19/02/2009

Le carpaccio de viande séchée au sbrinz, figue séchée et son gros nota bene

Youp

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Pour réaliser un carpaccio de viande séchée bien fraîche au vieux sbrinz, à l’huile de noix, jus de lime et figue séchée, il vous faut de la viande séchée bien fraîche, du vieux sbrinz, de l’huile de noix, du jus de lime et une figue séchée. Appelons ça un préalable.

La technique consiste dès lors à disposer la viande séchée sur une assiette, à la poivrer au moulin avec une certaine véhémence, la saler à la fleur de sel, la brumiser d’huile de noix et de jus de lime, avant de la coiffer de copeaux de vieux sbrinz et de très fines lamelles de figue séchée.
Voilà, c’était la recette du carpaccio de viande séchée bien fraîche au vieux sbrinz, à l’huile de noix, lime et figue séchée.

Bien à vous

NB1. On notera la brièveté supersonique de cette recette, qui devrait clouer le bec de tous ceux qui estiment que le Dr Slurp cause pour ne rien dire.

DSC00086.jpgNB2: On notera aussi que le sbrinz - le vrai, vieux, friable et goûteux, pas cette pâte mollachue et désodorisée que vendent sans scrupule les supérettes confédérales -, est un fromage suisse qui mériterait une consécration cosmique. Ne serait-ce qu’à cause de son nom, que bien des fromages lui envient. Car sbrinz, c’est un patronyme indiscutablement rigolo. Sbrinz, cela pourrait même être une onomatopée répertoriée, comme snif ou spliche. Trois illustrations parlantes.

  1. «Sbriiinz», siffla Nicolas Sarkozy entre ses dents, en apprenant que les mutins guadeloupéens, débarqués à Calais durant la nuit, marchaient sur Paris furax. Le président se tourna vers son épouse: «Carla va leur chanter quelque chose. Ça les calmera. Ces gens-là aiment tellement la musique.»
  2. «Sbriiinz», fit la fermeture éclair du fourreau noir, en dénudant les épaules d’une blancheur nivale de la somptueuse princesse Olga. «C’est là que j’ai mal, oui… plus bas, plus bas», souffla-t-elle d’une voix rauque. Il chaussa ses lorgnons, s’approcha de ces reins divins au parfum musqué. Puis grommela: «Oui, je vois une rougeur là. On dirait… une morsure d’écureuil»
  3. «Sbriiiinz», grincèrent les gonds de la porte du château hanté. Ce bruit sinistre pétrifia le superhéros du GIGN. Qui tourna les talons, et disparut en courant dans la nuit transylvanienne en poussant des cris de lapereau apeuré.

 

15/09/2008

La tartine de figue et l’aberration du savoir-vivre

Coucou

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Les bonnes manières à table recèlent de profondes absurdités. Prenez la fourchette et le couteau par exemple. Ben, le code exige que l’on tienne la première de la main droite et le second de la gauche. Enfin, pour les droitiers. Or, quand il s’agit de couper son steak, il faut échanger. Hop, le couteau passe à droite; et la fourchette à gauche. Enfin, pour les droitiers. Ce petit bout de bœuf, il s’agit de l’engloutir maintenant, et donc de le piquer. Hop, nouveau changement de côté. Le couteau repasse à gauche et la fourchette à droite. Enfin, pour les droitiers.
Mais vous avez vu ce bazar?
Que de vent inutile!
Quelle perte de temps avant la mastication!
Quel gâchis énergétique!
Si l’humanité occidentale consentait à abandonner cette vaine gymnastique (par exemple en apprenant aux mômes à piquer avec la main gauche, enfin pour les droitiers), l’énergie économisée permettrait, selon nos calculs, d’illuminer une ville comme Vierzon pendant un an six jours et trois heures. Environ.
Bref, croquez donc dans cette tartine de figue, cerfeuil et sbrinz. Tartine apéritive, à attraper avec les doigts, ce qui est très mode et constitue donc une indiscutable avancée écologique.

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La recette? Top périlleuse. Faites griller du pain. Oignez d’huile d’olive. Poivrez. Coiffez d’une tranche de figue fraîche, d’une feuille de cerfeuil et de quelques copeaux de sbrinz* bien sec.
Puis, entre chaque bouchée, laissez dévaler la merveilleuse petite arvine de Christophe Abbet (Martigny, Valais, Suisse occidentale du milieu) le long de votre glotte. Grand vin blanc. Abbet est bon. D’ailleurs, dans tous les blogs qui savent boire, l’Abbet rôde (comme diraient les Beatles).

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A plouche

PS1: *"Sbrinz???, kézako?", se sont peut-être écriés nos lecteurs français. Sbrinz: fromage à pâte dure de Suisse centrale, dégueu jeune et sous cellophane au supermarché; exquis affiné et tout sec chez le fromager. Le parmesan helvète, rien de moins. Voilà.

PS2: Rien à voir. Mais notre chère collègue blogueuse Mamina vient de sortir un bouquin avec ses recettes dedans. Youpiiii!

PS3: Rien à voir. Mais un blogueur cubain du nom d'Audaciosus à fait une de nos recettes, l'a mangé, l'a aimé et l'a posté en espagnol sur son blog. Grande fierté dedans notre coeur.