21/11/2008

Le millefeuille au boudin: histoire d’un désastre canaillou-chic

Salut, les canailles

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Il existe une tendance exquise dans la cuisine d’aujourd’hui que l’on a librement baptisé «le canaillou-chic» Rien à voir avec l’insipide porno chic de la pub. Hou non!
Le canaillou-chic, voyez-vous, consiste à intégrer des mets dits canailles, roots et populaires, dans des plats contemporains sévèrement lookés, voire résolument fusionnés.
Le sushi d’andouille de Guéméné aux salicornes, par exemple, c’est canaillou-chic. Le tablier de sapeur en espuma quadrichromique, c’est aussi canaillou-chic. Tout comme le cristal d’oreille de cochon à la fève tonka ou les macarons de ris de veau aux épices polaires.

Estèbe ironise, pensez-vous. Pas vraiment. Parce que c’est rigolo, le canaillou-chic.

D’ailleurs, l’autre jour, on a subitement décidé de rejoindre le club très fermé des créateurs canaillou-chics, avec une inspiration foudroyante et, osons-le, sublime. Soit le millefeuille de boudin au ketchup de coing. Ça vous la cloue, non?
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L’un de nos cavistes chéri était attendu pour le déjeuner. On est passé en cuisine pour réaliser cette recette prodigieuse, bien décidé à épater notre hôte.

On a fait sécher des fines tranches de pomme paprikées une grosse heure au four à basse température.
On a mitonné un chutney de coing pimenté et acidulé, avec des graines de fenouil dedans
On a dépiauté le boudin, avant de le trancher en tronçons dodus et de le faire dorer à la poêle.
Après ça, on a monté nos millefeuilles, prodigieux échafaudages canaillou-chics, fruits d’une imagination mirobolante et d’un brio culinaire rare.
Humanité gourmande, retiens ton souffle, Dr Slurp va te galvaniser la papille!
Ben, c’était nul.
Sec, etouffe-bougre, idiot et vain.
Même les photos étaient nazes.
F.B.I., comme dit la génération montante.
Et paf, dans l’ego.

Snif!