18/06/2010

La pelle du 18 juin et les cigarillos aux deux pestos

Coucou, les gars et les filles

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Vendredi matin, peu avant huit heures. Une humanité fraîchement douchée et pomponnée, rasée ou maquillée, se hâte dans l'aube humide. Les bus se suivent et se vident sur les trottoirs. Pétaradent motos et scooters. Trottinent costards et tailleurs. Au milieu de cette agitation, un couple s'embrasse à pleine bouche. Pas un couple de jeunots, comme dans les publicités. Un couple du troisième âge. Elle a un anorak mauve et les yeux qui brillent. Lui porte une casquette et un cuir fatigué. Ils ont la septantaine bien tassée. Et ils s'aiment très fort. Il lui murmure quelque chose à l'oreille. Elle verse une larme. Et c'est reparti pour un long baiser frissonnant. Les salariés du matin passent devant eux, passent derrière eux, mais ne les voient pas. La galoche dure. Jusqu' à l'arrivée du bus. C'est celui que doit prendre le monsieur. Il caresse les cheveux gris de sa dame, lui sourit doucement. Et monte. Elle reste là, en pleurs sur le trottoir, incapable de détacher son regard du car qui emporte son bien-aimé.
Elle est belle et triste, la pelle du 18 juin. C’était ce matin. On en est encore tout chose d'avoir vu ça.

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Tiens, on va se remonter le moral avec des cigarillos de cochon aux deux pestos: le vert et le rouge. Une recette hilarante autant qu’imparable, pour laquelle il nous faut de petites escalopes de porc, des tomates séchées à l’huile, du basilic, du parmesan, du mascarpone, de la roquette, des pignons et voilà.


DSC03298.JPGLe pesto rouge. Dans le bol du mixer, vroumvroumez les tomates séchées (60 grammes au bas mot), le parmesan râpé (une petite cuillère à soupe), une pointe de piment, une demi-gousse d’ail (la plus fresh possible) et une grosse giclée d’huile d’olive. Goûtez. Rectifiez. Tralala.

Le pesto ver
t. Dans le bol du même mixer, vroumvroumez une bonne poignée de roquette, une demi-gousse d’ail (la plus fresh possible), quelques pignons, une giclée d’huile d’olive et une cuillère à soupe de mascarpone. Assaisonnez. Goûtez. Rectifiez. Tralala.

Les cigarillos
. Au rouleau à pâtisserie, aplatissez les escalopes cochonnes. Tartinez la moitié d’entre elles de pesto vert; puis le reste de pesto rouge. Alouette. Roulez façon crêpe. Fermez avec un cure-dent. Puis faites dorer une douzaine de minutes à feu mezzo dans une noisette de beurre. Assaisonnez. Et paf.

DSC03191.JPGDébouchez enfin une bouteille de vin, rouge le vin, un chinon naturel, super gourmand et joliment gaulé, soit la cuvée «Les Graves» du Domaine Gasnier (que le pote Olif, parangon du raffinement et tsar de la blogougou, il nous a vidé une bouteille en moins de 37 secondes pas plus tard qu’avant-hier, c’est dire) et trinquez à la santé de tous les aïeux qui s’aiment.

Tchou

05/05/2009

L’énigme gastrosexuelle et les asperges en méli-mélo d’herbettes brésaolées

Salut, les pandas albinos

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L’autre jour dans Libération, il y avait un papier sur un nouveau type d’homme, baptisé «gastrosexuel» par nos amis les sociologues. Grosso modo, le gastrosexuel a entre 25 et 44 ans. Il cuisine bien. Puis il emballe. «Mon taux de réussite, une fois l’invitation acceptée est de 75% le premier soir et 95% en tout», claironne Sébastien, 35 ans, interviewé par Libé.
95%, diable!
Lui fait de la popote française traditionnelle ou tape dans l’exotique. Dégaine des bouteilles prestigieuses ou des crus sudistes corsés. Et hop! La convive se retrouve toute chose sous la couette avant le café. Trop fort.

Cette peinture d’une nouvelle génération de prédateurs sexuels en tablier de cuisine nous a laissés tout dubitatifs.

Primo,
on n’avait jamais songé à utiliser notre vieille marmite en fonte comme arme de drague massive. On va reconsidérer l’engin.

Deuzio, il faut quand même se demander, si le cuisiner est occupé à lutiner l’invitée, qui nettoie les fourneaux et range le boxon après le repas. C’est que voyez-vous, il y a une éthique dans la popote. Un enchaînement de gestes quasi déontologique, qui va des emplettes à la vaisselle. Faire le boulot à moitié sous prétexte d’un digestif canaille, cela nous frise le code.

Tertio, pendant quelques millions d’années, c’étaient les dames qui faisaient la tambouille, sans que jamais cette activité-là ait boosté leur sex-appeal. Bien au contraire. Les gaillards s’y collent enfin. Et voilà qu’ils suintent brusquement la sensualité. Etrange. Comme quoi, il y a encore des pans entiers de l’attraction libidinale qui nous restent mystérieux.

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Tout ça pour vous assurer qu’il n’y avait nulle perspective copulatoire dans l’élaboration de cette recette d’asperges en méli-mélo d’avocat aux herbettes et bresaola. Juste le plaisir de concocter quelque chose de slurp. Ce qu’on peut-être candide, des fois.
Spécial dédicace à la copine Edith, qui habite là-haut sur le flanc de la montagne, à 600 mètres au-dessus du niveau de la mer, et dont le jardin explose d’herbes aromatiques ces jours-ci. Elle nous a offert un gros bouquet de cerfeuil. Un végétal gracile et gracieux, au délicat groove anisé, dont on raffooooole. Merci Edith.

Pour réaliser cette prodigieuse quoique couillonne entrée, il vous faut aussi des asperges vertes, un avocat mûr, une poignée de roquette, des tomates cerise et plein de fines tranches de bresaola.

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Coupez le cul des asperges, au tiers environ, et pochez-les six-sept minutes. Qu’elles restent croquantes. Refroidissez et tranchez en menus tronçons biseautés en gardant les têtes entières. Extrayez la chair de l’avocat, taillez en cubes.
Hachez la roquette et le cerfeuil. Coupez les tomates en deux.
Taillez deux trois tranches de bresaola en lanières (le reste sera servi à côté, oui, on ne discute pas).
Puis tricotez-moi une vinaigrette athlétique et généreuse, à l’huile d’olive et vinaigre de cidre, bien relevée. Touillez le tout à la force du poignet. Et rectifiez s'il le faut. 
Et alors? Ben alors, l’avocat s’écrabouille façon crème. Les herbettes te titillent la goulette façon anisette poivrée. La vinaigrette swingue grave. Et la bresaola fait de la figuration rouge sombre, tout en amenant un discret contrepoint carné.
Je vous dis pas le tableau.
Printanier à donf’.
Mais pas gastrosexué pour un sou.
A sous peu