14/04/2011

Top Berk avec Estèbe (ou le chant de la loose le soir au fond de la cuisine)

Bien le bonjour

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Dilate ton karma, écarquille tes chakras. Le Dr Slurp va te filer un tuyau philosophique. Gros, le tuyau. C'est un oléoduc existentiel même, qu’on t’offre.
Le voilà:
Quand tu t’y crois, ben, t’y es pas forcément.
C’est fort non?

Prenons un exemple. Au hasard, mèzigue (n’est-t-on jamais mieux servi que par soi-même?). Mèzigue, donc, se croyait parvenu en haut de mont Ventoux de l’art culinaire. Ou à mi-pente en tout cas. Il se pensait fortiche, inspiré et un tantinet iconoclaste à ses heures (ou à 16h30). Il te bricolait des petits plats croquignolets autant que lutins. Paf, paf. Une pincée de fleur de sel. Une lichette d’huile d’olive. Top moumoute. Le rôti est saignant. Les fourneaux chantent. Demain sera une nouvelle fête.
Bref, le Dr Slurp se la pétait un brin.

Et pataras!
Depuis 15 jours, le crétin présomptueux foire tout ce qu’il entreprend.
Tout, tout, tout. C’est la loose qui dégouline. La Berezina en cascade. Le chemin de croix roussies.
Le Dr Slurp, il en a l’égo tout ratatiné au fond de la chaussette gauche, celle qui est trouée.
Il dort mal.
Il te coule en douce des torrents de larmes intérieures.
Tu le crois pas? Tiens, guigne ces désastres.

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1-    La terrine de la honte
Une aprème, on a échafaudé une terrine de légumes printaniers à la gelée d’agar-agar. Avec des asperges, de jeunes carottes, des petits pois et je ne sais quoi encore. Deux heures d’épluchage, découpe sourcilleuse, cuisson maniaque, tricotage d’un bouillon maison, etc. Le soir même, le pote Dave débarque. On lui démoule le machin sous le pif (avec le secret espoir de l’épater à vie). Et la terrine de s’effondrer au premier coup de couteau. Un charnier de déliquescence baveuse. On l’a avalé à la petite cuillère, en s’échangeant des sourires crispés.
Pas bon pour le moral.

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2-    Les mini-poulpes de la méduse
La cuisson des poulpes, même les bébés, c’est vingt secondes ou vingt heures, dit la rumeur. On a opté pour deux minutes à feu furieux. On a eu tort. Le pesto de cresson était très bon, merci. Les bestioles, elles, ont failli provoquer le décès par étouffement de l’un des convives. De l’imbouffable absolu, en caoutchouc massif. Poubelle.
Pas bon pour le moral.

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3-    Le tajine de l’amer
Bon, tapons dans le classique. Pourquoi pas un tajine de veau au citron, herbettes et petits légumes? Risque nul. Plaisir de saison assurée. Fraîcheur en perspective. C’était hier soir. Ces crapules de citrons ont conféré à tout le reste du plat une amertume carabinée, qui te zébrait encore la bouche deux heures après la dernière bouchée. Infect. M’zelle Zonzon s’est lavée les dents trois fois avant de se coucher. Un Waterloo gustatif, en somme. Un de plus.
Pas bon pour le moral.

Le Dr Slurp songe à la démission.


Quand tu t’y crois, ben, t’y es pas forcément.

Snif.
Adios

PS : Pour les raisons suscitées, il est possible que ce blog reste un brin amorphe dans les jours qui arrivent. Ne nous en voulez pas. Mieux vaut se la coincer que raconter des immondices.