06/04/2012

Le pois chiche, le merlu, le chorizo, le thym, le piment, le pape et tout ça et tout ça…

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Mes soeurs, mes frères, le bonjour

En cette période pascale, il est bon, voire conseillé, de se replonger dedans soi-même. De songer à son âme, à son passif, à son actif, en brossant un bilan impartial de son passage sur terre.
Et là, on se rend compte avec honte, consternation, voire auto-méprisance (création lexicale récente dont on ne se lasse pas) que le blog Top Slurp (le blog qui te taquine le zygomatique et te ravit le pharynx depuis février 2006 – fin de la page publicitaire) n’a jamais cuisiné de... pois chiche.

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Quelle injustice! Quel aveuglement! Quelle infamie!
Car le pois chiche est résolument cool. Oui, Madame. Membre débonnaire de famille des légumineuses, il se la pète moins que son cousin le petit pois. Se montre bien plus jovial que son beau-frère le soja. Et moins crétin que son aïeul le lupin.
On ne cause même pas de ses vertus. La faculté l’affirme: une consommation tri-quotidienne autant que prolongée de pois chiche prévient l’impuissance des très vieux messieurs, la paralysie capillaire des jeunes dames et la myxomatose du nouveau-né. Une bombe avec des fibres en pagaille, un look réconfortant et du goût dedans.
Tout ça pour vous exhiber notre darne de merlu (ou colin) sur lit de pois chiche au chorizo, thym et piment fumé. Nouvelle excentricité sur le mode terre-mer, qui ravira les gosiers les plus pieux.

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Il vous faut des tronçons de colin bien dodus, 53 grammes de pois chiche par personne, du thym frais, un bout de chorizo, du concentré de tomate, du piment doux fumé espagnol, du fond de veau artisanal… et 24 heures. Oui, 24, because on commence la veille par faire tremper ses pois dans l’eau claire pour tamiser leur proverbiale pétogénie.
A moins d’acheter des pois en boîte, ce qui est pêché mortel. Le pape pourrait fort mal le prendre.
Bref. A l’issue de ce long bain, donc, rincez. Puis cuisez les pois une heure dans de l’eau frémissante avec trois feuilles de laurier et un bulbe d’oignon frais.
Emincez deux gousses d’ail, une échalote et le chorizo en mini cubes. Faites revenir tout ca, tranquilou, dans un peu d’huile d’olive. Ajoutez les pois chiches, le thym et une giclée de concentré de tomate. Laissez mijoter quelques minutes en touillant. Puis mouillez avec le fond de veau. Assaisonnez enfin: sel, poivre, piment doux. Goûtez. Rassaisonnez.
Poêlez presto le colin, genre deux minutes et demie de chaque côté. Assaisonnez. Pimentez. Puis installez ces chères darnes sur leur coussinet de pois chiche. Elles en seront ravies. A taaaaaaable!

On vous bénit, oui, oui

11/03/2010

Le parmentier de lieu jaune au chorizo pour rigoler quand il ne fait pas très chaud (rizo)

Tchou, les cop’s

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Le lieu jaune, ce poisson bien aimable qui se trémousse dans les eaux septentrionales, se fait appeler pollock en langue anglaise. Oui, comme Jackson Pollock. Drôle de coïncidence. De là à penser que le peintre américain a choisi son pseudonyme après avoir dégusté ladite bestiole, ou se soit même inspiré des taches jaunes de ses flancs pour créer son style inimitable, il n’y a qu’un entrechat. Voilà même qui pourrait être un nouveau rebondissement dans la grande histoire des petites coulisses de l’art moderne autant que fractal. Tu nous suis? Non. Peu importe. Never mind the Pollock, comme dirait l’autre.


Tout ça pour engloutir notre parmentier de lieu jaune au chorizo, plat à la fois écologiquement correct (le WWF veut bien qu’on le mange, ce poisson-là), diététiquement nourrissant (n’importe quoi), calorigène et savourissime.

Pour deux être humains à solides appétits, il faut une livre de lieu en filet, trois grosses patates à purée, un vieux quignon de pain, du thym, du persil, du piment d’Espelette, huit tranches de chorizo (fort ou doux, à vous de trancher), du lait et d’autres petites choses encore.

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Oignez les filets de lieu d’huile d’olive, sel, poivre, thym, persil et piment. Laissez macérer deux heures au frais.

Pelez les patates, détaillez grossièrement (soit en disant des gros mots: putaingue de merdouille de boxon de campagne). Hop, dans de l’eau bouillante pour une grosse demi-heure. Dix minutes avant la fin, ajoutez une énorme gousse d’ail pelée.

DSC03043.JPGEmincez
le chorizo en fines lamelles. Faites griller à la poêle. Essorez sur du papier ménage.
Dans une grosse casserole, immergez le lieu dans de l’eau et du lait (à parité). Portez à ébullition tranquilou. Laissez glouglouter une minute. Virez la casserole du feu. Laissez tiédir.

Extrayez
ensuite le poisson du bain, en conservant le liquide de cuisson. Effilochez la chair, en virant arêtes et peaux moches. Puis mouillez largement avec le liquide de cuisson, additionné d’une cuillère à soupe d’huile d’olive. Assaisonnez vaillamment.

Essorez les patates et l’ail, écrabouillez le tout au presse-purée (à manivelle ou manuel), puis montez avec le liquide de cuisson de poisson et des giclées d’huile d’olive mesurées autant que successives, jusqu’à texture voluptueuse. Assaisonnez. Muscadez (je muscade, tu muscades, il muscate…). Touillez. Goûtez.

Beurrez un plat à gratin. Puis montez votre parmentier, en démarrant avec une mince couche de purée, une couche de poisson (n’hésitez pas à mouiller à donf’), une pluie de brindilles de chorizo, purée, poisson, purée et voilà. Râpez le quignon de pain sur le dessus, parsemez de minipluches de persil et d’une tombée de piment.

Enfournez un bon quart d’heure à 180°.

Ce bidule-là pourrait bien s’engloutir avec un verre de rosé frappé, bien vineux, fruité et vif, mais là, sous le coude, on n’a guère de suggestions. Les deux bouteilles de rosé genevois récemment acquises et dégustées ne nous ayant laissées dans la glotte qu’un arrière-goût de Canard WC éventé, on vous laisse dealer l’affaire avec le caviste du coin.

Bien à vous, les foufous

06/08/2009

La lotte cochonne, le piment ibérique, les chanterelles et tout le tralala

Bien le bonjour, cuistots branchés

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Il fut un temps où marier charcutaille et poiscaille relevait d’une audace culinaire inouïe. Voire inuit. Seuls quelques aventuriers intrépides et musculeux se risquaient alors à coiffer leurs encornets de miettes de jambon rôti (autopromo). A accoupler sans vergogne crevettes et merguez (re-autopromo). Ou à jucher leurs noix de St Jacques sur un pouf de lard grillé (re-re-autopromo).

Or, les choses ont bien changé. Oui, Madame. Désormais, le tandem terre-mer est devenu une évidence. Pour ne pas dire une giga banalité de la mort.
Tenez, notre pavé de lotte farci au korizo grillé, par exemple. Ben l’autre jour, suintant de fierté, on décrit la recette en détail à la copine Cricri. Elle écoute, poliment. Puis balance: «Poisson-cochon., c’est vraiment le truc à la mode. En vacances, j’ai vu ça sur toutes les cartes de resto
Et paf dans l’ego. Quand t’imagines avoir écrit un chapitre décisif de la gastronomie contemporaine, c’est toujours douloureux d’apprendre que t’as simplement jeté une crotte de nez dans la marre saumâtre de la branchitude.

Bref, voilà quand même le machin, très modestement intitulé châteaubriant de baudroie à la cochonne et son cortège estival autant que tricolore.
Dedans votre cabas tigré, il vous faut: des petites chanterelles (ou girolles en VF) - viiiite, la saison s’achève -, des fèves dans leur gousse – viiiiite, la saison s’achève –, des tomates cerise, un chouette morceau de lotte taillé en tronçons épais, du piment fumé autant qu’ibérique en poudre, quelques tranches de chorizo et L’Arrière-train sifflera trois fois en DVD (facultatif).

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Vous remarquerez qu’on a sciemment omis, comme d’ordinaire, d’indiquer les proportions, celles-ci variant considérablement selon le nombre des convives. Sachez, par exemple, que si vous êtes quatre à table, il s’agit de prévoir des quantités deux fois plus importantes que pour un tête à tête. L’inverse se vérifie également.

DSC02291.JPGPour la baudroie cochonne.
Poêlez les tranches de chorizo sans matière grasse. Quand elles croustillent, essorez sur du papier ménage.
Avec un couteau atchement pointu et affûté, incisez chaque pavé de lotte. Puis glissez le chorizo dans la scarification. Pas facile. Notez que votre couteau peut ici aimablement servir de cheval de Troie.
Salez le poisson, poivrez aussi et pimentez avec le divin pimentòn de la Vega, douce et odoriférante poudre castillane. A défaut, paprikez pépère.
Juste avant le miam, poêlez presto les pavés dans un peu d’huile d’olive. Genre deux minutes de chaque côté. Mais tout dépend de l’épaisseur de l’animal, of course. Coiffez enfin de chorizo taillé en bâtonnets et de quelques brins de thym.

Pour la garniture tricolore
. Ecossez les fèves. Pochez deux minutes dans une eau salée fémissante. Refroidissez illico. Puis dérobez. Réservez.
Nettoyez les champignons, à la brosse à dent si possible, sous l’eau claire autrement.
Taillez les tomates en deux.
Emincez une échalote.
Juste avant le miam. Faites fondre l’échalote dans une bonne noisette de beurre. Ajoutez tomates et girolles. Sel, poivre, une pincée de gingembre en poudre. Faites cuire cinq minutes à feu mezzo. Intégrez enfin les fèves, touillez 27 secondes. Puis dressez artistiquement les assiettes.
Avant de servir en tortillant du joufflu.

 

Ouvrons une page santé pour finir. TDSC02315.JPGous les diététiciens et les diététiciennes vous le diront, il faut absolument boire du vin à table; c’est bon pour le tissu conjonctif, l’articulation rachidienne et le transit artériel. Ici, une grenache gouailleuse, naturelle et parfumée devrait faire l’affaire. Farfouillez donc dans le chai du Domaine de l’Anglore, Tavel, Vallée du Rhône du Sud, France d’en bas à droite sur la carte. Il est possible que vous y trouviez le jus de la situation.

Veuillez agréer... blabla