17/09/2009

La dame qui dormait au frigo et la caille mi-figue mi-raisin

 

Bien le bonjour, les perdrix naines


La cinquantaine imminente et le poil jaune dûment permanenté, l’Américaine Joyce dort dans son frigo pour être plus belle. Oui. Pour rester ferme et fraîche, au sens le plus strict du terme. Elle a essayé la chirurgie esthétique. Mais rien ne remplace, dit-elle, un bon gros dodo à 3°. Ses proches sont d’ailleurs formels: A 49 ans, elle en paraît 46. Notez que cela se discute en guignant la vidéo ci-dessus.

Bref, tous les soirs, Joyce enfile sa nuisette; bise sa famille; et va se recroqueviller dans le réfrigérateur, sur un petit coussin, sans vraiment dépareiller d'ailleurs au milieu des cornichons en bocal et de la dinde sous cellophane.
Notez que cette manie contrarie probablement un tantinet la vie sexuelle de Maman Frigo (pas de place pour deux dans l’habitacle, ceinture doudou), tout en contingentant sévèrement l’alimentation familiale (pas de place pour un chapon non plus, ceinture doudou).
Benoîtement, on se dit qu’à vouloir ainsi rester jeune et sexy, cette brave dame risque d’attraper froid – une grosse angine de poitrine cela peut-être fatal. Et de se retrouver dans une autre chambre froide, bien plus confortable celle-là.

 

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Impossible, cela dit, de réfuter la théorie de la coquette Joyce. Prenez par exemple ces quatre cailles désossées. Ben, après une nuit au frigo, elles faisaient montre d’une jeunesse et d’une joliesse stupéfiantes. Sans chirurgie esthétique. On aurait pu les épouser. On a fait mieux. On les a cuisinées avec de petits fruits de saison, du laurier frais et de la gnôle charentaise. C’est tout dire.
Voilà des cailles mi-figues-mi-raisin au cognac et laurier, recette peu exigeante, quasi acalorique, à la fois moderne et rassurante, espiègle et implacable. Tayaut!

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Pelez et épépinez une grappe de bons gros raisins de table blancs. Pelez et tranchez en deux quelques jolies figues vertes. Dans une jatte touillez doucement les fruits avec une généreuse lampée de cognac et de vinaigre blanc, quelques larges tours de moulin à poivre, plus trois ou quatre feuilles de laurier frais très finement émincées. Laissez macérer au frais, en mélangeant de temps à autre.

Sur la table de la cuisine, ou plan de travail comme on dit chez Roche-Bobois , disposez vos cailles désossées le ventre à l’air, façon crapaudine. Salez et poivrez. Puis écrabouillez une figue sur leurs mignons bidons, ajoutez quatre demi-raisins. Le reste des fruits? Il jouera les garnitures. Un peu de patience, que diable!
Puis pliez et refermez les volatiles avec une ou plusieurs pique(s) de bois, en aiguillonnant au passage une feuille de laurier. Sel, poivre. Arrosez enfin avec le jus de macération.

 

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Préchauffez le four à 200°. Enfournez les bestioles pour vingt minutes. A mi-cuisson, ajoutez dans le plat le reste des figues et raisins.
Quand les cailles sont dorées et les fruits gentiment confits, servez vos convives, sans doute déjà largement éméchés. Puis retournez au frigo pour rester jeune et fraîche.

A bientôt, et vivement bientôt

PS: Oups... on allait oublier le proverbe du jour. le vlà: Trotsky tue le ski.

16/09/2008

Bonjour Monsieur Le Cochon mi-figue mi-raisin

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Salud! 

L’autre jour, on était parti pour acheter le nouveau disque de Carla Bruni. Non que ce genre de musique nous galvanise particulièrement. Mais on n’a pas envie de se retrouver punaisé dans le fichier Edwige, au chapitre «blogueur exilé au comportement antinational.» Cela fait moche sur le CV.
Bref, on allait donc ajouter notre poignée de sable au ciment national, quand on est tombé sur un joli morceau de cochon (Carla Bruni aussi, remarquez). Et le contenu du porte-monnaie y est passé. Oui, on a investi dans un rôti de porc plutôt que dans une galette de dinde. Comme si rien n’était. Depuis, on sent le souffle rauque d’Edwige à nos fesses. Pffffff. Brrrrrr.

Tiens, voilà un rôti de porc mi-figue mi-raisin.

Salez, poivrez le rôti et expédiez-le à four froid à 200°. L’est fou? Four froid à 200°? Ben oui, au four non préchauffé mais dûment réglé sur 200°. Compris?
Pelez deux figues, épépinez, disons, onze grains de raisins blancs. Expédiez dans une petite casserole avec un trait de porto, un trait de vinaigre de vin, une pincée de piment, une pincée de gingembre, une pincée de cannelle, une pincée de muscade, un clou de girofle atomisé, une cuillère à café de miel et deux tours de moulin à poivre. Laissez compoter à couvert. Puis à découvert. Mixez. Ajoutez quelques noix grossiérement écrabouillées. Goûtez. Et rectifiez selon votre humeur. Faut de la douceur, mais un poil d’acidité quand même. De l'harmonie, que diable!

Bref, au bout d’une bonne demi-heure de cuisson du cochon (qui a bien bruni comme on dit à l’Elysée, warf), badigeonnez-le avec ledit onguent, et renfournez en baissant le feu à 140° pour vingt minutes. Surveillez. Et couvrez s’il le faut.
Pendant ce temps, passez quelques figues et raisins dans une poêle avec un peu de beurre et de romarin. Ben oui, c'est la garniture.
Et servez le tout, en chantonnant
Ya Kekun qui m’a dit que le cochon m’aimait encore
Serait-ce possible alors?
Hein?

Groink!

 

15/09/2008

La tartine de figue et l’aberration du savoir-vivre

Coucou

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Les bonnes manières à table recèlent de profondes absurdités. Prenez la fourchette et le couteau par exemple. Ben, le code exige que l’on tienne la première de la main droite et le second de la gauche. Enfin, pour les droitiers. Or, quand il s’agit de couper son steak, il faut échanger. Hop, le couteau passe à droite; et la fourchette à gauche. Enfin, pour les droitiers. Ce petit bout de bœuf, il s’agit de l’engloutir maintenant, et donc de le piquer. Hop, nouveau changement de côté. Le couteau repasse à gauche et la fourchette à droite. Enfin, pour les droitiers.
Mais vous avez vu ce bazar?
Que de vent inutile!
Quelle perte de temps avant la mastication!
Quel gâchis énergétique!
Si l’humanité occidentale consentait à abandonner cette vaine gymnastique (par exemple en apprenant aux mômes à piquer avec la main gauche, enfin pour les droitiers), l’énergie économisée permettrait, selon nos calculs, d’illuminer une ville comme Vierzon pendant un an six jours et trois heures. Environ.
Bref, croquez donc dans cette tartine de figue, cerfeuil et sbrinz. Tartine apéritive, à attraper avec les doigts, ce qui est très mode et constitue donc une indiscutable avancée écologique.

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La recette? Top périlleuse. Faites griller du pain. Oignez d’huile d’olive. Poivrez. Coiffez d’une tranche de figue fraîche, d’une feuille de cerfeuil et de quelques copeaux de sbrinz* bien sec.
Puis, entre chaque bouchée, laissez dévaler la merveilleuse petite arvine de Christophe Abbet (Martigny, Valais, Suisse occidentale du milieu) le long de votre glotte. Grand vin blanc. Abbet est bon. D’ailleurs, dans tous les blogs qui savent boire, l’Abbet rôde (comme diraient les Beatles).

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A plouche

PS1: *"Sbrinz???, kézako?", se sont peut-être écriés nos lecteurs français. Sbrinz: fromage à pâte dure de Suisse centrale, dégueu jeune et sous cellophane au supermarché; exquis affiné et tout sec chez le fromager. Le parmesan helvète, rien de moins. Voilà.

PS2: Rien à voir. Mais notre chère collègue blogueuse Mamina vient de sortir un bouquin avec ses recettes dedans. Youpiiii!

PS3: Rien à voir. Mais un blogueur cubain du nom d'Audaciosus à fait une de nos recettes, l'a mangé, l'a aimé et l'a posté en espagnol sur son blog. Grande fierté dedans notre coeur.