19/09/2011

Le jarret de veau à la verveine citronnée et l'indignation bachique en primeur

Coucouloucoucou

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Ah, quelle rigolade, les copains! L’autre jour, mèzigue parcourait distraitement les tarifs des bordeaux 2010 en primeur. Notez qu’il existe une foultitude d’autres lectures autrement plus distrayantes – les coefficients des marées à Keravel-Brouennou, par exemple –, et que l’on a nullement envie de se griller un 13e salaire dans un litron aquitain. Le Dr Slurp, d’ordinaire si placide, a tout de même froncé un sourcil en levant les yeux au ciel (double grimace très dure à réaliser simultanément) en découvrant la progression tarifaire de ce bon vieux Château Latour. Ouvrez vos esgourdes et serrez les orteils: plus 4300% en 17 ans. QUATRE MILLE TROIS CENT POUR CENT. Elle est pas Gironde ma courbe? Ça, c’est de l’ascenseur supersonique. Attention ma petite dame, on va décoller. Vroum vroum.


Dans le genre hilarant, il y a aussi Ausone, dont la quille primeur en 2010 (donc encore en élevage au château, on débouchera l’an prochain) se paye dans les… 1300 euros. Et paf: un SMIG en bouteille. Ce qui nous fait environ 178 euros le déci. Et donc grosso modo soixante balles la gorgée. Là, tu prends ton temps pour déglutir. Tu léchouilles le fond de ton verre comme un caméléon. Et t’arrêtes de te laver les dents pendant deux ans. Tout ça pour une giclette de raisin fermenté, que t’es même pas sûr qu’elle te plaise vraiment, la giclette.


Ben oui, c’est obscène. Ben oui, c’est de la spéculation crapuleuse. Et le plus embarrassant dans ces histoires, c’est qu’il existe des couillons prêts à débourser des sommes à ce point indécentes pour du simple pinard. A leur place, on choperait une honte carabinée. La honte pour la masse grandissante de gens qui peinent à joindre les deux bouts. La honte pour les vrais artisans du vin, ceux qui mouillent leur chemise tous les jours dans leurs vignes.


Ben voilà, on a encore réussi à plomber l’ambiance. Hum… désolé.

Tiens, si on se faisait à manger pour oublier l’embouchure de la Garonne? Si on se faisait un jarret de veau confit au pamplemousse et à la verveine citronnelle? Ça serait bien, non?

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Pour quatre personnes, payez-vous un bon gros jarret qui tutoie le kilo. Et puis une petite pomme de céleri, un bouquet de verveine fraîche, un pamplemousse et un bon fond de veau artisanal. Tralalala.


Zestez le pamplemousse, puis pressez-le. Réservez. Dans une poêle à feu dru, faites bronzer le jarret sous toutes ses coutures. Assaisonnez.

Déglacez avec le jus d’agrume. Installez le jarret dans un plat doté d’un couvercle. Mouillez avec le fond de veau et le jus de pamplemousse.

Ajoutez un peu d’eau, une échalote hachée, deux brins de persil et trois brins de verveine. Couvrez. Enfournez à 140° pour trois heures. Détaillez le céleri en cubes. Au bout de deux heures de cuisson, réservez le jarret avec précaution, filtrez le jus. Puis renfournez le tout avec le céleri pour une heure de plus. Mmmm, c’est clair?


Au final, coiffez la bête de zestes et de pluches de verveine fraîche.

Et toc: ça se coupe à la cuillère; ça fond dans la bouche; ça fait twister la papille. Et ça s’arrose de Château Ô Zone. En cubi, bien sûr.

Tchou!

22/06/2010

L’inouïe capture de la verveine citronnée (en soupe verte, froide et tonique)

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Bien le bonjour, camarades des deux sexes et de toutes les couleurs

DSC03365.JPGLa verveine citronnée, la fraîche, exhale un parfum d’une délicatesse mirobolante, qui donne envie d’enfiler sa robe de bal pour aller twister jusqu’à plus d’heure à la fête du Lycée. Subtil, frais et juvénile, le parfum. Hélas, six fois hélas, cette fragrance divine ne se laisse pas aisément apprivoiser.

A part quelques essais concluants en cuisine ( et et aussi ici), nos tentatives pour faire infuser la rebelle, en vue d’un jus tonique susceptible de magnifier une côte de veau ou un poisson empapilloté, se sont soldés par d’insipides bérézinas. Plouf dans l’eau, comme on dit au large de la bande de Gaza.

On s’est obstiné. On a cogité très fort. Cent fois, on a remis l’ouvrage dedans la casserole. Avant de parvenir à une potion branchouille et apéritive, drôlement taquinante pour tes bajoues. Voilà donc la soupe de concombre et céleri à la verveine citronnée, à siffler entre gens du monde le soir sous la tonnelle, si possible en grignotant des gros crabes vivants. Ou pas.

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Chantier post soupe: Nature morte, Estèbe, 2010,
6e Prix (dit de consolation) au Festival de l'Image Inerte de la Lacapelle-Livron.


La tactique?
Pour quatre gulus, mixez très fort les feuilles de six brins de verveine, trois branches de céleri épluchées et les deux tiers d’un concombre taillé en gros cubes.
Humectez d’un gros filet de citron et d’une lichette d’huile d’olive. Ajoutez une cuillère de ricotta. Sel, poivre. Emulsionnez.
Rafraîchissez au frigo.
Et paf: dans un verre à wiski, avec une paille idiote plantée dedans. Et sluuuurp.

A sous peu

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PS: A la réflexion, on aurait pu chinoiser un tantinet. T’ajouter en surface un cumulus de mascarpone un rien pimenté, une chips de bacon, une cuisse de grenouillette rôtie à l'ail doux. Mais parfois le meuh est l’ennemi du bain. Parfaitement.

08/08/2008

Le lapin ravi dans son bain de verveine odorante


Coucou


DSC01041.JPGLa verveine citronnée (également connu de nos services comme verveine odorante, aloysia citrodora, verveine citronnelle ou verveine du Pérou) est une plante mirobolante, dont le parfum frais, délicat et charmeur te reste dans les naseaux onze mois après l’avoir humé.
En outre, la verveine citronnée, slurpée en infusion, a plein de vertus, détaillées par la littérature botanique. On la dit antirouille et antiboise, mais aussi scolastique et botoxante. Excellente pour les démangeaisons intercostales, elle stimule le périnée et les animelles, tout en luttant efficacement contre la myxomatose du nouveau-né et l’érythème gingival.
Bref, l’autre jour, alors qu’on se sentait vaguement courbatu, on tombe sur une gerbe de ladite plante magique sur l’étal de la maraîchère. On l’a acheté, pour sûr. Avant d’en faire un lapin mijoté à la verveine citronnée, plat estival et raffiné, dont voilà la couillonne alchimie.

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Demandez au volailler de découper un brave lapin en morceaux. De retour à la maison, dorez l’animal à la cocotte sous toutes ses coutures. Salez, poivrez.
Faites longuement infuser la moitié du bouquet de verveine dans un litre d’eau avec le jus d’un demi-citron.
Déglacez le fond de la cocotte avec un verre de blanc sec, en raclant à la spatule les sucs scotchés au fond. Mouillez avec l’infusion. Puis posez l’autre moitié du bouquet de verveine à la surface; il s’agira de poubélliser cette verdure avant le service.
Laissez glouglouter à couvert, tout doux, 45 minutes. Réservez ensuite le lapin au chaud. Faites réduire de moitié, ou plus, le jus. Goûtez. Rectifiez. Mais ne cherchez pas à corser à tout prix; cela doit rester une décoction aérienne pour souper fin.
Entre-temps, les plus malins d’entre vous auront fait étuver dans un peu d’eau citronnée et de beurre quelques carottes fanes et radis blancs, en les gardant bien croquants.
Notez que la saveur contondante du radis n’a pas fait exactement l’unanimité autour de la table. Certains nous ont accusés d’avoir vitriolé un plat subtil. D’autres ont aimé le contrechamp aigu amené par le petit crucifère.
Bref, le débat a fait rage.
Nous, on est allé au lit.
Car, voyez-vous, la verveine, ça file aussi la cosse.
Zzzzzzzzzzzzz