21/03/2011

Les crosnes à la basquaise ou la victoire de la raison

Bien le bonjour,

 

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On ne parle pas assez des crosnes. Non, non, non.
On ne célèbre pas assez cette petite racine d’origine nipponne, qui sous des dehors assez peu engageants de crotte de nez momifiée, voire de chenille boudinée et velue, cache une chair croquante à la délicate saveur de châtaigne et d’artichaut (oui, la phrase est longue mais atchement bien balancée, non?).

Vénérons donc le crosne.

Et cuisinons-le dare-dare, de manière foutraque et babélique. Par exemple en une fricassée de crosnes au lomo et thym façon basquaise.
On a de ces idées parfois…


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Pour, disons, euh... trois personnes, remplissez votre baise-en-ville avec 347 grammes de crosnes, un bouquet de thym, douze tomates cerise et un gros poivron rouge. Sans oublier quatorze rondelles d’un bon lomo. Le lomo étant cette salaison maigre, goûteuse autant qu’espagnole à base d’échine de cochon ibérique; rien à voir donc avec le lomo sapiens, ni le lomo sexuel, encore moins avec la lessive lomo, celle qui élimine les grosses tâches depuis 1908.

Euh… m’égarerais-je?
Reprenons.
Rentrez à la maison.
Puis nettoyez les crosnes.
Pour cela, il existe une technique ancestrale et donc éprouvée. Il s’agit de planquer vos crosnes dans un linge rustique avec une poignée de gros sel. Refermez. Puis massez sur le plan de travail avec une certaine véhémence. Au contact du sel, la racine s’offre un peeling du diable, et en perd donc ses poils et peaux superflues. C’est magique. C’est dermatologique.
Rincez ensuite longuement les crosnes sous l’eau claire. Pochez trois quatre minutes dans l’eau frémissante. Puis faites revenir pépère à la poêle, dans une noisette de beurre. Assaisonnez. Quand le crosne s’attendrit tout en demeurant un brin croquant, réservez.
Dans la même poêle et un peu d’huile d’olive, balancez une pointe d’ail hachée et un poivron rouge pelé et émincé en lanières. Faites fondre gentiment.
Taillez le lomo en fines bandelettes. Coupez les tomates cerise en deux, ou en trois, ou en quatre.
Ajoutez le tout (crosnes + lomo + tomates) dans la poêle. Saupoudrez de piment d’Espelette et de thym frais. Assaisonnez. Touillez tout doux. Puis servez au pas de course une minute plus tard en chantant l’Internationale en basque et en braille. Ou pas.
Tchou!

Smacks en cascade

PS : Tout en clapant ce machin ci-dessus, il s’agit certes de glouper du rouge, et du bon. Du genre fruité et solaire, charpenté comme un hockeyeur et flatteur comme un VRP. On n’a pas d’idée, là sous le capot, mais votre caviste en regorge probablement.

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17/12/2009

L’omniscient Chuck Norris et les perches saltimboquées à l’ibère

Bien le bonjour, les elfes ventrus

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chuck-norris-ne-mouille-pas-cest-leau-chuck-n-L-1.jpegLa septantaine imminente mais le pectoral toujours bien bombé, Chuck Norris est un être humain balèze, un champion de karaté balèze, un amant balèze, un républicain balèze et un acteur de cinéma, disons, euh… assez balèze. Sur le web, plusieurs sites (clic) proposent des listes d’aphorismes sur le thème de Sa virilité, de Sa puissance, de Son omniscience. Exemples:
Chuck Norris fait pleurer les oignons.
Jésus Christ est né 1940 ans avant Chuck Norris
Chuck Norris et Superman on fait un bras de fer, le perdant devait mettre son slip par-dessus son pantalon.
Pour certains hommes le testicule gauche est plus large que le testicule droit; chez Chuck Norris, chaque testicule est plus large que l'autre.

Distrayant, non?

Tiens, Chuck Norris a avalé cul sec nos filets de perche saltimboqués au lomo. Avec la poêle et la gazinière.

Pour réaliser ce plat coquin et ravissant, il vous faut des filets de perches, certes, quelques tranches fines d’un chouette lomo – salaison cochonne autant qu’espagnole tout doucement pimentée – quelques feuilles de sauge fraîche et un demi-citron vert.

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Assaisonnez les perches côté chair. Détaillez les filets de lomo en demi-lune, qu’il s’agit d’installer sur chaque filet de poisson avec un confetti de sauge au centre. Repliez les filets sur eux-mêmes, puis refermez-les d’un cure-dent vengeur. Ce qui n’est pas si fastoche que ça. La perche a le cuir dur, moins que Chuck Norris, d’accord, mais tout de même.

Allumez
le gril, en installant la plaque tout en haut du four.

Poêlez
d’abord deux trois minutes à feu dru les perches dans une noisette de beurre. Salez, poivrez, paprikez mollo. Puis achevez la cuisson quelques minutes de plus, en glissant la poêle sous le gril, la porte du four ouverte pour ne pas cramer le manche.

Réveillez
enfin la chair lacustre avec quelques gouttes de citron.

Voilà, ça se gobe en apéro, en riant, en entrée, en plat principal, en kilt, en dessert même dans les foyers progressistes. Et avec une grande goulée d’aligoté, SVP, celui des Curiades à Lully; voire, plus chic, celui d’Aubert de Villaine à Bouzeron, pour lequel on nourrit une vieille tendresse quasi libidinale depuis des lustres.

Bien à vous

PS: On dit aussi que le dernier homme à avoir serré la main à Chuck Norris c’est Jamel Debbouze. Hum...

16/01/2009

Les poireaux vinaigrette au lomo et parmesan à la mode tafou tafou

 

Bonjour

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Une confession en guise d’amuse-bouche. Le poireau et mèzigue, on n’a pas toujours été copain. Lui nous battait froid. Et nous ne l’aimions guère. La faute à une mémé, par ailleurs plutôt bonnarde, qui forçait sa petite-progéniture à avaler une papette informe et malodorante. Papette à base de poreaux, donc. Comme quoi il y a un traumatisme enfantin derrière toute chose. Même derrière cet idiot de poireau.
Et puis, on a changé d’avis. Lui aussi. C’est venu tout doucement, par consentement mutuel. Une petite œillade. Un sourire en coin. Un bisou sur la joue. Aujourd’hui, c’est la passion.
Le poireau et mèzique, c’est Loana et Jean-Edouard, Gault et Millau, Montaigne et La Boétie, Calvin et Hobbes. Voire même Chevallier et Laspalès. C’est tout dire.
Tiens, essayez donc ces poireaux vinaigrette relookés, au lomo chipsé et pimenté, noisettes et parmesan. Un plat à ce point atchement bon que quiconque croque dedans s’expose à une apoplexie de volupté dès la première mastication. Vous voilà prévenus.

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Au marché choisissez des poireaux à la tige mince et immaculée. Passez après chez le boucher espagnol et faites vous tranchez de fines lamelles d’un beau lomo, filet de porc séché, maigre et goûtu. Filez ensuite chez l’Italien pour acquérir un morceau de parmesan bien cassant. Avant d’aller vérifier dans le placard de la cuisine s’il vous reste du piment doux fumé, de l’huile de noisette et des noisettes tout court. Le compte est bon? Action!
Virez le vert des poireaux (qui feront une bonne soussoupe). Nettoyez les tiges. Et hop, à la vapeur, un bon moment, jusqu’à tendreté radicale.
Chipsez les tranches de lomo à la poêle sans graisse jusqu’à croustillant majuscule. Saupoudrez de piment fumé.
Mitonnez une vinaigrette huile de noisette-balsamique blanc, gentiment relevée.
Ecrabouillez quelques noisettes.
Lacérez le parmesan en minces copeaux.
Laissez tiédir les poireaux. Humectez-les de vinaigrette, puis coiffez du tout. Une pincée de fleur de sel. Un tour de moulin à poivre. Une bruine de piment. Voilà.
Et c’est une aurore boréale qui éclaire subitement votre table à manger (en merisier roux, assemblage par tenons et mortaises, 116 mètres avec allonge intégrée, acheté en promo chez Roche Bobois).

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Adios


NB: La très amène Tiuscha nous a récemment demandé de lire à tout le monde et à voix haute cinq lignes, à partir de la cinquième ligne, de la page vingt-quatre du bouquin qui traîne sur notre table de chevet. Bon, il y en a quinze, des bouquins. On vous en attrape un, à l’aveugle.
Page 24, cinquième ligne. «Natacha desserra d’un geste négligeant la ceinture de son peignoir en pilou mauve, laissant entrevoir des rondeurs singulières. Elle lui coula un drôle de coup d’œil, puis lança d’une voix rauque: «Tu as déjà joué au tafou tafou?» Emilien ne répondit pas. Affublé d’une surdité congénitale et d’une myopie virale, le garçon évoluait dans un smog sensoriel, somme tout confortable. Le tafou tafou s’annonçait mal…»