10/08/2009

Lettre d’amour fou à la verveine citronnée (magistralement déclinée en soupe de melon et gambas rôties en graines de sésame)

Bonjour, les énarques du goût

 

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On a déjà hululé ici notre tendresse pour la délicate et mirobolante verveine citronnée. Froisser puis sniffer une feuille de cette plante sublime, c’est comme expédier tes naseaux dans le Jardin d’Eden, en business-class et sur Ivresse Airlines.
C’est comme danser un long slow langoureux avec Dame Nature simplement vêtue d’un paréo mauve.
C’est comme flatter le croupion ferme et ondulant de la saison estivale, dans la pinède vierzonnaise au clair de lune.
Euh… On s’égare, non?


Bref, après avoir fait convoler cette merveille avec un lapinou qui passait par là (clic), la voilà déclinée en soupe de melon et gambas rôtie en croûte de sésame. Oui, c’est fort. Non, on ne sait pas où on va chercher tout ça. Oui, on veut bien la médaille du mérite végétal, plus la palme académique (avec le masque et le tuba, SVP).

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Mixez-moi un melon (ou deux ou trois, selon nombre de becs à table) avec un bouquet de verveine. Puis assaisonnez progressivement, avec un parcimonieux feeling, en ajoutant une mini giclée de vinaigre de Xérès, une pincée de poivre de Séchuan, une pincée de piment et une autre de sel. Rectifiez par touches. L’équilibre salé-sucré-acide, voyez-vous, est un Himalaya qui s’escalade sans hâte. Gardez au frais, into the big frigo.

Dans une jatte,
touillez une poignée de graines de sésame, le jus d’une lime, une pincée de piment, une giclée d’huile d’olive, quelques tours de moulin à poivre et plein de feuilles de verveine hachées menu.
Décapitez et décortiquez les gambas crues, sans oublier de les châtrer, soit d’extraire cette maudite membrane noire qui leur court sur le râble. Salez. Puis roulez les crustacés dans la marinade. Couvrez. Puis oubliez au frigo une heure.
A 19 h 53, fichez les gambas sur une brochette. Poêlez à feu nourri, dans une nano-barbotière d’huile d’olive. Deux minutes et quelques de cDSC02299.JPGhaque côté.

Installez enfin la brochette en équilibre sur le bol contenant la soupe de melon. Opération périlleuse, exigeant maîtrise et concentration, qui constitue le moment-clé, le point d’orgue, le climax émotionnel autant que technique, de cette couillonne de recette.

Avec ça, notre sommelier Esteban 1er, vous suggère un rosé naturel des Corbières: la cuvée Coule Douce de Catherine Marin-Pestel à la Treille Muscate, par exemple, un brin drôle de jus en vérité, pour gosiers très avisés, avec une larme de sucre qui en adoucit l’attaque et une chair au fruité radical qui fait pschiiiit sous la langue. Archi ouf mais méga slurp.

A sous peu (de melon à la verveine)

 

PS. Quand vous cuisinez, ça ne vous énerve pas, vous, quand un petit pokémon débile vient twister entre les casseroles?