22/04/2010

Asperge : le débat chromatique et les brochettes à la mode slurp

Bien le coucou.

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Nous voilà indiscutablement parvenus à la saison des asperges; saison caractérisée par la prolifération des dites asperges sur les étals des maraîchers (avec une intro comme ça, on est mûr pour le Prix Albert Londres). On notera au passage que, outre parfumer étrangement la pissote de celui qui s’en gave et stimuler, disait-on à la cour de Louis XV, les appétits sensuels des jeunes dames bien nées, l’asperge demeure un distrayant objet de discorde au sein de la communauté des omnivores bipèdes.

Petit sondage express auprès d’un échantillon représentatif de quatre gulus croisés hier, au coin du zinc, entre midi et deux.
Un petit tiers des sondés (32,4%) ne jurent que par la blanche - celle qui n’a pas vu le jour -, et exècrent toutes les autres avec un vraie dose de méchanceté et de mauvaise foi.
Un gros tiers des mêmes sondés (34, 3 %) préfèrent la verte – élevée au grand jour -, en jugeant ses cousines fatigantes et stupides. Ça se discute.
Plus rares enfin sont ceux (2,8 %) qui raffolent de la violette, ou de la sauvage (3,7%); le reste des personnes interrogées se contrebalançant joyeusement de la couleur de l’asperge. Impossible de les blâmer. Il y a des débats certes plus intéressants. Comme par exemple la vie libidinale des premières dames de France et des internationaux de foot à bobine mal recousue.

DSC03123.JPGTiens, tant qu’on en est à s’asperger, voilà de petites brochettes d’asperges vertes et jambon de Parme au pamplemousse épicé, susceptibles de transformer vos cocktails en bacchanales hirsutes.
Dans une casserole, faites réduire le jus d’un pamplemousse avec une bonne pincée de poivre aromatique, deux pincées impérieuses de quatre épices et un rien de gingembre râpé.
Virez le tiers duraille des asperges. Détaillez le reste en petits bâtonnets, en réservant les têtes. Puis enfilez les tronçons mignons sur des piques, en intercalant un carré de jambon de parme.
Arrosez les brochettes de jus de pamplemousse épicé. Filmez. Oubliez une heure quelque part au frais. Puis poêlez le tout (brochettes + têtes) dans un peu d’huile d’olive, en arrosant progressivement avec le reste de la marinade, jusqu’à laquage inspirant. Salez à la fleur de sel. Et balancez l'ensemble en pâture aux morfales qui trépignent à table.

Tchou

PS: On aime bien les blanches aussi.

09/06/2009

La pizzobergine: deux façons de la préparer

Salud!
 

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D’aucuns auront noté notre fâcheuse tendresse pour la création de néologismes foireux. N’en doutez pas, il n’y a rien d’immodeste dans ce hobby-là. Car le néologiqueur du dimanche se croit fortiche. A chaque nouvelle trouvaille boiteuse, il imagine amener son caillou au lexique national, écrire une notice inédite du Littré, vaseliner la marche impérieuse du progrès humain.
Bref, le néologiqueur du dimanche se la pète grave.

Ben tiens, en voilà un, tout neuf, tout bon, tout con: la pizzobergine. De pizza et d’aubergine (faut-il vraiment s’enfoncer ainsi?). Création terminologique qui se décline naturellement en pizzeriobergine (le boui-boui où se mange la chose) et en pizzaïolobergineur (le gulu avec un drôle de chapeau qui la cuisine).

Pfffffff, on tient la forme aujourd’hui.

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Pour réaliser une pizzobergine parma (jambon cru-mozarella-origan) et une pizzobergine siciliana (anchois-peccorino-origan), avisez des aubergines dodues, oblongues et brillantes comme une cascade de néologismes maison.

DSC02156.JPGTranchez-les en deux dans le sens de la longueur. Quadrillez la chair en quelques coups de lames, façon Zorro. Salez au gros sel. Et laissez dégorger un bon petit moment, pulpe contre papier ménage. Avant d’enfourner à 150° pour une grosse demi-heure.

Pendant ce temps, tambouillez un coulis avenant en pelant, épépinant et hachant tout plein de tomates mûres (en cette saison, il n’est pas inutile d’essorer maladivement le résultat). Salez bien, poivrez, sucrez un rien et assaisonnez le tout d’une large tombée d’origan.

Rincez à l’eau claire quelques filets d’anchois à l’huile. Et découpez une bonne mozzarella en lamelles. Sortez enfin du frigo le jambon de Parme et un vieux pecorino, puis la râpe du placard (faut-il vraiment tout détailler comme une andouille?).

Au bout d’une demi-heure donc, extrayez les aubergines de leur fournaise. A l’aide d’une cuillère à soupe, écrabouillez leur un brin le bidon, de façon à y ménager une dépression concave autant qu’ovale (il se croit où, machin?).

Tartinez avec le coulis de tomates. Brumisez d'huile d'olive. Puis coiffez les unes d’une tranche de Parme et de quelques lamelles de mozzarelle; les autres de filets d’anchois et de vieux pecorino râpé.

Renfournez, toujours à 150°, un quart d’heure.


Gros débat: faut-il manger la peau des aubergines?
Certains pensent que oui, et la mangent donc.
D’autres pensent que non, et ne la mangent guère. 
Voilà toute la controversobergine.

Tchou!