeune et sous cellophane au supermarché; exquis affiné et tout sec chez le fromager. Le parmesan helvète, rien de moins. Voilà.

PS2: Rien à voir. Mais notre chère collègue blogueuse Mamina vient de sortir un bouquin avec ses recettes dedans. Youpiiii!

PS3: Rien à voir. Mais un blogueur cubain du nom d'Audaciosus à fait une de nos recettes, l'a mangé, l'a aimé et l'a posté en espagnol sur son blog. Grande fierté dedans notre coeur.