12/03/2012

La salade de carciofis à l’orange sanguine et la grande découverte sémantique


Gros poutoux

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Le Dr Slurp, qui jamais ne somnole intellectuellement, a eu récemment une révélation d’ordre sémantique. Oui, Madame.
C’est que bon nombre de verbes actifs conjugués à la première personne du pluriel deviennent des homonymes de bonnes choses à manger. Ça te la coupe, non?
Viiiiite, un exemple.
Prend le verbe rogner, au hasard. Conjugue-le à la première du pluriel. Hi, hi, rognons les rognons. Rebelote avec le verbe cocher: cochons les cochons. Et puis aussi sommons les saumons, meulons les melons, pigeons les pigeons, grattons les grattons, oignons les oignons (ben oui, de l’adorable verbe oindre), poissons les poissons, etc.

On se rend compte au passage de la pauvreté de la langue française, à laquelle manque désespérément des verbes comme champigner, cornicher, pigner, jamber, estraguer, macarer, potimarrer ou citrer.

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Hélas, on ne peut s’amuser de la sorte avec la recette du jour, qui est toutefois drôlement comestible, légère et lutine. Il s’agit de très mignonne salade de mini artichauts primeurs (ou carciofis) à la menthe et à l’orange sanguine. C’est que les carciofis italiens sont de retour au marché, qu’ils sont goûtus en diable, qu’ils annoncent le printemps et que tout le monde il est gentil.

En entrée, comptez trois ou quatre carciofis par bouche à nourrir.
Retirez les feuilles extérieures, moches et coriaces. Tranchez au raz de la queue et coupez la pomme en son milieu, de façon à éliminer toute la partie supérieure des feuilles. Oui, ça fait un gros déchet, comme on dit à Tchernobyl. Coupez enfin ce qui reste en quatre dans le sens de la longueur, en balançant au fur et à mesure dans de l’eau citronnée pour éviter l’oxydation.

Faites cuire les carciofis une dizaine de minutes à la vapeur. Rafraîchissez illico sous l’eau claire. Pelez une ou plusieurs oranges sanguines à vif. Ciselez plein de brins de menthe. Puis disposez le tout dans une très belle assiette, avant de brumiser d’une bonne huile d’olive et d’un filet de citron. Fleur de sel, poivre au moulin. Et slurp, slurp, slurp. Oui, trois fois.

Tiens, une autre fois, on chiquera les chicons.

20/09/2010

Triologie orientale : des courgettes et des brochettes qui ont le sens de l’houmous

Salamaleïkoum, les potes


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412.jpgIl y a des jours où l’on rêvasse d’ailleurs. Où le quotidien se fait lourdingue comme une bouteille de propane. Où les contemporains lassent. Et la bonne humeur croasse.
Il y a des jours où le moral glisse donc inexorablement en direction des charentaises. Il faisait chaud, on se les gèle (ou on se l’Hegel, pour faire dialectique). Les jours se ratatinent et les charters français se romatisent. Un con de chien a pissé sur ton vélo. Et la Une de Libé avec Bono te fait froid dans le dos.
Tiens, il y a des jours où on serait mieux tout seul dans le désert. Le tutu calé entre les deux bosses d’un chameau débonnaire, qui dodeline bravement. Avec l’haleine brûlante de l’alizé qui te chatouille le pif. Et le panorama indolent des mamelons sableux à perte de vue.

Voyez le tableau, quoi. Genre vieille pub pour les eskimos Gervais.

Evidemment, il faut réagir. Presto. Nouer autour de ses hanches un tablier fantaisie et cuisiner vite fait un miam oriental, qui dépayse gentiment la papille et balaie les idées grises en deux pincées d’épices. Et paf. Voilà des brochettes d’agneau canailles et mentholées à l’orientale, un houmous façon Dr. Slurp et une salade de courgettes acidulées au sumac.

Le souper triologique de Shéhérazade dans ta kitchenette septentrionale, parfaitement.

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  • Les brochettes express de l’orient

Il faut glisser dans son cabas du filet d’agneau, et des rognons d’agneau itou, que le boucher aura gentiment paré sans carnage. Soit viré le gros de la graisse et ouvrant les rognons façon crapaudine. Ajoutez aux emplettes un bouquet de menthe, un poivron doux genre paprika et un oignon doux.

Pour l’huile de menthe. Dans une petite casserole, amenez au seuil de l’ébullition un demi-déci d’huile d’olive, avec trois feuilles de menthe, une échalote et une demi gousse d’ail, l'une et l'autre épluchées. Retirez du feu et laissez infuser tranquilou.

Pour les brochettes. Taillez le filet en cubes et les rognons en quatre parts égales. Puis plongez le tout dans une jatte. Arrosez avec une partie de l’huile aromatisée, de ras-el-hanout, d’un tour de moulin à poivre et d’un filet de citron. Laissez mariner une heure. Au moins. Puis poubellisez la menthe, l’ail et l’échalote.
Dans une poêle, faites fondre tout doux l’oignon et le poivron, taillés respectivement en rondelles et en petits carrés élégants. Quand ils s’attendrissent, enfilez vos brochettes en alternant oignon, filet, rognon et poivron. Poêlez à feu vif quatre ou cinq minutes. Salez. Et coiffez enfin de pluches de menthe.

  • La salade de courgettes byzantine (Pfff… n’importe quoi)

DSC03527.JPGPelez puis taillez les courgettes en spaghetti, à la mandoline, à l’économe, ou tout autre ustensile idoine qui dormirait au fond du placard. Réservez la partie centrale pleine de pépins. Elle servira pour la purée (miracle d’économie domestique!). Mélangez à quelques olives noires émincées avec une bonne giclée d’huile d’olive, un jus de citron, trois brins de coriandre émincée et quelques éclats de tomates séchées. Parsemez de sumac moulu. Assaisonnez, touillez et goûtez.

  • La purée de pois chiches au cumin façon Sinbad

Faites tremper les pois chiche. Un jour. Une nuit. Un jour et une nuit. Une nuit et un jour, voire.  Changez l’eau du bain quand vous passez par là. Puis faites cuire les pois chiches dans un grand volume d’eau. Une heure et demie, minimum. Une demi-heure avant la fin, ajoutez les cœurs de courgette (voir ci-dessus, ben oui, banane).

Dans une coupelle, écrabouillez deux gousses d’ail dans un jus de citron. Passez les pois chiches et courgettes au presse-purée, ou au mixeur, ou à la moulinette à Mamie, intégrez l’ail et le citron, liez à l’huile d’olive, assaisonnez puissamment, réchauffez d’un pincée de piment, parfumez de graines de cumin. Goûtez. Et rectifiez jusqu’à l’extase orientale dedans la bouche. Pour faire le malin, coiffez enfin de graines de sésame noir.

DSC03477.JPGServez tout ça en effectuant une danse du ventre pleine de sensualité et d’athlétisme. Sans oublier de déboucher au préalable une topette d’un gamay top moumoute, épicé et framboisé, ample et coquin, par exemple le Côte de Py du Sieur Foillard à Morgon.

A bintôt, les aminches

NB: Connaissez-vous le Bourgogne favori de Sarko 1er? Non? C'est le Romano-Contue, bien sûr.

30/11/2009

Le hamster sous viagra et le flan de fenouil à la menthe

Coucou, les cochons dingues

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Il n’y a pas que des bonnes nouvelles dans le journal ce matin. Hou non. Vivre dans un pays où les gens pètent de trouille et insultent, via les urnes, une communauté qui ne leur à rien fait, voyez-vous, ça plombe le moral. Voire plus. Bref.

Heureusement qu’il y a des news plus gaîtes dans la presse, pour un peu qu’on cherche bien dans les recoins. Par exemple, celle-ci:
«Bien connu pour résoudre les dysfonctionnements érectiles chez l'homme, le Viagra s'est peut-être trouvé une autre fonction. Testé sur des hamsters, la petite pilule bleue pourrait aussi limiter les effets dus au décalage horaire.»

Par quel processus expérimental les scientifiques ont-ils pu en arriver à cette conclusion fascinante? Facile. On imagine qu’ils ont bourré un hamster de Viagra, l’ont expédié en avion vers les Antipodes, avant d’examiner ses réactions à l’arrivée. L’animal, qui aurait dû être tout flagada après ce long voyage, était sans doute excité comme une puce, pelotait l’hôtesse en jetant des plaisanteries libidineuses à la cantonade.
Voilà, le décalage horaire est vaincu. Vive les rongeurs. Vive la science. Vive les hôtesses de l’air.

Et puis, vu que rien n’arrête la marche fabuleuse du progrès humain, tricotons-nous à présent un flan de fenouil bio au parmesan bio et à la menthe bio, garniture bio qui accompagnera vos poissons bio ou viandes bio avec la pétulance d’un hamster bio sous viagra.

Pour quatre petits flans…

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Virez les feuilles moches et le cœur coriace d’une paire de fenouils adultes, émincez-les, puis faites les cuire à couvert dans une casserole avec un grand verre de lait. Quand ils s’abandonnent, mixez-les. Vrouuuuum. Assaisonnez.
Dans une jatte, fouettez deux œufs et une cuillère à soupe de crème. Fouettez, fouettez, refouettez. Salez mollo, poivrez. Puis intégrez une grosse cuillère d’un bon parmesan en poudre et un demi-bouquet de menthe ciselée. Touillez. Ajoutez enfin le fenouil. Retouilez.
Répartissez joliment dans quatre ramequins. Faites cuire au bain-marie, un gros quart d’heure, au four préchauffé à 150°.

Puis photographiez
, en faisant semblant de ne pas remarquer qu’une bestiole hirsute, un hérisson sous viagra sans doute, s’est glissée dans le cadre.
Tiens, ça me troue l’ozone, des trucs comme ça.

Bien à vous, bonsoir

21/09/2009

La stupide légende du pagre rôti à la menthe

 

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Coucou, les farfadets tabascotés

Pour faire taire la fringale qui hurlait dans son maigre bidon, Gustave tenta de se replonger dans l’intégrale de Blek Le Roc. Sans succès. Faim, faim, faim, psalmodiait son ventre vide. Ses yeux se brouillaient de larmes, ses mains tremblaient. Il s’effondra sur un pouf et alluma la télévision. Le visage de Cyril Lignac s’encadra dans la lucarne. Gustave se mit à gémir. Il balança, furax, la zappette par la fenêtre, qui alla se briser, trois étages plus bas, sur le crâne d’un pauvre séminariste qui passait par là. Pas de chance.

Une dernière fois, Gustave farfouilla dans son placard. Vide, bien sûr. Soudain, il avisa une fiole qu’il n’avait pas repérée jusque-là. Une vieille bouteille de Tabasco, périmée au moins depuis le split des Beatles. Tant pis. Il aspira une goulée d’oxygène, serra les fesses. Et déboucha le flacon, prêt à en engloutir le contenu. Dans un grand éclair blanc, apparut alors un bon génie. The Bon Génie. «Salut, je m’appelle Estebouille. J’étais coincé dans cette bouteille depuis le spit des Beatles. Tu m’as libéré. Cool. Du coup, je t’exauce un vœu, là, maintenant.» Gustave, incapable d’articuler un mot, désigna son nombril geignant. Estebouille hocha la tête en souriant. Puis disparut par la bonde de l’évier en chantant l’Internationale.

Une seconde plus tard, on sonnait à la porte.

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Gustave alla ouvrir. Un pagre d’un kilo l’attendait, ruisselant et jouasse. «Salut mon pote, j’arrive du golfe de Gascogne.» Le poisson se dandina jusqu’à la cuisine, où il entreprit de s’écailler, de se vider, de s’oindre d’huile d’olive et de s’assaisonner sous toutes les coutures, tout seul comme un grand.

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Driling. On sonnait encore à la porte. Gustave, ahuri, découvrit sur le palier un bouquet de menthe, trois tomates joufflues et une échalote. Le groupe pénétra dans l’appartement en rigolant. La menthe s’auto-hacha et alla se glisser dans le ventre du pagre. L’échalote et les tomates se pelèrent et s’émincèrent mutuellement, avant de se lover gentiment au fond d’un plat à gratin. Le poisson sauta habilement sur ce lit végétal et s’y alanguit. Trop chou.

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Une bouteille d’un Montlouis naturel, charmeur et ciselé (Le p'tit Caporal produit par le bien nommé Frantz Saumon), qui était apparue sur le plan de travail comme par enchantement, envoya enfin une giclée de son précieux jus blanc sur les légumes.
A ce moment précis, le four, qui préchauffait à 180° de sa propre initiative, ouvrit sa porte avec un certain fracas.
Gustave, groggy, comprit qu'il devait enfourner le plat. Vingt minutes après, le four s’ouvrait à nouveau.

N’ayant aucun talent particulier pour la cuisine de la mer, et surtout pas pour lever les filets, Gustave mangea le poisson entier, s’étouffa avec une arête et mourut sur le coup, comblé, ravi, repu.

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Tchou

PS: Cette histoire n’est pas vraie.

25/06/2009

Les calamaretti farcis au pesto qui fait boum

 

Bonjour, les chipirons rieurs

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Il y a un machin qui nous a toujours fascinés dans les livres de cuisine. Ce sont les «conseils du chef», les «trucs du cuisinier», ou «l’astuce de Mamie Lu». Soit ce petit encadré pratique en postface, où le cuistot te file une ficelle d’enfer dans le creux de l’oreille, rien que pour toi. Genre: «A défaut d’œufs de poule, vous pouvez utiliser des œufs d’esturgeon». Ou encore «pour gagner du temps, pelez la papaye dans le sens inverse des aiguilles d’une montre avec un tire-bouchon». Voire – plus suspect, je vous l’accorde - «pour cette recette, j’utilise les nouilles de la marque Esso et le blender de chez Zazaoui».
Tu lis ça et tu te sens tout chose. Ben oui. Le maître queux te fait une vraie confidence, t’offre gratos une bouchée de son savoir, te vaseline l’existence avec une bonté inouïe.

Bref, pour le petit plat qui suit, des calamaretti farcis au pesto de menthe et coriandre, flanqués de tomates et poivrons confits, voilà le conseil du Dr Slurp: si vous ratez la recette, allez au McDo.

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Chez le poissonnier, il s’agit de ruser. Azymutez de jolis petits calamars aux manteaux bien nacrés. S’ils sont déjà propres et vidés, remplissez votre panier sans arrière-pensée.
S’ils sont entiers, minaudez en papillonnant des paupières jusqu’à ce que l’artisan accepte de faire le boulot.
S’il refuse, préparez-vous à vous dépatouiller avec les créatures. Chantier dont on sort vivant, voire grandi, d’ordinaire.

Pour les légumes. Taillez un long poivron vert en longues virgules. Disposez dans un plat avec des grappes de tomates cerise. Brumisez d’huile d’olive, thym, sel et poivre. Enfournez à 80° pour deux heures et demie. Ou plus. Fastochissime.

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Pour le pesto.
Dans le bol du mixer, empilez un bouquet de coriandre, un bouquet de menthe équeutée, une bonne cuiller de pignons, une gousse d’ail la plus fresh possible, une grosse giclée de citron et une cuillère à soupe d’huile d’olive. Vrouvroumez. Salez, poivrez. Goûtez. Et rectifiez comme un malade.
A ce stade du récit, ouvrons une double parenthèse. (( Primo, les proportions maladroitement évoquées ci-dessus fonctionnent peu ou prou pour dix petits calamars. Pour vingt petits calamars, il faut donc de doubler la dose. C’est de la pure arithmétique domestique.
Deuzio, il s’agit d’un pesto corsé, balèze, power en saveur. D’aucuns craignant le choc des goûts et le boum des sapidités, il n’est pas interdit de diluer ce feu d’artifice avec une louchée de ricotta ou quelques brins de verdure inoffensive. Fermons là cette double parenthèse.))

Pour les calameretti.
Commencez éventuellement par vider le mollusque de ses viscères, os, et poche d’encre, en ôtant la membrane qui le gaine. Rincez à donf’. Farcissez de pesto à la petite cuillère. Fermez d’un cure-dent. Sel, poivre. Puis saisissez cinq minutes à feu vif.
La tête de la bête, hérissée de mignons tentacules, peut fricasser en chœur.
Puis composez sur assiette une figure postmoderne au géométrisme déconstruit avec les poivrons chipsés, les grappes de tomates confites et les animaux dorés.

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Voilà, voilà, les copines.

Tchou

PS: Conseil du chef: A défaut de petits calamars, utilisez des hamsters.

12/03/2009

Chercher la féminité dans la salade de pois chiches au crabe, orange et herbettes fraîches

Salut les filles

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Le saviez-vous? Les chairs femelles sont notoirement plus tendres et savoureuses que les chairs mâles. Tous les bouchers vous le diront: la vache est meilleure que le bœuf; la poule faisane que le faisan; la canette que le canard; la poularde que le chapon; la biche que Courteline. L’aneth et l’âne, en revanche, n’ont aucun lien de parenté. On dit aussi que Monsieur Bocuse, quand il s’en va chez son volailler aux halles de Lyon, ne veut entendre parler que de poulettes. Véridique. Inutile de dire que Monsieur Bocuse en connaît un rayon sur ces choses-là.

BobEtBobette10_18092005.jpgLa raison de cette indiscutable quoiqu’injuste disparité gustative saute aux yeux quand on contemple un portrait du rugbyman Chabal au sortir d’un match. Ou de Mickey Rourke au réveil. Ou du gouverneur de la Californie en petite culotte. Nous autres les gaillards, avec nos muscles saillants, notre pilosité galopante, notre testostérone bouillonnante, ne pouvons offrir qu’une viande coriace et rustique. Trop de virilité gâche le rôti.

Et si un jour, en voyage avec Bob et Bobette, votre avion venait à s’écraser dans la Cordillère des Andes, croquez en priorité dans Bobette.

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C’est pour cette raison que le vrai gourmet traque sans répit la féminité dans sa nourriture. Et ce n’est pas toujours facile. Prenez par exemple cette salade de pois chiches au crabe, orange et herbettes, recette aux discrets accents orientaux aussi originale que flamboyante, ben, il va falloir se lever tôt pour la féminiser. Chez le marchand, le sexe du crabe et celui du pois chiche restent le plus souvent mystérieux. Le poissonnier, à qui l’on demandait benoîtement une pince de dame crabe, nous a toisés avec un mépris thatchérien.
Bon, c’est pas tout ça.
DSC01900.JPGPour quatre gonzos à table, munissez-vous de 260 grammes de pois chiches, une boîte de chair de crabe, trois pinces de crabe cuit (pour avoir un peu de matos à mâcher), un bouquet de menthe, un bouquet de coriandre, un oignon frais, deux belles oranges sanguines, du kamoun et c’est tout.
La veille, mettez les pois chiches à tremper dans de l’eau. Et changez moi l’eau du bain deux trois fois.
Le lendemain, faites cuire les pois chiches une bonne heure et demie dans une eau frémissante citronnée, en compagnie d’une boule à thé pleine de laurier, cumin, poivre long, graines de coriandre et de fenouil.
Pendant ce temps, pressez une orange, taillez l’autre à vif en mignons quartiers. Préparez une vinaigrette bien tonique avec le jus d’orange, une larme de vinaigre de cidre et de l’huile d’olive. Sel, poivre à foison.
Emincez l’oignon nouveau. Décortiquez les deux pinces. Ciselez la moitié des deux bouquets d’herbes.
Quand la légumineuse est tendre, laissez refroidir, puis touillez le tout avec délicatesse et une large pincée de kamoun.
Goûtez. Et rectifiez à l’envi, le pois se montrant un rien chiche en saveur. Puis servez tranquilou à pas de loup, en rêvassant à la saveur des magrets de Bobette.

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Bye!

02/09/2008

Mangue + Haddock + Menthe + Piment = BOUM!

Coucou(lis)

 

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Tiens, l’autre jour, voilà qu’un maraîcher nous file une mangue. Et paf. Une mangue donc, pas une mandale, ce fruit exotique à la chair orangée qui t’emmitoufle la papille d’une douceur irrésistible autant que tropicale. Et comme on avait - au préalable - glissé dans notre cabas un joli bout de haddock, soit le nom de l’aiglefin une fois fumé, ben, on s’est mis à échafauder dedans notre for intérieur une recette digne du plus branchouille des estaminets de Paname. Une recette à ce point pouet pouet urf urf, qu’elle pourrait nous valoir les lauriers de la confrérie du Fooding et une accolade de Cyril Lignac.
Tout ça pour vous exhiber avec une impudeur rare cette salade pimentée et mentholée de mangue au haddock. Ça vous laisse sans voix? Ressaisissez-vous. Et attendez seulement que retentisse le clap de faim.

Pour trois dentiers à table, prévoyez 200 grammes de haddock, un bouquet de menthe, un thé de menthe, une lime, un oignon frais, un petit piment vert bien picotant, et une mangue donc.
Pelez et émincez la mangue en cubes.
Faites pocher cinq minutes le haddock dans un thé de menthe corsé (filet qui se tortille dans son bain bouillant que c’en est émouvant).
Emincez l’oignon et le piment. Hachez huit brins de menthe. Pressez la lime et émulsionnez avec une cuillère et demi d’huile d’olive. Au fond d’un saladier, effilochez le poisson du bout des doigts. 
Puis mélangez doucement avec tout le reste. Poivrez. Mais gare au sel. Le haddock est déjà bien pourvu de ce côté-là.

haddock_v.jpgQuestion breuvage, l’affaire est ardue. Car voilà un plat aux saveurs carabinées (citron + piment + poisson fumé = la tête à Toto toute rouge) qui dézingue rouges, rosés et blancs sans faire de prisonnier. Mais peut-être qu’un vin jaune, fier et cinglant, pourrait lui clouer le bec. Ou un fino de la mort. Voyez, quoi.
Et puis rappelez-vous, pour finir, que sur ce blog, le haddock, on l’aime d’un amour rare et vibrant. La preuve ici, la preuve , la preuve là aussi.

A plouche

29/07/2008

Les tomates à la balagnaise pour ravir sans peine

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Coucou Simone,


Pauvre Simone. Samedi soir, ton couillon d’époux a invité Monsieur et Madame Desbois (Robin et Mara de leurs prénoms, hum... gag). Or, t’as beau te creuser le cervelet à la petite cuillère, tu ne sais que leur faire en entrée. Il te faut quelque chose de frais. De gai. De titillant. De speed à préparer. Misère de misère.
Ravale ton cafard, Simone. Et adopte donc ces tomates à la balagnaise, recette vaguement pompée à un amuse-bouche avalé naguère un soir d’extase à Calvi.
Il te faut de la feta, de la menthe fraîche ciselée, de la viande séchée émincée menue, des olives noires hachées et quelques petites tomates. Mais point trop minus, les tomates, pas de celle que l’on baptise cerise, plutôt des siciliennes de la taille d’une roupette de chameau nain.
Coupe le chapeau des tomates. Evide en gardant la pulpe, mais en virant les grains. Dans une jatte, touille feta, olives, viande séchée, menthe fraîche avec une bonne lampée d’huile d’olive et la pulpe émincée jusqu’à texture inspirante. Sel, poivre.
Goûte. Si c’est bon (c’est mieux), garni les tomates. Coiffe des chapeaux. Et réserve au frais.
Dix minutes chrono de boulot.
Et les Desbois vont hululer de bonheur.
Tu dis merci qui, Simone?

09/06/2008

L’agneau, la menthe, le balsamique et le sourire de la reine

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Hi guys,

Les Anglais, qui ont le sens de la formule, affirment que «a mintless lamb is as sad as a toothless queen». En VF: un agneau sans menthe est aussi triste qu’une reine sans dent. C’est osé comme image. Quoique parlant. Ce n’est en tout cas pas chez les Slurps qu’on va contredire l’équation, vu le nombre de recettes sur ce blog qui célèbrent ce tandem prodigieux.
D’ailleurs en voilà une de rab. Un carré d’agneau désossé farci à la menthe balsamiquée. Plat vite fait et über comestible, qui offre, d’un point de vue médical, une pléiade de vertus. Cholérétique, diurétique (mais pas trop), rapsodique et agoraphobe, c’est un mets qui stimule la membrane préfessière tout en calmant les douleurs pré-bésiculaires. Du pain bénit, en somme.1897498685.JPG

Demandez à votre boucher de vous désosser un carré d’agneau et vous le rouler façon rôti. Vous devriez repartir avec un petit cylindre de la taille d’une queue d’écureuil géant, soit six centimètres de diamètre.
Revenu dans la quiétude coquette de votre coin kitchenette, décorée avec un goût sûr, équeutez, lavez, séchez et émincez une demi-botte de menthe fraîche.
Et laissez compoter dans une petite casserole avec une cuillère à soupe de balsamique, un peu d’eau, l’équivalent d’une cuillère à café de gingembre frais émincé et une gousse d’ail hachée.
Laissez glouglouter à feu tamisé jusqu’à obtention d’une pâte parfumée et noire comme une culotte de duchesse slave.

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Pendant ce temps, incisez votre agneau dans toute la longueur, en gardant les extrémités intactes. Une longue poche, en somme, qu’il s’agit de saler et de poivrer, avant de garnir de la farce susdécrite. On ficelle en pestant.
Et on expédie au four préchauffé à 220° pour 20 minutes. Laissez ensuite reposer un bon quart d’heure à couvert.
Déglacez le fond du pat. Découpez la bête. Avant de servir à cloche pied et les yeux bandés (un petit challenge amusant), avec quelques patates nouvelles vapeur et un rouge des Corbières à la chair ample, suave et poivrée. Par exemple l’exemplaire assemblage «Crépuscule» mourvèdre-grenache-syrah du Domaine St-Jean de la Gineste.
Un jus fier et frais, qui prouve une fois de plus que le Pays Cathare, entre l'Abbaye de Fontfroide et l'Abbaye de Lagrasse, abrite quelques-uns des meilleurs terroirs à pinard du système solaire. Parfaitement.

A sous peu

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02/05/2008

Le haddock mariné au pamplemousse et herbettes sur fond de reggae millésimé

Coucou, les esturgeons

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Tiens, une initiative rigolote. Une bande de gais Marseillais vient de sortir une compil de gastronomie électro. C’est un cédé réunissant la fine fleur du boum-boum phocéen, doté d’un livret truffé de recettes. A chaque plat, un morceau. Ils appellent ça «la concordance des sens». David Carreta digitalise ainsi l’aïoli; Say Mare groove dans la daube; Congeoland breakbeate dans l’anchoïade. L’objet s’appelle Cook Sound, il est édité par Actes Sud. Et peut s’avérer idéal pour initier votre neveu tektonicien à la cuisine. Ou votre cordon-bleu de mémé à l’électro.

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Et pof, vlà une recette osée et coquine de Haddock fumé, mariné au pamplemousse et aux herbes fraîches. Rien à voir en apparence avec ce qui précède, sauf qu’on peut la dévorer en écoutant de la zizique. Par exemple un vieux reggae bien poisseux (liste d’artistes et d’albums contre enveloppe timbrée).

1544194260.JPGDemandez à la poissonnière de vous escaloper le haddock avec son long couteau affûté en longues tranches minces. Puis garnissez votre panier de menthe fraîche et coriande. Sans oublier un pamplemousse, tout rond, tout con.
Coupez un pamplemousse en deux. Pressez l’hémisphère Nord. Et pelez à vif l’hémisphère sud. S’il le faut, corsez le jus d’une pointe de vinaigre et d'une bonne giclette d'huile d'olive.
Hachez menu seize brins de coriandre et de menthe fraîche.
Disposez le haddock sur un plat, arrosez du jus de pamplemousse, ajoutez les herbettes et les quartiers pelés. Poivrez. Mais ne salez guère. Le haddock a tout ce qui faut de ce côté-là. Oubliez au frigo une heure sous un film.
Juste avant le miam, virez le gros du jus. Et débouchez un Chablis naturel de rêve produit par Alice et Olivier De Moor, l’un des rares blancs dégusté récemment à nous avoir expédié au nirvana sensoriel. Un chardonnay lumineux, racé, tridimensionnel, pur, ciselé, gourmand. Et tout ça, quoi. 
Rien que de taper ça sur ce maudit clavier, on en a la muqueuse buccale frétillante.


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Arrivée d'air chaud

PS: Alice et Olivier DE MOOR, 4 rue Jacques Ferrand 89800 COURGIS E-Mail : alice.olivier-demoor@worldonline.fr
Tél : 03.86.41.47.94. Apprenez ça par coeur; ça peut vous sauver la vie.