18/05/2012

Les ballotines de poulet farcies à la slurp et le souvenir d’un souper méga naze

Bien le coucou, les amigas


Malgré un QI à 4 chiffres et une plastique de hockeyeur grec, un humour tsunamesque et maintes autres qualités encore (dont certaines ne peuvent être citées dans un blog à gros tirage sous peine d’affoler la franche prude du lectorat), le Dr Slurp est un homme comme les autres. Oui. Et quand, à la nuit bien tombée, le Dr Slurp, au sortir d’un apéro musical et substantiel, a les crocs, il s’installe avec ses amis à une terrasse genevoise pour se sustenter. L’établissement, voué au poulet rôti, a bonne mine. La soirée est douce. Et la compagnie spirituelle. Arrive le vin. Boisé comme un mazot et parfumé à la vieille confiture. Berk. Arrive la salade. Verte. Toute droite sortie du sachet sous vide, arrosée d’une méchante vinaigrette industrielle. Reberk. Arrive le poulet, chétif, insipide, sec comme un cul de gnou. Rereberk. Le Dr Slurp, jusque-là de bonne humeur, a failli pleurer. A failli hurler. A failli faire quelque chose de terrible, là sur la terrasse. Il s’est tu pourtant, lâche et frustré, en rêvant d’une volaille riante et cuisinée avec tact.
La voilà.


DSC04379.JPG
Pour réaliser des ballottines de poulet aux tomates séchées, pignons et romarin, il vous faut des blancs de volaille dodus autant que bio, quelques tomates séchées, des pignons, deux brins de romarin et une petite demi-heure de boulot.

Faites griller les pignons sans matière grasse dans la poêle. Puis émincez les grossièrement au couteau.
S’il le faut, réhydratez cinq minutes les tomates sèches dans un peu d’eau. Puis émincez les finement.
Ciselez le romarin.
Puis touillez le tout dans une jatte, avec une giclette d’huile d’olive, une pincée de sel, deux tours de moulin à poivre et une parcimonieuse pincée de piment d’Espelette.
Incisez les blancs de poulet dans la longueur. Farcissez de farce (très joli ça comme formule, on dirait du Maupassant). Puis roulez la bête sur elle-même (youpi!). Salez, poivrez.
Emmitouflez les blancs bien serrés dans du film alimentaire, façon boudin. Veillez à l’hermétisme de l’entreprise, en ficelant les extrémités, voire en doublant le film. Expédiez enfin le poulet dans le panier vapeur pour vingt minutes.
Puis tranchez de mignonnes ballottines qui se pacseront dans l’allégresse avec quelques légumes primeurs et une salade verte au pedigree rassurant. Quoi? Non, on n’est pas au régime.

Tchou

DSC04384.JPGPS. Avec ça, il s'agit de boire du vin, du rouge, du nature, du qui rigole, du qui gouleille. Dégottez-vous donc une bouteille de Rackham produit dans le gaillacois (south-west of France, Europa) par le précieux Laurent Cazottes, déjà connu et adulé pour ses gnoles mirobolantes.

03/01/2011

Gratin de nouilles et trop bonnes résolutions

Bien le bonjour, les omnivores à poil bref

DSC03800.JPG

On a smacké les aïeuls sous le sapin. On a séché la caisse de crémant du Jura. On s’est gobergé comme des bufflons en rut.
Mais maintenant, c’est ceinture. C.E.I.N.T.U.R.E.
Il va falloir dégraisser la bête. Repasser en mode light. Slurper de l’eau, du thé et du bouillon clair. En faisant des pompes à l’envers, des abdos-fessiers en cascade et du footing de salon.

Toutefois, avant d’entamer ce programme éreintant, il s’agit d’aligner les bonnes résolutions de saison. Les voici.
En 2011, sur ce blog, il y aura…
-    De la métaphysique quantique et des rillettes de Républicains
-    113 saillies spirituelles par semaine
-    Du piment oiseux et du poivre de six Chouans
-    Un chapon peroxydé en nuisette (peut-être)
-    Des prises de position saugrenues et des avis qui n’engagent que lui
-    Une salade de tomates sans tomates
-    Des sumos oints de mayo maison
-    Une espuma de merguez. Des sardines en crapaudine. Un jéroboam de vin de fesse. Et plein d’autres choses palpitantes encore.

DSC03804.JPGComme, par exemple, ce gratin de pâtes aux tomates séchées et vieux pecorino. Un plat quasi acalorique et indubitablement digestibilissime, qui place cet an grâce 011 vagissant sous le signe de l’élégance la plus aérienne autant qu’avant-gardiste.

Faites cuire un paquet de conchiglie (soit cette ravissante pasta qui épouse la plastique du coquillage) une minute de moins que l’indication figurant sur l’emballage. C’est là une petite opération arithmétique qui permet de garder le cerveau allègre et la nouille ferme.

Dans une jatte, pacsez deux œufs, une cuillère de crème fraîche, une grande giclée de lait, une grosse pincée de vieux pecorino râpé, une pincée (encore) de muscade et quelques tomates séchées, s’il le faut préalablement ramollies dans un peu d’eau. Mixez le tout. Vrouum. Assaisonnez.

Installez la pasta dans un plat à gratin. Emincez grossièrement trois autres tomates séchées. Mélangez-les avec les pâtes. Et mouillez le tout avec l’appareil susmixé. Voyez le topo?
Hop au four, à 180°, 17 minutes environ.

DSC03820.JPGLe temps de déboucher le ravissant Fleurie – incroyablement girond, épicé et croquant, ce Fleurie-là - d’une jeune vigneronne naturelle nommée Julie Balagny, qui démarre à peine dans ce coin du vignoble et fait déjà briller la région sur la mappemonde des pinards les plus sexy du système solaire. Trop fort.

A tantôt

08/06/2010

Les croustillants de poulet aux flocons de patate et la honte cosmique du Dr. Slurp

Bien le bonjour chez vous

DSC03311.JPG


stok.JPGL’autre jour
, le pote Nanard et mèzigue conversions agréablement d’une foule de sujets graves autant que variés. Pinard et cuisine, en gros. Et brusquement, Nanard nous balance un scoop en plein museau. «Pour paner un machin, tu peux utiliser des patates en flocons, ça marche à donf’
De la purée déshydratée en guise de chapelure? Quelle idée merveilleusement séditieuse! Quelle maligne manière de recycler la laideur agroalimentaire sur l’autel de la plus gourmande ingénierie domestique!

Pour mettre en œuvre ce concept défrisant, toutefois, un écueil se dressait devant nous: acheter ledit ingrédient. C’est que le Dr. Slurp jouit d’une certaine aura en ville. Et se faire choper en flag avec un paquet de purée instantanée équivaudrait à dynamiter une réputation de puriste culinaire laborieusement bâtie au fil de chroniques vengeresses. Imaginez donc le pape Benoit The Sixteen surpris à la pharmacie en train d’acheter des capotes fantaisies.
Nous voilà donc rasant les linaires de la supérette, avec le paquet de patates en flocons soigneusement camouflé dans le chariot, sous un gigot bio de belle origine et quelques autres denrées aux CV indiscutables. Emplettes crispées, mais sans heurt... jusqu’à la caisse. Après avoir déniché le paquet de la honte, la dame s’en saisit. Le brandit fièrement. Et hurle à sa collègue: «LA PUREE STOCKI, C’EST COMBIEN, DÉJÀ??!! »
Estèbe devient tout rouge. Et bafouille à la cantonade une imbitable histoire de cousine édentée et malade, trop faible pour écraser ses pommes de terre. Trop tard. Le mal est fait. La foule se masse, en le montrant du doigt. Les téléphones portables crépitent. Les journalistes débarquent. L’histoire fait le tour de la Terre. Le cosmos se gondole. Estèbe n’est plus qu’un vieux flocon de patate aux yeux de ses contemporains.


Bon, on se calme. On passe en cuisine. Pour préparer ces ravissants croustillants de poitrine de poulet panés à la patate, romarin et tomates séchées. Oui, je sais : au MC Do, on appelle ça des nuggets. Chez nous, pas. Na !

DSC03309.JPG


Pour deux personnes. Découpez en parallélépipèdes gracieux 300 grammes de blancs de poulet. Bio, le poulet. Salez, poivrez, puis farinez. (Le truc du Dr Slurp? Shakez la volaille avec la farine, le sel et le poivre dans un sac en plastique: über efficace. Ne me remerciez pas.)
Dans un bol mélangez un sachet de flocons de pomme de terre avec quelques brins de romarin émincés et quatre tomates séchées hachées. Salez et poivrez avec véhémence.
Dans une coupelle, battez un œuf en omelette.
Puis passez le poulet fariné d’abord dans l’œuf, puis dans les flocons de pomme de terre.
Poêlez illico, à feu mezzo, dans une noisette de beurre et une larme d’huile d’olive.
Quand le poupou est bien doré, la messe est dite, le miam prêt et l’assistance ravie.

Bref, la cuisine, c’est une aventure de tous les jours. Voire plus.
Commentez cette affirmation. Je relève les copies dans quatre heures.

DSC03299.JPGPS: On avale les glorieux nuggets avec une salade verte et un gamay pur et plein, au fruité follement croquant. Exactement comme l’épatant Chiroubles de Jean-Baptiste Selles. Bonne adresse que voilà. Oui Madame.