24/03/2011

Le canapé du psy et le magret du printemps arabe

Bien le bonjour, les aminches hirsutes


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Un de ces quatre, le Dr Slurp, il devrait peut-être aller poser son joufflu sur le canapé d’un psychiatre. Y’en a un bon, dit-on, juste au-dessus de la boucherie du coin. Il devrait lui balancer la moitié de son disque dur au museau. Lui raconter le tutu de la cousine Lulu et les lolos de la tante Nono. Lui causer de l’instit qui l’appelait cochon et de la fois où il avait vomi tout son quatre-heures sur le plastron de Ginette. C’est que, quand t’y phosphates un brin, le Dr Slurp ne tourne pas vraiment rond. Passer ses journées à échafauder des recettes débiles dedans sa cafetière, ça finit par la faire bouillir. Oui, Madame. C’est même la Faculté qui le dit.

Par exemple, prenez ce brave magret, qui ne lui avait rien fait. Il aurait pu le traiter gentiment. Se le griller direct à la régulière. Douze minutes côté gras, trois côté peau. Sel, poivre. Miam miam. Et l’addition. C’eut été net, orthodoxe et sans bavure. Nickel pour le timing, confort pour les gustatives.

Ben non. L’autre tordu de Dr Slurp, il a voulu ruser. Le magret, il te l’a envisagé une plombe avec l’air pensif du savant fou sur le point de trouver la formule. Il a farfouillé dans les grimoires. Il a trifouillé dans l’armoire à épices. Après, il a fait la danse du ventre. Puis il a chopé son grand couteau.

Un malade, je te dis, mûr pour consulter chez le toubib de l’âme.

Tiens même l’intitulé de sa recette, il témoigne d’un grand smog intérieur: minis mignons de magret grenadés pour le printemps arabe.

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Pfff… n’importe quoi.

Prélim’s. Il faut vous acquérir une chose rare: de la mélasse de grenade, soit une réduction à la fois acidulée, sirupeuse et sucrée que l’on croise généralement dans les épiceries orientales qui se respectent. Bon, faut se méfier: ya mélasse de grenade et mélasse de grenade. L’industrielle et la délectable. La berk et la slurp. Louvoyez. Munissez-vous également d’un magret, de graines de sésame, de sumac, d’origan et de kamoun.

Synopsinge. Virez le gras de magret. Taillez-le en deux dans le sens de la longueur. Dans une jatte, touillez avec une chère rasade (hum… gag oriental) de mélasse de grenade, une grosse pincée d’origan, une autre de kamoun, une autre de sumac, sel, poivre. Puis roulez bien serré les demi-magrets dans du film alimentaire, façon boudin. Paf, au frigo, deux heures.

Faites chauffer à fond le four, avec le gril allumé. Installez la plaque dans la partie supérieure. Enfournez les magrets 7 minutes sous le gril, en les retournant à mi-course. Gare à la surcuisson. Doit sortir tout saignant de sa fournaise, le canard: noir dehors, rubicond dedans.

Epilogue. Découpez en jolis tronçons, avant de servir avec quoi que vous voulez comme garniture et comme pinard.
Ben oui, on ne va pas tout vous vaseliner quand même.

Bien à vous, les minous

20/09/2010

Triologie orientale : des courgettes et des brochettes qui ont le sens de l’houmous

Salamaleïkoum, les potes


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412.jpgIl y a des jours où l’on rêvasse d’ailleurs. Où le quotidien se fait lourdingue comme une bouteille de propane. Où les contemporains lassent. Et la bonne humeur croasse.
Il y a des jours où le moral glisse donc inexorablement en direction des charentaises. Il faisait chaud, on se les gèle (ou on se l’Hegel, pour faire dialectique). Les jours se ratatinent et les charters français se romatisent. Un con de chien a pissé sur ton vélo. Et la Une de Libé avec Bono te fait froid dans le dos.
Tiens, il y a des jours où on serait mieux tout seul dans le désert. Le tutu calé entre les deux bosses d’un chameau débonnaire, qui dodeline bravement. Avec l’haleine brûlante de l’alizé qui te chatouille le pif. Et le panorama indolent des mamelons sableux à perte de vue.

Voyez le tableau, quoi. Genre vieille pub pour les eskimos Gervais.

Evidemment, il faut réagir. Presto. Nouer autour de ses hanches un tablier fantaisie et cuisiner vite fait un miam oriental, qui dépayse gentiment la papille et balaie les idées grises en deux pincées d’épices. Et paf. Voilà des brochettes d’agneau canailles et mentholées à l’orientale, un houmous façon Dr. Slurp et une salade de courgettes acidulées au sumac.

Le souper triologique de Shéhérazade dans ta kitchenette septentrionale, parfaitement.

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  • Les brochettes express de l’orient

Il faut glisser dans son cabas du filet d’agneau, et des rognons d’agneau itou, que le boucher aura gentiment paré sans carnage. Soit viré le gros de la graisse et ouvrant les rognons façon crapaudine. Ajoutez aux emplettes un bouquet de menthe, un poivron doux genre paprika et un oignon doux.

Pour l’huile de menthe. Dans une petite casserole, amenez au seuil de l’ébullition un demi-déci d’huile d’olive, avec trois feuilles de menthe, une échalote et une demi gousse d’ail, l'une et l'autre épluchées. Retirez du feu et laissez infuser tranquilou.

Pour les brochettes. Taillez le filet en cubes et les rognons en quatre parts égales. Puis plongez le tout dans une jatte. Arrosez avec une partie de l’huile aromatisée, de ras-el-hanout, d’un tour de moulin à poivre et d’un filet de citron. Laissez mariner une heure. Au moins. Puis poubellisez la menthe, l’ail et l’échalote.
Dans une poêle, faites fondre tout doux l’oignon et le poivron, taillés respectivement en rondelles et en petits carrés élégants. Quand ils s’attendrissent, enfilez vos brochettes en alternant oignon, filet, rognon et poivron. Poêlez à feu vif quatre ou cinq minutes. Salez. Et coiffez enfin de pluches de menthe.

  • La salade de courgettes byzantine (Pfff… n’importe quoi)

DSC03527.JPGPelez puis taillez les courgettes en spaghetti, à la mandoline, à l’économe, ou tout autre ustensile idoine qui dormirait au fond du placard. Réservez la partie centrale pleine de pépins. Elle servira pour la purée (miracle d’économie domestique!). Mélangez à quelques olives noires émincées avec une bonne giclée d’huile d’olive, un jus de citron, trois brins de coriandre émincée et quelques éclats de tomates séchées. Parsemez de sumac moulu. Assaisonnez, touillez et goûtez.

  • La purée de pois chiches au cumin façon Sinbad

Faites tremper les pois chiche. Un jour. Une nuit. Un jour et une nuit. Une nuit et un jour, voire.  Changez l’eau du bain quand vous passez par là. Puis faites cuire les pois chiches dans un grand volume d’eau. Une heure et demie, minimum. Une demi-heure avant la fin, ajoutez les cœurs de courgette (voir ci-dessus, ben oui, banane).

Dans une coupelle, écrabouillez deux gousses d’ail dans un jus de citron. Passez les pois chiches et courgettes au presse-purée, ou au mixeur, ou à la moulinette à Mamie, intégrez l’ail et le citron, liez à l’huile d’olive, assaisonnez puissamment, réchauffez d’un pincée de piment, parfumez de graines de cumin. Goûtez. Et rectifiez jusqu’à l’extase orientale dedans la bouche. Pour faire le malin, coiffez enfin de graines de sésame noir.

DSC03477.JPGServez tout ça en effectuant une danse du ventre pleine de sensualité et d’athlétisme. Sans oublier de déboucher au préalable une topette d’un gamay top moumoute, épicé et framboisé, ample et coquin, par exemple le Côte de Py du Sieur Foillard à Morgon.

A bintôt, les aminches

NB: Connaissez-vous le Bourgogne favori de Sarko 1er? Non? C'est le Romano-Contue, bien sûr.