08/08/2011

Une paire de paintoufles et un chien-chaud en pendentif

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20/04/2011

Les recettes auxquelles vous avez échappé et le quignon tomaté

Coucou

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On aurait pu te refiler la recette du lièvre à la royale (un très gros lièvre vidé, 3 truffes, 750 g de foie gras d'oie, etc.). On aurait pu te refiler la recette de la timbale à la mantoue d’Antonin Carême (six petits jours de boulot en cuisine, trois crises de nerfs, un suicide éventuel). Ou la recette de la merguez aux truffes, du gratin de queues d’écrevisse à Polo Bokuse, voire des pigeonneaux en demi-deuil de ta belle-mère.

Mais non.

Aujourd’hui, frottons-nous à un classique indémodable. Une évidence catalane et gustativement ravissante. J’ai nommé… le pain à la tomate. Tût tût.

Avisez un bout de pain qui sèche bêtement dans sa panière. Découpez-y six tranches, ou plus, ou moins. Et gardez le reste pour nourrir les canards chipeau. Z’ont les crocs, les chipeaux.
Avisez deux tomates qui végètent bêtement au fond du frigo. Elles n’ont d’ailleurs rien à ficher là, ces deux machines. Ce n’est pas la saison de la tomate, ni la fête du slip d’ailleurs.
Extrayez puis ciselez trois feuilles de basilic du bouquet en pot qui trône fièrement sur votre balcon. Tiens, faudrait peut-être songer la laver les vitres. On voit que pouic à travers tellement sont crades.
Sortez du placard une bonne huile d’olive italienne, un poil ardente, acquise un soir de liesse dans une épicerie transalpine aux tarifs himalayens.
Toastez le pain. Frottez la tomate dessus. Un filet d’huile d’olive. Une pincée de fleur de sel. Un tour de moulin à poivre. Le basilic par-dessus. Et paf.

Certains aillent le pain. Nous point.

Ce plat prodigieux se croque en priant la Vierge avec _ pourquoi pas_  quelques tranches de pata negra. Et de gigantesque lampées d’un gamay mûr et tonique, vendu à prix câlin. Çui-ci, par exemple.

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Tchou!

PS: La trêve pascale pointant son pif, ce blog se mure dans un silence religieux autant que chocolaté pendant quelques jours. Son auteur s’en va pêcher le lion de mer dans le lac Pissols. Bon Jésus et gros lapin à tous.

13/10/2009

Le mignon de cerf marche à la baguette

Bien le bonjour, les cervidés hirsutes

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La Téloche Suisse Romande nous a récemment demandé de venir réaliser, live sur le plateau, sans trucage, ou si peu, en tenue de ville, ou pas, une recette de chasse. Soit avec du gibier dedans.
Fingers in the nose
, s’est-on gargarisé, en échafaudant illico une série de plans pour épater les spectateurs avec un machin à la fois sauvage, drôle et moderne.
Ben, l'entreprise s'est avérée plus ardue que prévue. Le fiasco des brochettes de faisan, narré il y a peu sur ce blog, fut le premier ratage d’une série d’essais désastreux. On vous passe le sanglier snacké à la liqueur de coing (catastrophe, servie, qui plus est, à un gourmet émérite, nous pardonnera-t-il?) et quelques autres tentatives giboyeuses tout aussi navrantes.

La convocation télévisuelle s’approchait. Et notre besace demeurait désespérément vide. Angoisses. Insomnies. Sueurs glacées.

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L’ultime tentative avant le deadline fut la bonne. Ouf! Il y a donc un Dieu, à dada là-haut sur le cumulus, pour les cuistots présomptueux.
Croquez donc dans ce mignon de cerf en croûte de pain et son chutney de coing. Ça le fait grave, non, comme intitulé? On se croirait au Royal Monpourceau. Ou au Carré des Effeuillants. Ou au Grand Petitfour.

Démarrons en trombe avec le chutney. Pelez et taillez-moi un coing en petits cubes, en virant la poche à pépins centrale. Faites fondre DSC02594.JPGgentiment dans une casserole, avec une giclée d'Armagnac, une autre de vinaigre de pomme, un rien de gingembre râpé, une petite cuillère de miel, deux feuilles de lauriers, trois clous de girofle, quelques raisins secs, un tour de moulin à poivre, une pincée de sucre, une autre de cannelle, une autre de piment d’Espelette, alouette. Laissez compoter pépère. En goûtant, of course.

Ouvrez une baguette de pain dans sa longueur. Virez la mie. Salez, poivrez le mignon de cerf. Oignez-le de chutney. Et installez-le dans le pain. Il y sera très bien. Refermez.

Frottez le pain avec un peu d’huile d’olive. Puis bardez-le ensuite de fines tranches de lard espacées de 1, 37 cm.
Pour faire tenir le tout: deux solutions. Le cure-dent ou la ficelle. Tout dépend du budget (le cure-dent a beaucoup augmenté récemment), de la dextérité (la ficelle exige du tact) et de l’humeur.

Rôtissez vingt minutes dans un four préchauffé à 200°. Vingt petites minutes. Le cerf s’ingère rouge à cœur.

Voilà. le travail. Les sucs de Bambi humidifient délicieusement la mie. Le lard croustille à donf. Le pain itou. Le chutney acidifie doucement l’ensemble. Les enfants rient. Les aïeux pavoisent. La famille communie autour d’un plat sain et vrai.

A plouche