03/08/2009

La promesse fanfaronne et la salade de pastèque façon thaï

 

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Il se réveilla en sursaut. Dehors lambinait une aube grisâtre. Dedans poissaient les draps, pendant que tournicotaient deux mouches hystériques. Il demeura inerte quelques minutes, incapable de bouger ni de penser, avec un laminoir dans le crâne et une queue de castor dans la bouche.
Gueule de bois massive.
Puis soudain, tout lui revint. Le stupide engagement en nota bene de son dernier post. Maudite salade thaïe. La réaction de la foule, les cris, les pleurs, les doléances. Les gens massés devant ses fenêtres, d’abord joyeux, puis menaçants. Maudite salade thaïe. Une nausée sismique le submergea. Il secoua la tête en gémissant. Puis se traîna jusqu’à la cuisine. Maudite salade thaïe.

 

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Salade de pastèque façon thaï (pour 4 personnes)
-    2 kilos de pastèque
-    Quatre brins de coriandre, quatre brins de menthe, quatre brins de basilic
-    Un brin d’inconscience
-    Six radis
-    Une tête d’oignon frais
-    Une poignée de cacahuètes
   
Pour la vinaigrette
-    Une CàS de sauce soja
-    Une CàS d’huile de tournesol
-    Le jus de deux limes (plus les zestes)
-    50 grammes de racine de gingembre frais
-    Un piment vert
-    Une tête d’oignon nouveau
-    Une gousse d’ail

DSC02318.JPGEpépinez et détaillez la pastèque en petits cubes. Ciselez les herbes. Taillez les radis en rondelles. Mélangez le tout.
Dans un mortier, pilonnez l’ail et le gingembre jusqu’à obtention d’une pâte. Ajoutez la sauce soja, l’oignon finement émincé, l’huile et le jus des limes. Puis le piment, épépiné, taillé en fines rondelles. Mélangez. Goûtez et rectifiez. Arrosez la salade.
Grillez enfin les cacahuètes à la poêle sans matière grasse, salez-les si elles ne le sont pas, puis écrasez grossièrement au pilon.
Coiffez la salade d'éclats de cacahuètes et de zestes de lime avant de servir.



Voilà.

Il rangea la cuisine en grommelant. Et retourna se coucher.
Il détestait la pastèque.

A sous peu



NB
: Il y a de longues années de cela, un petit garçon observateur, planté devant Alerte à Malibu, avait dit ceci: «La sauveteuse, c’est pas des titis qu’elle a, c’est des pastèques.» Voilà qui fait réfléchir, non?

NB2: On a également en stock une recette de pastèque crue, avec les pépins et la peau, mais rien d’autre. Si 157 lecteurs nous la demandent gentiment, on la file. Gratos.

30/07/2009

La courageuse réhabilitation de cette crétine de pastèque (en salade marocaine)

Salut, bande de cucurbitacées moqueuses

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Dans les cuisines où se fait l’opinion
, et ailleurs aussi, la pastèque a mauvaise presse. On la prend pour une grosse nouille, la pastèque. Pour une bonne à rien. Pour une pas grand-chose. Pour une bête boule, pleine de vide et lourde de rien. On la palpe en ricanant. On la croque méchamment. On l’oublie vite ensuite.
Il faut dire qu’elle manque de mystère, la pauvrette. Voyez ce physique mastoc et bonasse; cette pulpe insipide et pleine de flotte; cette chair cramoisie grêlée de vilains pépins en cascade. Même ses cousins melon et concombre gloussent dans son dos. Pas facile de naître pastèque. Non, Madame.
Or, c’est injuste. Car sous ses dehors idiots, la pastèque peut amener bien des satisfactions. Elle croque. Elle rafraîchit. Elle a un goût, aussi. Un tout petit goût. Mais un goût. Et puis, une sacrée couleur. Ce rouge hémoglobine, ce rouge passion humide, ce rouge luxure du Diable, ben, ce n’est pas de la gnognote chromatique. Hou, non.

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Elle mérite donc mieux que les quolibets et les salades de fruits, que les railleries et les cocktails. Ben, ça tombe bien. Because l’autre jour, l’ami Dave nous a ramené d’un palace de Marrakech, où il avait soupé en brillante compagnie, une recette marocaine drôlement affolante en bouche. Essayez donc cette salade de pastèque à la coriandre, oignon et ras-el-hanout et vous réévaluerez sans doute la plus couillonne des cucurbitacées.

Dans son panier,
il faut un bouquet de coriandre, une pastèque bio de taille raisonnable, deux bulbes d’oignon frais et du balsamique qui ne pue pas le caramel. Sans oublier le ras-el-hanout. Soit ce vertigineux mix d’épices de là-bas, qui peut réunir une trentaine d’ingrédients dans sa forme originelle, mais ne se présente bien souvent sous nos cieux que dans une version simplifiée autant qu’édulcorée. Voilà. (Ce qu’on peut être sentencieux parfois)

 

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Taillez la pastèque en cubes, en prenant soin de virer les pépins. Ce qui n’est pas une sinécure. Emincez l’oignon frais et le bouquet de coriandre. Touillez le tout. Arrosez d’une girandole d’huile d’olive et de balsamique. Salez, poivrez et ras-el-hanoutez avec vigueur. Gôutez. Recommencez. Plein de fois. Faut réveiller la grosse idiote qui pionce.
Oubliez une heure au frigo et dégustez avec des gens chers.

Au revoir

PS: Il y a de longues années de cela, un enfant observateur, planté devant la télé, avait dit ceci: «Mannix, c’est pas des couilles qu’il a, c’est des pastèques». Ça fait réfléchir.

PS2: On a aussi en stock une salade de pastèque façon thaï, qui arrache voluptueusement la goulette. Genre avec du piment, du gingembre, des radis et des cahouètes. Si trente lecteurs nous le demandent gentiment, on file la recette. Gratos.