14/10/2010

Le gag à deux balles et l’omble en salade de choucroute acidulée


Bien le bonjour, les foufous


Attention: bon mot.

Un homme entre dans une boulangerie. Il demande quelque chose à la dame. Laquelle contourne le comptoir et lui donne un formidable coup de pied dans les roustons.
Qu’a demandé le pauvre monsieur à la marchande?
Hein?
Hein?
Hein?

Un pain aux noix.

Hilarant, n’est-ce pas? C’est nous qui l’avons inventé dedans notre tête, cette formidable plaisanterie-là. Fortiche. L’hiver se pointe, la France s’embrase, le dollar déprime, Dieu est mort, et Dr Slurp invente des gags à deux balles. Qui ne font rire que lui. Et la petite cousine de la concierge aussi, qui n’est pas si éveillée que ça, quand on y songe.

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Tiens, si on mangeait un morceau? Une salade de choucroute crue et acidulée flanquée de filets d’omble chevalier rôtis, par exemple. Plat d’une stupéfiante sophistication, qui vous coûterait probablement un 13e salaire dans une brasserie de Paname.
Ben, ici, c’est cadeau.
Rincez presto la choucroute sous l’eau claire. Essorez consciencieusement du bout des doigts.

Zestez
une orange. Dans une casserole, jetez les zestes dans un fond d’eau avec une pincée de sucre. Portez à ébullition. Rincez.

Emincez
une carotte en filaments.

DSC03537.JPGPréparez
une petite vinaigrette au vinaigre et citron bien tonique. Arrosez la choucroute, puis touillez avec les zestes une bonne pincée de graines de fenouil et une feuille de laurier fraîche hachée. Goûtez. Rectifiez jusqu’à la béatitude buccale.

Poêlez
à feu dru les filets d’omble dans une noisette de beurre. Deux minutes côté peau, trente secondes côté chair. Citronnez. Assaisonnez. Et disposez-moi tout ce bazar très joliment sur assiette.

Sans oublier de dégainer un blanc de montagne, un jus valaisan contondant et ravissant, le Païen de sieur Broccard au-dessus de Sierre, par exemple.

Voilà, voilà. Qu’Obélix vous garde.

Biz

03/06/2010

Une nuit sur le lac Léman, ce théâtre d’ombles

Coucouloucoucou

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Drôle d’expérience que de mettre le réveil à deux heures et demi du mat. A vrai dire, c’est plutôt le genre d’heure à laquelle on va se coucher, enfin les soirs de liesse. L’autre jour, un aimable pêcheur  nous ayant invité à une balade sur le Lac Léman, on s’est donc extirpé du plumard au milieu de la nuit, un poil pâteux va sans dire, pour aller se geler les cahouètes sur un bateau au milieu des eaux noires.
Ben, on ne l’a pas regretté.
Car c’est beau un lac, la nuit. Et plus encore juste avant l’aube. Le paysage, même qu’il te suffoque. L’horizon s’embrase. La montagne rosit. Et croassent gentiment les hérons farceurs dans le grand silence lacustre.
Plus apaisant, tu collapses.

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A bord du bateau, il y avait aussi le pote Vogelsang, qui signe les chouettes photos ci-dessus. Et le pêcheur, évidemment, fort occupé à lever des filets pendant trois grosses plombes. Et dans les filets se trémoussaient plein d’ombles chevalier. Soit ce poisson d’eau douce et bien fraîche, locataire des abîmes, membre distingué de famille des salmonidés et considéré par les amateurs comme la créature dotée de nageoire la plus exquise de la création.
Après vérification, c’est une réalité vraie.
On est revenu à la maison avec un bel omble de 600 grammes, à l’œil brillant et à la robe argenté que tu l’aurais juré tricotée par Courrège en 1967.

 

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En cuisine, on a suivi à la lettre les recommandations du pêcheur. En cuisant le poisson entier, 12 minutes pile, à four chaud. Pas d’épices. Pas d’herbettes. Pas de machins. Nada. Juste un filet d’huile d’olive et un rien de fleur de sel.
Mamamia ! Quelle finesse ! Quelle texture délicate ! Quelle saveur subtile ! Quelle extase lémanique!

Désormais, on marche à l’omble.

PS. Tu veux voir la vidéo de notre nuit de pêche? Oui? Vraiment? Ben, clique donc fissa.