23/01/2012

Néron le supervilain et la terrine de poireaux aux noix et raifort

Coucou, les gens

neron.jpgL’empereur Néron, 0037-0068, (ben non, banane, ce n’est pas son téléphone, mais ses dates de naissance et de mort); Néron, donc, était une crapule anthologique si l’on en croit la chronique. Il fit empoisonner son frangin Britannicus, ébouillanter son épouse Octavie, éventrer sa propre maman Agrippine. Sans oublier quelques centaines d’autres assassinats plus ou moins raffinés, dont ceux des premiers chrétiens que l’empereur adorait voir brûler vif au crépuscule ou dévorer par des fauves dedans l’arène. A sa décharge, rappelez-vous que la télé n’existait pas à l’époque. Fallait bien se distraire.
Néron, toujours lui, bouta même le feu à Rome et s’en alla jouer de la lyre et pousser la chansonnette sur une colline aux abords de la ville pendant que rôtissait son peuple. Un esthète d’ignominie.

Mais c’est dans l’orgie lubriquissime que le potentat excellait. Les soirées chez Néron, ce n’était pas de la gnognote. Le vin et le stupre y coulaient à flot. Les vulves de truie volaient bas et pleuvaient les poireaux. Oui, les poireaux. C’est que l’empereur les adorait au point d’être surnommé «Le porrophage».

Question: Peut-on blâmer un empereur, si cruel soit-il, qui raffole des poireaux?
Je relève les copies dans deux heures.

Bref, voilà justement une terrine de poireaux aux noix, raifort et chèvre frais qui nous aurait sans doute assuré l’amitié de ce démon de Néron.

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Comptez trois poireaux standards par personne. Virez les feuilles vertes. Tchac! Nettoyez. Puis cuisez à l’eau ou à la vapeur, jusqu’à ce que le légume s’attendrisse (18  minutes dans notre petit panier vapeur à nous).
Essorez à fond, en étreignant les tiges (si j’ose), puis en les laissant bien s’égoutter dans du papier ménage.
Pendant ce temps, touillez du chèvre frais avec une noisette de pâte de raifort, une pincée de piment, sel, poivre et quelques mini-éclats de noix fraîche.
Chemisez une terrine de film alimentaire.
Montez ensuite votre échafaudage en alternant extrémités blanches et vertes, et en tartinant vigoureusement de chèvre entre chaque couche. Est-ce clair? Non? Tant pis.
Pressez vigoureusement le tout. Puis retournez un moment sur le bord de l’évier, pour un dernier essorage. Repliez le film alimentaire. Oubliez enfin la terrine deux jours au frigo avec un machin bien lourd sur la tête. L’annuaire de Mexico, par exemple. Tranchez enfin avec grand soin (l'édifice reste fragile). Puis dégustez avec une vinaigrette à l’huile de noix, quatre tranches de pain grillé, six verres de savagnin et deux amis chers.
Tchou!

19/03/2009

La capote du pape et le millefeuille de betterave au jambon ibérico

Mes bien chères soeurs

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Il y a un pays que l’on brûlerait de visiter. C’est le Pays des Papes. Car voilà bien une contrée mystérieuse et pittoresque. Ses habitants ont ainsi des mœurs qui ne ressemblent à nulle autre. Particulièrement en matière de sexualité. Un exemple? Au Pays des Papes, les gens n’ont pas, comme vous et moi, la sève qui leur chauffe l’entrejambe. Ils ne niquent pas comme des êtres humains lambda. Ils s’abstiennent. Personne ne sait du reste comment ils se reproduisent. («Silepapeétaitpapasonpapaseraitpapi», dit d’ailleurs une comptine charmante). Plus étrange encore: quand par malheur, ils enfilent une capote, ils choppent le sida. Et pof!
Dépaysant, non?

Bref, vivement dimanche que Ben le 16ème se repose. Ça fera des vacances à l’humanité.

D’ailleurs, ce hamburger de betterave au jambon serrano aux noisettes et quenelles de chèvre ne lui est nullement dédié. Na! Une entrée exquise et troublante, cela soit dit en passant, inspirée par un plat récemment dégusté dans un bistrot dans le vent, où le chef avait eu la bonne idée de marier une assiette de charcutaille ibérique à une glace à la betterave. Nickel, le pacs. Sitôt avalé, sitôt pompé.
Pour croquer dans ce chef-d’œuvre, il vous faut une betterave cuite, quelques tranches de jambon ibérico, un chèvre frais, douze feuilles de moutarde (ou plus, ou moins), des noisettes, de l’huile de noisette et une botte d’oignon nouveau.
DSC01917.JPGPelez et tranchez la betterave en tranches de 4, 37 mm d’épaisseur. Disposez-les à plat sur un plat plat (belle phrase, on dirait une homélie). Humectez gaiement d’une vinaigrette à l’huile de noisettes bien relevée. Sel, poivre. Et coiffez d’oignon frais et de pousses de moutarde ciselées. Filmez. Oubliez au frais une heure.
Dans une jatte, touillez le chèvre frais avec une larme d’huile d’olive, quelques rondelles d’oignons frais, des éclats de noisettes, sel, poivre, piment d’Espelette. Formez de gracieuses quenelles avec deux petites cuillères.
Et alors? Ben alors, dressez vos machins trucs, en alternant tranches de betterave et chiffonnades de jambon. Le tout avec quelques feuilles de moutarde, une giclée de vinaigrette, quelques noisettes balkanisées et deux quenelles de chèvre.
Très chic. Très bon. Toucon.
Amen

 

10/07/2008

Le tzatziki déviationniste au chèvre et à l’estragon

Coucouloucoucou

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Faut-il faire dégorger le concombre? Voilà un vrai débat, quasi théologique. Certains condamnent l’improductivité de la manœuvre, la jugeant même malsaine. Pendant que d’autres dégorgent encore et toujours, restant sourds à ces arguments.
Et même si cet oblong et simplet membre de la famille des cucurbitacées abrite environ 99% de flotte, nous autres Slurps, ne le dégorgeons guère. Ce qui nous permet de concocter en trois minutes chrono ce tzatziki au chèvre frais et à l’estragon. Version hautement iconoclaste du classique gréco-turc, qui pourrait du reste nous valoir les foudres du PKK. Surtout qu’on fait ça avec un miniconcombre, qui a ceci d’intéressant de pouvoir se cacher dans la poche tout en offrant une saveur un brin plus concentrée que ses grands cousins. Petit mais vaillant, en somme.


DSC01000.JPGAller, au boulot. Pour un petit bol de tzatziki apéritif…
Pelez le concombre. Prélevez à la mandoline huit rondelles minces. Détaillez le reste en morceaux grossiers qu’il s’agit de balancer dans le bol du mixer, avec une demi-gousse d’ail, quatre brins d’estragon frais équeutés, 60 grammes de chèvre frais, une bonne lichette d’huile d’olive, sel et poivre. Mixez. Goûtez. Rectifiez. Taillez les rondelles en petits dés. Intégrez. Touillez. Et décorez d’une tombée élégante de piment. Avalez autour d’une bouteille de blanc frappé, avec quelques mouillettes de pain grillé.
Voilà, voilà. On cherchait un final héroïque à cette recette. Mais, voyez-vous, ça ne vient pas

 

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A bintôt