23/09/2008

Lentilles et coquillages: l'attraction immédiate

Comment que ça va, vous?

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mona_lisa_lipo.jpgSelon une étude américaine aussi récente que sourcilleuse, le botox stimule le coup de foudre. Ou tout au moins l’attraction immédiate. La nana (ou le gulu) sévèrement botoxée inspire d’emblée la sympathie, voire le désir le plus dégoulinant, bien plus que la même nana (ou gulu) pas botoxée du tout.
Notez au passage que l’enquête a été menée auprès d’un échantillon représentatif… d’Américains. Et que ces gens-là ont éventuellement des goûts un brin différents des nôtres. Par exemple, ils trouvent la chanteuse Cher ravissante.
Nous, en tout cas, ce ne sont pas les lippes de canard et les minois pétrifiés qui nous rendent tout chose. Mais les lentilles vertes du Puy (rarement on avait échafaudé transition à ce point niaise). Surtout quand elles sont flanquées de petits coquillages (on s’enfonce).
Voilà donc des lentilles aux coquillages et petits légumes, plat sain et exquis qui, s’il lipposuce un brin le porte-monnaie, ne botoxe en rien les hanches.

Pour quatre coquins à table, il nous faut 600 grammes de palourdes et 600 grammes de petits coquillages, genre vongoles et coques. Cela dit, si parmi vous lecteurs adorés, certains souhaitent mettre de la moule là-dedans, on n’y voit aucun inconvénient. Où en étions-nous? Ah oui, les emplettes. Ajoutez au fond du petit panier une grosse carotte, une petite aubergine, un bouquet de cerfeuil, du vin blanc et 220 grammes de lentilles vertes, pourquoi pas genevoises.

DSC01189.JPGMettre les coquillages à dessabler une demi-heure dans de l’eau fraîche salée. Rincez les lentilles, expédiez dans de l’eau frémissante, avec une bonne pincée de sel, un bouquet garni, quelques grains de poivre, trois feuilles de poireau et un oignon piqué de quatre clous de girofle. Laissez glouglouter 20-30 minutes.

Pendant ce temps, taillez la courgette et la carotte en brunoise, soit en cubes nains. C’est fastidieux, mais satisfaisant.
Puis faites fondre une échalote et une gousse d’ail hachées au fond d’une grosse poêle à larges bords (ç'a un nom, cet engin, m'en souviens plus, une sauteuse?). Ajoutez les coquillages, quatre brins de cerfeuil et trois décis de vin blanc. Couvrez. Quand les coquillages s’entrebâillent gentiment (le temps d'une chanson), réservez et filtrez le jus. Puis remettez-le sur le gaz, qu'il réduise pépère. Laissez refroidir les coquillages. Avant d’en décoquiller le plus grand nombre. Voui: on garde quelques bestioles avec leurs carapaces pour rendre le plat plus attractif comme disent les études américaines.


Juste avant la fin de cuisson des lentilles, ajoutez d’abord les carottes quelques minutes, puis les courgettes quelques secondes. Manière de garder les légumes croquants. Puis virez l’eau, le bouquet garni, l’ail et l’oignon. Remettez les lentilles un petit moment à feu soft, avec une cuillère à soupe de crème fraîche et un déci de jus de coquillages réduit. Plus les coquillages, bien sûr. Mélangez avec componction. Parsemez de pluches de cerfeuil. Rectifiez l’assaisonnement, en pimentant un poil si la glotte vous en dit.

Puis injectez-vous une dose massive de collagène dans le lobe de l’oreille droite pour susciter la sympathie des convives. Chouette ambiance garantie.

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Bizzzzzzzzzzzzz

PS. On relit cette recette. Et on s'étonne de la confusion qui y règne. Un vrai botoxon. C'est pourtant un plat peu ou prou réalisable par un enfant au QI moyen (environ 60-65). Or, on y pige que pouic. Est-t-on vraiment fait pour la rédaction culinaire? Ne devrait-on ouvrir un blog sur le jardinage? Sur la lévitation transexuelle? Sur l'élevage des castors juniors?  Va falloir y penser.