24/06/2011

L’affaire de la miction colombine et le paillasson glorieux

Hugh, mes soeurs!

 

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L’autre jour, le Dr Slurp, tel un Louison Bobet du XXIe siècle, chevauchait sa bicyclette dans les rues de Genève. Altier, superbe, tout en muscles et en souplesse, il glissait sur le bitume à une allure de 17 nœuds environ. Rien ne semblait pouvoir l’arrêter. Ni les sifflements admiratifs que lui lançaient les filles sur le trottoir. Ni les regards de jalousie que lui décochaient leurs compagnons.
C’est là qu’un pigeon lui a pissé dans l’œil.
Oui, t’as bien lu.
Une crapule de piaf a osé expédier sa misérable urine dans la mirette gauche de mèzigue.
Ça pique. Ça vexe. Ça avilit. Le Dr Slurp en a conçu une aigreur majuscule à l’âme et une rougeur disgracieuse autour du cristallin, qui a considérablement émoussé le charme notoire de son regard minéral.

Du coup, l’héroïque cyclo-randonnée s’est achevée en eau de boudin, avec une espèce de monstre borgne et furax en train de zigzaguer sur son vélo tout en marmonnant des injures à l’intention des volatiles incontinents.
Depuis, bien sûr, on hait les pigeons. Au point même d’envisager une croisade planétaire pour éradiquer ces pisseurs ailés de nos cieux. Sus à l’espèce colombine et à ses mictions infâmes!
Inutile de vous dire que l’on ne mange plus d’oiseau. Boycott complet. Les paillassons de patate et courgette au safran et aux muscats secs, en revanche, ça le fait. Et à donf’.

Tiens, quel hasard formidable, en voilà justement la recette.

Pour deux êtres humains à table:
Dans une jatte, détaillez en toutes minces lanières une courgette et râpez façon rœsti trois patates farineuses genre bintje. Ajoutez un jaune d’œuf et une giclée d’huile d’olive. Hydratez quatre brins de safran dans un tout petit peu d’eau. Hachez grossièrement dix muscats secs. Mélangez le tout. Sel, poivre.
Dans un emporte-pièce de la taille d’un cul de bouteille ou de lutin, moulez vos paillassons en appuyant comme un sourd. Poêlez enfin dans un peu de beurre moussu et à feu pépère, dix bonnes minutes de chaque côté. Faut que ça croustille dehors et que ça fonde dedans.

C’est avec cette chute navrante de banalité que, messieurs dames, l’auteur de ces lignes, la pupille encore rougeoyante, vous tire son chapeau et prend congé sur la pointe des pieds.
Tchou!

20/09/2010

Triologie orientale : des courgettes et des brochettes qui ont le sens de l’houmous

Salamaleïkoum, les potes


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412.jpgIl y a des jours où l’on rêvasse d’ailleurs. Où le quotidien se fait lourdingue comme une bouteille de propane. Où les contemporains lassent. Et la bonne humeur croasse.
Il y a des jours où le moral glisse donc inexorablement en direction des charentaises. Il faisait chaud, on se les gèle (ou on se l’Hegel, pour faire dialectique). Les jours se ratatinent et les charters français se romatisent. Un con de chien a pissé sur ton vélo. Et la Une de Libé avec Bono te fait froid dans le dos.
Tiens, il y a des jours où on serait mieux tout seul dans le désert. Le tutu calé entre les deux bosses d’un chameau débonnaire, qui dodeline bravement. Avec l’haleine brûlante de l’alizé qui te chatouille le pif. Et le panorama indolent des mamelons sableux à perte de vue.

Voyez le tableau, quoi. Genre vieille pub pour les eskimos Gervais.

Evidemment, il faut réagir. Presto. Nouer autour de ses hanches un tablier fantaisie et cuisiner vite fait un miam oriental, qui dépayse gentiment la papille et balaie les idées grises en deux pincées d’épices. Et paf. Voilà des brochettes d’agneau canailles et mentholées à l’orientale, un houmous façon Dr. Slurp et une salade de courgettes acidulées au sumac.

Le souper triologique de Shéhérazade dans ta kitchenette septentrionale, parfaitement.

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  • Les brochettes express de l’orient

Il faut glisser dans son cabas du filet d’agneau, et des rognons d’agneau itou, que le boucher aura gentiment paré sans carnage. Soit viré le gros de la graisse et ouvrant les rognons façon crapaudine. Ajoutez aux emplettes un bouquet de menthe, un poivron doux genre paprika et un oignon doux.

Pour l’huile de menthe. Dans une petite casserole, amenez au seuil de l’ébullition un demi-déci d’huile d’olive, avec trois feuilles de menthe, une échalote et une demi gousse d’ail, l'une et l'autre épluchées. Retirez du feu et laissez infuser tranquilou.

Pour les brochettes. Taillez le filet en cubes et les rognons en quatre parts égales. Puis plongez le tout dans une jatte. Arrosez avec une partie de l’huile aromatisée, de ras-el-hanout, d’un tour de moulin à poivre et d’un filet de citron. Laissez mariner une heure. Au moins. Puis poubellisez la menthe, l’ail et l’échalote.
Dans une poêle, faites fondre tout doux l’oignon et le poivron, taillés respectivement en rondelles et en petits carrés élégants. Quand ils s’attendrissent, enfilez vos brochettes en alternant oignon, filet, rognon et poivron. Poêlez à feu vif quatre ou cinq minutes. Salez. Et coiffez enfin de pluches de menthe.

  • La salade de courgettes byzantine (Pfff… n’importe quoi)

DSC03527.JPGPelez puis taillez les courgettes en spaghetti, à la mandoline, à l’économe, ou tout autre ustensile idoine qui dormirait au fond du placard. Réservez la partie centrale pleine de pépins. Elle servira pour la purée (miracle d’économie domestique!). Mélangez à quelques olives noires émincées avec une bonne giclée d’huile d’olive, un jus de citron, trois brins de coriandre émincée et quelques éclats de tomates séchées. Parsemez de sumac moulu. Assaisonnez, touillez et goûtez.

  • La purée de pois chiches au cumin façon Sinbad

Faites tremper les pois chiche. Un jour. Une nuit. Un jour et une nuit. Une nuit et un jour, voire.  Changez l’eau du bain quand vous passez par là. Puis faites cuire les pois chiches dans un grand volume d’eau. Une heure et demie, minimum. Une demi-heure avant la fin, ajoutez les cœurs de courgette (voir ci-dessus, ben oui, banane).

Dans une coupelle, écrabouillez deux gousses d’ail dans un jus de citron. Passez les pois chiches et courgettes au presse-purée, ou au mixeur, ou à la moulinette à Mamie, intégrez l’ail et le citron, liez à l’huile d’olive, assaisonnez puissamment, réchauffez d’un pincée de piment, parfumez de graines de cumin. Goûtez. Et rectifiez jusqu’à l’extase orientale dedans la bouche. Pour faire le malin, coiffez enfin de graines de sésame noir.

DSC03477.JPGServez tout ça en effectuant une danse du ventre pleine de sensualité et d’athlétisme. Sans oublier de déboucher au préalable une topette d’un gamay top moumoute, épicé et framboisé, ample et coquin, par exemple le Côte de Py du Sieur Foillard à Morgon.

A bintôt, les aminches

NB: Connaissez-vous le Bourgogne favori de Sarko 1er? Non? C'est le Romano-Contue, bien sûr.

24/08/2010

Fraîcheur de féra fumée aux courgettes et glaçons dans la culotte

Salud, les gens biens

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On ne voudrait pas vous raconter nos petites misères. Mais il y a des choses impossibles à taire. Le Dr Slurp s’est fait un gros bobo au sacrum, ou peut-être au coccyx, là en bas où c’est rond, au niveau de la carcasse culière. Comprenez que l’auteur de ces lignes ne peut plus s’asseoir. Il a la lune qui pleure, le joufflu foutu, le tutu en deuil. Parle à ma tête… Forcément, il a dû s’inventer des stratagèmes pour vivre sans gémir. Comme par exemple de quitter le lit à quatre pattes et à reculons, ce qui manque un tantinet de majesté.

La gente médicale, quant à elle, s’est montrée très aimable quoique circonspecte. «Evitez de vous asseoir», a conseillé prudemment la doctoresse. «Asseyez-vous sur des choses molles», a tergiversé le physio. «Mettez-vous des blocs gel pour glacière dans le slip», a tranché l’ostéo. Quelle perspective rafraîchissante! Jamais on n’aurait imaginé se remplir la culotte de glaçons, en dehors des heures de rut bien sûr.

Fort heureusement, ce handicap postérieur n’entrave en rien le hobby favori de Monsieur du Cucassé, mèzigue donc. Soit la cuisine rigolote. C’est debout, et sans grimace, qu’il vous dégaine sa salade de courgettes à la féra fumée et amandes amères, plat lutin autant que tonique, réalisable en quelques minutes et sans se casser les fesses.

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Pour quatre becs en entrée
, remplissez votre panier de quatre radis, trois courgettes, deux petits filets de féra fumée (ou de truite fumée pour nos lecteurs non lacustres), une orange, un citron et quelques amandes amères.
Rôtissez les amandes à la poêle sans matière grasse.
Zestez la moitié de l’orange, blanchissez les zestes quelques minutes.
A l’économe ou à la mandoline (mon petit bambinooooo), détaillez les courgettes en minces rubans. Virez la partie centrale pleine de pépins. Les cochons d’Inde adorent. Au couteau, divisez ensuite lesdits rubans en trois dans le sens de la longueur.
DSC03464.JPGTranchez le poisson en petites bouchées, sans faire de carnage, SVP.
Emincez les radis en rondelles.
Au fond d’un saladier enfin, concoctez une vinaigrette incisive à l’huile d’olive et au jus de citron. Il en faut une bonne dose pour taquiner l'affaire.
Touillez-moi le tout avec souplesse et prudence.

Puis faites sauter le bouchon d’un grand blanc sudiste, un Mas Jullien 2008 par exemple, balèze et vif, classe et impérieux, un jus languedocien comme on s’en slurpe peu au cours de l’existence.

Le tout sans s’asseoir, bien sûr.

Adios

 

13/08/2009

Les spags de courgette, de la Génèse à la Révélation

Mes hommages, les marmottes rieuses

 

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Sur le blog de Mamina, qui est la plus grande cuisinière du Berry, voire du monde sensible, on avait été un jour subjugué par un concept encore inconnu de nos services. Soit le spag de courgette. Oui, t’as bien lu, coquelet. Le spag de courgette. Crue même, la courgette. Voilà un machin palpitant, moderne et diététique, qui pourrait bien sauver l’humanité de la banqueroute culinaire et de l’obscurantisme gourmand.

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Bon, avant de s’extasier, il s’agit d’investir un tantinet. Un peu moins que le prix d’une place de cinoche. Ce qui est très peu. Ou énorme. Tout dépend du film, en fait. Pour Disco, par exemple, comédie tricolore avec Depardieu, Annie Cordy et Dubosc, cela représente une somme prodigieuse.
Euh… digresserions-nous?

DSC02327.JPGBref, il faut donc se payer un petit engin qui tient dans la main; une espèce d’économe avec des dents atchement pointues, qu’il s’agit de planter dans la chair de la courgette, avant de tirer un coup (si j’ose), de haut en bas. C’est clair? A vrai dire, rares sont les opérations en cuisine s’avérant aussi simples et aisées que celle-ci. Fricth, fritch. Le cuistot rit. Les spags pleuvent. Trop facile. A tel point qu’on a manqué de se sectionner le majeur pas plus tard que la semaine dernière.

(Intermède dubitatif: Il se peut que la plupart d’entre vous possèdent déjà l’ustensile susdécrit, tutoient les spags de courgette depuis la Libération et que nous soyons donc présentement en train de passer pour le roi des cornichons. C’est une éventualité qui nous fait trembler, sachez-le.)

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Question. Maintenant je fais quoi avec mes spags de courgette? Ben, tu peux te les mettre sur la tête, par exemple. Ou jouer au mikado mou (le moukado). Tu peux aussi faire une salade d'enfer, avec du cerfeuil, de la coriandre et des dés (dédé?) de cette tomate joviale dite cœur de bœuf. Deux giclées d’huile d’olive. Une giclée de vinaigre de cidre. Sel, poivre. Et sluuuurp.

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Tu peux aussi te tricoter de petits paillassons végétaux, bicolores et coquins, en brassant dans une jatte des spags de carotte et de courgette, avec un jaune d’œuf ou deux, un peu d’huile d’olive et une bonne pincée de cumin. Sel, un rien de poivre. Une volée de parmesan râpé, pourquoi pas. Touille. Et moule tes paillassons dans un emporte-pièce rond, de la taille d’un cul de bouteille ou de lutin.
Hop au four, à 180°, sur du papier sulfurisé, pour douze minutes et quelque. C’est là une garniture d’une élégance infinie, qui devrait convaincre un monde incrédule que le spag de courgette, ben, ce n’est pas de la gnognote.


A bientôt pour de nouvelles aventures drolatiques


NB:
On peut plonger dans le technicisme culinaire sans laisser son âme artistique au vestiaire. Toi aussi, fais le portrait sur assiette de ta grand-tante qui vient souper. Elle sera secrètement flattée.

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17/10/2008

Et si on s’escalibait en hommage aux Comelade?

Zour,

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Une confidence: on adore les Comelade. Les Comelade mère et fils.

Le fils, c’est Pascal Comelade, qui enregistre depuis trois décennies des disques d’une musique miniature et singulière, bricolée mais savante, poétique et malicieuse. Zieutez donc cette version de Russian Roulette: grand solo de paille et ciseaux.

 

 

La mère, c’est Eliane Thibaut-Comelade, responsable, entre autres, des deux formidables recueils de recettes catalanes traditionnelles (ed. Jacques Lanore), qui pourraient bien constituer les ouvrages définitifs sur le sujet.
C’est dans ces pages exaltantes que, il y a des années de ça, on était tombé sur la recette de l’escalibade, ou escalivade, plat végétal, élémentaire mais mirobolant, dont on vous livre ici notre version. Ne me remerciez pas. Vous m’êtes sympathiques.

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Sur l’étal du potager, raflez tout les vétérans de l’été, vétérans qui vous semblent garder bonne mine et afficher un pedigree correct. Poivron, petit oignon doux, aubergine, tomate joufflue, voire courgette, même si la doctrine catalane ne l’inclut pas dans le tableau. Profitez-en pour choper un bouquet de thym. Rentrez chez vous. Et vite.

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Lavez puis taillez les légumes longitudinalement (quel adverbe splendide!), les tomates en quatre et les oignons itou. Déposez tout ça à plat dans un plat plat (une répétition? où ça?). Brumisez avec vigueur d’huile d’olive. Saupoudrez de thym frais, sel, poivre. Balancez un demi-verre d’eau au fond du plat. Et hop, au four, à 150 °, pour une heure. A mi-course, il n’est pas inutile d’ajouter un peu d’eau. Et de baisser un poil le feu. Faut pas que les vétérans crament.

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Les légumes sortent de là confits et juteux, qu’on les bisouterait amicalement avant de les croquer sauvagement. Avec ça, selon humeur, on avale des côtelettes d’agneau, des anchois de Collioure ou rien du tout.
DSC01292.JPGPlus du vin, plein, rouge, vivant. Un pinard catalan aurait certes sa place sur les genoux de l’escalibade; mais les jus voisins sont bienvenus, comme ce Minervois d’un producteur dont on cause dans les salons, mais que nous n’avions encore jamais humé. Voluptueuse surprise que la cuvée L’Ours Bleu 07 de Jean-Baptiste Sénat (portait cool ici), dont la rusticité tonique et la puissance fruitée nous ont laissé dans un état de rêverie extatique. Zzzzzzz.


Tchoup


PS: Pas de slurperies la semaine prochaine. On s’en va chasser le paradentiste en Transylvanie.

 

12/08/2008

Les trois petits joufflus farcis à la slurp

Comment que ça va?

 

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Sur l’étal de la maraîchère, ces trois-là nous ont illico paru bonnards. Trois petits joufflus aux museaux rigolards. On aurait dit des compères prêts à aller faire la java au coin des zincs. Remarquez, ils sont bien allés faire la java, mais au four, farcis à la slurp.
Tout ça pour exhiber au nez d’un monde incrédule nos petits farcis de saison, aux deux viandes et épices syncrétiques. Ça, c’est du bel intitulé de plat qu’on dirait du Bocuse.

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Munissez-vous donc de bœuf haché et de chair à saucisse (compter 48 grammes par légume à farcir). Ainsi que de courgettes rondes (ou rondini), de petites aubergines rondes et de tomates. Rondes itou, les tomates. Coupez-leur à toutes le béret, extrayez la pulpe à la petite cuillère, en évitant le carnage. Réservez.
Puis faites précuire les légumes ainsi évidés au four à 150°, d’abord les aubergines. Puis au bout de sept huit minutes, les courgettes. Pas les tomates. Quoi «pourquoi»? Le premier qui m’interrompt encore, il file chez le proviseur.

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While my aubergine and courgette gently weep, attaquez-vous à la farce, en hachant la chair des légumes tout en faisant revenir à la poêle les viandes dans un peu d’huile d’olive. Ajoutez le hachis légumier. Puis aromatisez le tout de sel, poivre, sumac, kamoun, romarin, thym et piment d’Espelette (notez le babélisme de l’assaisonnement). Goûtez. Faut que ça fasse twister la papille. Laissez refroidir. Et liez cette bonne farce avec un œuf.
Quand les légumes sont tendres, farcissez-les. Posez les chapeaux sur leurs têtes hilares. Et renfourner dix minutes.
Et voilà, nos trois petits potes tout parfumés, tout jouasses, tout chauds (mmmm… rarement on a pondu chute aussi niaise; ça vole bas chez Dr Slurp; si ça continue, on va trouver du pétrole)

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Adios!

PS: Pour une raison dépendante de notre volonté et grâce aux acquis sociaux qui nous permettent depuis 1936 (merci Léon Blum) de nous soustraire quelques jours par an à la machine à broyer l’âme qu’est le monde du travail, Top Slurp va se taire une dizaine de jours. Oui, je sais, Eliane, c’est long. Mais on rira à nouveau sous peu (à l’oignon).

 

 

22/05/2008

Brochette de lapin aux pruneaux et ras-el-hanout sur barbecue velu du pectoral


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Mes hommages, les coquelets connectés

Z’avez remarqué? C’est toujours le mec qui s’occupe du barbecue.
La nana, elle, nettoie le gril avant, nettoie le gril après, s’occupe des courses, fait la salade, le taboulé, la tarte et la vaisselle. Mais le mec est au feu. Splendide, le mec. La pince dans une main, la canette de bière dans l’autre; la chemise entrouverte sur la moquette pectorale et le bob vissé sur le crâne; il jongle avec les merguez, dribble les côtelettes, cligne des yeux dans un nuage de fumée grassouillette. En hurlant des ordres contradictoires à l’ensemble de la maisonnée.
1354819347.jpgEt pourquoi qu’elle est masculine cette activité-là? Hou la! Ça remonte à loin. A l’aube de l’humanité. Car, voyez-vous, dans les cavernes, nos aïeux pouilleux et hirsutes observaient sans doute la même discrimination sexuelle. Monsieur était au feu, madame à tout le reste. Il faut dire qu’au paléolithique, le feu, on le chouchoutait grave. La flamme venait à s’éteindre et tout était dépeuplé.
On notera que, depuis l’invention du briquet jetable, il n’y a plus vraiment de raison de sacraliser le foyer. Le dimanche au fond du jardin, c’est pourtant le mec qui grille. Qui carbonise le steak et incendie la saucisse. Appelons-ça une résurgence primitive. La braise et la bidoche réveille le cro-magnon qui sommeille chez le mâle civilisé.
Clôturons-la ce passionnant chapitre de psycho-sociologie culinaire, pour avaler une brochette de lapin aux pruneaux et ras-el-hanout. Brochette qui, vous l’aurez subodoré, peut trouver sa place sur le gril dominical.
Dans votre petit panier d’osier, prévoyez du poivron rouge, de la courgette, des filets de lapin, des pruneaux, du citron et du ras-el-hanout. Nananère.


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834943176.JPGTranchez les légumes (lavés et pelés au préalable, non mais!???), les pruneaux et le lapin en cubes de taille peu ou prou compatibles.
Et enfilez-les successivement sur une longue tige pointue, en bois ou métal, communément appelée brochette.
Disposez sur un plat, arrosez d'un jus de citron et d'une franche rasade d'huile d’olive. Salez, poivrez. Coiffez de ras-el-hanout avec générosité. Filmez (comme on dit sur la Croisette). Et expédiez à macérer une heure au frigo.
Avant de griller une vingtaine de minutes sur brasier modéré, ou à la poêle. Une pincée de fleur de sel, et slurp. Avec ça, un épi de maïs, doré au beurre, fait fureur, pour un peu qu’on est des dents vaillantes pour croquer dedans.

Tchou, les cro-magnons