20/05/2010

Les très subtils tortillons de sole en nage maraîchère et radieuse

Hello! Comment ça va bien?

DSC03263.JPG

Parmi les gens qui cuisinent bien ou atchement bien, il existe deux catégories. Il y a les gens qui cuisinent bien et les gens qui cuisinent bien, mais avec subtilité. C’est indéniable, socialement admis, quoique passablement mystérieux. Voire un brin ésotérique.
C’est quoi la subtilité aux fourneaux? Hein? Hein?
Tenez mèzigue, par exemple. Pendant quelques décennies (jusqu'à hier soir, en fait), mèzigue estimait qu’un plat subtil, c’était - grosso modo - un plat mal assaisonné. Ou trop light pour être honnête. Mmmm… pas mal, mais un peu subtil, grognait le Dr Slurp en faisant crépiter le moulin à poivre au-dessus de la marmite. Avant d’y immerger une motte de beurre, deux piments et la moitié de l’armoire à épices.

Puis, doucement, le concept de subtilité se précisa dedans notre crâne de béotien. Aujourd’hui, tout est clair. Ou presque.
Un plat subtil, c’est un plat mal assaisonné mais bon quand même.
C’est un plat qui ne te saute pas à la papille, mais la stimule élégamment, de manière plurielle, singulière et délicate. Ce n’est pas non plus le truc dont tu t’empiffres, en te donnant la sensation - pourtant fort distrayante - d’auto-gavage adipeux. En gros, le sandwich merguez-fromage fondu-frites, cela peut être bon, mais subtil, guère. Tout comme tout autre met qui, sitôt avalé, t’expédie dans une sieste comateuse autant que bruyante.

Pour prouver au monde incrédule qu’on a totalement capté l’affaire, voilà donc une recette avec de vrais morceaux de subtilité qui barbotent dedans. Enfin qu’il nous semble. C’est les tortillons de sole dans leur nage safranée aux petits légumes de printemps et verveine citronnée. Déjà, rien que l’énoncé du plat te donne envie de siffloter une partita de Bach en enchaînant les entrechats sur un parquet Troisième Empire (n’importe quoi).

Au marché puis chez le poissonnier, il faut s’offrir une botte de carottes fanes et une botte de navets nouveaux, un bouquet de verveine citronnée, plein de petits pois dans leur cosse et trois ou quatre petits filets de sole par gulu à table.

 

DSC03262.JPG


Acte 1er: The bouillon.

Balancez les fanes des carottes, les tiges des navets et les cosses des petits pois dans un grand volume d’eau (deux litres au bas mot), avec deux carottes en morceaux, un navet coupé en quatre, un bouquet garni, un demi-poireau, deux gousses d’ail écrabouillée, un oignon piqué de quatre clous de girofle, une petite cuillère de gros sel, une autre de poivre en grain. Laissez frémir  une bonne heure. Filtrez. Puis laissez réduire de moitié, avec une dizaine de filaments de safran et autant de graines de fenouil. Goûtez. Rectifiez. Regoûtez. Il faut que ça soit, disons… subtil.

sole2.jpgActe 2: The légumes.

Les petits pois sont écossés (enfin, normalement, zieutez donc ci-dessus). Pelez les carottes et taillez-les en mignons bâtonnets biseautés. Lavez deux ou trois navets et tranchez en minces demi-lunes. Balancez d’abord carottes et navets dans le bouillon. Une bonne dizaine de minutes. Puis ajoutez les petits pois. Gardez le tout bien croquant. Goûtez. Il faut que ça soit, disons… subtil.
Gardez au tiède.

Acte 3. The poisson.

Salez, poivrez les filets de sole. Puis enroulez-les façon escargot, en les piquant d’un cure-dent. Farinez mollo. Et faites sauter à feu furieux dans une noisette de beurre et une lichette d’huile d’olive. Une minute sur chaque face. Pas plus. Citronnez subtilement.

Acte final. The totale.
Répartissez le bouillon et les légumes dans de très belles assiettes à soupe. Ajoutez les tortillons. Et parsemez de pluches de verveine citronnée. Avant de déboucher un vin subtil. Un kéravi en litron étoilé, par exemple.

A +

PS. Demain : sandwich merguez-gruyère-frites à la mayo.

18/09/2008

Benoît à Lourdes et sole aux girolles (avec du gingembre qui fait crountch)

Mes bien chères sœurs,

 

DSC01181.JPG

Nul ne l’ignore: Benoît XVI faisait récemment une tournée promo en France. Diable, que cet homme est sympa. Vif, drôle et gentiment progressiste avec ça. Bon, il coince encore sur le divorce. Mais à son âge… Et si ce n’est pas ce pape-là qui réforme le catholicisme, ses enfants le feront.
Comme à chaque fois, le spectacle réjouissant du Pontife en goguette a réveillé chez nous une vieille interrogation. Dieu existe-t-il? La question a l’air anodine. C’est pourtant là un vrai débat. Certains doutent. D’autres guère. Nous, on aimerait simplement avoir une preuve. Une bonne apparition, par exemple, serait la bienvenue. Ou un geste. Par exemple que la taille 33-30 se mette brusquement à grouiller dans les magasins de jeans (c’est humiliant d’avoir à raccourcir ses frocs). Que Pierre Dac ressuscite. Que Lio revienne à la Nouvelle Star. Ou que le prix de la sole baisse. Parce que c’est cher, la sole. Et la sole pêchée sur petit bateau, on ne vous dit pas.
Bref, voilà un filet de sole aux chanterelles (ou girolles) et gingembre croustillant, création maison aussi couillonne à réaliser que voluptueuse à avaler, dont on vous détaille les quatre mouvements glorieux ci-dessous.

DSC01177.JPG

1/ On commence par se mitonner un beurre citronné et gingembré au persil. En travaillant à la fourchette une motte jusqu’à ce qu’elle s’abandonne. Puis en y intégrant quelques brins de persil finement hachés, une bonne tombée de gingembre en poudre, du poivre, du sel et un filet de citron. Il ne s’agit plus, dès lors, que de boudiner le beurre dans du film alimentaire et de l’expédier au congélo.

2 / Après ça, on attrape un morceau de gingembre frais qui passait par là. On pèle et taille de longues lamelles, qu’on met à sécher à la poêle, sans matière grasse, à feu moderato. Quand le gingembre croustille, on réserve.

3 / Passons aux chanterelles (ou girolles). Qu'il s'agit de laver brièvement à l’eau, avant de les essorer délicatement sur du papier ménage. Et hop, à la poêle, dans un beurre moussant, trois quatre minutes. A feu allegretto. Sel, poivre, quelques pluches de persil. On réserve dans un four tiède.

4 / Reste plus qu’à poualer le poisson, préalablement assaisonné, dans un peu de beurre moussu et trois gouttes d’huile d’olive. Deux trois minutes, à feu carrément allegro.
Il faut présenter tout ça atchement bien pour que se prosternent les convives affamés (agglutinés autour de la table comme des apôtres joyeux). On vous suggère de planter les bâtonnets de gingembre dans le poisson. Poisson cerné de girolles et coiffé de rondelles de beurre aromatisé. Trop chouette. On en croirait presque à l’existence du Barbu Suprême, là-haut, sur son nuage.

DSC01183.JPG

Bien à vous

PS: Vous noterez la taille décroissante des photos. C'est pour attiser le désir gourmnand chez le lecteur. C'est nouveau, c'est moderne, ça vient du Vatican.

14/04/2008

H. Les chairs des mers

678076815.jpg

Parce que le poisson, c'est bon tous les jours, sauf le vendredi

1788715735.jpgMerlu à la cardamome citronnée

Saint Pierre sur confit d'échalotes, beurre de tomates picotant

Filet de rougets, beurre citronné, fèves et carciofi

Cabillaud mariné au sirop de canne

Cabillaud en robe de veuve joyeuse

Cabillaud en croûte de basilic et parmesan

1005411703.jpgPétales de cabillaud au wasabi et lentilles vertes

Rôti de lotte farci à la tapenade

Curry soft de joues de lotte

Joues de lotte au vin jaune

Pageots à l'orange et citronnelle

Lotte dorée aux pousses d'oignon, réduction de poivron

Hamburger au lieu jaune

Raie aux câpres

Tartine de sole, bolets et rouille

1972866093.jpgFilets d'empereur au romarin, lanières de poivron et tomates séchées

Haddock fumé en effilochée

Haddock fumé en gelée d'Espelette

Nage de poisson à l'anis étoilé

Brandade de morue

Haddock mariné au pamplemousse et aux herbes

Boulettes de bacalhau

Pavé de lotte sur millefeuille de légumes