25/01/2010

La rosace de betterave de la mer et de la terre (deux trucs pour le prix d’un machin)

Bien le bonjour, les plantigrades rieurs

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L’autre jour,
une jeune collègue nous avouait, rougissante et bafouillante, s’être payé un kilo de tomates. En janvier. Des tomates. «Pour faire une salade». Ah, la crapule! Elle allait le payer.
«C’est trop dur, l’hiver, il n’y a pas de légumes», gémissait-elle en se tordant les mains tout en évitant notre regard glacial. On lui a illico flanqué aux fesses la brigade de répression du non-respect des saisons. Une petite lettre anonyme, et hop. Nyark.
Avant de lui lister, d’un ton martial, ces végétaux exquis qui se pavanent sur nos étals ces jours-ci.
-    Les choux (blancs, frisé, chinois…)
-    La pomme de terre
-    La carotte (orange, jaune, violette…)
-    Le panais
-    Le col rave
-    Le potimarron
-    Les brocolis
-    La lambada
-    Le topinambour
-    Les céleris, branche et pomme
-    Le rutabaga
-    La scorsonère
-    Les pommes
-    Les châtaignes
-    L’endive
-    L’épinard
-    Les poires
-    Le navet
-    Le colrave
-    Les haricots secs
-    Le poireau
-    La rillette
-    Le salsifis
-    La macarena
-    Les chicorées (Trévise, scarole…)
-    La rave
-    La racine de persil
-    Le cerfeuil tubéreux
-    Les crosnes
-    La capucine tubéreuse (qu’on oublie trop souvent) et l’ursuline ténébreuse

Alors, il n’y a pas de légumes en hiver? La scélérate s’est agenouillée en pleurs pour implorer notre pardon. Non, plus jamais elle ne mangerait des tomates en janvier. On l’a rapidement absous, en lui grattouillant le crâne. Allez, un Pater, six Ave et trois Gloria Patri pour la route. Suivante. Le Dr Slurp sait être magnanime, parfois.
Oups, on avait oublié de citer la betterave.

Tiens, voilà d’ailleurs une recette d’hiver qui rigole, sobrement intitulée rosace de betterave acidulée et tronçons de gambas rôties à la vinaigrette tiède. Ça le fait comme intitulé, non? On dirait un peu du Maupassant sous ecstasy.
Bon, dedans ton cabas à fleurs, il te faut des germes d’oignons, des betteraves cuites, une grosse gamba par personne, des citrons verts et c’est tout.

 

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Décortiquez
les gambas. Laissez mariner au frais dans un peu d’huile d’olive, citron vert et poivre exotique.

Pelez
(en enfilant des gants de vaisselle pour éviter d’avoir les pattes rouges) puis émincez les betteraves en fines rondelles. Disposez sur un grand plat en rosace (ou en colimaçon, ou en escargot, exercice périlleux exigeant un Bac + 12 en architecture ornementale).

Arrosez joyeusement d’huile d’olive et de jus de lime, salez poivrez. Parsemez de germes d’oignon.

Dans une casserole, faites tiédir une vinaigrette tonique d’huile d’olive + jus de citron vert + piment.

Allumez le four à 50°

Poêlez presto les gambas à feu fou, puis tranchez en tronçons biseautés. Puis installez les dits tronçons sur les betteraves.

Passez deux minutes l’assiette au four. Brumisez enfin les crustacés de vinaigrette tiède. Servez au pas de course en tortillant du joufflu.

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Variante carnée tout aussi slurp
: le carpaccio de betterave et bœuf en trompe-l’œil.

Composez la rosace décrite ci-dessus en intercalant une tranche de carpaccio de bœuf et une rondelle de betterave.
Arrosez d’huile de noix et jus de citron. Poivre. Fleur de sel.
Puis coiffez d’éclats de cerneaux et vieux copeaux de parmesan. C’est tout rouge. C’est tout bon. C’est la recette bonus qui prouve une fois encore que le Dr Slurp a des ressources inimaginables dessous le capot.

A plouche, amigas

10/08/2009

Lettre d’amour fou à la verveine citronnée (magistralement déclinée en soupe de melon et gambas rôties en graines de sésame)

Bonjour, les énarques du goût

 

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On a déjà hululé ici notre tendresse pour la délicate et mirobolante verveine citronnée. Froisser puis sniffer une feuille de cette plante sublime, c’est comme expédier tes naseaux dans le Jardin d’Eden, en business-class et sur Ivresse Airlines.
C’est comme danser un long slow langoureux avec Dame Nature simplement vêtue d’un paréo mauve.
C’est comme flatter le croupion ferme et ondulant de la saison estivale, dans la pinède vierzonnaise au clair de lune.
Euh… On s’égare, non?


Bref, après avoir fait convoler cette merveille avec un lapinou qui passait par là (clic), la voilà déclinée en soupe de melon et gambas rôtie en croûte de sésame. Oui, c’est fort. Non, on ne sait pas où on va chercher tout ça. Oui, on veut bien la médaille du mérite végétal, plus la palme académique (avec le masque et le tuba, SVP).

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Mixez-moi un melon (ou deux ou trois, selon nombre de becs à table) avec un bouquet de verveine. Puis assaisonnez progressivement, avec un parcimonieux feeling, en ajoutant une mini giclée de vinaigre de Xérès, une pincée de poivre de Séchuan, une pincée de piment et une autre de sel. Rectifiez par touches. L’équilibre salé-sucré-acide, voyez-vous, est un Himalaya qui s’escalade sans hâte. Gardez au frais, into the big frigo.

Dans une jatte,
touillez une poignée de graines de sésame, le jus d’une lime, une pincée de piment, une giclée d’huile d’olive, quelques tours de moulin à poivre et plein de feuilles de verveine hachées menu.
Décapitez et décortiquez les gambas crues, sans oublier de les châtrer, soit d’extraire cette maudite membrane noire qui leur court sur le râble. Salez. Puis roulez les crustacés dans la marinade. Couvrez. Puis oubliez au frigo une heure.
A 19 h 53, fichez les gambas sur une brochette. Poêlez à feu nourri, dans une nano-barbotière d’huile d’olive. Deux minutes et quelques de cDSC02299.JPGhaque côté.

Installez enfin la brochette en équilibre sur le bol contenant la soupe de melon. Opération périlleuse, exigeant maîtrise et concentration, qui constitue le moment-clé, le point d’orgue, le climax émotionnel autant que technique, de cette couillonne de recette.

Avec ça, notre sommelier Esteban 1er, vous suggère un rosé naturel des Corbières: la cuvée Coule Douce de Catherine Marin-Pestel à la Treille Muscate, par exemple, un brin drôle de jus en vérité, pour gosiers très avisés, avec une larme de sucre qui en adoucit l’attaque et une chair au fruité radical qui fait pschiiiit sous la langue. Archi ouf mais méga slurp.

A sous peu (de melon à la verveine)

 

PS. Quand vous cuisinez, ça ne vous énerve pas, vous, quand un petit pokémon débile vient twister entre les casseroles?

21/05/2009

Gambas, morilles et lard embrochés à la vitesse d’un TGV au galop

Coucou,

 

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Aujourd’hui, chers lecteurs haletants et allaitants, nous allons tenter d’inscrire ce blog dans le Livre Guiness des Records Débiles, en publiant la recette narrée de manière la plus rapide de l’histoire de la popote mondiale.

Parfaitement.
On retient son souffle.
Et on se lance.

Pour réaliser une brochette gambas-morille-lard, embrochez le tout et faites griller.

88 caractères. 13 mots. Bingo. Ben voilà, on est dans le Guiness. Trop fort.
Certes, ce n’est pas donné à tout le monde, mais toi aussi, en bossant comme un fou des mois durant, tu peux y arriver.

Envoyez les télégrammes de félicitations et dons en nature à:
Dr Slurp
Genf
Suisse méridionale

Europe non alignée

 

Bizzzz

 

 

PS:  Avant de rafler le record, il s’agit de faire mariner les crevettes crues (de grosses crevettes ou de petites gambas) avec de l’huile d’olive, une pointe d’ail haché, une bonne pincée de piment d’Espelette, du thym frais et quelques tours de moulin à poivre.
Les morilles seront menues, bien nettes et fermes, si possible dégottées par M’Zelle Sonson dans les sous-bois des contreforts jurassiens (facultatif). On les nettoie sous l’eau, et on les précuit cinq six minutes dans une mininoisette de beurre.
Le lard est paysan mais pas fumé. Il est taillé en dés d’une taille égale à l’épaisseur des morilles et des crevettes (soyez bien concentrés à ce stade, SVP).

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Une fois le tout enfilé sur une pique (pique et colégramme), on bloque la brochette avec un petit bâtonnet d’oignon frais (le détail sublime, qui trahit le passé de scout du cuistot).
On assaisonne. Avant de faire dorer les brochettes une douzaine de minutes dans un peu d’huile d’olive, à feu mezzo.
Il est envisageable de se taper ça à l’apéro, en entrée ou en plat principal. Voire au dessert ou au goûter. Compter de une à 87 brochettes par personne. A déguster avec un verre de gamay à jus blanc boombastic, genre le Moulin-à-vent émouvant du Domaine des Côtes de Molières.

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Quoi??!! Il est long mon poste-scriptôme??!! M’enfin??!!

27/03/2009

Rififi autour du carpaccio d’asperges à la citronnelle et gambas rôties

Bien le bonjour,

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Comme la coiffure de Mireille Mathieu, l’ours des Pyrénées, le charme discret du secret bancaire ou la transsexualité du pape Ben The Sixteen, il y a des thèmes qui divisent encore et toujours. L’asperge crue en fait partie. Certains l’adorent. D’autres la craignent.
Une récente expérience, narrée ci-dessous, s’est ainsi soldée, autour de la table familiale, par une double exécution verbale. Dr Slurp en est sorti les pieds devant, l’âme ciselée et l’égo émincé. Rien de grave, on vous rassure. Et puis, tous les gnous sont dans la panure. 
Mais on vous raconte quand même. Because, ben, ce n’était pas si mal, en fait.

Bref, croquez dans ce carpaccio d’asperges vertes, gambas rôties et vinaigrette tiède à la citronnelle.

DSC01945.JPGDécortiquez entièrement de grosses gambas crues. Et faites mariner deux bonnes heures, au frais, avec plein de feuilles de citronnelle, de l’huile d’olive, un filet de citron et une bonne pincée de poivre de Sichuan.
Préparez une huile aromatisée à la citronnelle. Dans une casserole, plongez un déci d’huile d’olive et six feuilles de citronnelle. Dès que l’huile frémit, coupez le feu et laissez infuser quinze minutes. Virez les feuilles. Puis préparez une vinaigrette acidulée avec un filet de citron, sel et poivre.
Coupez le tutu coriace des asperges (entre le tiers et la moitié de la tige selon la plastique des demoiselles). Pelez-les. Séparez les têtes d’un coup de lame vengeur. Taillez les tiges en minces lamelles à la mandoline (gratte gratte, mon petit Bambino). Blanchissez les têtes quatre minutes dans de l’eau salée. Rafraîchissez sitôt.
Poêlez à feu furax les gambas, deux minutes de chaque côté, plus 33 secondes sur la tranche, en arrosant de marinade. Essorez. Tranchez en deux dans le sens de la longueur.
Réchauffez tout doux la vinaigrette.
Disposez les lamelles et têtes d’asperges dans une grande assiette au design sobrement baroque. Empilez les crustacés, là au milieu, en une rosace érotique. Oignez largement de vinaigrette tiède. Quelques cristaux de fleur de sel. Un gros tour de moulin à poivre. Et grimpez à pas pépères sur l’échafaud.

Arrosoir

PS: L’étrange là-dedans, c’est qu’en effet, l’asperge crue n’a guère la saveur de l’asperge cuite. Rien à voir. Voilà même une vraie bizarrerie culino-physique. On en parlera à notre psychiatre.

11/04/2008

F. Sur la plage abandonnés...

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Parce que les coquillages, crustacés et autres mollusques manquent de conversation quand on les rencontre entre deux eaux, mais s'avèrent aimables au fond d'une assiette.

 

1241279468.jpgSalade de poulpe acidulée

Encornets aux champignons et miettes de jambon rôti

Seiches au chorizo en persillade

Gambas au pesto-nitruant

Gambas aux deux piments

Gambas au yuzu

1026304228.jpgHomard aux légumes croquants

Rondelles de calamar aux olives et basilic frit

Calamaretti au wok

Pâtes aux vongoles, moules et anneaux de calamars

Saint-jacques aux poireaux confits et yuzu

Saint-jacques aux morilles et réduction de corail crémeux

937968787.jpgSaint-jacques au lard rôti et bolets compotés

Saint-jacques au sirop de mandarine safrané et basiliqué

Nage de la mer à l'anis étoilé

Curry de crevettes, coques, chorizo et merguez

Moules aux épices orientales