03/01/2011

Gratin de nouilles et trop bonnes résolutions

Bien le bonjour, les omnivores à poil bref

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On a smacké les aïeuls sous le sapin. On a séché la caisse de crémant du Jura. On s’est gobergé comme des bufflons en rut.
Mais maintenant, c’est ceinture. C.E.I.N.T.U.R.E.
Il va falloir dégraisser la bête. Repasser en mode light. Slurper de l’eau, du thé et du bouillon clair. En faisant des pompes à l’envers, des abdos-fessiers en cascade et du footing de salon.

Toutefois, avant d’entamer ce programme éreintant, il s’agit d’aligner les bonnes résolutions de saison. Les voici.
En 2011, sur ce blog, il y aura…
-    De la métaphysique quantique et des rillettes de Républicains
-    113 saillies spirituelles par semaine
-    Du piment oiseux et du poivre de six Chouans
-    Un chapon peroxydé en nuisette (peut-être)
-    Des prises de position saugrenues et des avis qui n’engagent que lui
-    Une salade de tomates sans tomates
-    Des sumos oints de mayo maison
-    Une espuma de merguez. Des sardines en crapaudine. Un jéroboam de vin de fesse. Et plein d’autres choses palpitantes encore.

DSC03804.JPGComme, par exemple, ce gratin de pâtes aux tomates séchées et vieux pecorino. Un plat quasi acalorique et indubitablement digestibilissime, qui place cet an grâce 011 vagissant sous le signe de l’élégance la plus aérienne autant qu’avant-gardiste.

Faites cuire un paquet de conchiglie (soit cette ravissante pasta qui épouse la plastique du coquillage) une minute de moins que l’indication figurant sur l’emballage. C’est là une petite opération arithmétique qui permet de garder le cerveau allègre et la nouille ferme.

Dans une jatte, pacsez deux œufs, une cuillère de crème fraîche, une grande giclée de lait, une grosse pincée de vieux pecorino râpé, une pincée (encore) de muscade et quelques tomates séchées, s’il le faut préalablement ramollies dans un peu d’eau. Mixez le tout. Vrouum. Assaisonnez.

Installez la pasta dans un plat à gratin. Emincez grossièrement trois autres tomates séchées. Mélangez-les avec les pâtes. Et mouillez le tout avec l’appareil susmixé. Voyez le topo?
Hop au four, à 180°, 17 minutes environ.

DSC03820.JPGLe temps de déboucher le ravissant Fleurie – incroyablement girond, épicé et croquant, ce Fleurie-là - d’une jeune vigneronne naturelle nommée Julie Balagny, qui démarre à peine dans ce coin du vignoble et fait déjà briller la région sur la mappemonde des pinards les plus sexy du système solaire. Trop fort.

A tantôt

19/02/2010

J’en pince pour le homard (au safran et cognac en platée de spaghettini)

Bien le bonjour, crustacés aimés

Le homard, l’ail et la téléphonie ont beaucoup influencé les artistes, mais aussi les ingénieurs de chez Apple. En témoignent les deux inventions représentées ci-dessous.
La première, totalement inutile, fut créée par un moustachu catalan fort en gueule, qui faisait accessoirement des ménages pour le chocolat Lanvin.
La seconde, beaucoup plus utile, est aujourd’hui répandue sous le nom d’ail-phone.

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Le télé-pinces
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L'ail-phone


Bref, avec de l’ail et un homard, mais sans téléphone, tu peux aussi te bricoler de glorieuses spaghettini au safran et homard, recette à peu près aussi originale que le croque-monsieur ou la tartine de Nutella, mais à ce point délectable que l’on ne peut s’empêcher de vous la bloguer dare-dare.

Pour la bestiole, trois solutions.
Soit tu as un homard mort et cuit. Soit tu as un homard mort et cuit et congelé. Soit tu as un homard vivant. Gustativement, le troisième rafle le pompon. Encore faut-il avoir le cœur de balancer la créature gesticulante dans l’eau bouillante. Neuf minutes de bain, qu’il faut. On l'a eu fait (clic). C’est risqué, mais indéniablement meilleur. Les deux autres cas de figure s’avèrent bien plus reposants, pour un peu que le crustacé n’ait pas été cuit avec acharnement, ce qui transforme sa précieuse chair en un piteux coton mouillé. Il existe des homards congelés à peu près fréquentables, dit-on.

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Or donc, après cuisson éventuelle, décortiquez le homard, en brisant son coffre d’un coup de canif vengeur et en extrayant de ses cruelles pinces le bon manger qui s’y cache avec l’engin idoine (un long machin vaguement recourbé au bout). Réservez pinces et tête. Ainsi que le jus qui n’a pas manqué de couler pendant le carnage.
Découper la queue en tronçons. Réservez.
Pelez et émincez quelques virgules de céleri branche. Réservez.
Dans un poêlon, faites suer une gousse d’ail et une échalote émincées.
Détendez quelques stigmates de safran dans une larme de cognac, puis balancez le tout avec le hâchis. Ajoutez le jus du homard et un bon coulis de tomates, fait maison en saison ou acquis auprès d’un épicier scrupuleux. Sel, poivre, une minipincée de piment.
Coiffez enfin la sauce tomate avec la tête et les pinces. Couvrez et laissez mijoter une demi-heure.

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DSC03000.JPGPeu avant le miam, poubellisez pinces et tête. Liez la sauce d’une lichette de crème fraîche. Rectifiez. Ajoutez deux gouttes de cognac s’il le faut. Puis posez la chair du homard et le céleri sur la sauce tomate, juste pour les réchauffer. Faut que le céleri reste croquant comme un Jacquou.
Cuisez les spaghettini al dente. Touillez le tout avec d’infinies précautions.

Puis commandez une pizza avec votre ail-phone.

Tchou!

NB: Vous noterez que l’on n’a pas filé de conseil œnologique avec ce plat. Ce qui n’indique nullement que l’on n’en a point bu. De l’italien, même. Et du atchement bon. Mais la routine nuit. Et un peu de mystère ravigote. Oui, Charlotte.

28/08/2008

Des papillons citronnés sur un sens interdit

Coucouloucou

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Après le départ de Sarah, Ludovic fit un de ces gestes désespérés que seul l’amour trahi peut inspirer. Il prit l’ensemble des livres de sa fiancée démissionnaire. Et alla nuitamment les coller sur les murs de la ville.
C’est que Sarah aimait les livres. Elle en avait beaucoup; des romans beaucoup, mais aussi des traités portant sur les sujets les plus divers: la botanique quantique, la sexualité au néolithique, l’endocrinologie et la cuisine familiale. La bibliothèque éclectique de la jeune femme fut donc placardée dans les rues. Une vengeance dérisoire mais spectaculaire, qui n’apporta pourtant nul réconfort à Ludovic. Quant à Sarah, étrangement, elle n’en prit pas ombrage. Au contraire, découvrant son exemplaire du Guide de l'anatomie microscopique des plantes vasculaires crucifié sur un abri bus, elle fut étrangement touchée. Et retourna bien vite dans les bras de son amant.
Ce jour-là, se rendant au travail peu après l’aube, on tomba sur un vieux recueil de recettes paru aux éditions Télé 7 Jours, encollé à la hussarde contre un panneau de sens interdit. Et plus spécialement sur une salade de pasta au poulet, d’allure fruste mais réconfortante, dont on s’est inspiré pour ces farfalle citronnés aux blancs de volaille, noisettes et estragon.

Pour quatre cow-boys à table, il vous faut 387 grammes de farfalle (soit ces charmantes petites pâtes en forme de papillon), une botte d’estragon, quatre blancs de poulet bio de chez bio, du wasabi, des noisettes, deux citrons, des tomates cerise et quelques feuilles de roquette (ou rucola). Plus environ 17 minutes de boulot en cuisine. Ce qui est peu.

Faites cuire la pasta al dente et à grande eau.
Pendant ce temps, émulsionnez quatre cuillères à soupe d’huile d’olive, le jus d’un citron et demi et l’équivalent d’une cuillère à café de wasabi au fond d’un saladier. Salez. Poivrez avec largesse.
Détaillez les blancs de poulets en cubes, faites sauter le tout à la poêle, puis caramélisez avec le jus du demi-citron restant (oui, il y a une logique). Sel, poivre.
Nettoyez la roquette. Tranchez les tomates en deux. Quand les pâtes sont cuites, refroidissez sous l’eau fraîche, égouttez et expédiez dans le saladier. Ajoutez le poulet, les tomates, la roquette, quelques noisettes concassées grossièrement et le botte d’estragon émincée.

Cette salade-là nourrit certes, mais fort agréablement.

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Merci Ludo, merci Sarah.